30 novembre 2007

Gênes 01

Gênes 01 est une pièce de Fausto Paravidino qui se propose de revenir de manière chronologique sur les violences policières qui ont eu lieu pendant les manifestations autour du G8 à Gênes, du 19 au 22 juillet 2001. Pièce novatrice au niveau de la mise en scène qui laisse une large place à l'image : images d'archives, reproduction de journaux télévisés, de reportages, d'émissions culturelles mais aussi slogans ravageurs dénonçant l'absurdité du système capitaliste et l'aliénation du consommateur. Une analyse très bien foutue du dénigrement du mouvement par les médias mais, malheureusement, malgré un début engagé, qui tente d'expliquer les motivations des 300 000 manifestants rassemblées, qui tente de montrer les ambitions, les projets de société de ces jeunes pour qui un autre monde est possible, la pièce bascule petit à petit dans la facilité, se contentant de dénoncer les violences policières, les tortures, les persécutions dont on fait l'objet les manifestants... En se focalisant uniquement sur l'affaire judiciaire qui fait suite à la mort d'un jeune manifestant italien de 20 ans, l'auteur en oublie peut-être le plus important : pour quelle société manifestait-il ?
Ce qui est assez dramatique (et je m'en suis surtout rendu compte à la lecture de No Logo cet été), c'est qu'il y a 6 ans, après ces énormes manifestations, on a cru qu'un autre monde était possible, un monde plus juste, un monde plus équitable, un monde plus écolo. Or, finalement, aujourd'hui, on se rend compte que la police a maté toute volonté de révolte. Et qu'un grand rassemblement comme en 2001 ne serait plus possible alors que le fossé entre les pays riches et les pays pauvres et les riches et les pauvres ne cessent de s'élargir. A méditer.

Reste un projet intéressant, intéressant pour son engagement, intéressant pour sa mise en scène de Victor Gauthier-Martin, intéressant pour des acteurs que l'on sent imprégnés par leur sujet. Dommage que cela reste un peu trop superficiel...

28 novembre 2007

When Gaz becomes reality

Yves Klein

Et voilà ! Après une attente quasi-insoutenable, je viens de faire un grand pas vers la civilisation ! Qui aurait pu imaginer qu'il m'aurait fallu trois semaines et demi pour avoir de l'eau chaude et du chauffage ? Après les multiples rebondissements de l'affaire GDF (2 rendez-vous annulés...), c'est la chaudière qui a lâché. La flamme n'arrivait pas à se stabiliser. Lundi, en rentrant de week-end, j'ai appelé un chauffagiste pour contracter un contrat d'entretien (obligatoire), espérant ainsi qu'il allait réussir à mettre en marche mon chauffe-eau ! Mais il s'avère que le chauffe-eau est cassé, qu'il y en a pour 1200 euros de réparation (chauffagiste/serrurier même combat ?) et qu'il faut donc mieux le remplacer complètement. Immédiatement, j'appelle la SIEMP qui s'arrange avec l'entreprise de chauffage. Deux heures plus tard, le chauffagiste me rappelle pour me proposer de m'installer ma nouvelle chaudière le plus vite possible, la SIEMP ayant déjà débloqué les fonds pour notre joli matériel flambant neuf. Et cet après-midi, après trois heures de travail ininterrompu, des litres et des litres d'eau imbibant le sol de notre cuisine et quelques difficultés de mise en place de la chaudière, l'eau chaude et le chauffage sont au rendez-vous...
Il est minuit, je viens de rentrer chez moi et je viens surtout de prendre ma première douche chaude dans une salle de bain chauffée ! Alors elle est pas belle la vie ?

Courbet

Deux mois que je repoussais l'échéance, que j'attendais le moment propice pour aller voir l'exposition de la rentrée au Grand Palais : Gustave Courbet ! Et je suis à la fois complètement sous le charme même si je suis un peu déçu... Le Grand Palais se contente de rassembler des toiles magnifiques mais n'éclaire en rien un nouvel aspect de l'oeuvre de l'artiste. Fort heureusement, les toiles rassemblées permettent de se faire une idée sur l'oeuvre complète de Courbet, malheureusement, le découpage thématique nécessite un petit effort de chronologie pour comprendre l'évolution de sa peinture...La première salle est sidérante. Tous ces portraits de l'artiste dégagent quelque chose d'intensément fort. Sans parler de l'autoportrait dit "Le Désespéré" (celui qui est sur l'affiche) dont le regard obsède le visiteur durant toute l'exposition. Rarement vu une telle intensité, un tel sentiment de détresse se dégager d'un tableau... Et "Le fou de peur" est une découverte pour moi, un autoportrait que j'aimerais voir et revoir...
Puis, il y a une salle complète réservée aux portraits, des portraits tous plus beaux les uns que les autres... On retrouve sur chacun la patte du peintre... Coup de coeur pour "La voyante" dont le regard terrifie même le visiteur le plus insensible !
Le reste du rez-de chaussée est consacré aux oeuvres-phares de l'artiste. Et je trouve que "L'enterrement à Ornans" ou "L'atelier d'artiste", même si elles sont des toiles essentielles dans le "plan de carrière de l'artiste" paraissent trop étriquées dans cette salle du Grand Palais... Ce n'est pas la première fois que je me fais la remarque : le lieu ne se prête pas vraiment aux formats imposants ! J'en profite pour lancer un SOS : quelqu'un peut m'expliquer la fameuse allégorie dissimulée dans l'immense "atelier d'artiste" ?
A l'étage, je tombe de haut... Les portraits poignants laissent place à des paysages aussi fadasses que verdâtres... Heureusement, j'aime beaucoup ces paysages marins où l'on voit les vagues déferler sur la côte... mais il n'empêche que je trouve cela un peu inutile de rassembler cinq ou six tableaux quasiment identiques côte à côte... Courbet n'est pas que le pionnier du réalisme, il est aussi le lien entre le romantisme et l'impressionnisme... Et c'est clair que cette immense salle permet de comprendre son rôle dans l'histoire de l'Art...
Il faudrait aussi m'expliquer l'intérêt d'exposer des dizaines de photos de contemporains tels que Henry le Secq ou Gustave Le Gray (aussi jolies soient-elles...) et pire encore de l'artiste contemporain Balthasar Burkhard... La filiation n'est vraiment pas évidente...
Puis, le clou de l'exposition, c'est la toute petite salle consacrée aux nus... Je ne suis pas un aficionados du nu mais je dois bien reconnaitre que ces corps de femmes sont transformés en objets de désirs, entre érotisme et suavité... Les plus impressionnantes étant "La femme au perroquet" ou "Les deux amies", espèce de relation sexuelle lesbienne assez tendre... En revanche, je fais toujours autant un blocage sur "L'origine du monde"... Je crois que je n'arriverais jamais à regarder cette toile sans éprouver un profond sentiment de malaise et de gêne... (et je préfère largement la version suggestive d'André Masson qui servie de cache...).
Après un tel plaisir pernicieux, j'arrive dans une immense salle consacrée à des scènes de chasse et des natures mortes... Un peu de mal avec ces oeuvres de Courbet... Pour moi, il n'y a aucune différence entre ces toiles et certaines croutes d'artistes que l'on peut voir dans les musées de beaux-arts de province...
Enfin, la dernière salle revient sur l'engagement politique du peintre durant La Commune. Dommage que cela ne reste que du sous-entendu, le message étant profondément enfoui derrière des oeuvres mineures... Je m'attendais un hommage un peu plus marquant et un peu plus marqué sur ce peintre brillant doublé d'un homme remarquable...Une bien belle exposition... Dommage qu'elle n'apporte rien de nouveau si ce n'est le plaisir non-dissimulé d'admirer certains des plus grands chefs d'oeuvre du XIXème siècle... J'y retournerai sans aucun doute avant la fin...

27 novembre 2007

Joyeuses Funérailles

(post vaguement inspiré du début de l'oraison funèbre de Bossuet)
Francisco Goya

Au moment que j'ouvre la bouche pour célébrer la gloire immortelle du Ciné d'Antoine, je me sens également confondu, et par la grandeur du sujet, et, s'il m'est permis de l'avouer, par l'inutilité du travail. Quelle partie du monde habitable n'a pas ouï les critiques du Ciné d'Antoine, et la pertinence de son jugement ? On les raconte partout: le bloggeur qui les vante n'apprend rien à la blogosphère. [...] Après avoir pleuré ce grand blog et lui avoir donné par ses larmes, au milieu du Monde d'Antoine, le plus glorieux éloge qu'il pût recevoir, il assemble dans un temple si célèbre ce que son royaume a de plus auguste pour y rendre des articles à la mémoire de ce blog. [...] Poussons donc à bout la gloire humaine par cet exemple; détruisons l'idole des ambitieux; qu'elle tombe anéantie devant ces autels. Mettons ensemble aujourd'hui, car nous le pouvons dans un si noble sujet, toutes les plus belles qualités d'une excellente nature; et, à la gloire de la vérité, montrons dans un blog admiré de tout l'univers que ce qui fait les héros, ce qui porte la gloire du monde jusqu'au comble, valeur, magnanimité, bonté naturelle, voilà pour le cœur; vivacité, pénétration, grandeur et sublimité de génie, voilà pour l'esprit, ne seraient qu'une illusion si la beauté ne s'y était jointe; et enfin que la beauté est le tout de l'homme. C'est, bloggeurs, bloggeuses, ce que vous verrez dans la vie éternellement mémorable du Très haut et Très puissant Le Ciné d'Antoine.

Venons maintenant aux qualités de l'esprit; et puisque, pour notre malheur, ce qu'il y a de plus fatal à la vie humaine, c'est-à-dire la cinéphilie, est en même temps ce qu'elle a de plus ingénieux et de plus habile, considérons d'abord par cet endroit le grand génie de notre blog. [...] Rien n'échappe à sa pertinence. Avec cette prodigieuse compréhension de tout le détail et du plan universel du cinéma, on le voit toujours attentif à ce qui survient; il tire d'un drame, d'une comédie, d'un thriller, d'un film d'animation, ce qu'il veut dire, ce qu'il veut taire, ce qu'il sait, et pour ainsi dire ce qu'il ne sait pas: tant il est sûr dans ses conséquences! [...]

Quoiqu'une heureuse naissance eût apporté de si grands dons à notre blog, il ne cessait de l'enrichir par ses réflexions. [...] Les blogs de cinéma futurs lui rendront un honneur semblable. On viendra étudier sur la blogosphère ce que l'histoire racontera du Ciné d'Antoine, et des merveilles dont il fut suivi. [...] C'est par de semblables critiques, dont sa vie est pleine, qu'il a porté si haut sa réputation que ce sera dans nos jours s'être fait un nom parmi les hommes, et s'être acquis un mérite parmi les blogs.

Il n'en sera pas ainsi de notre grand blog: l'heure d'Antoine est venue, heure attendue, heure désirée, heure de miséricorde et de grâce. Sans être averti par la maladie, sans être pressé par le temps, il exécute ce qu'il méditait : c'est la fin du Ciné d'Antoine !

Désormais, pour le cinéma, rendez-vous exclusivement sur Le Forum du Cinéma !
(inscrivez-vous)

Sainte-Chapelle

Des années et des années qu'on m'en parlait en des termes dithyrambiques, des années et des années que je passais devant, jugeait la file d'attente et remettait à plus tard la visite de ce lieu soit-disant unique. Et il aura fallu que la fac soit bloquée pour que je décide d'aller visiter la Sainte-Chapelle. Fort heureusement, il y avait à peine 5 minutes d'attente pour pénétrer dans l'enceinte du Palais de Justice et j'arrive même à prendre en marche l'une des deux visites guidées de la journée... Une visite guidée plutôt intéressante malgré le nombre hallucinant de vieux décrépis et la voix soporiphique de la guide... Je quitterais quand même le cortège avant la fin, n'ayant pas envie de passer une heure à tenter de reconnaitre des scènes de la bible, vaguement représentées sur les magnifiques vitraux de la chapelle haute... Une chapelle haute vraiment haute ! Quand j'ai pénétré dans la salle du bas, que j'ai vu qu'une boutique occupait la moitié de la chapelle, que le sol avait été recouvert d'une chape beigeasse et que, mis à part l'excellent état de conservation des peintures, il n'y avait rien à voir, je me suis vraiment demandé pourquoi tout le monde parlait autant de ce lieu saint. Et puis je suis monté à l'étage, j'ai pénétré dans cette chapelle haute et j'ai été ébloui... Ebloui par la hauteur des plafonds, ébloui par la finesse de l'architecture, ébloui par la clarté des vitraux, ébloui par la conservation du lieu, ébloui par les sculptures... Et pourtant, je crois que je suis déçu... Je m'attendais à mieux... Et surtout, je m'offusque devant la couche de poussière déposée sur les murs et sur les vitraux... Vu le prix qu'on paye à l'entrée, ils pourraient essayer d'entretenir le lieu un minimum... Et je ne suis pas sûr que ça soit très bons pour la préservation du lieu de la voir s'empoussiérer chaque jour un peu plus... Enfin bon, il faut bien reconnaitre que le lieu a quelque chose de très aérien, de très lumineux, presque transparent et mine de rien ça vaut le détour ! Je vous conseille quand même d'y aller plutôt en été, un jour bien ensoleillé, genre vers midi histoire que le soleil scintille dans chacun des vitraux et que vous puissiez lire dans ces 600m² de petits bouts de verre comme dans un livre ouvert !

25 novembre 2007

Am I a butcher boy ?

Jane Alexander - 1985-1986

La vie est malade tout le temps, toujours. (Louis-Ferdinand Céline)

23 novembre 2007

Question 7

Dois-je annoncer officiellement que je suis en train d'écrire un immonde bouquin qui lèche le cul de Sarkozy après que Yasmina Reza soit annoncée à la succession de Alain Françon à la direction du Théâtre de la Colline ?

21 novembre 2007

Technique de l'autruche ?

Ludwig Meidner

Il y a des jours où j'ai l'impression que le monde part en couilles. Alors j'éteins l'ordinateur et la télévision et je vais au cinéma. Et je suis heureux. Pendant deux heures, la merde dehors c'est celle des autres, plus la mienne.

(ça marche aussi avec une exposition ou une pièce de théâtre...)

20 novembre 2007

Black Rebel Motorcycle Club

Afin d'être plus ou moins cohérent avec moi-même (et parce que je l'avais promis à mon nouveau coloc ce week-end), je suis allé manifester cet après-midi sous les bannières de Paris 3. Malgré la pluie et les difficultés rencontrées pour me rendre jusque Place d'Italie, j'ai pu avec plaisir retrouver les mêmes sensations que lors des premiers rassemblements contre le CPE. Malheureusement, nous sommes restés trois heures à faire du sur-place à notre point de départ et finalement j'ai du quitter le cortège avant même d'avoir rejoint le bas de la rue mouffetard. Les invalides semblaient loin, très loin mais moi, j'étais attendu par les Black Rebel Motorcycle Club !
Un concert que j'attends depuis plusieurs mois. Et l'Elysée-Montmartre qui est juste en haut de ma rue, à 5 minutes à peine. A la seconde où je pénètre dans la salle, les lumières s'éteignent et le concert débute. Ils n'attendaient que moi pour débuter. La première partie (dont je n'ai même pas réussi à retenir le nom) se révèle sans vie et sans passion. Les riffs sont bons (et l'un des musiciens a fait sien le look de Sébastien Chabal) mais la fosse ne semble pas vibrer au son des trois basses rassemblées sur scène. Tous n'attendent qu'une seule chose, la montée sur scène du groupe mythique de San Francisco dont le nom rappelle étrangement celui du gang de motards de L'Equipée sauvage, film de 1953 avec Marlon Brando.Et quand le concert reprend après une courte pause, l'atmosphère se réchauffe. Les effluves de transpirations et les cris rauques ne font que renforcer l'ambiance virile du lieu. Les BRMC ne sont pas des petits péteux de la banlieue londonienne. Et leur concert est très bien construit. Ils alternent des morceaux déchainés avec des ballades mélancoliques ou des chansons à tonalité plus country présentes sur Howl, leur troisième album. Du rock sombre et savoureux ! De la basse à la gratte sèche en passant par l'harmonica, ils égrennent leurs tubes avec la précision d'un métronome : le concert dure deux heures pile ! Pas une seconde de rabe ! Surpris de découvrir qu'il y a deux chanteurs dans le groupe... Et aussi surprenant que cela puisse paraitre, j'ai largement préféré toutes les chansons chantées par le deuxième chanteur, Robert Turner, le fils de Michael Been, le chanteur de The Call. Un mélange de mélancolie et de révolte qui me touche inévitablement !




Selon Télérama, ils sont à la musique ce que Soulages est à la peinture : pour eux, tout est dans le noir et le noir est dans tout.

I'm a fucking black rebel !

17 novembre 2007

Best de Moi !

Rattrapage pour les nouveaux venus ! Valérie vient de me demander de réaliser un best-of des meilleurs articles publiés sur ce blog. Il m'a été pénible, voire même difficile de ne sélectionner que cinq articles. Comme si l'on pouvait réduire mon activité sur la blogosphère à cinq billets. Progressivement, j'ai marqué mon territoire, étendu mon lectorat, acéré ma plume pour le plus grand plaisir de mes lecteurs et de mes lectrices chaque jour plus nombreux. Choisir cinq articles emblématiques de mon blog est impossible. Mon blog forme un tout indissociable, un cheminement vers la perfection. Un mélange de politique, de culturel et de personnel font de ce blog une référence en la matière. Et évidemment, je suis son égérie. Mon sourire étincelant et mes formes généreuses hantent chacune des pages du blog. De mon sourire béat de jeune étudiant à la recherche d'un stage à mes photos de vacances aux quatre coins de l'Europe en passant par mes photos érotico-catastrophiques dévoilant une partie de mon anatomie, le succès de ce blog repose aussi sur le magnétisme qu'exerce mon corps. Mon charisme virtuel fait tourner les têtes. Ma sensualité et ma virilité font vaciller les âmes les plus sensibles. Mon regard charmeur réduit mon entourage à néant. Et puisqu'il faut se plier aux règles du jeu... Et puisqu'il faut céder aux contraintes de la blogosphère... Voilà cinq articles dont je suis particulièrement fier... Cinq articles vers l'infini et au-delà. Cinq articles pour découvrir qui se cache derrière moi. Cinq articles pour la gloire et la postérité. Aimez moi les uns les autres.

16 novembre 2007

Et balancez mes cendres sur Mickey

Pièce OVNI présentée au Théâtre du Rond-Point ! C'est la première fois que je vois une mise en scène de Rodrigo Garcia et j'en suis ressorti aussi ébahi que perplexe ! Et balancez mes cendres sur Mickey est une pièce à la fois géniale et profondément déstabilisante, comme si finalement elle n'était pas finie, le message accessoire et que seul comptait le jeu physique, le jeu « corporel » des trois acteurs ! La beauté d'un corps nu enduit de miel ! Avec les reflets dorés, le liquide qui coule sur le sol comme un rideau, l'odeur de miel qui emplit la salle... Il y a une recherche esthétique incroyable derrière chacun des gestes des acteurs ! Et la dernière étape pendant laquelle ils se trempent dans la boue avant de se jeter sur scène n'échappe pas à la règle... Même si je ne suis pas sûr d'avoir nécessairement saisi le rôle des souris ou des grenouilles, c'est une pièce qui a vocation à interroger, à poser des questions au public ! Des questions sur la société de consommation, sur le système qui nous réduit en esclavage, sur ceux qui nous gouvernent... Et le constat est amer... Comme cette jeune femme exhibée comme une bête sauvage car elle a accepté d'être payée 200 euros pour se faire entièrement raser la tête sur scène ! Une pièce choc qui marche sur les pas d'un Pasolini (dont je suis en train de lire les passionnants Ecrits Corsaires) par exemple avec une dimension esthétique supplémentaire ! Un texte cru et assassin et une mise en scène poétique... J'aime le théâtre qui sort des sentiers battus !

14 novembre 2007

Apocalypse Now

Je sors à l'instant du Max Linder, la plus belle salle de cinéma de Paris. Etait rediffusé ce soir dans le cadre du Ciné-Mardy le magnifique Apocalypse Now de Francis Ford Coppola. N'allait surtout pas voir dans mon titre une analogie avec la période troublée que connaissent les transports et les universités... Même si l'ambiance troublée du moment est aussi jouissive que la première heure du film... C'est incroyable ! L'un des plus grands films de guerre si ne ce n'est le plus grand film de l'histoire du cinéma ! Francis Ford Coppola signe là un chef d'œuvre ! Tout le monde connaît les problèmes qu'il a rencontrés lors du tournage et le moins que l'on puisse dire c'est que ça en valait la peine ! Le film est une formidable œuvre contre la guerre à bien des niveaux et il va même au delà de ça vu qu'il propose quasiment une expérience mystique, un véritable voyage intérieur qui ne peut laisser personne insensible.

Elle se divise en 3 parties distinctes de 45 minutes environ (la première étant un peu plus longue et la dernière un peu plus courte!). Dans un premier temps, Coppola montre la guerre au Vietnam sous un angle presque comique. On y voit des militaires assoiffés de sang et férus de surf, prêt à tuer pour prendre une bonne vague ! Honnêtement, impossible de ne pas rire pendant la prise de la plage tellement les dialogues contrastent avec l'horreur des massacres !
Puis, le film prend une tournure dramatique avec la remontée du fleuve. Ici, on a vision de la guerre du Vietnam vraiment atroce avec des massacres de vietnamiens innocents et les problèmes rencontrés par les soldats américains. Cette partie prend vraiment les tripes car on voit le film (et par analogie la guerre !) s'enfoncer dans un bain de sang et on ne voit pas trop comment les américains pourraient faire demi-tour ! On évolue de plus en plus dans un trip qui correspond finalement à la détérioration des esprits. La troisième partie est la plus difficile d'un point de vue moral avec l'arrivé du capitaine à la base de Kurtz… On y voit des cadavres mutilés mais ce n'est rien par rapport à l'horreur que raconte Kurtz… Là, Coppola ne montre plus le massacre mais l'émotion qui gagne le spectateur est la même. Elle est même par certains côtés encore plus insoutenable ! Jusqu'à cette fin brutale, dévastatrice, puissante...Il n'est pas exagéré de parler de chef d'œuvre car la beauté lyrique des plans, la mise en valeur musicale (Ride of Walkiries… un des plus grands moments dans l'histoire du cinéma, sans parler des moments planants apportés grâce à la touche des Doors) contrastent indéniablement avec l'horreur du propos ! Le film exerce une réelle fascination, un pouvoir quasi hypnotique qui ne nous libère qu'après 3h vraiment intenses, si tant est que l'on puisse se sentir "libre" après avoir vu un tel exploit cinématographique ! Jusqu'à présent, je n'avais vu que la version originale du film et je dois bien reconnaitre que je la trouve plus rythmée et finalement meilleure que la version Redux que j'ai vu ce soir au Max Linder.

Je viens de vivre un moment vraiment intense. Jouissif, envoutant, planant, déstabilisant, il n'y a que le cinéma qui peut offrir ce genre de sensations.

13 novembre 2007

Question 6

Pourquoi aucun média français n'a évoqué cette phrase de notre cher président : "Madeleine Albright, Colin Powell, Madame Rice, these are not longtime Americans. ... For more than 20 years your minister for foreign affairs has been an American from elsewhere".

N'est-ce pas la preuve flagrante du racisme primaire de Sarkozy ?
(lien vers un article plus explicite)

Hymne au libéralisme

Vincent Van Gogh

La concurrence a du bon.

Free a réactivé ma ligne téléphonique en moins d'une semaine alors que GDF n'a pas encore été foutu d'envoyer un technicien pour rouvrir le gaz.

A l'heure où je vous parle, je suis à nouveau connecté au monde entier mais je suis sale, gelé et affamé.

La vie peut être cruelle... parfois.

12 novembre 2007

Soutine


Bonne surprise que cette exposition Soutine à la Pinacothèque ! Après une exposition Roy Lichtenstein en demi-teinte, j'hésitais vraiment à claquer 7 euros dans ce lieu qui pue la culture commerciale et le business de l'Art. Pourtant, étant adepte de l'oeuvre de Chaïm Soutine, je ne pouvais décemment rater une rétrospective de cet acabit. Et j'ai trouvé la cave de la pinacothèque nettement plus adaptée aux formats des oeuvres de Soutine qu'à ceux, spectaculaires, des oeuvres de Lichtenstein. En plus, j'étais ravi de voir qu'ils avaient ouvert une nouvelle salle à l'étage ce qui agrandit de manière non négligeable la surface du lieu. Même si le découpage laisse parfois à désirer, que les salles sont petites, qu'il n'y a toujours pas de petit livret à l'entrée, que certaines oeuvres sont trop éclairées, que les textes ne sont pas toujours adaptés aux oeuvres exposées, cette exposition fait partie des expositions à voir de cette rentrée culturelle parisienne ! C'est une magnifique rétrospective qui nous est offerte par la pinacothèque. De ces débuts hésitants en Lituanie à sa folie picturale développée à Céret puis le calme retrouvé dès son départ des Pyrénées jusqu'à la fin de sa vie qui offre des oeuvres un peu fades à la vue des toiles peintes dans le passé. Les deux dernières salles sont un peu décevantes... Aucune trace de la torture caractéristique des oeuvres de Soutine. En revanche, c'est un véritable coup de coeur pour la période de Céret comme pour celle de Vence ou même de Paris. A travers les toiles, on ressent la détresse du peintre. Et comme j'ai passé quelques jours à Céret cet été grâce à « vieux grigou », je m'amusais à retrouver une réalité derrière chaque coup de pinceau élancé, chaque paysage écrasé, chaque profondeur obturée. Sa couleur la plus captivante est le rouge, allégorie du sang pour laquelle il a une véritable fascination. Pourtant, c'est une oeuvre dans les tons bleus qui m'a le plus plu. J'ai véritablement été attiré par ce lapin baignant dans un nuage de bleu. C'est une oeuvre vraiment magnifique que je ne connaissais pas. Je suis resté béat au moins cinq minutes devant cette toile. Même si ses natures mortes ou ses paysages sont assez saisissants, c'est toujours devant ses portraits que j'éprouve le plus d'émotions. Soutine est un grand peintre et cette exposition un magnifique hommage qu'il ne faut rater sous aucun prétexte malgré quelques défauts non négligeables. Vivement Pollock !

06 novembre 2007

En vrac

Jackson Pollock

En vrac ! Tout est en vrac autour de moi ! J'ai rassemblé un nombre incalculable d'objets dans la pièce principale. C'est ma première nuit rue Rodier et je me sens désespérément seul malgré la présence réconfortante d'un lampadaire incandescent au dessus de la fenêtre. Mon futur colocataire n'emménage pas avant samedi. La pluie s'écrase sur les carreaux. Je n'ai même pas pris la peine de fermer les volets, volets d'ailleurs en piteux état. Par terre, j'ai mis un petit matelas de rien du tout avec une petite couette de rien du tout. Il est 1h00 du matin et je suis éreinté, roulé en boule sur la petite surface pas encore recouverte de cartons ou de meubles. Thomas vient juste de repartir. On a passé l'après-midi à déplacer mes meubles du Sud au Nord de Paris. BNF, Bastille, République, Gare du Nord, Opéra. Un périple douloureux. Quelle idée de déménager un jour de semaine ! De bouchons en embouteillages, on mettait près d'une heure à traverser diagonalement Paris. Trois aller-retour avec l'énorme 4x4 de Thomas suffirent à déplacer tous mes meubles. Presque tous. Malheureusement, l'aspirateur, la chaise de bureau, des classeurs et deux-trois autres broutilles traînent encore sur le carrelage mosaïque de mon ancien appartement. Il faudra que nous y retournions dans la semaine pour faire le ménage et quelques réparations nécessaires. Le ménage aussi est plus que nécessaire. Le sol est vraiment dégueulasse.

Je suis content de vous écrire d'un nouvel appartement. C'est un nouvel univers, une nouvelle vie presque. Il va me falloir m'habituer à un nouvel environnement, de nouveaux commerces où faire les courses, de nouvelles stations de métro, de nouveaux voisins, de nouveaux cinémas... C'est tout un quotidien qui s'en retrouve bouleversé. Et je dois bien reconnaître que je suis triste de quitter le treizième arrondissement, que le Sacré-Coeur en haut de la rue ne parviendra pas à remplacer les tours de la BNF, que la proximité de l'Université de Tolbiac me manquera, que ma brillante voisine sera loin désormais... L'atmosphère à la fois populaire et tranquille du treizième est quelque chose d'assez unique et j'espère retourner y vivre un jour. Pour l'heure, un nombre incalculable de tâches m'attend. Quelle galère un déménagement ! Ainsi, le gaz est coupé. Le technicien ne passera pas avant lundi matin. D'ici là, je n'ai ni chauffage, ni eau chaude. Une odeur de bouc et d'alcool à 90° (pour me réchauffer) ne tardera pas à remplacer l'infecte odeur de peinture. Même problème avec la freebox que je ne récupérerais pas avant une dizaine de jours. Mais bon, pour l'heure, je pense déjà aux jours heureux qui m'attendent ensuite avec son lot de surprises, d'engueulades (parce que le mec avec qui j'emménage est vraiment un gros connard !^^) et de félicité...

... une fois que quelques travaux auront été effectués et quelques meubles achetés...

04 novembre 2007

Jean Sibelius

Cet après-midi, j'ai assisté à un concert Salle Pleyel.

C'était un concert du Los Angeles Philharmonic dirigé par Esa-Pekka Salonen.

J'ai eu le droit à la première et la troisième symphonie de Jean Sibelius ainsi que La fille de Pohjola.Quand mes lecteurs engagés vont découvrir ça, ils vont être outrés ! Marc-Antoine ne laissera plus jamais de commentaires ! CSP et JSA me bouderont ! Et, désormais, je n'ai plus aucune crédibilité dans mon rôle de résistant gauchiste auprès des centaines de lecteurs qui affluent depuis le site de Rue89 ! Mais je l'ai fait ! Et j'ai même pas honte ! Parce que le concert était vraiment très bien, que j'étais idéalement placé et que j'ai découvert un compositeur dont je ne soupçonnais même pas l'existence ! C'était la première fois que je mettais les pieds dans cette salle ! Et je dois bien reconnaitre que la qualité de l'acoustique est assez exceptionnelle ! Sans parler de la qualité des musiciens évidemment... Cela étant dit, comme je l'ai déjà dit à propos de la musique classique, m'inviter à voir ce genre de concert, c'est comme "jouer de la harpe à un buffle" ! Je n'ai absolument pas l'oreille musicale ! Pourtant, je reconnais avoir été transporté par la première symphonie de Sibelius et vraiment émoustillé par sa petite fantaisie symphonique jouée en guise d'introduction.

Pour ceux que ça intéresse (il y en a peut-être deux ou trois parmi mes lecteurs...), ce concert était le premier d'une série de quatre concerts qui va permettre au Los Angeles Philharmonic de jouer l'intégrale des symphonies de Sibelius... Et franchement, ça vaut le coup !

03 novembre 2007

Contre le blocage !

Depuis quelques jours, PMF est bloqué, Tolbiac aussi depuis hier et cette nuit, Panthéon a été évacué. L'insurrection a commencé. Les étudiants commencent enfin à se bouger le cul. Cela fait plusieurs semaines qu'ils distribuent des tracts et organisent des AG mais le mouvement commence enfin à s'étendre et gagne en efficacité. Il y a un an et demi, je participais au blocage de Marne-la-Vallée. J'ai même dormi plusieurs nuits à l'intérieur des locaux. J'en garde de bons souvenirs. Pourtant, cette année, je ne bloquerais pas la fac. Je suis contre le blocage. Cela ne sert à rien de nous pénaliser nous-même. Cela ne peut jouer qu'en faveur des écoles de commerce, par exemple, qui fournissent déjà un nombre incalculable de connards au capitalisme mondial. Je suis davantage partisan d'actions ponctuelles, fortement médiatisées et susceptibles de marquer l'opinion publique. Au lieu de se disperser à plusieurs centaines pour essayer d'empêcher plusieurs milliers d'étudiants d'aller en cours, je pense qu'il est plus judicieux de se rassembler afin de mener une action commune qui emmerde les vrais responsables de ce marasme. En 2006, j'avais bloqué des trains pendant une heure à Gare du Nord (avant de me faire taper dessus par des CRS), j'avais bloqué le periphérique à une heure de pointe, j'avais bloqué le RER à Noisy-Champs, j'avais mené une opération escargot autour de la fac, j'avais fait un sitting devant la prison de la Santé, la mairie de Meaux, l'ANPE de Senlis et à Disney Village, j'avais participé à un immense pique-nique boulevard Saint-Michel... Beaucoup plus excitant et beaucoup plus efficace que les simples manifestions entre Bastille et République, c'est cette solution que je préconise. Pourquoi pas bloquer le trafic à Chatelet ? Bloquer les voies en bord de Seine ? Manifester devant la Salle Pleyel ? Bruler la Bourse de Paris ? Créer un énorme mouvement devant l'Assemblée Nationale ? Faire un sitting place du Panthéon devant la mairie du Ve ? Bloquer les jardins du Luxembourg et prendre en otage tous les vieux qui s'y promènent ? Déverser des tonnes de peaux de banane devant les marches de l'Opéra Garnier ? Mais forcément, vu qu'il y a 9 chances sur 10 de se faire taper dessus par des flics boostés par la sarkopolitik, il y a déjà nettement moins de candidats que pour un blocage soutenu par tous les glandus que la fac compte en ses rangs.

02 novembre 2007

Anselm Kiefer

Une fois n'est pas coutume, j'ai profité des nocturnes gratuites du Louvre ! Je voulais absolument voir l'oeuvre d'Anselm Kiefer exposée depuis moins d'une semaine au Louvre. Et je suis assez mitigé ! Le pauvre a hérité d'un escalier introuvable, dans un coin perdu de l'aile Sully. Pour y aller, on est obligé de monter et descendre des dizaines d'escaliers, de passer dans des salles sans intérêt (enfin je dis ça mais j'aime bien les antiquités égyptiennes et autres reliques d'un autre temps...) avant d'atterir sur ce palier sombre. L'oeuvre n'est pas suffisament mise en valeur, pas suffisament éclairé et surtout, le visiteur n'a pas le recul nécessaire pour apprécier la magnificience de la toile à sa juste valeur... Et les deux oeuvres de Kiefer exposées à droite et à gauche de la majestueuse Athanos souffrent elles aussi d'un véritable problème de mise en scène. C'est vraiment dommage car depuis la fabuleuse exposition Monumenta dans la Nef du Grand Palais en juin, je suis littéralement sous le charme d'Anselm Kiefer. Et ici, on a l'impression que l'oeuvre n'a pas l'espace pour exploser et irradier le musée de sa présence...
Cela ne m'a pas empêché d'aller voir trois expositions temporaires actuellement visibles au Louvre :
- Biedermeier, de l'artisanat au design : une exposition montrant quelques objets de l’art Biedermeier, un courant esthétique hérité du néoclassicisme qui se développe en Europe centrale de 1815 à 1848. Le style Biedermeier présente un caractère très original, à la fois sobre et plein de fantaisie mais l'exposition ne vaut pas un clou...
- Dessins français du Musée de Darmstadt : une exposition exhibant des dessins vraiment super intéressant de l'Ecole Française. Evidemment, je ne suis pas fan de cette période (les Watteau, les Poussin, les Boucher, Fragonard, Girodet...) mais je dois bien admettre qu'il y a quelques fusains de toute beauté.
- Christian Milovanoff, un photographe contemporain qui a photographié des détails d'antiquités présentent dans les collections du Louvre. Vraiment pas de quoi se relever la nuit.


Enfin, j'ai fait un petit tour dans les collections de peintures italiennes histoire de voir si je me souvenais bien de ma visite guidé individuelle à laquelle JM m'avait convié fin aout. D'ailleurs, JM, si tu passes par ici, je suis libre tous les mercredis soirs et je rêve d'approfondir mes connaissances sur les collections permanentes du musée ! ;)