31 octobre 2007

Design contre Design


J'ai enfin rencontré Diane de Buzzeum ainsi qu'Hisaux et ce à l'occasion de l'exposition Design contre Design au Grand Palais. La réputation du lieu n'est plus à faire mais pourtant, je dois bien reconnaitre que j'ai été déçu par cette exposition. Je ne suis pas particulièrement sensible au design. Généralement, à Beaubourg, je zappe les 4-5 salles qui sont consacrées aux designers. Pourtant, je pense qu'il y avait moyen de faire une exposition beaucoup plus intéressante. Malgré deux-trois meubles vraiment intéressants (notamment l'étagère en escargot de la première salle) et quelques projets sympathiques, il n'y a pas de quoi se relever la nuit. La première salle consacrée à l'opposition entre les formes est vraiment bien foutues. Les suivantes le sont nettement moins. Il y avait trop à montrer et le lieu ne le permet pas. Il en résulte des salles trop chargées, du mobilier pas bien mis en valeur et des choix d'oeuvres exposées par toujours judicieux. De plus, l'ensemble manquait de précisions, manquait d'informations. Il aurait peut-être été judicieux de télécharger le podcast avant de visiter l'exposition...
Non, vraiment, cela m'aurait fait mal au coeur d'avoir à débourser 10 euros pour voir cette exposition... Vivement Courbet !

30 octobre 2007

Didier Super

Il y a quelques mois, au cours d'une conversation, ma voisine (qui est encore ma voisine pour 6 jours) me parle de Didier Super ! Je ne connais absolument pas ! Je n'en ai même jamais entendu parler ! Le soir, je rentre chez moi, surfe sur internet et me retrouve sur DailyMotion. En page d'accueil, c'est Didier Super qui m'attend. Il est la vidéo-star. Evidemment, je m'empresse de regarder quelques vidéos. Je trouve ça nul mais je ne peux m'empêcher de rire, pire encore, je m'enfile les dizaines de vidéos visibles sur la plateforme. Hier, grâce encore une fois à Billet-reduc, j'ai pu avoir deux invitations pour le "concert sans musique" que donne Didier Super dans une petite salle du Théâtre du Temple, près de République.



Accompagné donc de ma voisine, enchantée de voir sur scène son idole, je pénètre dans la petite salle. Dès les premières secondes, je suis mort de rire. Sa bande-audio préenregistrée est tout simplement formidable. Puis le rideau se lève. Avec son look crasseux, sa bonne bouille de brave gars bien sympathique, son sourire de demeuré, ses cheveux gras, ses petites lunettes ringardes, Didier Super est un symbole, un no-sex symbol. Il y a une cinquantaine de personnes dans la salle, Didier Super adopte donc un ton très intimiste, n'hésitant à arranguer le public en délire, voire à le rabaisser à l'état de merde puante. C'est évidemment un one-man-show plus qu'un concert. Les chansons, faussement chantées et mal interprêtées, ne sont qu'un prétexte pour faire rire un public qui en redemande. C'est drôle, c'est trash mais je ne m'en lasse pas. Il y a quand même deux-trois passages assez hardcore, notamment sur la pédophilie qui ont du mal à passer... Cela étant dit, j'aimerais bien savoir comment certains spectateurs réagissent aux énormités énoncées par Didier Super. Ses textes sont rascistes, homophobes, haineux, antisémites... Mais évidemment, c'est du second degré, voire du 36e degré, et c'est pour ça que je craque complètement pour le bonhomme.
Didier Super, c'est aussi un artiste engagé ! Si vous voulez savoir ce que c'est un artiste engagé, regardez la petite vidéo ci dessous :


Evidemment, je peux comprendre que l'on puisse être choqué par les paroles... Mais pourtant c'est un spectacle particulièrement jouissif que je serais prêt à revoir si jamais j'ai l'occasion d'y retourner gratuitement, ne serait-ce que parce qu'il laisse une large place à l'improvisation et que chaque concert doit être sensiblement différent.

29 octobre 2007

Question 5

Pourquoi le salaire de Nicolas Sarkozy va-t'il augmenter de 140% en 2008 alors que le SMIC n'a connu qu'une hausse de 3% le 1er juillet 2007 ?

26 octobre 2007

Miro

Après le faste et la démesure du concert de Mika au Zénith, il me fallait retrouver le chemin d'une salle à taille humaine. Rien de mieux donc que ce concert de Miro à la Maroquinerie, ma salle de concert préférée de la capitale. J'y suis allé à l'aveuglette. Pire encore, hier soir, j'avais renoncé à y aller. Et puis finalement, je me suis décidé. A moi les découvertes "live" de la nouvelle scène française. En arrivant, à 19h, je tombe des nues : le concert est décalé d'une heure. J'en profite pour aller manger un grec un peu plus loin. L'avantage dans le 20e c'est que c'est typiquement le genre de petits commerces qui ne manquent pas. J'ai horreur de cette rue de Ménilmontant. Et le pire c'est que la montée est difficile. J'étais tout essouflé en arrivant à la Maroquinerie. Bref, une heure plus tard, je retourne à la billeterie. Des rumeurs circulent. Le concert ne débutera pas avant 21h30. Ayant prévu d'aller au cinéma à 22h30, je commence à m'impatienter. Finalement, les caisses ouvrirent à 20h30 et le concert commença à 21h.



Je ne connaissais que deux chansons écoutée sur Radioblog. Et le pire c'est qu'il ne les a même pas interprétées. Mais je suis vraiment tombé sous le charme de cet artiste. C'est du rock/pop/funk français assez punchy avec de vraies paroles pleines d'humour et de sentiments. Les textes sont vraiment très bien écrits. Notamment la chanson avec plein d'anagrammes qui est à se pâmer. Et puis il a une voix à laquelle j'ai vraiment accroché tout de suite. Et une bonne bouille de bon gars sympathique ! J'avais même de la peine pour lui que la salle ne soit pas plus réactive. Je n'ai jamais vu un public aussi mou, aussi coincé. En même temps, il faut bien reconnaitre que la moyenne d'âge était légérement plus élevée que lors des derniers concerts que j'ai eu l'occasion de voir (à part Police évidemment).



Je suis vite revenu sur mon envie d'aller au cinéma après. Je me suis laissé séduire par la folie et la candeur de Miro. Et j'ai eu raison. Après un final apocalyptique, Miro revient sur scène avec une surprise de taille : Manu du groupe Tryo, celui-là même qui avait cité sur son blog la pertinence de mes propos à propos des débats télévisés pendant la présidentielle. Ils feront ensemble deux chansons complètement déjantées accompagnés par un Massimo dont je n'avais jamais entendu parler. Et Manu fait même le thème des Simpsons pour s'occuper...
Puis une deuxième surprise de taille apparait au fond de la scène : Charlélie Couture himself venu apporter la touche finale de ce concert qui restera dans les annales. Finalement, le show durera deux bonnes heures. Et dire que j'ai failli ne pas y aller. Il ne me reste plus qu'à vous conseiller d'écouter ses albums et de tenter de le revoir sur scène. C'est un spectacle qui vaut son pesant de cacahuètes.

25 octobre 2007

Animal

Nouvelle exposition parfaitement réussie au Musée Dapper. Sous le titre Animal, le musée se propose de faire un bestaire de l'Art africain. N'étant pas spécialement sensible à l'art primitif, j'essaye régulièrement de bénéficier d'invitations pour tenter de voir ces expositions généralement très réussies. Le musée Dapper propose, à travers quelque cent quarante oeuvres, masques, statuettes, objets de dignité et parures, provenant de grands musées européens, de collections privées ainsi que de son fonds propre, une lecture des formes, codes, symboles et métaphores, partagés ou distincts, de la présence animale dans les arts de l'Afrique subsaharienne. On se rend compte de l'importance de ces animaux dans le quotidien des tribus, des ethnies dites primitives. Ainsi, la forme animale, parfois mêlée à des traits humains, permet de représenter des esprits théoriquement invisibles.
Encore une fois, les oeuvres choisies étaient saisissantes... Véritable coup de coeur pour quelques oeuvres représentant des poissons-scies, des chevaux ou des crocodiles... Une exposition à voir sans aucun doute ! En espérant que vous échapperez aux visites scolaires... Ces abrutis de gamins bruyants m'ont pourri ma visite... Y a vraiment plus de respect pour les anciens...

24 octobre 2007

Mika

Concert certifié "absolutely awesome" de Mika au Zenith de Paris. Grâce aux bienfaits du capitalisme et de la loi de l'offre et la demande, j'ai pu assister à ce concert gratuitement. Et le spectacle n'en a été que plus réjouissant (même si j'ai un peu honte quand même). En première partie, c'est le groupe-punchy-qui-monte Yelle qui tente d'embraser la fosse du Zénith. C'est évidemment "absolutely awesome". Je ne connaissais que quelques vidéos dénichées sur le blog de Toli, fan de la première heure. Mais sur scène, la magie opère. Même si les textes drôles et percutants chantés de la voix espiègle de la chanteuse couvrent à peine le son electro produit par ses deux confrères, ils ont l'air de s'amuser comme des fous et le Zenith en redemande.Arrive enfin le moment tant attendu. Les lumières s'éteignent. Et Mika fait son apparition sur scène. Le concert débute avec ma chanson préférée : Relax, take it easy ! Il finira également sur cette chanson... Entre-temps, Mika aura eu l'occasion de nous montrer toute l'étendue de son talent, de son appareil-vocal, de son corps de rêve et de sa garde-robe. Il égrene ses tubes avec fougue et passion. Et même de nouvelles chansons qui donnent envie de découvrir son prochain album. Sur scène, c'est un énorme bordel millimétré. Des grosses viennent remuer leurs bourrelets pendant la chanson Big Girls, des apparitions presques lyriques viennent ponctuellement appuyer les textes de Mika, les musiciens se déguisent pour monter un petit sketch trop craquant, des dizaines de techniciens inondent la salle d'énormes ballons de baudruche et de confettis colorés dans un rappel que je vis comme une véritable fête. Mika ne se contente pas de jouer son album (d'ailleurs, il n'a même pas fait toutes ses chansons...), il conçoit son concert comme un énorme rassemblement hyper convivial. Et ça marche ! Je veux absolument y retourner !

A mes côtés, l'"absolutely awesome" Toli mitraille la scène avec son appareil photo. Grâce à lui, voilà quelques clichés pour illuminer cet article...

23 octobre 2007

Question 4

Comment la loi sur l'immigration a-t-elle pu être votée par 282 députés contre 235 ?

22 octobre 2007

L'atelier d'Alberto Giacometti

C'était sans aucun doute l'exposition de la rentrée que j'attendais le plus. J'admire depuis toujours les sculpture en bronze d'Alberto Giacometti et quand j'ai vu que Beaubourg allait organiser une énorme exposition rassemblant plus de 600 oeuvres de l'artiste, j'ai exulté. Et malheureusement, j'ai bien peur d'en être ressorti un peu déçu. Pourtant tous les éléments sont réunis pour en faire l'exposition-phare de cette rentrée muséale : une mise en scène épurée et libérée des oeuvres de qualité de l'artiste à la renommée internationale. Pourtant, il manque la flamme, la petite étincelle d'émotion qui transforme ce genre de rendez-vous en une véritable communion avec l'oeuvre de l'artiste. Et malheureusement, on est loin d'éprouver pour les sculptures et les toiles de Giacometti, la même fascination que je ressentais pour le travail d'Yves Klein l'année dernière.
Mis à part ce léger faux pas, faux pas qui dépend finalement de ma seule appréciation, je dois bien reconnaitre que les conservateurs de Beaubourg ont encore frappé très fort. Même si la présentation "dans l'atelier" est un peu cheap (ne serait-ce que par rapport à la mise en scène de l'atelier Brancusi à quelques mètres), il y a un véritable effort pour briser les volumes dans l'immense salle allouée à l'exposition. Il en résulte un sentiment de liberté, un sentiment d'espace qui colle bien avec les sculptures filiformes de Giacometti. Par ailleurs, impossible de remettre en cause la pertinence des oeuvres exposées. J'ai vraiment été intrigué par ces toiles du début, toiles qui ressemblent énormément à celles de son père ainsi que par ses sculptures cubistes, sculptures qui ressemblent énormément à celles de Brancusi par exemple.Après une série de photos toutes plus réussies les unes que les autres, on entre enfin dans le vif du sujet... Et quel sujet ! Des sculptures monumentales, des toiles fascinantes, la fameuse sculpture du nez, une multitude de travaux miniatures et d'esquisses diverses... Je dois bien reconnaitre que son travail pictural m'était totalement inconnu. Et j'ai trouvé ça vraiment bien foutu. Même si, aussi banal que cela puisse paraitre, les oeuvres les plus exceptionnelles qui sont présentées sont évidemment les sculptures en fonte.Une exposition intéressante sans aucun doute, grâce notamment à la quantité d'oeuvres rassemblées (il est toujours intéressant de voir l'oeuvre finale et les travaux préparatoires...) et la mise en espace peu banale, même s'il est clair que je m'attendais à quelque chose de beaucoup plus saisissant. Mais j'y retournerais avant le 11 février sans aucun doute !

Question 3

Pourquoi le gouvernement a-t-il décidé de remplacer le mot "camarade" par le mot "compagnon" dans la lettre de Guy Môquet ?

21 octobre 2007

The Shock Doctrine



Parce que c'est un film d'Alfonso Cuaron, brillant réalisateur de Les Fils de l'Homme.
Parce que ça annonce la sortie du nouveau livre de Naomi Klein, icone de l'anticapitalisme outre-atlantique.
Parce que pour une fois, une phrase de Milton Friedman vous donnera de l'espoir.
Parce que ça peut pas faire de mal à votre anglais ou votre espagnol.
Parce que c'est brillant et que j'attends la sortie de son essai avec impatience.


20 octobre 2007

Il était une fois... une moissonneuse.

Parce que dans l'édition, ça manque de filles jeunes et jolies, Les Moissonneuses viennent de monter leur propre maison d'édition Place Monge : Moisson Rouge. Et pour marquer le coup, son impératrice, sa Laurence Parisot, son hantrepreuneuz, la talentueuse Jenny Suarez-Ames a décidé de liquider le stock de la maison précédente. Sautant sur l'occasion pour rencontrer une vraie princesse révolutionnaire, je me suis empressé (ou presque) d'aller chercher quelques livres pour me culturer gratuitement. A moi les essais sur la Guerre du Sonderbund, sur Camus & Sartre, sur Fidel Castro, sur Jean-Paul II (sous-titré "le marathonien de Dieu"), sur la géopolitique en Roumanie, sans parler des livres policiers aux couvertures affriolantes. Autant dire que je comprends parfaitement les masses laborieuses qui se sont jetées dessus comme des chiens enragés la veille de mon passage.
(qui eux n'ont pas eu la chance de récupérer un magnifique bouquin sur Soulages - voilà qui va plaire à vieux grigou - ni sur l'Occupation vue par le Cinéma Français)

Juste un peu déçu que les magnifiques locaux manquent de famapouales et que La Rubia n'était même pas là pour m'accueillir... Cela ne m'empêche pas de souhaiter à ces moissonneuses une récolte à la hauteur de leurs envies...

Question 2

Pourquoi Bernard Laporte rentre-t-il au gouvernement lundi alors que c'est un mauvais entraineur (c'est Michalak qui le dit) et un homme d'affaire véreux (c'est le Fisc qui le dit) ?

18 octobre 2007

Mais où va le cinéma ?

Comme Agnès b., j'aime le cinéma ! Je vois des dizaines de films par semaine, la plupart au cinéma. Depuis plus de trois ans, j'ai la carte UGC illimitée. Depuis un mois et demi, elle a été étendue aux salles Mk2. J'aime savoir que je peux voir tous les films qui sortent au cinéma, des ressorties, des films inédits. Je n'ai que l'embarras du choix. Plus de 500 salles acceptent ma carte sur Paris. Et pourtant, je suis confronté à un problème éthique. Outre le fait que je sois tombé dans une spirale d'hyper-consommation, Mk2 et UGC sont en train de créer une quasi-situation de monopole sur la capitale. Cela fait longtemps que les dés sont jetés pour les petits cinémas, les fameuses salles partenaires. Et je ne plains absolument pas Gaumont qui est une société commerciale que j'abhorre. Pourtant, d'autres cinémas tentent de résister. Dans le quartier latin ou dans la banlieue proche. C'est le cas du Méliès à Montreuil par exemple. C'est un cinéma municipal. Un modèle de gestion. Une programmation éclectique et intelligente qui s'adresse à tous les publics. Et il rencontre un véritable succès. Tant est si bien que la ville a récemment décidé de doubler son nombre de salles, de 3, le Méliès passerait à 6 salles. Et c'est là que le bas blesse. Dans la confusion générale, UGC a attaqué le cinéma pour concurrence déloyale. Mk2, victime de son alliance, a poursuivi dans la foulée. Alors que depuis 5 ans les cinémas indépendants tentent de résister aux attaques répétés des grands groupes grâce à leurs animations et leur programmation, voilà que les gros groupes se mettent à les attaquer. C'est le monde à l'envers ! Et même si je ne pense pas avoir le courage de renoncer à mon abonnement, j'espère que cet événement fera prendre conscience à la population du danger que représente les gros groupes cinématographiques pour la sauvegarde d'une diversité des genres, d'un cinéma d'auteur et d'une véritable reflexion culturelle et sociale. Mk2 était une référence à ce niveau là, mêlant habilement business et culture. Mais petit à petit, le groupe est aspiré dans un cercle vicieux où le pop-corn et les produits dérivés règnent en maitre. Plusieurs médias se sont saisis de l'affaire, Politis et Libération notamment. Espérons que Mk2 renonce à poursuivre le Méliès, ils n'ont rien à y gagner et cela me ferait de la peine de reconsidérer le bien-fondé de ma carte illimitée que je chéris plus que tout. Cela étant dit, ne plus l'avoir me permettrait surement d'échapper à des films aussi mauvais que Invasion...


(la chanson est énorme...)

Olympe

Jeudi. Grève dans les transports. Je n'ai pas l'intention d'aller en cours. Plusieurs théâtres propose des invitations pour tenter de remplir leur salle malgré les problèmes de transport. J'opte pour Olympe au Théâtre du Renard. Peu de personnes se sont déplacées. La salle résonne. C'est sûr que cela nuit légèrement à l'atmosphère générale de la salle. Malheureusement, je ne suis pas sûr que cela soit la seule raison de ma non-adhésion à la pièce. Je dois bien reconnaitre que je suis assez déçu. L'année dernière, je voyais Jean-Marie Lecoq jouant son fameux "Adam, le sans-logis de la logique". C'était génial, le texte était brillant. J'espérais retrouver la même magie des mots, la même pertinence des jeux de mots, le même engagement politique. Mais là, le texte ne m'a jamais convaincu. On retrouve la patte de Lecoq, sa plume acérée (même si la comparaison avec Ségolène Royal n'est pas des plus enthousiasmante) mais le tout manque de densité, de profondeur. J'ai ri, je ne peux pas le nier mais je n'ai pas trouvé ça aussi juste que Adam, le sans-logis de la logique. Veronique Ataly se démène sur scène mais elle ne parvient jamais à déclencher l'enthousiasme.
Déçu... Je m'attendais à beaucoup mieux...

Question 1

Pourquoi le divorce de Sarkozy a-t-il éclipsé le plus gros mouvement de grève depuis 1995 dans les médias ?

Pourquoi l'a-t-il annoncé officiellement ce jeudi alors que tout le monde le sait depuis plusieurs jours ?

14 octobre 2007

Le garçon sur la balançoire

(avant)

Ce week-end, je suis à Reims. Chez mes parents. Quand j'ai pénétré dans la maison hier midi, rien n'avait changé. Les tableaux étaient à leur place, les sculptures aussi, les meubles n'avaient pas bougé. Et l'odeur du bon repas qui m'attendait m'a fait tourner la tête. Ici, c'était encore un peu chez moi. Pourtant, une fois dans le jardin, j'étais abattu. Une fois franchi la barrière formée par la végétation luxuriante (oui oui, le jardin de mes parents ressemble à la forêt amazonienne...), je me suis rendu compte que la balançoire avait disparu. Sans que l'on me demande mon avis. La balançoire avait été démontée. Les pièces avaient été rassemblées. Elle ne formait plus qu'un vulgaire petit tas de tubes métalliques. Avant, elle se dressait fièrement au fond du jardin, accusant les hivers glaciaux et les étés enjoués sans broncher. Depuis quinze ans, elle faisait partie de ma vie. Lieu essentiel de retraite dans mon jardin. Je la bichonnais souvent, je la maltraitais parfois mais je l'aimais. Elle était moche mais je la trouvais belle. C'était ma fierté, ma balançoire à moi. Avec les cordes, je me voyais déjà en Indiana Jones partant à la conquête des trésors cachés, avec l'échelle, je m'imaginais en James Bond sauvant le monde, avec la balançoire, je me croyais être le Prince Charmant attendant ma princesse. Après l'école, je courrais me réfugier dans mon monde imaginaire, dans le monde duquel j'étais le seul et unique héros. Et, plus tard, la présence de mon frère et de ma soeur me conforta dans cette idée. Que ça soit avec la balançoire, les Lego ou les Playmobil, j'ai passé mon enfance à m'imaginer dans un monde parallèle, un monde dans lequel je serais l'unique centre d'intérêt. Et finalement, compte tenu du ton de mon blog, on se rend rapidement compte que je n'ai guère évolué depuis l'époque où j'escaladais ma balançoire magique. Aujourd'hui, il faut croire que c'est une page qui se tourne. Mais c'est clair que j'ai envie de continuer de rêver, de m'imaginer en preux chevalier bravant tous les dangers de la jungle moderne. Il paraît que le monde appartient à ceux qui rêvent trop...

(après)

13 octobre 2007

L'emprise du lieu

 Daniel Buren

Quand Pommery décide de faire du mécénat, il ne trouve rien de mieux à faire que de réunir une trentaine d'artistes autour de Daniel Buren. L'ensemble est évidemment inégal. On a l'impression d'assister à une nuit blanche, concentrée sur un kilomètres de galeries souterraines plutôt qu'éparpillée à travers tout Paris. Quelques réalisations sont quand même très intéressantes, d'autres sont plus conceptuelles et généralement, je reste complètement hermétique à ce genre d'oeuvre. L'avantage, c'est que, dans le cadre de cette visite, j'ai pu suivre une guide vraiment intéressante. Elle prenait le temps de nous expliquer la genèse de chaque oeuvre, les conditions d'installation et nous révélait parfois la symbolique des oeuvres. Evidemment, c'est de l'art contemporain. Donc il y a toute une dimension métaphorique et allégorique que le visiteur doit tenter de dénicher. Impossible de s'arrêter à des notions de Beau et de Laid. Mis à part peut-être la toile d'araignée géante (WEB) réalisée par Mona Hatoum. Comme toute bonne exposition qui se respecte, on a eu le droit à notre lot de vidéos et de sons divers. Je hais ça ! Pour moi ça ne présente vraiment aucun intérêt. D'autres oeuvres étaient quand même très impressionnantes : la cathédrale de chaises de Tadashi Kawamata, Emptiness/Fullness de Kader Attia, Hymne de Claude Lévêque...
Kader Attia

Je ne peux pas dire que ce type d'oeuvres répondent forcément à mes attentes artistiques mais je trouve que la plupart s'intègre habilement dans le décor des crayères et autres galeries originellement consacrées au stockage des bouteilles de champagne... Le lieu fait vraiment piège à touristes (j'ai d'ailleurs beaucoup ri en voyant la première oeuvre sur la porte d'entrée exhibant des billets de banque... la maison fait vraiment pompe à fric !) mais je suis content d'avoir pu assister à ce genre d'initiative... Sans parler des flutes sirotaient allègrement après la visite... Le responsable du bar est parti cinq minutes... Des petites vieilles se sont ruées sur les flutes... Elles les buvaient cul sec pour en reprendre une autre immédiatement... Je me suis donc empressé d'aller en chercher une autre avant qu'il n'y en ait plus... Ils ont qu'à être moins radin sur la quantité chez Pommery !^^

Le dossier de presse passionnant !

Pourquoi a-t-on honte ?

Triste constat ! Pourquoi a-t-on honte ? Honte d'être de gauche. Autour de moi, à la fac, dans le métro, partout, la droite a le sourire, la droite exhibe ses accessoires, son Figaro, son discours plein d'inepties. Et ils en sont fiers. Fiers d'être des gros connards égoïstes. Fiers de penser qu'à leur gueule. Fiers de leur vie minable de crétins. Et la gauche ? La gauche s'écrase. La gauche n'ose pas dire qu'elle est de gauche. Et chaque jour le perfide discours libéral gagne du terrain. Sans que la gauche n'y trouvent rien à redire. La gauche a honte d'être de gauche. Pourquoi a-t-on honte de payer des impôts ? Honte de croire en un monde meilleur ? Honte d'être cultivés ? Honte d'exiger une meilleure redistribution des richesses ? Honte de croire en l'Homme qu'elle que soit sa couleur de peau ou sa religion ? C'est nous qui avons raison. C'est nous qui sommes dans le vrai. C'est nous qui représentons le futur. Comment peut-on soutenir une politique, une idéologie qui pourrit le monde ? Qui l'enlaidit ? Qui appauvrit les plus pauvres et enrichit les plus riches ? Qui divise la société ? Dans l'esprit de la masse, voter à gauche c'est être assisté, c'est être pauvre, c'est vouloir conserver des privilèges ineptes, c'est être fainéant, c'est être drogué, c'est refuser la mondialisation. C'est pas in de voter à gauche. TF1 le répète toute la journée donc ça doit être vrai. Alors que voter à droite, c'est se rapprocher un peu plus de l'élite économique de la France, c'est synonyme de luxe et de fric, c'est montrer qu'on a réussit matériellement. Et dans notre société d'hyperconsommation, d'hyperpeoplisation, d'hypermédiatisation c'est in de voter à droite (et les centristes ont la même mentalité minable). Mais les gens ne se rendent pas compte que l'on revient en arrière, chaque jour un peu plus. Qu'à vouloir détruire l'héritage de mai 68, on en arrive à détruire l'héritage de l'état providence de 1945 et du Front Populaire de 1936. Que ce à quoi on assiste aujourd'hui, ce n'est pas l'entrée de la France dans la mondialisation mais le retour à l'Ancien Régime. L'Ancien Régime et ses privilèges. L'Ancien Régime et ses injustices. L'Ancien Régime et sa misère sociale. Je n'ai pas de solutions, juste ce triste constat. Et peut-être que si la gauche croyait encore en ses envies de justice, d'égalité, de solidarité, on en serait pas là aujourd'hui. Pas là à regarder la droite suivre une politique de droite sans broncher. Il faut détruire ses a priori, clarifier la situation de la France dans le monde, croire en la culture, croire au mélange des cultures, croire en la redistribution. 40 ans après la mort du Che, 90 ans après la Révolution d'Octobre on a renoncé. Mais combien de temps allons-nous nous laisser marcher sur les pieds ? Enterrés vivants par la droite ? Emprisonnés dans une prison idéologique ?
Crions que nous sommes de gauche. Soyons fiers. Glorifions Hugo Chavez. Et détruisons le système capitaliste.

09 octobre 2007

Edward Steichen

Profitant d'une invitation pour l'ouverture grâce au laissez-passer beaubourg, je suis allé sur la pointe des pieds à la Salle du Jeu de Paume. Je n'y avais jamais été. Je ne savais même pas qu'elle se situait dans le jardin des Tuileries. Pour moi, c'était donc la découverte d'un haut-lieu branchouille de la culture parisienne. L'exposition du moment est consacrée à Edward Steichen, un photographe très connu. Evidemment, je ne connaissais pas du tout. Sous la forme d'une rétrospective, de ces débuts (pas terribles) à sa fin (pas terrible) en passant par le milieu (pas mal du tout).
Il a vraiment eu une carrière très riche. Et je pense que cette exposition lui rend parfaitement hommage. Plus de 450 oeuvres ont été réunies pour l'occasion. En particulier, j'ai beaucoup aimé ces paysages qui font penser à des peintures impressionnistes ainsi que ces nus vraiment magnifiques. J'ai également été impressionné par la série de portraits de célébrités (je ne connaissais pas tout le monde mais niveau acteurs et réalisateurs, j'étais pas trop mauvais...) où il faut bien reconnaitre que l'on retrouve la patte du maître. Et je dois bien admettre que même dans ces publicités, il arrive à distiller un peu de son génie... En revanche, il faut bien reconnaitre que ses photos de fleurs sont nulles à chier...
Pas particulièrement sensible à la photographie, je n'en ait pas moins apprécié toutes les subtilités de son oeuvre... En revanche, je suis un peu déçu qu'il n'y ait pas eu deux ou trois de ces peintures exposées. Je serais assez intéressé pour aller voir la reconstitution de l'exposition mythique du MoMa (The Family of Man) au Luxembourg (le pays pas le musée...) car ça a l'air d'être quelque chose d'assez énorme. Je pense que cette retrospective, baptisée très simplement Steichen, une épopée photographique, vaut vraiment le coup d'oeil et se veut LE rendez-vous culturel par excellence pour tous les amoureux de la photo.

08 octobre 2007

Correspondances Erice/Kiarostami

Il y a quelques mois, Beaubourg organisait une exposition sur une oeuvre littéraire, en l'occurence celle de Samuel Beckett... Moyennement convaincu, j'attendais avec impatience de voir comment les conservateurs allaient réussir à mettre en valeur une oeuvre cinématographique... Ils ont donc décidé de rapprocher deux cinéastes nés la même année (1940), Abbas Kiarostami et Victor Erice. Je ne connais ni l'un ni l'autre... C'est un comble qu'un cinéphile comme moi n'est jamais eu l'occasion de voir un de leurs films... surtout que la filmographie de Victor Erice se résume en tout et pour tout en 3 longs-métrages...

J'ai commencé du côté de Victor Erice, sur la droite quand on entre dans l'exposition... J'ai vu deux courts-métrages qui m'ont donné envie de découvrir sa filmographie... Le premier court-métrage, Enfantement, est superbe... Je suis vraiment séduit par tant de lyrisme et de poésie... Le deuxième, La Morte Rouge, est très personnel... Victor Erice y aborde l'impact d'un film sur un enfant... C'est à la fois drôle, poétique et incroyablement juste au niveau du ton... Les images, le montage et la mise en scène sont une véritable réussite... Sans parler du franquisme en arrière-plan historique qui donne une réelle profondeur politique à son oeuvre... Vivement que je découvre ses longs métrages... Entre les deux courts-métrages, le réalisateur espagnol sonorise des oeuvres du peintre Antonio Lopez... Les oeuvres sont assez laides et le son n'apporte pas grand chose...

Du côté d'Abbas Kiarostami, c'est le coup de foudre... Alors que je ne suis pas du tout sensible à la photographie en temps normal, j'ai eu un véritable coup de foudre pour sa série Rain et dans une moindre mesure pour la série Roads... Assez intrigué aussi par sa forêt... En revanche, encore une fois, j'ai un peu de mal avec les vidéos projetées... Sleepers est une vidéo de 90 minutes où l'on voit un couple dormir et un extrait de Ten Minute Older montre un bébé en train de dormir... Et il ne se passe rien... J'ai vraiment beaucoup de mal avec ce genre d'installations...Au confluent des deux univers, on découvre la correspondance "vidéo" qu'il y a eu entre les deux hommes pendant les années qui ont précédées l'exposition... Pas de quoi se relever la nuit... C'est chiant à mourir, le visiteur ne peut que rester hermétique à leur délire artistique, les vidéos ne sont pas d'une qualité exceptionnelles... Bref, les correspondances, qui constituent pourtant le leitmotiv de l'exposition, ne valent pas grand chose... Et je ne suis pas sûr d'avoir bien saisi les points qui rapprochent les deux hommes...

Une exposition pour étudiants péteux en fac de cinéma... mais qui présente quand même quelques éléments dignes d'intérêt !

07 octobre 2007

La nuit était bleue...

Vous vous demandez sûrement ce que peux faire un bloggeur rose lors d'une nuit blanche précédée d'un match des bleus. Vu qu'il n'a pas don d'ubiquité, il a tout d'abord repris le chemin des salles de théâtre avec Un type du genre de Napoléan de Sacha Guitry au théâtre Edouard VII près de Madeleine. Ensuite, entraîné par la ferveur populaire, il se rendit dans une brasserie traditionnelle du Sud-Ouest près de la Place des Ternes. Un délicieux magret de canard et une victoire des bleus plus tard, il prenait fièrement le chemin des Champs-Elysées. Le malheureux s'était surpris à vibrer pendant ce match, taper dans ses mains à chaque essai français, faire une grimace à chaque essai néo-zélandais, retenir son souffle pendant les dix dernières minutes, trembler lorsque les corps musclés des blacks s'approchaient dangereusement des lignes françaises, exulter lorsque les troupes françaises pénétraient dans le camp adverse... L'ambiance était à son comble... Le spectateur moyen avait la quarantaine bedonnante mais ça ne fait rien : le spectacle était à la hauteur du challenge... Et je ne vous parle pas de la présence rassurante (et non moins récurrente) du petit père de la nation... Rassuré, je l'étais moins sur les Champs où des centaines de CRS avaient été déployés... J'ai horreur de la Police... Mais cela ne m'a pas empêché de rejoindre rapidement les jardins des tuileries pour entrer dans le vif de la nuit blanche, le Télérama Sortir à la main...
to be or not to be, that is the question...

Tout au long de la soirée, j'ai suivi l'itinéraire prévu par Télérama... Je ne m'en suis à peine éloigné... La première surprise recommandée par son supplément est de taille... Le Jardin des Tuileries est transformé en un immense brasero... Des milliers de pots de fleurs en feu... L'atmosphère se réchauffe... Il fait bon, il fait chaud... La Compagnie Carabosse donne un autre visage aux si austères jardins de Le Notre... Un bon délire sur les explications métaphoriques d'une telle installation plus tard, je quitte le lieu enflammé pour rejoindre le parvis de la Comédie Française... Des comédiens déclament des textes... Sur le Télérama, ils parlent aussi de slammeurs qui doivent les rejoindre... Etant évidemment sectaire et contre le choc des cultures, je m'empresse de quitter les lieux... Place Colette, un tryptique psychédélique m'attend... Devant, une petite dizaine de blaireaux font des danses chelou... Rien de bien enthousiasmant, je me retire discrètement, non sans avoir signé la fameuse pétition pour la libération d'Ingrid Bettencourt... Au moins comme ça, j'ai l'impression d'avoir fait une bonne action... Je passe par des petites rues pour éviter le traffic et les klaxons de la rue de Rivoli... Rapidement, je suis à l'Eglise Saint-Eustache... Un autre tryptique, d'un tout autre genre, m'accueille... Des hommes bodybuildés avec un visage buriné de personne âgée occupent l'espace... Il s'agit, dixit, d'une allusion à un glissement du culte de l'esprit à celui de la jeunesse éternelle du corps... Puis je pénétre dans l'Eglise... Je suis toujours sidéré que les paroisses laissent les artistes disposés de leurs batiments... En même temps, c'est clair qu'en une nuit, l'église a accueilli plus de monde qu'en une année à la messe du dimanche matin... A l'intérieur, plusieurs installations m'ont laissé de marbre... Lydia Dambassina, Raymond Mason et Armleder livrent des oeuvres complètement nulles et sans intérêt... Seul un triptyque de Keith Haring mérite le détour... Je m'assois une demi-heure pour suivre un concert d'orgue emmené par Yanka Hékimova... Je croyais que j'aimais bien le son de l'orgue mais j'ai été super déçu... Ensuite, direction Beaubourg... Toutes les cabines téléphoniques entre Les Halles et le Centre Georges Pompidou ont été détournées... L'idée était vraiment originales et sur le papier, ça faisait vraiment envie... Malheureusement, le résultat n'est pas à la hauteur... Et puis c'est clair que j'en ai raté un certain nombre... Court passage à l'église Saint-Merri pour un son et lumière peu reluisant et je prends la direction de l'église Saint-Paul... Un grand point d'interrogation est érigé dans le coeur de l'église... ça sent le foutage de gueule mais bon il est tard et je me dépêche de retourner vers Chatelet pour prendre la Ligne 14... Je découvre complètement par hasard une projection de phrases de Ben devant la Mairie du quatrième arrondissement... Rien de bien enthousiasmant... 7 minutes de métro plus tard, je suis à la BNF... Les oeuvres présentées sont vraiment originales... Il n'y a plus grand monde mais je suis vraiment sidéré par la magie et la créativité qui se dégage du lieu... Un mélange de littérature, de cinéma et de poésie... L'univers éphémère créé par le Groupe ZUR (Zone Utopiquement Reconstituée) ne manque pas d'intérêt... C'est vraiment un coup de coeur pour cette installation presque surréaliste... Ensuite, je rentre faire un petit pipi chez moi avant d'aller finir la nuit blanche sur le parvis des Olympiades... C'est glauque, c'est cheap... Il n'y a quasiment plus personne... Des projections sur les hautes tours, d'autres sur l'Université de Tolbiac, de la fumée à la sortie du métro, des Twingo détournées... C'est vraiment pas terrible... La Mairie de Paris n'a pas réussi à rendre beau ce quartier hideux...

Beaucoup moins de monde que l'année dernière, des oeuvres de meilleures qualités et cette idée géniale de laisser la Ligne 14 ouverte toute la nuit... Vivement l'année prochaine (même si je suis crevé et que j'ai mal aux mollets...).

06 octobre 2007

Un type dans le genre de Napoléon


Voilà enfin ma rentrée théâtrale... Je n'avais pas assisté à une représentation depuis juillet... Et pour entamer cette nouvelle saison, quoi de mieux que fréquenter l'un des théâtres parisiens les plus huppés : le Théâtre Edouard VII. Avec pour l'occasion, la vision d'une pièce de Sacha Guitry : Un type duans le genre de Napoléon... Ce n'était pas une pièce à proprement parler, plutôt une succession de quatre petites scénettes vraiment très drôles... Evidemment, comme souvent avec ce genre d'exercice, toutes les pièces ne se valent pas... La première par exemple, Un type dans le genre de Napoléon ne m'a guère emballée... Pas nécessairement drôle, un peu lourde et surtout très convenue... Heureusement, j'ai trouvé les deux suivantes vraiment hilarantes... Une lettre bien tapée et Une Paire de Gifles sont deux petits bijoux d'humour... Evidemment, tout repose sur le jeu des acteurs... Et Martin Lamotte, Chloé Lambert et Florence Pernel sont tous les trois excellents... Enfin, la dernière pièce, L'école du mensonge, est un peu facile, un peu tirée par les cheveux...
Je tiens quand même à tirer mon chapeau aux décors... Je m'attendais à trouver quelque chose de beaucoup plus désuet et j'ai vraiment été bluffé...
Une pièce vraiment sympa, légère, agréable, pas prise de tête... J'aurais au moins vu une pièce Sacha Guitry pour fêter le cinquantenaire de sa mort...^^

05 octobre 2007

Arcimboldo

Sans aucun doute l'exposition phare de cette rentrée... Et le Musée du Luxembourg nous le fait payer chèrement... Tout commence mal... Le prix tout d'abord... Que le tarif plein soit de 11 euros passe encore mais que le tarif réduit soit encore à 9 euros, ça commence à faire cher les 45 minutes de visite... Puis, tout de suite après être passé un caisse, un guignol me saute dessus pour me refourguer son audioguide... Je jette un coup d'oeil au dessus de son épaule... 4,5 euros en plus pour profiter de la visite guidée par une machine électronique en plastique... Je lui dis gentiment NON mais il insiste, prétextant qu'il n'y a quasiment aucune explication dans le musée... Eh oui... Au Sénat, les explications sont en option... Et comme cela semble être devenu la norme, aucun petit fascicule n'est distribué à l'entrée...

Inquiet pour la suite de la visite, je pénètre dans l'exposition tant attendue... Je suis perdu... Il y a du monde et les salles sont petites... Une immense tapisserie signée Arcimboldo fait face à une série de portraits tous plus classiques les uns que les autres... Certes les portraits sont très réussis, à la hauteur de ceux de Parmigianino par exemple mais ce n'est pas du tout ce à quoi je m'attendais, ce n'est pas le Arcimboldo que je connais... Heureusement, sur le mur du fond, l'Eté passionne les foules... Puis je pénètre dans une salle octogonale où sont exposés les Quatre saisons et les Quatre éléments... Je suis bluffé par l'eau, ou même le feu... Surpris de voir également qu'il a peint les saisons en plusieurs exemplaires quasiment identiques... Seules quelques nuances différencient les toiles les unes des autres... Entre deux toiles d'Arcimboldo, des dizaines d'objets, d'esquisses, de dessins sont exposés... Que font-ils là ? Sont-ils là pour gonfler le chiffre des oeuvres exposées - une centaine annoncée par les conservateurs - ou ont-ils une utilité qui m'a échappée ? J'ai vraiment eu du mal avec ces oeuvres qui alourdissent inutilement l'exposition... L'oeuvre d'Arcimboldo est drôle et ludique, pleine d'humour et d'autodérision... Les conservateurs auraient mieux fait de jouer sur cet aspect de l'oeuvre plutôt que de tenter de replacer l'oeuvre dans son contexte historique... Le seul véritable document intéressant est un modeste dessin de Léonard de Vinci qui inspira Arcimboldo... Et c'est vrai que l'essence même de son travail se retrouve sur ces quelques visages crayonnés à la va-vite... Dans les salles suivantes d'autres oeuvres nous attendent... Des toiles illustrant chacune un métier... Le bibliothécaire représenté avec des livres, le juriste avec des dossiers à plaider... Coup de coeur évidemment pour les natures mortes qui deviennent des portraits quand on les regarde dans le miroir... Cela me rappelle mes années en école primaire... Quand chaque année, les enseignants pensaient faire quelque chose de super original en travaillant sur des toiles d'Arcimboldo... Dans la dernière salle, d'autres oeuvres sont dignes d'intérêt... mais encore une fois leur présentation est gâchée par l'exhibition de toiles peu réussies d'autres artistes...

Sans aucun doute une brillante exposition mais j'en suis ressorti déçu... Il manquait quelque chose, un grain de folie pour que cette exposition soit vraiment inoubliable...

A consulter, le site du Musée du Luxembourg.

04 octobre 2007

J'ai la banane...

Dans la liste des premières fois, je vais vous parler de ma première rencontre de bloggeurs... C'était jeudi soir à la Bananeraie, le local où travaille l'équipe de Michel&Augustin, la marque bio qui monte, qui monte... Il faisait chaud, nous étions serrés comme des sardines mais cela ne m'a pas empêché de manger avec plaisir, et en exclusivité, les "tout petits sablés" - surtout ceux au miel et au sésame - concoctés avec passion... Et offerts sans contrepartie évidemment...^^
Je ne connaissais quasiment personne... Pire encore, je n'avais lu quasiment aucun blog... Vu que je suis assez timide, je n'ai pas forcément été très locace... J'ai donc passé le plus clair de mon temps avec Toli et Vincen-t avec qui j'ai ensuite été boire un verre... Et que je reverrais selon toute vraisemblance mardi soir au théâtre...Chacha a su deviner mes penchants narcissico-exhibitionnistes vu que je suis au centre de la seule photo prise pendant la soirée... A ma droite, Lili. A ma gauche, Toli. En face de moi, Lou, l'organisatrice de cette rencontre gourmande.
La plus grosse déception de la soirée, c'est que j'ai raté DianeD. de Buzzeum - un blog sur la communication muséale sur lequel je vais quasiment tous les jours - qui s'était invitée au dernier moment...
A refaire ? Pourquoi pas...

Voix Visibles

En sortant de l'exposition Fragonard, je me sentais comme souillé par cette peinture bourgeoise, symbôle d'un monde que je méprise... Il me fallait donc renouer le temps d'une courte exposition avec l'art contemporain... Mon dévolu se jeta sur le Musée Cernuschi - dont m'avait parlé Loickque - qui présente une rétrospective Chan Ky-Yut baptisée : Voix Visibles... Ici, pas de famapouales... Je me retrouve face à de l'art abstrait à mi-chemin entre les estampes japonaises ancestrales et les oeuvres de Joan Miro ! Je ne suis pas un spécialiste de l'art contemporain asiatique... Je rencontre régulièrement quelques grands noms mais je n'arrive pas à les retenir... Et cette exposition était pour moi l'occasion de découvrir l'un des plus éminents artistes chinois... C'est un peintre qui utilise principalement l'encre et l'aquarelle... Son oeuvre est à la fois transparente et éclatante... Il utilise des couleurs vives qui attirent le regard et d'autres plus douces qui apaisent sa peinture... Le mélange est vraiment intéressant... Et plus que joli ! Un doux parfum poétique émane de chacune de ses aquarelles, surtout les grands formats de la dernière salle...

Encore une exposition qui m'a permis de découvrir un lieu que je ne soupçonnais pas à quelques encablures du Parc Monceau... En gros, les collections permanentes ajoutent un petit quelque chose au Musée Guimet... Mais il n'y a pas de quoi se relever la nuit... Cependant, c'est un musée de la Ville de Paris donc vous pouvez y aller la bourse légère; il existe un tarif jeune à 3,50 euros...

Fragonard, les plaisirs d'un siècle

Avant de rentrer dans le vif du sujet scolairement parlant, je me suis décidé d'aller voir les quelques expositions phares de cette rentrée... Avant Arcimboldo et Giacometti, je me suis donc empressé d'aller au Musée Jacquemart-André, boulevard Haussman pour voir une exposition dont on parle beaucoup : Fragonard, les plaisirs d'un siècle ! L'exposition tourne donc autour de trois types de "plaisirs", les plaisirs galants, les plaisirs champêtre et les plaisirs littéraires. Pour que les choses soient bien claires, je tiens à préciser que je conchie l'oeuvre de Fragonard et de tous ces contemporains... Les Antoine Watteau et autres François Boucher, je leur pisse à la raie ! Ils représentent ce que la France a livré de pire en terme de peintures... Pourtant, je dois bien reconnaitre que cette exposition ne m'a pas laissé indifférent... Evidemment, je ne parle pas des famapouales, voire des très jeunes famapouales mais bel et bien d'un style particulier et assez intéressant... En fait, j'ai vraiment été impressionné par ses dessins... notamment les illustrations pour le Don Quichotte de Cervantès... J'ai trouvé ça vraiment brillant !
Cependant, l'oeuvre qui m'a le plus marqué est une peinture de la jeune laitière sortie d'une fable de La Fontaine... Fini la candeur et l'innocence de la jeune fille au pot... Ici, Fragonard la représente en catin royal, en petite pétasse en porte-jarretelle, en pouffiasse devergondée et mon dieu ce que c'est bon... Il n'y a aucune vulgarité dans ces oeuvres dites libertines... Tout est dans la suggestion et dans l'érotisme...En plus, cette exposition m'a permis de découvrir ce Musée Jacquemart-André que je ne connaissais pas... Pour vous situer, c'est l'équivalent de la Villa Borghese à Rome, un magnifique hotel particulier du 19ème siècle transformé en musée pour notre plus grand bonheur... Bernini, Botticcelli, Le Perugin, Canaletto, Carpaccio, Bellini... Le gratin de l'art italien rassemblé en plein coeur de Paris ! Malheureusement, je ne peux que regretter le prix d'entrée un peu élevé (même en tarif réduit...), l'absence de petit feuillet (ça fait vraiment radin... surtout dans un musée de cet envergure !) et la taille assez minuscule des salles d'exposition qui fait qu'on a en permanence l'impression de se marcher sur les pieds !

La Bande-Annonce de l'exposition

01 octobre 2007

Police

Depuis quelques jours, j'étais à la recherche de LA bonne affaire sur ebay pour aller voir The Police au Stade de France. Je dois reconnaitre que je ne connais que quelques chansons du groupe. Je voulais y aller uniquement pour profiter d'un tarif intéressant et fouler la pelouse du Stade de France. La perspective d'un concert dans un stade ne m'enchantait pas forcément. J'ai démarché des dizaines d'ebayeurs. Envoyé des mails. Enchéri à tort et à travers. Remporter quelques enchères. En perdre beaucoup. Et puis souvent le silence du vendeur après avoir réussi à obtenir les places à un tarif intéressant (pour moi). Finalement, la situation a fini par se décanter ce midi à mon retour d'inventaire. Un mail m'attendait dans ma boîte me proposant de recupérer mes places Porte d'Italie à 15h30 ! Evidemment, je saute sur l'occasion. L'offre semble presque trop belle. Cinquante euros pour deux places en pelouse OR. Des places qui se sont arrachées le triple en quelques heures à la FNAC. Je suis aux anges. Un sentiment de joie mais aussi d'appréhension m'envahit. J'ai peur que ça soit une arnaque. Que je paye pour de faux billets. Ou bien que je me fasse dépouiller Porte d'Italie. Heureusement mes craintes sont vite démenties et l'échange se passe à merveille. Me voilà en route pour le Stade de France.
(les photos sont de David...)

Je n'y suis allé qu'une fois. C'était il y a déjà pas mal d'années. Avec mon grand-père. Une finale de la Coupe de la Ligue perdue par le PSG contre Gueugnon. A l'époque, je ne connaissais même pas les règles du foot. Mais aujourd'hui, le Stade de France adopte une configuration nettement plus intéressante ! Exit le sport et ses hommes en sueur, aujourd'hui, je vais assister à l'un des deux concerts uniques de la tournée unique d'un groupe mythique. C'est un peu le bordel pour pénétrer dans le stade mais rapidement, je foule la pelouse du Stade de France - recouverte malheureusement d'un plancher en acier. Je suis au niveau des buts. Ceux dans lesquels Zidane mis deux têtes un 12 juillet 1998. Le stade est immense. Il se remplit petit à petit. Je suis à une place de rêve. J'assiste au concert dans une fosse à peine plus grande que le Zenith. Il y a 80 000 personnes derrière moi. Et devant moi, trois papys qui se démènent, qui transpirent, qui jouent comme il y a 30 ans. En effet, après une première partie pas terrible du groupe Fictionplane mené par le fils de Sting, le groupe The Police fait son apparition sur la grande scène sous les applaudissements de la foule en délire. Sans parler des olas qui ont fait leur apparition quelques minutes avant... Cela donne un effet assez saisissant. Impossible de ne pas être parcouru d'un frisson devant quelque chose d'aussi énormissime.Comme je l'ai dit plus haut, de Police, je ne connais que quelques chansons. Roxanne, Every Breath You Take, Can't Stand Losing You ou encore Message in a bottle. Et je peux dire sans hésiter que ce furent les moments les plus forts du concert. Sur scène, Sting n'a rien perdu de sa superbe, Stewart Copeland a l'air d'un demeuré et Andy Summers fait la gueule. Visiblement, le gros chèque qu'il va recevoir à la fin de la tournée ne semble pas le réjouir outre-mesure. Heureusement, cela ne les empêche pas de jouer à la perfection... et de soutenir pour la bonne cause l'association Water Aid qui s'emploie à faciliter l'accès à l'eau potable dans les pays en voie de développement. Je suis vraiment content d'avoir pu voir un concert dans ces conditions-là. Je n'y serais surement pas allé si je n'avais pas eu ces places à un prix intéressant mais je suis content d'avoir pu y retrouver Laure, David et son frère dans cette fosse magique.

Seul le retour sera un peu laborieux... L'évacuation du stade est lente... Il y a des flics partout... Le RER B a du mal... mais je rentre sain et sauf chez moi... Que rêver de mieux pour fêter officiellement la fin de mes vacances ?