27 août 2007

Quand je serai grand...

Quand je serai un adulte, je veux être un communiste révolutionnaire avec une piscine sur le toit...

La Littérature et moi...

J'ai lu beaucoup de livres dans mon enfance, des grands classiques français et des livres plus terre-à-terre, pour stopper net pendant mon adolescence... Pendant cette période, je lisais alors surtout des romans policiers et des BD... Heureusement, cela fait deux ou trois ans que je me suis remis à lire et que je découvre chaque semaine de nouveaux coups de coeur... Ce petit billet est un moyen de faire le point sur mon rapport avec la littérature... Evidemment, toi, fidèle lecteur, tu es libre de reprendre cet article, de le mettre à ta sauce et de nous faire partager tes petits plaisirs de lectures...

Quatre livres de mon enfance

1) L'intégrale du Club des 5 : chez mes grands-parents, à Noirmoutier, il y a une énorme malle en bois pleine de livres de la Bibliothèque Verte et de la Bibliothèque Rose appartenant à mon père et à mon oncle quand ils étaient petits... Je les ai dévoré pendant mes vacances et indéniablement, c'est le Club des Cinq qui m'a le plus marqué !
2) Les livres de la collection Cascade : c'était ma collection de référence... A la bibliothèque municipale, je sillonais les rayons à la recherche des livres Cascade... Peu de déceptions et quelques auteurs pour enfants à féliciter : Catherine Missonnier, Christian Grenier, Evelyne Brisou-Pellen, Paul Thiès...
3) Les Trois Mousquetaires, Vingt ans après, Le Vicomte de Bragelonne (3 tomes) : Palpitant ! Etourdissant ! Fascinant ! Quand j'y repense aujourd'hui, je me demande comment j'ai pu lire les 5000 pages que compte ces aventures écrites par Dumas (et ses nègres !^^). Paradoxalement, je crois que je n'ai jamais rien lu d'aussi entrainant !
4) Les livres de Jules Vernes : Ce fut une véritable torture et je suis sûr que ça explique en partie mon aversion pour les sciences mais pendant plusieurs mois consécutifs, je n'ai quasiment lu que des Jules Verne, soit une bonne douzaine d'ouvrages dont je garde plus ou moins de souvenirs...

Quatre écrivains que je lirai encore et encore :
1) Milan Kundera : chaque nouveau livre, chaque nouveau chapitre, chaque nouvelle page est une bénédiction...
2) Frédéric Beigbeder : il alterne les daubes prétentieuses et creuses et les chefs d'oeuvre dont je ne me lasse pas, rien que pour ça, j'attends chacun de ses nouveaux romans avec impatience... D'ailleurs, si quelqu'un pouvait me prêter Au secours Pardon, ça me ferait très plaisir !
3) Roald Dahl : je n'aime pas trop relire des livres déjà lus mais les nouvelles cyniques de Roald Dahl sont de vraie merveilles d'humour noir qui me font rire même au bout de la dizième lecture !
4) Albert Camus : aussi bien les textes politiques que les romans !

Quatre écrivain que je ne lirai plus :
1) Bernard Werber : ah ah ah... C'est un écrivain ça ?
2) Marc Lévy et Guillaume Musso : les rois des livres gnan-gnan à mourir qui plaisent à la ménagère de moins de 50 ans... ça me fait toujours mal au coeur de voir leur dernier roman en tête des ventes à la FNAC...
3) Dan Brown : aucun style, aucune originalité... Un peu de mal avec le fait qu'il prenne vraiment ses lecteurs pour des cons...
4) Paulo Coelho : ce mec est un escroc... Il balance des textes pseudo-philosophiques avec une morale débilitante (et de belles valeurs...) dans un style hyper minimaliste et tout le monde crie au génie... Jamais lu de bouquins aussi creux...

Quatre livres à emporter sur une île déserte :
Un livre de cuisine, un livre de bricolage, un livre de voile et Sa Majesté des Mouches de William Golding pour positiver sa solitude !

Quatre livre sur ma pile :
1) L'or de Blaise Cendrars : je viens de le commencer et pour l'instant, je n'accroche pas spécialement...
2) Un artiste de la faim et autres récits de Kafka : plein de petites nouvelles de Kafka que j'ai hâte de découvrir... Autant ses romans (Le Procès) sont assez indigestes, autant ses nouvelles (La Métamorphose) frisent le génie... En plus, j'avais vu La Colonie Pénitentiaire (l'une des nouvelles du livre...) au Théâtre du Lucernaire l'année dernière...
3) L'élégance du hérisson de Muriel Barbery : impossible de l'éviter : tous les blogs en parlent, tous les médias en parlent, ma mère m'en parle et va me le prêter... Impatient de découvrir le phénomène de l'été...
4) L'homme révolté d'Albert Camus : un livre conseillé par "vieux grigou"...

26 août 2007

Dreams ?

(moi et la future bible dont la lecture sera imposée dès le CP)

En ce moment, tous les partis politiques réfléchissent à leur avenir, les Verts sont à Quimper, les socialistes à la Rochelle, les "communistes révolutionnaires" à Port-Leucate, les altermondialistes de Attac à Toulouse... A moi de réfléchir au mien... Et vu que rêver est bien plus facile que réfléchir, j'ai fait vingt rêves, vingts rêves qui assureraient un avenir radieux, à moi et aux 6 milliards d'habitants que compte la planète Terre, si jamais ils devenaient réalité...
  1. J'ai fait le rêve que les écarts de rémunération entre le plus faible salaire national (à terme mondial) et le plus élevé n'excédait pas un rapport de 1 à 8. Finis la personnalisation des salaires, le temps partiel subi, la précarité, les parachutes dorés, les stock-options, l'enrichissement honteux des plus riches et l'appauvrissement tout aussi honteux des plus pauvres... J'ai fait le rêve que l'impôt sur le revenu suivait le même rapport de 1 à 8 pour que même les plus pauvres aient l'honneur de payer des impôts, de l'ordre de 5% pour l'échelon 1 à 40% pour l'échelon 8. J'ai fait le rêve qu'il existait un système d'aides et de bourses qui s'applique à tous et à toutes selon leur nombre d'enfants, l'échelon de leur salaire, leur invalidité... Ces aides s'ajoutent au salaire net et ne sont pas imposées...

  2. J'ai fait le rêve que les entreprises bénéficient d'une taxation de leurs bénéfices selon un certain nombre de critères prenant en compte l'éthique et le respect de l'environnement.

  3. J'ai fait le rêve qu'il n'y avait plus qu'une seule et unique élection : une élection de listes parlementaires fonctionnant comme pour les députées européens : plus une liste reçoit de suffrage et plus de noms sur la liste peuvent siéger dans l'assemblée étendue à 888 députés. Le président est ensuite élu par cette assemblée, pas forcément selon une majorité mais selon un certain consensus.

  4. J'ai fait le rêve que l'ONU devenait une vraie tribune politique fonctionnant comme un grand gouvernement mondial prenant des décisions sages et réfléchies; la première d'entres-elles sera de supprimer le FMI et l'OMC.

  5. J'ai fait le rêve d'un grand pôle de recherche national financé par les entreprises (obligation de reverser une certaine part de leur bénéfices aux laboratoires) afin de réduire l'écart entre invention technique et innovation commerciale.

  6. J'ai fait le rêve que l'on adoptait la semaine de 4 jours, à 30 heures hebdomadaires et que les congés payés étaient étendus à 8 semaines. Le travail de nuit devenait interdit dans les usines (les 3/8...) mais l'ouverture des magasins le dimanche ne faisait plus l'objet d'une interdiction dans la mesure où elle était assortie d'une rémunération avantageuse pour les salariés, ces derniers ne pouvant être forcés à travailler un dimanche ou un jour férié.

  7. J'ai fait le rêve d'un mécénat privé intelligent favorisant à la fois la création contemporaine et la protection du patrimoine ce qui enrichirait l'offre culturelle et créerait des emplois.

  8. J'ai rêvé que le prix des loyers était fixé selon un barème décidé par l'Etat et que les communes ne respectant pas la barre des 20% de logements sociaux payent des amendes rédhibitoires.

  9. J'ai fait le rêve que la Bourse et la finance en général n'existaient plus, que les traders étaient lapidés à coups de haches et que les sommes mirobolantes gagnées ces dernières années étaient intégralement reversées aux milliers de travailleurs de tous les pays licenciés.

  10. J'ai fait le rêve qu'il existait un comité de contrôle des banques (et des assurances) qui sanctionnait les abus et défendait les consommateurs.

  11. J'ai fait le rêve qu'on stoppait le processus de décentralisation vers les régions, que l'état assumait ses responsabilités et que le pouvoir était concentré à Paris. Autour de Paris, 8 grandes villes (Lille, Rennes, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Lyon, Strasbourg) accueillent quand même chacune un grand musée national, une salle de théâtre nationale afin de mettre fin à l'hégémonie parisienne sur l'actualité culturelle.

  12. J'ai fait le rêve que l'on rétablissait la prévention, la police de proximité et que cesse enfin la société répressive...

  13. J'ai fait le rêve d'une justice juste à laquelle serait alloué un budget en hausse. Cela étant dit, on ne devrait pas tarder à assister à une chute de la délinquance compte tenu des écarts moins élevés de niveau de vie entre les individus.

  14. J'ai fait le rêve qu'il existait une politique de la ville ambitieuse mettant en avant les déplacements en vélo et en transport en commun. J'ai fait le rêve que l'on accordait une large place aux espaces verts, que l'on supprimait les tours de plus de 8 étages, que l'on réquisitionnait les appartements vides - si un appartement est vide plus de 3 mois dans l'année, il est immédiatement réquisitionné et loué au prix du marché.

  15. J'ai fait le rêve que l'état nationalisait les secteurs de l'énergie, des transports, de l'eau et que ceux-ci étaient dirigés par de vrais entrepreneurs et non des guignols pistonnés. J'ai fait le rêve que, comme en Suède, on nationalisait également les pharmacies et la vente d'alcools afin d'empêcher les trop nombreux abus et offrir un revenu fixe à l'état. Les inventoristes en pharmacie deviennent des cadres de la fonction publique généreusement rémunérés pour leur travail hautement qualifié.

  16. J'ai fait le rêve d'une reprise économique fondée sur le développement durable et l'écologie qui encouragerait durablement l'agriculture biologique (moratoire sur les OGM), les énergies renouvellables, les « villages-écolo », et les entreprises alternatives.

  17. J'ai fait le rêve d'une Europe politiquement forte faisant du développement durable son cheval de bataille accompagnée de la création d'une armée commune, d'un programme cinématographique commun pouvant concurrencer Hollywood et Bollywood, d'une politique étrangère claire notamment à l'encontre de l'Afrique... Par ailleurs, j'ai fait le rêve que la PAC était supprimé et intégralement reversée aux pays africains pour éponger leurs dettes honteuses.

  18. J'ai fait le rêve que l'on sensibilisait les enfants dès leur plus jeune âge à l'Art et à l'Histoire afin de ne pas répéter les erreurs du passé et de lutter contre la violence, ces deux matières étant réputées comme sources d'émancipation sociale. En revanche, il est important de lutter contre le tout gratuit grâce à l'instauration d'une licence globale obligatoire (10euros par mois en plus de l'abonnement internet), au développement des laissez-passer, sésame et autres cartes illimités notamment avec inscription dans les écoles, les collèges, les lycées, les universités, les entreprises...)

  19. J'ai fait le rêve que l'on laissait place à un véritable culte de ma personne : le 8 avril devient une fête mondiale férié dans tous les pays, une fête suivie d'un mois de théâtre, de concerts, de projections en plein air gratuits partout dans le monde. Par ailleurs, tous les artistes contemporains de la planètes sont réquisitionnés pour faire un portrait de moi, portraits qui seront exposés dans le plus grand musée du monde jamais réalisé situé en plein coeur de Paris, les locaux de la Samaritaine par exemple (genre je suis le bon Samaritain).

  20. J'ai fait le rêve que ce rêve devenait réalité et prenait la forme d'un traité signé par tous les pays du monde (même les USA et la Chine) et que grâce à lui, la France retrouvait son aura d'antan, son rayonnement du temps des Lumières...


Si vous avez d'autres idées brillantes à ajouter à cette liste, n'hésitez pas à participer...


23 août 2007

Vélibataire

Fernand Léger

Aujourd'hui, mon colocataire m'a proposé d'aller au Musée d'Orsay voir l'exposition De Cézanne à Picasso qui rend (magnifiquement) hommage au marchand d'art Ambroise Vollard. Et comme je ne peux rien lui refuser, j'ai fini par céder. Et quand je lui ai expliqué que le RER C était en travaux et qu'il m'a proposé d'y aller en vélo, je n'ai pas pu davantage résister. J'allais enfin essayer le Velib. Un mois que j'en rêve nuit et jour, que je me suis entrainé pendant trois semaines à Noirmoutier, que je me maintiens en forme pour affronter les pistes cyclables parisiennes. La désillusion fut terrible. A peine arrivé en bas de la rue Oudiné, le parc Velib le plus proche de chez moi, les ennuis commencent. Il me faut plus de 10 minutes pour réussir à obtenir mon vélo alors que pourtant Thomas fait l'effort de m'expliquer comment faire. Mon passe-navigo ne fonctionne pas, mon code d'utilisateur est invalide... Après plusieurs laborieuses manipulations, je me saisis enfin du vélo numero 13. Chance ou malchance ? Seule la suite de mon aventure vous l'apprendra !

En effet, c'est là que les premières difficultés commencent. La rue est en montée. La circulation est dense. Quelle idée de partir à 17h pétantes ! Je manque de tomber. Je m'appuie in extremis sur une voiture garée sur ma droite. Le feu passe au vert. Les voitures redémarrent. Les pots d'échappement laissent échapper leurs odeurs nauséabondes et leurs fumées mortelles. J'appuie sur les pédales. C'est dur mais je suis bien entrainé. Il se met à pleuvoir, à pleuvoir de plus en plus fort. Je dépasse la Bibliothèque François Mitterrand. J'aperçois la Seine. Je tourne sur la gauche. Pas de pistes cyclables. Les voitures me doublent et me frôlent. Je continue de pédaler à en perdre haleine. Je grille un feu, puis un deuxième. La vague verte n'est pas prévue pour les vélos. Je pédale de plus en plus fort, contourne des bus, évite des passants. Encore un feu. J'aperçois une piste cyclable. Je m'engouffre. Une descente. La Gare d'Austerlitz se dévoile sur ma gauche. Et dire que le RER fait ça en moins de 2 minutes ! Je continue de pédaler comme un forcené. Derrière moi, Thomas suit avec le sourire. Moi je suis rouge et je sue. L'avantage de la pluie qui ne cesse de tomber, c'est qu'elle rend les auréoles invisibles. Le trajet est pénible mais je succombe rapidement au charme de la capitale. Comment résister aux bords de Seine ? Je traverse un pont, aperçoit la Place de la Bastille, continue tout droit. L'Hotel de Ville. La circulation est de plus en plus dense. Sens interdit en face. Sens interdit à gauche. Pas de chance, le musée d'Orsay est juste devant moi, légèrement sur la gauche. Je dois passer coûte que coûte. Le feu passe au vert. Je démarre en trombe. Moi je veux aller tout droit. Une BMW surgit de ma gauche. Visiblement elle ne l'entend pas ainsi. Je n'hésite pas à prendre des risques. Je fonce. Elle pile. J'ai failli y passer mais j'ai gagné. Je grimpe sur le trottoir, slalome entre les touristes agglutinés pour entrevoir le gland de la Tour Eiffel. Thomas a été moins téméraire que moi mais il me rejoint rapidement. Je traverse un pont, passe devant Notre-Dame de Paris -après avoir grillé un nouveau feu -, me retrouve Place Saint-Michel. Je suis en terre connue. Je maitrise la situation. Je connais notre positionnement géographique. Je tourne sur la droite. La Seine s'étend sous mes Converse, mes Converse qui peinent à ne pas glisser des pédales. L'Académie Française. Enfin voilà le Musée d'Orsay. J'évite un bus puis ralentit. Nous sommes arrivés. Maintenant, il nous faut trouver un emplacement pour laisser nos vélos. Je remonte une rue, puis une seconde. Je repasse devant le Musée d'Orsay. Continue jusque l'Assemblée Nationale. Je grille un nouveau feu devant un policier. A notre gauche, un parking nous tend les bras. Deux places vides. Nous nous ruons et nous abandonnons nos montures. Impossible de récupérer mon reçu. Mot de passe invalide. Peut-être vais-je être prélevé de 150€ demain ? Enfin nous sommes arrivés, vivants.

Après trois heures de visites, j'ai les jambes lourdes et une crampe à l'aîne. Je n'ai plus l'habitude de piétiner dans les expositions parisiennes. Il nous faut maintenant prendre le chemin du retour. La nourriture spirituelle est un mythe. Il est 21h00 et mon estomac crie famine. Il nous faut maintenant découvrir un nouveau parc Velib (car le système de location de celui où nous avions laissé nos vélos était en panne). Heureusement, celui-ci ne se laisse pas trop désirer. Les modalités sont torchées en quelques secondes. Une minute plus tard à peine, j'enfourche mon fougueux destrier et m'enfonce dans la circulation du Boulevard Saint-Germain. Un bus manque de m'étriller. Un car tente de me coincer contre d'énormes blocs de béton. Je ne faiblis pas, fais face à l'adversité avec fermeté. Surtout ne pas céder. Le Flore. Le Deux-Magots. Derrière moi, un bus piaffe d'impatience. Je redouble d'efforts. Le semer. Mon objectif secret est de le semer. Il s'arrête. Des passagers montent. Il redémarre. Je pousse. L'Institut du Monde Arabe. Son imposante ossature de verre se dresse en face de moi. Le bus tourne à gauche. Je n'ai pas cédé. Il ne m'a pas doublé. Des pavés. Une douleur dans le coccyx se fait ressentir. Pas très agréable de faire du vélo sur des pavés. Le Jardin des Plantes. Encore des pavés. Je repasse devant la Gare d'Austerlitz. Il pleut toujours autant et je suis toujours aussi trempé. Mon t-shirt colle à ma peau. Cela fait ressortir mes muscles saillant. Une montée. Pénible. Jamais je n'arriverai à monter une telle côte. Je change de vitesse. Je ralentis dangereusement. Thomas me double. Je suis à bout de souffle. Chaque nouveau coup de pédale déclenche une douleur dans le mollet. Je tourne. J'aperçois mon arrondissement. Les tours des Olympiades. Je suis bientôt chez moi. Je prends un sens interdit, grimpe un haut trottoir, puis le redescends aussi sec. Je grille à nouveau un feu. Impossible de savoir combien j'aurai commis d'incivilités ce soir. Les tours de la BNF se dévoilent progressivement dans le ciel lavande. Je remonte la rue de Tolbiac. Elle monte. La descente était plus agréable à l'aller. Voilà ma rue. Je m'engouffre. Horreur et Damnation : le parc de stationnement Velib est plein à craquer. Impossible de déposer nos vélos. Où peut bien être le parc le plus proche ? Le sang qui irrigue mon cerveau ne fait qu'un tour, mon poul, quant à lui, est de plus en plus rapide. Je soupire. Direction la station de métro de la Bibliothèque François Miterrand. Ouf. Je respire. Ici, il y a de la place. Nous laissons nos vélos. Je parviens à obtenir mon reçu. 25 minutes. J'ai mis 25 minutes à revenir du Musée d'Orsay. Certes j'aurais mis moins de temps avec le RER mais je n'aurais pas pu respirer le bon air pollué de la capitale, je n'aurais pas pu transpirer comme un boeuf, je n'aurais pas pu être mouillé par la pluie battante, je n'aurais pas pu manquer de me faire tuer... Et dire que j'aurais pu finir Le Joueur d'Echec de Stefan Zweig...

Une chose est sûre : je renonce à l'abonnement Velib. Le Velib, c'est horrib ! Néanmoins, j'aurais sûrement à coeur de vous conter de nouvelles péripéties cyclistes dans les mois à venir.

De Cézanne à Picasso

(portrait d'Ambroise Vollard réalisé par Cézanne après 115 séances de pose !)

Dans cette exposition, sobrement intitulée "De Cézanne à Picasso", le Musée d'Orsay rend un magnifique hommage au marchand d'art Ambroise Vollard. Celui-ci commença sa brillante carrière alors qu'il était encore étudiant en droit... Il fut ensuite le marchand de Cézanne, Van Gogh, Degas, Matisse, Gauguin, Derain, Maillol, Renoir, Vlaminck ainsi que de Picasso avant sa période cubiste (pas ma tasse de thé...). Grâce à son génie, son intuition, ses relations, il réussit à se batir un véritable empire... En misant sur des peintres rejetés ou inconnus à l'époque, il parvint à promouvoir leurs peintures... Sans lui, des peintres comme Van Gogh n'aurait sans doute pas le succès qu'ils ont aujourd'hui... Il a un parcours qui force le respect... Par ailleurs, même si je n'ai pas forcément aimé la dernière salle, on ne peut que saluer son rôle unique dans l'édition ! Malgré le monde (rarement vu autant de monde à Orsay), il faut bien reconnaitre que les organisateurs de l'exposition ne se sont pas foutus de notre gueule en rassemblant des oeuvres magnifiques venues des plus grands musées du monde... Rarement vu une exposition aussi riche ces dernières années ! Des dizaines de Cézanne dont quelques-uns vraiment superbes, des Van Gogh fabuleux et surtout un Degas sidérant : Le Bain ! Malheureusement, je n'ai pas pu vous en trouvez une reproduction mais c'est vraiment une oeuvre magnifique... La seule devant laquelle j'ai vibré... Ce corps de jeune fille, les couleurs lumineuses, le coup de pinceau raffiné... Une oeuvre sidérante... Le seul reproche que je pourrais émettre, c'est les trop nombreuses allusions au marché de l'Art faites dans les petits textes accompagnant les oeuvres...Cette exposition m'a permis de refaire un petit tour des collections permanentes du Musée d'Orsay... Comme je l'ai déjà dit précédement, je ne suis pas particulièrement amateur des oeuvres impressionnistes ou réalistes qui y sont exposées... Seuls quelques Cézanne, la salle consacrée à Van Gogh et quelques oeuvres de Monet (Le Parlement de Londres) ou de Manet (La Dame aux éventails) méritent vraiment le détour !

22 août 2007

Allo Maman Bobo

Claude Monet

Peut-être ne le saviez-vous pas encore mais depuis un an, j'étais abonné au Nouvel Observateur ! Mes grands-parents sont abonnés depuis des dizaines d'années et j'avais l'habitude de le lire lorsque j'étais en vacances chez eux. Quoi de plus normal donc que je m'abonne à cette revue dont la réputation n'est plus à faire. Malheureusement, depuis le 6 mai, je me trouve être en profond désaccord avec leur ligne éditoriale et le contenu de leurs éditos notamment celui de Jacques Juillard qui me déclenche systématiquement des hauts-le-coeur à chaque fin de phrase. Marre de cet abruti qui se félicite chaque semaine de la défaite de l'extrême-gauche ! Au mois d'aout, j'ai quand même continué de feuilleter l'hebdomadaire de mes grands-parents et j'ai vraiment été outré par ses analyses et son constat de la vie politique française actuelle ! C'est vraiment un vieux con sentencieux, comme les 3/4 de la rédaction du Nouvel Obs ! L'ensemble des articles et des dossiers (comme ceux faisant l'éloge de Cécilia Sarkozy ou de Rachida Dati) montre que ce journal traditionnellement, officiellement de gauche glisse dangereusement vers le centre (il fallait voir les regards énamourés qu'il jetait vers les électeurs bayrouistes pendant l'entre-deux-tours) voire vers la droite ! La seule chose qui me manquera vraiment, ce sont les chroniques de François Reynaert qui sont toujours de petites perles pleines d'humour et que je m'empressais de lire chaque jeudi en recevant mon Nouvel Obs dans ma boîte aux lettres.

En effet, comme vous avez pu le comprendre, j'ai résilié mon abonnement... ou plutôt, je ne l'ai pas renouvelé ! Vous vous demandez évidemment par quoi j'ai bien pu remplacer cet abonnement ? Mon cœur a longtemps balancé entre Le Figaro Magazine et Capital... Finalement, c'est Le Monde Diplomatique qui a profité de ces errements de ma pensée ! Quitte à être de gauche, autant l'être jusqu'au bout !

Un problème se posait alors ! Tout le monde connait ma passion pour l'actualité culturelle, les sorties ciné, le théâtre, la musique, les expositions... Il me fallait donc ajouter un deuxième abonnement au mensuel Monde Diplomatique ! J'ai reçu aujourd'hui mon premier Télérama ! Afin d'asseoir définitivement mon côté bobo intello parigo, il ne me manquait que la revue de référence ! C'est désormais chose faite ! Je vous avouerai que j'ai longtemps hésité avec Paris Match (oui oui, le magasine qui gomme les bourrelets de notre président) mais finalement, je n'étais même pas sur d'avoir suffisamment de lecture pour un aller/retour en bus entre chez moi et ma fac ! Il ne me restera alors qu'à feuilleter Alternatives Economiques lorsque je rentrerai chez mes parents pour avoir une vue d'ensemble sur la situation politique et économique internationale !

18 août 2007

Kool Summer

Bigger than life.

Mes vacances paisibles au bord de l'Océan Atlantique sont terminées... Finies les plages de sable fin qui chauffaient mes pieds nus... Révolu le vent du large qui me tannait le visage... Achevé le soleil qui brûlait ma peau... Pendant trois semaines, j'ai pu me prélasser sur ma serviette, lire Proust, Buzzati, Barjavel, Steinbeck, Orwell, nager jusqu'à l'épuisement, observer les gens qui m'entouraient... Les vieilles qui exhibaient leurs seins, les anorexiques qui cachaient leurs os derrière un paréo, les playboys de pacotille qui frimaient avec un ballon de volley, les grosses qui arpentaient la plage en laissant remuer leurs bourrelets, les petites filles qui braillaient, les adolescents qui éructaient de joie chaque fois qu'ils marquaient un but, le vieux qui n'allait jamais se baigner sans montrer fièrement son string orange, le jeune couple qui ne se lassait pas de faire des cochonneries à la vue de tous, les jeunes filles qui lisaient des revues débilitantes, les pères sans autorité, les mères courant derrière leur progéniture pour leur apporter leur goûter, les familles étalant leurs futiles accessoires comme des symboles de leur inaliénable condition de « beaufs »... Progressivement, cette rebutante population familiale semble s'emparer sans vergogne de ma si sauvage Plage de l'Océan. Heureusement, cela ne retire rien au charme du martèlement des vagues s'écrasant sur le rivage dans une éruption d'écume...

Viva la revolucion (avec la serviette d'Oranou)

Mon passe-temps favori fut psychiatriquement inquiétant... Je repérais les jolies filles – si possible lisant des folios classiques plutôt que Cosmo, Elle, Biba, 20 ans ou la dernière daube de Lévy, Musso et consorts - telles des proies... Quand elles se levaient pour partir, je remballais rapidement mes affaires et je m'empressais de les suivre discrètement jusque leur lieu de villégiature, retenais l'adresse et reluquais leur plaque d'immatriculation : 76, 78, 49, 52, 44, 72... Après le triste constat d'un amour impossible, je me dépêchais de rentrer chez moi – chargé de pensées érotiques et de rêves coquins - car mes grands-parents m'attendaient pour manger... J'ai l'impression de n'avoir fait que ça de mes vacances : bronzer, mater, nager, lire, manger, boire... Liste simple de choses simples, de petits plaisirs illusoires à laquelle je peux quand même rajouter faire du vélo et jouer au Scrabble !

Le premier maillot jaune pas dopé – tout est dans les baskets jaunes et le fidèle destrier.

La première activité fut une torture, un calvaire, un supplice... Chaque kilomètre parcouru se soldait par des muscles courbaturés et des douleurs indicibles... Chaque bosse, chaque creux, chaque montée, chaque carrefour se révélait être un nouvel obstacle entre moi et mon objectif sacré... Autant dire que cela m'a légèrement refroidi quand à donner suite à l'abonnement Velib qui me tentait avant les vacances... Le ipod dans les oreilles (Supertramp, Pink Floyd, Of Montréal, Cocorosie, Goran Bregovic, No One is Innocent furent de la partie...), il m'est arrivé de parcourir jusqu'à vingt kilomètres par jour, la distance aller/retour qui sépare la maison de grands-parents de l'effervescence de la ville de Noirmoutier... Heureusement, ces efforts physiques remarquables n'altéraient en rien mes brillantes capacités intellectuelles et le don inné dont j'ai hérité et qui me permet de gagner la quasi-totalité des parties de Scrabble auxquelles je participe... Ma grand-mère en a encore fait les frais... Durant trois semaines, elle a enchaîné les défaites avec humilité... Une victoire par ci (après réflexion, il n'y en eu qu'une), quelques points de différence par là lui permettaient d'espérer encore un peu... Je fus un rouleau compresseur, explosant les records, glissant des mots inconnus de tous et sachant garder mon sérieux lorsque ma mamy écrit le mot G-O-D-E en ajoutant de sa petite voix fluette : « je ne sais pas trop ce que c'est mais ça existe ».

La vérité sort du Scrabbeule.

Sur trois semaines passées sur la côte Atlantique, seuls 12 jours offrirent un ciel bleu et un temps acceptable. Par chance, le mauvais temps apporte aussi quelques petits instants de bonheur romantiquement poétiques. Ainsi, outre les couchers de soleil proposant de superbes dégradés de mauves et les reflets étrangement lumineux des nuages gris sur l'océan déchaîné, j'ai eu droit à un magnifique orage nocturne. C'est quelque chose qui me rend aussi fébrile qu'un feu d'artifice, quelque chose d'étonnement fascinant, quelque chose pour laquelle je serai prêt à braver tous les interdits, prendre des risques inutiles pour m'en abreuver jusque satiété... Sans oublier le petit plus qu'apporte ce genre d'exercices; l'impalpable tension craintive, la dose d'adrénaline indissociable à la fièvre du moment. L'excitation est à son comble quand les éclairs transpercent la masse de nuages à quelques centaines de mètres seulement, lorsque les éclairs viennent frapper la surface de la mer rapidement suivis d'un rauque, d'un suave roulement de tonnerre. L'ivresse, le trouble du moment atteignent alors leur paroxysme ! J'adooOOOoore ça !

La nage, ça trempe énormément !

Avec l'âge, soit je m'assagis, soit je deviens une loque embourgeoisée, soit je me transforme en intello péteux parisien mais une chose est sûre : j'ai évité tant bien que mal mes connaissances insulaires aux QI proches de ceux d'un bigorneau congelé... No drugs (ou presque)... No alcohol (ou presque)... No chichis (ou presque)... A défaut d'être studieuses (mes révisions pour les rattrapages ne furent finalement pas au coeur de mon emploi du temps...), mes vacances furent sérieuses, loin de la vie de débauche que j'ai pu mener les étés précédents (surtout celui de mes 18 ans, les suivants furent nettement moins rocambolesques...).
Ci-dessous, la liste des choses que j'aurai pu faire et que je n'ai pas faites :

  • Faire des pâtés de sables et sauter dessus à pieds-joints.

  • Courir 10 kilomètres matin, midi et soir.

  • Entreprendre de reconstruire en sable la muraille de Chine grandeur nature sur la plage.

  • Faire de la planche à voile sans tchador et du catamaran sans humour.

  • Maigrir.

  • Ramasser des coques et des palourdes.

  • Sniffer un mélange d'écume et de grains de sable.

  • Creuser un trou très profond, se cacher à l'intérieur et affronter les assauts répétés des vagues.

  • Dormir douze heures consécutives en pensant à elle.

  • Rencontrer Agnès Varda et Françoise de Panafieu.

  • Repeindre la salle à manger de mon ancien patron.

  • Prendre une cuite avec de la Smirnoff Ice chaude.

  • Renifler des hortensias roses jusqu'à avoir la tête qui tourne.

  • Me rouler dans la vase à marée basse.

  • Traverser le Gois à bicyclette avec la marée montante.

  • Pêcher et Pécher.

  • Prêcher.

  • Monter dans un arbre et crier : « Je suis le roi du monde ».

  • Cueillir de la salicorne.

  • Jouir.

  • Devenir sarkozyste, voire céciliasarkozyste.

Luxe sans luxure.

Sérieux, je le fus aussi à Céret où j'étais attendu de pied ferme par mon « vieux grigou » de maître de stage... A 7h30, je débarque au centre du monde (une pissotière de la gare de Perpignan) après avoir passé les dix heures les plus longues de ma vie à me tourner et me retourner sur les horribles couchettes d'un train corail Lunéa. Rien de plus frustrant que de voir cinq personnes endormies autour de soi quand on arrive pas à fermer l'oeil de la nuit faute au manque de place, faute au bruit du train, faute au bruit des mômes dans le compartiments d'à côté, faute à la lumière de la civilisation, faute aux arrêts répétés... Bref, une heure plus tard, je suis soulagé de me plonger dans l'eau vivifiante de la piscine... Quelques brasses plus tard, je suis d'attaque pour une dure journée de labeur afin de préparer au mieux ces trois jours consacrés à Freddy Tiffou... La journée finira en beauté avec la visite du célèbre Musée d'Art Moderne de la Ville de Céret... Mon grand retour à la Culture après une pause de trois semaines... Une exposition temporaire assez sidérante rassemblant plus de 150 oeuvres de Othon Friesz (cela étant dit, ce n'est absolument pas ma tasse de thé !) et une collection permanente offrant des toiles de personnalités telles que Herbin, Gris, Picasso, Soutine, Pignon ainsi que deux Chagall tout simplement fabuleux !

La prospérité à bout de bras.

Les trois jours suivants me plongeront au coeur d'un univers qui m'était jusqu'alors inconnu. Trois jours durant j'ai côtoyé des antiquaires et des galeristes avec pour mission de faire connaître et reconnaître l'incroyable talent de Freddy Tiffou. Cela faisait deux mois que je travaillais à partir de photos et je dois bien reconnaître que certaines oeuvres sont vraiment saisissantes... Deux mois que je brassais du vent bien au chaud derrière mon écran et me voilà enfin confronté à la dure réalité ! J'ai des dizaines d'anecdotes à raconter, des réflexions toutes plus connes les unes que les autres allant des braves gens persuadés que j'étais le peintre Tiffou (et allant jusqu'à m'appeler Freddy) aux nigauds me demandant pourquoi le peintre peignait des objets à l'envers... Finalement, trois tableaux furent vendus... Je n'irai pas jusqu'à dire que j'en suis le responsable (du moins pas directement, surtout que c'était loin d'être mes préférés et que le côté commercial ne me sied guère...) mais évidemment je suis enchanté de constater que mon travail en amont est récompensé... A défaut d'avoir les moyens de repartir avec un Tiffou, je serai bien reparti avec une toile Capdeville, un artiste local, mais là encore le compte en banque crie famine...

Chaud comme un four solaire.

En revanche, je dois bien reconnaître que pendant un mois, un "antoine affamé" put être considérée comme un oxymore. Après les trois semaines où je fus gavé comme une oie par ma grand-mère, j'ai pu goûter avec beaucoup de plaisir à la cuisine catalane préparée par Cricri, la dulcinée de « vieux grigou ». En effet, j'ai passé ma dernière journée de « vacances » (guillemets utilisés parce que mon big boss a exploité mes talents multiples dans sa boutique) à Mont-Louis, une petite cité fortifiée construite par Vauban et actuellement en attente pour faire partie du patrimoine mondial de l'Unesco. Même si la citadelle est complètement ravagée par le camp militaire battit à l'intérieur, j'étais très heureux de découvrir cette région pyrénnéenne. Avant de repartir de la gare de Latour de Carol (pour une nuit à peine moins pénible que la première), j'aurai quand même l'occasion de voir le grand four solaire d'Odeillo construit par Félix Trombe et surtout de passer cinq minutes dans l'enclave espagnole de Livia... Eh oui... Je peux me targuer d'avoir été en Espagne cet été... Sol, muchachas, chocolate, ces cinq minutes eurent un goût de paradis...^^

Soleil de vos vies.

Après un sevrage d'un mois en ce qui concerne mes deux principales sources de loisirs, le cinéma et internet (à 2,5€ le quart d'heure, on apprend à être raisonnable...), il va me falloir reprendre un rythme effréné afin de rattraper mon retard sur les différents blogs que je lis régulièrement et dans les différentes salles que je fréquente habituellement tout en ne négligeant pas mes révisions pour les rattrapages, ma recherche d'un nouvel appartement et la dernière ligne droite de mon stage passionnant...