31 décembre 2007

Just4kiss d'Or 2007

Comme chaque année, j'attends le dernier jour de l'année pour remettre le just4kiss d'Or ! Qui va succéder à Old Boy, Mysterious Skin et Shortbus ? On ne présente plus le just4kiss d'Or tant le jugement rendu par son instigateur est reconnu par la profession. Malgré la disparition prématurée du Ciné d'Antoine, l'année cinématographique fut faste avec plein de petits bijoux découverts dans les salles obscures qui m'obsèdent.

Et maintenant laissez parler votre imagination ! Imaginez Viggo Mortensen, Vincent Cassel, Isabelle Carré, Joaquin Phoenix, Michel Blanc, Louis Garrel, Clotilde Hesme, George Clooney, Matthieu Amalric, monter marche par marche les deux étages de mon appartement sous le crépitement des flashs, imaginez la joie que l'on peut lire dans leurs yeux, le besoin de reconnaissance enfin assouvi...
Et cette année, il n'y aura pas d'intervention des intermittents du spectacle (cf les débordements de l'année dernière). Mais surtout, n'allez pas croire que leur problème de statut a été résolu. Pour l'instant, Christine Albanel ne s'est pas vraiment posé la question. C'est juste que cette année, Nicolas Sarkozy a décidé de prendre les choses en main et à entièrement sécurisé le périmètre en déployant encore plus de forces de Police qu'autour de la Sorbonne. La rue Rodier est devenue la rue la plus sûre de Paris, si tant est que vous vous sentiez en sécurité encadré par 500 C.R.S. déguisés en chevalier !

Mais ne perdons pas une seconde de plus ! Passons à la remise des prix ! Cette année, le just4kiss d'or récompense un bain de fraîcheur (original) et d'humanité (osé) : Persépolis ! C'est juste un petit bijou, un film à l'animation superbe qui oscille constamment entre rire et larmes ! C'est à la fois un film historique, un film politique, un film comique, un film dramatique, un film autobiographique et c'est l'addition de tous ces -ique qui en font un film magique ! J'ai vraiment trouvé ça superbe ! Une belle réussite esthétique avec un noir et blanc digne d'un film expressionniste allemand et une animation sympathique, fluide et sans défaut. Sans parler du doublage irréprochable (notamment Marjane enfant...) et de la musique parfaitement adaptée (Eye of the Tiger ou Iron Maiden vraiment bien intégrés !). Au niveau de l'histoire et des dialogues c'est tout simplement brillant... C'est évidemment très autobiographique mais le résultat est honnête et intègre. Cela sent le vécu à plein nez ! Elle évoque son enfance et son adolescence : le traumatisme causé par la révolution, par la guerre en Iran, le régime islamiste, la dictature, les bombes sur Téhéran mais aussi les premiers amours, la famille, le déracinement... Et évidemment, cela lui permet d'aborder des thèmes plus généraux tels que la liberté, l'intégrité, la foi... C'est un film intensément riche qui ne cède jamais à la facilité. En plus le tout est traité de manière très subtile, très légère alors que le sujet est quand même assez lourd et assez tendu. La violence est omniprésente (beaucoup de morts...) mais toujours sous-entendue. Cela permet au film d'atteindre un certain lyrisme vraiment émouvant !
Beaucoup d'émotions, beaucoup d'humour, beaucoup de références diverses et honnêtement, je ne trouve rien à lui reprocher ! Ce film est une véritable réussite, un chef d'oeuvre tout simplement... Prix à Cannes et sur mon blog évidemment mérités pour ce film à voir absolument !

Après m'être quelque peu étendu sur le grand vainqueur de l'année, je vous laisse découvrir le reste de la sélection primée en ce dernier jour de 2007 :
  1. Persepolis

  2. Ceux qui restent

  3. Control

  4. This is England

  5. Les promesses de l'ombre

  6. Exilé

  7. Anna M

  8. The Bubble

  9. 4 mois, 3 semaines et 2 jours

  10. La nuit nous appartient

  11. El camino de San Diego

  12. Ratatouille

  13. La graine et le mulet

  14. Jesus Camp

  15. Les témoins

+ Election 2, La vie des autres, Le dernier roi d'écosse, Azul, Les chansons d'amour, Le Scaphandre et le Papillon, Irina Palm, Les Simpson, Shoot'em up, Michael Clayton...

Actrices françaises de l'année :
Clotilde Hesme : révélation dans Les Chansons d'Amour, confirmation dans Le fils de l'épicier.
Isabelle Carré : performance marquante dans Anna M.
Emmanuelle Devos : éblouissante dans Ceux qui restent, étonnante dans J'attends quelqu'un.

Actrices étrangères de l'année :
Marianne Faithfull pour Irina Palm.
Daniella Wircer dans The Bubble.
Anamaria Marinca dans 4 mois, 3 semaines et 2 jours.

Acteurs français de l'année :
Michel Blanc : sidérant dans Les Témoins et Le deuxième souffle.
Matthieu Amalric : 2007 est l'année Amalric avec pas moins de six films au compteur (Michou d'Auber, La question humaine, l'histoire de Richard O., Un secret, Actrices et surtout Le Scaphandre et le Papillon).
Vincent Lindon : touchant à en pleurer dans Ceux qui restent.

Acteurs étrangers de l'année :
Clive Owen/Viggo Mortensen : inébranlable dans Shoot'em up pour le premier, invulnérable dans Les Promesses de l'ombre pour le second.
Chang Chen : fragile et meurtri dans Souffle.
Sam Riley : un Ian Curtis plus vrai que nature dans Control.

Réalisateurs français de l'année :
Marjane Satrapi et Vincent Parrionaud pour la multitude d'idées originales dans Persepolis.
Nicolas Klotz pour La Question Humaine, le film le plus dérangeant de l'année.
Abdellatif Kechiche pour la direction d'acteurs, le montage, le rythme et les plans-séquences de La graine et le mulet.

Réalisateurs étrangers de l'année :
Johnnie To pour l'action mêlée au style dans Election 1, Election 2 et surtout Exilé.
Kim-Ki-Duk pour les deux superbes films plein de poésie : Souffle et Time.
Cristian Mungiu pour les plans-séquence de 4 mois, 3 semaines et 2 jours.

Musiques de films de l'année :
BO de Control.
BO de This is England.
BO de Once/BO de Les Chansons d'Amour.

Les séquences marquantes de l'année :
le combat dans le hamman avec Viggo Mortensen tout nu dans Les promesses de l'ombre.
la course poursuite dans La nuit nous appartient.
les 20 dernières minutes de La Graine et le Mulet.
l'avortement de 4 mois, 3 semaines et 2 jours.
la transe dans Jesus Camp.

En espérant une année 2007 encore meilleure ! Et pour ma part, une fréquentation davantage ciblée pour éviter de m'éparpiller devant des navets ! Cela fait partie de mes bonnes résolutions chaque nouvelle année mais j'ai du mal à résister !

Vive le cinéma !
Vive Just4kiss !

30 décembre 2007

Ange ou démon ?

J'ai besoin de vos précieux avis chers lecteurs et surtout chères lectrices ! Dois-je continuer de me raser la tête ? Ou au contraire, laisser mes cheveux repousser ?


Dans le doute, ne sachant pas vraiment me décider, j'ai passé l'après-midi avec le côté droit rasé et le côté gauche chevelu ! Je surveillais du coin de l'oeil les gens qui observaient mon profil gauche et ceux qui observait mon profil droit afin de déterminer quelle coupe de cheveux exerçait un réel pouvoir de séduction ! Et ce fut une terrible désillusion pour moi ! Je me suis rendu compte que je n'étais pas le centre du monde ! Dans le métro, personne ne m'a demandé qui était mon coiffeur. Au travail, personne ne s'est interrogé sur le but d'une telle démarche artistico-rock'n'roll. En Velib, aucune voiture ne s'est arrêtée pour admirer mon style inimitable à la frontière entre la fashion victim cheap et le punk anarchiste fils à papa. Au cinéma, la femme derrière moi n'a même pas explosé de rire en découvrant le massacre réalisé par la tondeuse dans ma nuque. Et moi qui était persuadé d'exercer un magnétisme indicible sur le commun des mortels...

29 décembre 2007

Il faut nationaliser le Père Noël

Marre de jalouser les cadeaux de votre frère ? Marre d'envier les présents de votre soeur ? Marre de convoiter les jouets de vos cousines ? Marre de regretter d'avoir été moins gâté que vos amis ? La solution, c'est la nationalisation ! On a laissé échapper les secteurs de l'énergie, des télécommunications et des transports de l'escarcelle de l'Etat. Il ne faut pas nous laisser faire et subir la privatisation croissante de notre économie nationale. Pour commencer à reconquérir les secteurs historiques, et ce contre les directives européennes, il faut commencer par un symbole. Frapper fort mais frapper juste. Un acte révolutionnaire qui fera prendre conscience à la masse des bienfaits de la nationalisation. Un acte emblématique qui marquera une étape vers la collectivisation d'une économie pour tous. Il faut nationaliser le Père Noël, l'empêcher de tomber dans le joug du libéralisme, accorder des régimes spéciaux à ses rennes, réaliser de grands travaux de rénovation de son traîneau, institutionnaliser le port de la longue barbe blanche, créer des centres de formation de Père Noël, construire un Musée du Père Noël... Imaginez Karl Marx dans un costume rouge et blanc et vous aurez une représentation un peu plus précise du Père Noël du futur. Le Père Noël du futur n'est pas un vulgaire intermittent payé au SMIC par une chaîne de supermarchés. Le Père Noël du futur est un cadre A de la fonction publique, avec la sécurité de l'emploi et une armada de privilèges à faire rosir d'envie le patron d'une multinationale. Le Père Noël du futur est aussi juste que l'ancien était injuste.
 
Pour un Noël équitable, réclamons tous ensemble un référendum en faveur de la nationalisation du Père Noël. Pour que Noël devienne enfin une affaire d'Etat. Pour que le rouge de son costume devienne synonyme d'espoir, de collectivisme, de dirigisme et de passion. Pour que l'étatisation devienne une évidence.

27 décembre 2007

L'énigme sans fin...


LARVATUSPRODEO

La vie n'est-elle faite que de sous-entendus ?

26 décembre 2007

Question 10

 Philippe de Champaigne

Soles
Expulsion
Santons de Provence
Cris de peur
Pâte d'amande
Chômage
Familles réunies
Familles séparées
Champagne
Froid
Rires
Faim
Saumon
Pinard dégueulasse
Messe de minuit
Exclusion
Cadeaux à gogo
Pleurs
Tokaji
Baisse du pouvoir d'achat
Cris de joie
Condamnation arbitraire
Foie gras
Frustration
Coquilles Saint-Jacques


Elle est où la réalité ?

24 décembre 2007

Happy X-mas !


JOYEUX NOEL

Et bonnes vacances à ceux qui ont la chance de partir !

Je reviens à la fin de la semaine...
...un peu plus inspiré que ces derniers temps je l'espère !

23 décembre 2007

De Dupré à Vlaminck

Après l'exposition Reims et l'Art déco qui a attiré plus de 30 000 visiteurs dans l'ignoble Musée des Beaux-Arts de Reims, le conservateur remet ça en proposant une exposition temporaire sous le titre pompeux : De Dupré à Vlaminck ! Finalement, l'exposition se révèle être une rétrospective consacré à l'artiste paysagiste Jules Dupré co-organisée par la fondation de L'isle-Adam. Peintre fondateur de l'école de Barbizon avec Théodore Rousseau, il faut bien reconnaitre qu'il y a d'importantes similitudes entre les deux oeuvres. Pas mal de marines également, dans la droite lignée de celle de Gustave Courbet. Pas d'oeuvres vraiment exceptionnelles, si ce n'est peut-être une toile qui m'a vraiment plu.Même si la dernière salle montrant les influences de sa peinture sur des oeuvres de Vlaminck, Mafra et Daubigny, il est un peu exagéré de baptisé cette petite expo De Dupré à Vlaminck ! En plus, je m'étonne que les rapports avec Vincent Van Gogh ne soit pas réellement exploités. Au niveau de la scénographie, il y a pas de quoi se relever la nuit. Le vert ou le bleu criard de la peinture manque désespérément de classe et les indications accompagnant les toiles ne sont absolument pas mise en valeur. D'ailleurs, j'ai beaucoup ri en lisant le livre d'or. Un commentaire péremptoire dit : Pas mal pour une exposition de "Province". Il s'ensuit une bonne page d'insultes à l'adresse du sus-cité parisien. Je serais donc encore plus sévère : Pas tip-top même pour une exposition de "Province".^^Quitte à avoir mis les pieds dans le musée, je me suis fait la collection permanente au pas de course : la trentaine de Corot, les 2-3 Monet et les centaines de croûtes du 17e, 18e et 19e siècle. En bas, dans la partie réservée à l'art moderne et contemporain, pas de nouvelles acquisitions si ce n'est un magnifique nu de Léonard Foujita prêté par le Centre Pompidou ! De toute façon, les seules oeuvres regardables dans ce musée sont prêtées par le Centre Pompidou ! Peut-être que les élections municipales au printemps vont enfin permettre de changer les choses pour ce musée rémois ?Si ça vous intéresse, n'hésitez pas à jeter un petit coup d'oeil sur le dossier de presse super cheap.

22 décembre 2007

Rêver ensemble

Je viens de rejoindre une jeune association de jeunes de gauche baptisée Rêver Ensemble. C'est une union de tous les courants de la gauche, du centre-gauche mou du slip à l'extrême-gauche révolutionnaire et, vous vous en doutez, j'adhère uniquement pour incarner la dissidence gauchiste, pour glorifier Chavez, insuffler le poison altermondialiste dans les rangs socialistes, défendre des positions écologistes et environnementales radicales, lutter contre la société d'hyper-consommation et démolir à coups de sabots la financiarisation croissante de l'espace économique globalisé. La fédération de Paris est à construire. Elle ne compte pour l'instant qu'une petite dizaine de jeunes motivés par cette aventure autant humaine que politique. Et pour moi, elle n'est qu'un tremplin vers la présidence de la république ! Moi aussi je veux pouvoir niquer Alizée et Lorie ! Dans six mois, je prends le poste de vice président à la Culture et à l'émancipation. Dans un an, je prends la tête de la fédération de Paris. Dans deux ans, je prends le contrôle de l'association et en 2012 je me présente aux élections comme candidat unique de la gauche à la tête d'un parti autoritaire et totalitaire après avoir pris soin d'éliminer tous mes opposants politiques. Rêver ensemble de moi. Vous êtes déjà des milliers à faire ce rêve chaque jour. Vous serez bientôt des millions. Puis des milliards.

Il semble évident que la gauche a besoin d'une plume aussi brillante que la mienne. Et c'est pourquoi je vous invite à vous rendre sur le site internet de l'association afin de découvrir prochainement mon premier manifeste en faveur d'une gauche unie pour un but commun : renouer avec le pouvoir ! Mais attention, ne comptez pas sur moi pour me travestir ou trahir mes idéaux. Cette association m'offre la liberté que ne pouvait me garantir un parti politique. Et je compte bien profiter de cette liberté pour libérer les esprits des français et des européens et leur montrer qu'un autre monde est possible ! Une union de toute la gauche vous semble impossible ? A moi aussi ! Mais ne suis-je pas là pour fédérer tous les courants à travers un programme ambitieux, des idées révolutionnaires, des jeux coquins... Rêvons ensemble d'une gauche de gauche, une gauche qui réclame un référendum perdu d'avance pour le traité européen, une gauche qui fait des propositions concrètes en n'ayant pas peur de remettre le social au premier plan, une gauche qui cesse ses querelles de personnalités en misant avant tout sur un programme cohérent, une gauche d'opposition ayant vocation à revenir au pouvoir avant 2042. Un jour. Demain. Parce que les six premiers mois du règne de Nicolas furent un cauchemar pour les exclus de la Sarkozie. Parce que les quatre ans qui restent pourraient le devenir pour tous les autres.

Rêvons ensemble de moi (et d'une gauche de gauche avec toute la gauche !).

19 décembre 2007

L'Enfer, Eros au secret

Après l'exposition Amours, guerres et sexualité aux Invalides, me voilà parti pour découvrir L'enfer, Eros au secret à la BNF, autre événement du moment recommandé par mon prof d'Histoire Culturelle. Alors l'Enfer c'est quoi ? L'Enfer, c'est un "endroit fermé d’une bibliothèque où l’on tient les livres dont on pense que la lecture est dangereuse". L'exposition est interdite au moins de 16 ans. Cela sentait bon l'auto-censure marketing mais finalement je dois bien reconnaitre qu'il y a quelques images assez choquantes, notamment les sexes énormes sur des estampes japonaises ! Je n'ai jamais été un grand amateur d'images coquines mais je dois bien reconnaitre que j'ai déambulé pendant plus de 1H30 dans la salle avec un sourire jusqu'aux oreilles. Dès les premières gravures érotiques, j'étais sous le charme de ses images plus caricaturales qu'érotiques ! Et quel plaisir malsain que de pouvoir admirer les éditions originales des livres du Marquis de Sade ! Enchanté également de découvrir des estampes et des eaux fortes de Félicien Rops, artiste découvert lors d'une exposition sur le symbolisme vue à Rome en juin ! Et notamment Agonies, oeuvre magique et terriblement morbide !
A noter également une petite place accordée aux artistes plus récent comme Bataille, Genet, Dali, Cocteau, Apollinaire mais on est loin du ton grivois des premières gravures !Au titre des découvertes, je dois évidemment citer les écrits de Pierre Louÿs ! Les quelques pages que j'ai pu en lire m'ont donné envie de découvrir de manière plus approfondir ses écrits sexuels ! Extasié, je l'étais également devant deux dessins de Denon (celui qui a une aile au Louvre !) particulièrement drôles montrant un phallus soit "phénoménal", soit "malade et défait" ! Vu que je suis dans la série "rires aux éclats", j'aimerais quand même revenir sur le film porno -polisson conviendrait mieux - muet diffusé sur le mur du fond. Sous le titre L'atelier Faiminette, on découvre un film désuet et hilarant avec des actrices porno aux sourires encore plus bright que le mien ! C'est typiquement le genre de films qui étaient diffusés dans les salles d'attente des bordels de la Capitale. Et vu que l'on évoque les lieux de mauvaise vie, je ne peux pas ne pas parler de la liste des prostituées de Paris qui tapisse un pan de mur et qui est un vrai petit bijou croustillant ! Nettement mois drôle mais tout aussi croustillant, la liste des évêques de Paris surpris avec des putains !Au coeur de l'expositions, une succession de vagues revient sur l'histoire mouvementée de l'Enfer ! Sur les débuts, sur les refus, sur les délations, sur la fermeture après mai 68 à la réouverture au début des années 80 pour favoriser le rangement en bibliothèque ! Et je suis émerveillé par les oeuvres présentées : gravures, estampes, vidéos, photographies, livres, pamphlet contre Marie-Antoinette... C'est à la fois trash et naïf ! Un mélange d'innocence et de perversité ! Une très bonne exposition qui bénéficie d'une bonne mise en espace dans les tons rose ! It's so SEX !Une fois sorti de l'Enfer, JM (qui m'avait fait entrer gratuitement... La classe !) me fait découvrir un autre enfer : les coulisses de la BNF, de la vue panoramique du 18ème étage à l'ambiance cosy de la partie souterraine! C'est IMMENSE ! Des salles de lecture, les réserves, les oeuvres immenses exposées dans les sous-sols (Garouste, Viallat, Raysse...) et même le dos du X visible depuis les quais de Bercy ! Le tout a l'air d'un joyeux bordel savamment orchestré !

18 décembre 2007

Vladimir Vissotsky, le vol arrêté

Ce soir, j'ai pénétré pour la première fois dans la mythique salle des Bouffes du Nord pour voir la pièce Vladimir Vissotsky le vol arrêté ! Et c'est vrai que le lieu est absolument magnifique ! Le théâtre semble avoir traversé les âges et les styles sans vaciller ! Un parfum de mystère flotte dans l'air ! La hauteur du plafond, la profondeur de l'espace, la nudité des murs, la douceur de l'éclairage, le décalage entre les banquettes neuves et ce lieu chargé d'Histoire ! Non vraiment, rien que pour avoir pu pénétrer dans ce lieu magique, je ne regrette pas d'y être allé !

Parce que malheureusement, la pièce conseillée par Télérama (TTT dans le Télérama Sortir de la semaine dernière) n'a rien d'exceptionnelle pour qui n'a pas connu le poète Vladimir Vissotsky ! Dans cette pièce, l'actrice Marina Vlady adapte son propre livre, livre écrit à la mémoire de son mari, opposant au régime soviétique, artiste polymorphe brillant et icone rebelle dans l'ex-URSS avec qui elle a partagé douze ans de sa vie. Et le résultat est assez nombriliste, un peu maladroit et je suis finalement resté assez hermétique au portrait qu'elle dresse de son mari.
Reste les quelques chansons interprétées en russe et jouées par trois musiciens qui donnent un peu de relief à cette pièce !

Fort heureusement, la pièce ne durait qu'une heure et la débacle fut donc de courte durée... mais malheureusement, je vois mal comment je pourrais conseiller une pièce que j'ai trouvé sans intérêt et un peu chiante !

17 décembre 2007

Amours, guerres et sexualité

Cela devait faire plus de dix ans que je n'avais pas mis les pieds aux Invalides ! La raison de mon déplacement : l'exposition temporaire Amours, guerres et sexualité aux mérites tant vantés par mon prof d'Histoire Culturelle. Et c'est clair que l'exposition relève davantage du champ de l'histoire que de celui de l'art à proprement parler. Affiches de propagandes, photographies de guerre, images érotiques (voire pornographiques), affiches de films, cartes postales, peintures, caricatures, journaux, objets populaires ainsi que divers documents assez intéressants (oui oui... j'adoooores les annonces matrimoniales "homme grand et barbu cherche jeune femme ardente et volcanique pour éveiller ses sens" !) sont rassemblés pêle-mêle dans deux couloirs du Musée de l'Armée. On est en plein coeur de la problématique de mon cours d'histoire culturelle vu que l'exposition tient à la fois compte des pratiques, des imaginaires et des représentations du sexe et des rapports amoureux en temps de guerre.
D'un point de vue purement scénographique, j'étais un peu dégouté de devoir traverser dans le froid l'immense cour des Invalides pour voir la deuxième partie de l'exposition mais c'était aussi la plus marquante avec notamment la salle sur les violences sexuelles ou sur les maladies sexuellement transmissibles (avec des photos assez trash !). Sans parler de la vidéo finale assez horrible !
Et en plus, grâce à mon inscription en UFR d'Histoire, j'ai eu la gratuité !
Et puis, il y a pas photo : les meilleures affiches de propagandes viennent d'URSS !^^

Le dossier de presse

16 décembre 2007

Question 9

Carla Bruni est-elle complètement conne ?

En mai, elle affichait sa présence au meeting de soutien de Ségolène Royal.
En décembre, elle affiche sa relation avec Nicolas Sarkozy.

Nouvelle victime de l'ouverture ? Stade ultime de la lobotimisation des français ? Rouage de la peoplisation de la politique ? Pion de la campagne de communication sarkozyste ante-fêtes-de-fin-d'année ?

15 décembre 2007

La Douleur


Afin de faire découvrir à Loickque – mon colocataire pour ceux qui ne suivent pas – la richesse culturelle de la ville de Reims, rien de mieux que de le traîner au festival A scène ouverte qui a lieu chaque année à la Comédie de Reims, sous l'impulsion d'Emmanuel de Marcy-Mota ! Evitant de justesse une lecture du chouchou local Fabrice Melquiot ainsi qu'une présentation de textes de Pasolini (j'aurais quand même bien aimé pouvoir découvrir l'essence de ses écrits sur scène), nous sommes donc allés voir une lecture de La Douleur de Marguerite Duras par Patrice Chéreau et Dominique Blanc ! Et ma foi, ça valait le détour ! J'ai toujours plus ou moins fait un rejet de Marguerite Duras mais je dois bien reconnaître que ce texte est tout à fait accessible et permet d'aborder le thème des camps de concentration sous un angle différent ! Même si le début n'est pas des plus originals, le texte bascule de manière très limpide vers un tout autre registre ! Un récit poignant qui fini en apothéose avec la progressive reconstruction physique et mentale d'un prisonnier rentré en France ! Et quelque part, je crois que c'est quelque chose dont je n'avais jamais entendu parler ! Et Marguerite Duras parvient à nous tenir en haleine avec ce récit autobiographique présenté sous forme de journal intime ! Violent mais bouleversant ! Dommage que Patrice Chéreau reniflait bruyamment à chaque fin de phrase !

Une fois sortie de la salle de la Comédie, nous nous dirigeons vers le bar pour découvrir le jeune Benoit Dorémus dont Lou me parle sans arrêt ! Elle a même réussi à l'interviewer ! Et j'avais donc hâte de découvrir ce jeune homme dont Renaud parle en des termes dithyrambiques, n'hésitant pas à le désigner comme son successeur légitime ! Pourtant, peu de comparaison possible à faire entre les deux ! Evidemment, c'est de la chanson française qui mise davantage sur l'écriture que sur l'accompagnement musical mais le coté engagé du mythique Renaud passe complètement à la trappe pour ne laisser que des textes gentillets, à forte teneur autobiographique, évoquant tour à tour la drogue et les amours ratés, voire les deux en même temps ! Un public de vieux absolument pas réactifs et un set d'à peine plus de 45 minutes finissent de m'achever : je ne suis pas fou de Dorémus ! Mais je dois bien concéder deux choses à Lou : il a quelques chansons bien écrites – 17 ans notamment – et surtout, il est plutôt bogosse ! ;)

Alors, qui a dit qu'à Reims il n'y avait que la crèche de Noël vivante à voir ?

14 décembre 2007

Histoire du nain

Il y a quelques années, la folie des nains de jardin s'emparait des campagnes françaises. Puis Amélie Poulain acheva de créer le mythe en envoyant celui de son père voyager à travers le monde. La France était divisée en deux : les pro-nains-de-jardin et les anti-nains-de-jardin ! L'affaire Dreyfus n'était rien face aux conflits qui commençaient à naitre dans les familles françaises. Famille divisée. Famille brisée par ces petits êtres aussi moches qu'envahissants. Des mouvements s'organisèrent. C'était l'heure de gloire du fameux FLNJ, le Front de Libération des Nains de Jardin. Ses adhérents oeuvraient à travers la France pour débarasser la Province de ces immondes petits bonshommes qui n'avait aucun trait commun avec les craquants 7 nains de Blanche-Neige. Le charme d'antan avait laissé place à un horrible mélange de vulgarité et de beaufitude. Courts sur pattes et obséquieux, ils incarnaient les penchants néo-cons d'une France en perte de valeurs, ils étaient l'image de la perte de reconnaissance des campagnes, happées par la ville, ils étaient le dernier sujet aussi hype dans les diners mondains parisiens que dans les beuveries provinciales. A quand une dissertation sur le nain de jardin comme symbole de la création d'une identité nationale ? Ou bien une conférence freudienne sur le nain de jardin comme garant de la virilité dans notre société androgynisée ? Ou encore un meeting pseudo-républicain sur l'intégration des gens de petites tailles dans la société civile ?

Aujourd'hui, pénétrant pour la première fois dans l'appartement d'un ami rémois, je suis tombé nez à nez avec un vestige de cette époque presque révolue. D'ailleurs, qu'attend le FLNJ pour débarrasser définitivement l'Elysée du nain le plus laid, le plus grossier, le plus inutile, le plus sordide, le plus méprisable de la vie politique française ?

13 décembre 2007

Question 8

Pourquoi n'ai je posé aucune question à propos de la venue de Khadafi en France ?

12 décembre 2007

Cadeau 1

Pour cause de week-end à Reims, j'offre deux places pour aller voir Oreilles tombantes, groin presque cylindrique au Théâtre de la Colline samedi soir !
Aperçu de la pièce
Ma foi ça m'a l'air très intéressant et je suis un peu dégouté de ne pas pouvoir m'y rendre !

C'est le premier ou la première qui répond par mail qui gagne les places !

09 décembre 2007

Just4kiss is the only one

When Just4kiss was young, he decided to dress up as a bunch of flowers for Christmas.

Just4kiss' hand is the only hand that can beat a Royal Flush.

Just4kiss is so fast, he can run around the world and punch himself in the back of the head.

Just4kiss gave Mona Lisa that smile.

When Just4kiss does a pushup, he isn't lifting himself up, he's pushing the Earth down.

Just4kiss does not sleep. He waits.

Just4kiss was once in a knife fight, and the knife lost.

There is no theory of evolution. Just a list of creatures Just4kiss allows to live.

07 décembre 2007

West Side Story

Cela faisait plusieurs mois que Loickquounet avait pris nos places, plusieurs mois que l'on se faisait une joie de découvrir West Side Story dans sa version originale sur la scène du Théâtre du Chatelet. 50 ans ! C'est le cinquantième anniversaire de West Side Story ! Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la comédie musicale la plus célèbre de l'Histoire du Cinéma a encore de beaux jours devant elle. Dans cette version, le créateur de costumes a conservé des couleurs passées et l'ambiance Technicolor qui se dégage du jeu de lumière est finalement assez remarquable car c'est carrément l'atmosphère du film qui est recréé ! On se retrouve plongé 50 ans en arrière, à la fin des années 50 pour assister à la plus romantique des tragédies depuis Roméo et Juliette !
Evidemment, le point fort de la représentation est la musique ! Les partitions de Bernstein qui prennent vie devant nos yeux grâce au talent du West Side Story Orchestra insuffle un souffle dramatique à l'intrigue qui se déroule devant nos yeux. Et les chorégraphies indémodables de Jerome Robbins sont un véritable ravissement pour les yeux ! 36 comédiens dansent, chantent et nous émerveillent ! Même si Tony parait toujours aussi fade (vous trouvez pas que c'est un rôle qui m'irait bien ? grand, romantique, passionné et un peu ennuyeux ?), les actrices qui reprennent les rôles de Maria et d'Anita et l'acteur qui endosse le costume de Bernardo sont vraiment très bons et parviennent (presque) au niveau des acteurs du film de Robert Wise !J'avais eu la chance de revoir le film sur le magnifique écran du Max Linder l'été dernier mais la comédie musicale en live dépasse toutes mes espérances ! Dommage que le dynamisme de la pièce soit brutalement interrompu par une entracte totalement injustifiée aux deux tiers de la représentation et que la ville de New-York, omniprésente dans le film, soit réduit à une structure métallique vaguement modulable ! 2h30 qui passe comme un TGV dans la campagne champenoise tant le charme des acteurs et la puissance des chansons (Maria, Tonight, I feel pretty...) font battre nos coeur à mille palpitations par seconde !

06 décembre 2007

Ecrits Corsaires

Le cycle s'est accompli; la sous-culture du pouvoir a absorbé la sous-culture de l'opposition et l'a faite sienne : avec une diabolique habileté, elle en a patiemment fait une mode qui, si on ne peut pas la déclarer fasciste au sens propre du terme, est pourtant bel et bien de pure « extrême-droite ».

Wassily Kandinsky

La fausse expressivité du slogan constitue le nec plus extra de la nouvelle langue technique qui remplace le discours humaniste. Elle symbolise la vie linguistique du futur, c'est à dire d'un monde inexpressif, sans particularismes ni diversités de cultures, un monde parfaitement normalisé et acculturé.
Antoni Tapiès

L'hédonisme du pouvoir de la société de consommation a déshabitué d'un seul coup les gens de la résignation, de l'idée de sacrifice... : les gens ne sont plus disposés -et plus du tout – à abandonner la petite quantité de confort et de bien-être (même misérable) qu'ils ont en quelque sorte gagnée.
Yves Klein

La notion d'individu est par essence contradictoire et inconciliable avec les exigence de la consommation. Il faut détruire l'individu. Il faut le remplacer par l'homme-masse. En somme, dans les cas de révolte de type humaniste – possibles dans le cadre du vieux capitalisme et de la première révolution industrielle – l'Eglise pouvait intervenir et réprimer, en contredisant brutalement une certaine volonté formellement démocratique et libérale du pouvoir de l'Etat. Il y a un double lien de mauvaise foi dans les rapports entre l'Eglise et l'Etat : pour ce qui la concerne, l'Eglise accepte l'Etat bourgeois en lui accordant un soutien et un appui sans lesquels, jusqu'à aujourd'hui, le pouvoir n'aurait pu subsister; pour ce faire, l'Eglise a pourtant dû admettre et approuver l'exigence libérale et la démocratie formelle. L'Eglise à en somme signé un pacte avec le diable, à savoir avec l'Etat bourgeois.

Vincent Van Gogh

Le fascisme proposait un modèle, réactionnaire et monumental, qui est toutefois resté lettre morte. (…) Aujourd’hui, en revanche, l’adhésion aux modèles imposés par le Centre est totale et sans conditions. Les modèles culturels réels sont reniés. L’abjuration est accomplie. On peut donc affirmer que la « tolérance » de l’idéologie hédoniste, défendue par le nouveau pouvoir, est la plus terrible des répressions de l’histoire humaine. Comment a-t-on pu exercer pareille répression ? A partir de deux révolutions (…) : la révolution des infrastructures et la révolution du système des informations. Les routes, la motorisation, etc. ont désormais uni étroitement la périphérie au Centre en abolissant toute distance matérielle. Mais la révolution du système des informations a été plus radicale encore et décisive. Via la télévision, le Centre a assimilé, sur son modèle, le pays entier, ce pays qui était si contrasté et riche de cultures originales. Une œuvre d’homologation, destructrice de toute authenticité, a commencé. Le Centre a imposé - comme je disais - ses modèles : ces modèles sont ceux voulus par la nouvelle industrialisation, qui ne se contente plus de « l’homme-consommateur », mais qui prétend que les idéologies différentes de l’idéologie hédoniste de la consommation ne sont plus concevables. Un hédonisme néo-laïc, aveugle et oublieux de toutes les valeurs humanistes, aveugle et étranger aux sciences humaines.
Joaquin Torres-Garcia

Un rapport homosexuel n'est pas le Mal ou, pour mieux dire, qu'il n'y a rien de mal dans un rapport homosexuel. C'est un rapport comme un autre. Où se trouve donc, je ne dis pas la tolérance, mais l'intelligence et la culture si l'on ne comprend pas cela ?

Joan Miro

Le résultat d'une liberté sexuelle « offerte » par le pouvoir est une véritable névrose générale. La facilité a créé l'obsession ; parce qu'il s'agit d'une obsession « induite » et imposée, qui dérive du fait que la tolérance du pouvoir concerne uniquement l'exigence sexuelle exprimée par le conformisme de la majorité. Il protège uniquement le couple (et, bien sûr, pas que le matrimonial) : et le couple a donc fini par devenir une condition paroxystique, au lieu de devenir un signe de liberté et de bonheur (comme il l'était dans les espérances démocratiques). C'est une convention, une obligation, un devoir social, une anxiété sociale, une caractéristique inévitable de la qualité de vie du consommateur.

Marc Chagall

Qu'est-ce que la culture d'une nation ? On pense couramment, même parmi les personnes cultivées, que c'est la culture des savants, des hommes politiques, des professeurs, des littéraires, des cinéastes..., autrement dit la culture de l'intelligentsia. Mais ce n'est pas vrai. Ce n'est pas non plus la culture de la classe dominante qui, à travers la lutte des classes, essaye de l'imposer au moins formellement. Ce n'est pas non plus, enfin, la culture de la classe dominée, à savoir la culture populaire des ouvriers et des paysans. La culture d'une nation est l'ensemble de toutes ces cultures de classes : c'est leur moyenne.

Edvard Munch

Nombreux sont ceux qui se lamentent (en ces temps d'austerity) devant les incommodités dues à un manque de vie sociale et culturelle organisée (en dehors du centre « pourri ») dans les banlieues saines (dortoirs sans verdure, sans service, sans autonomie, sans véritable rapport humain). Lamentations rhétoriques ! En effet, si ce dont on déplore le manque dans les banlieues existait, ce serait le centre qui l'organiserait ; ce même centre qui, en peu d'années a détruit toutes les cultures périphériques qui – oui, jusqu'à il y a quelques années – assuraient une vie à soi, et, au fond, libre, même dans les banlieues les plus pauvres ou carrément misérables.

Gustave Courbet


Pier Paolo Pasolini, Ecrits Corsaires, 1973-1974

05 décembre 2007

Thalasso

Il y a deux ans et demi, je ressortais traumatisé de Doute avec Thierry Frémont au Théâtre Hébertot. Il y a un an, je ressortais choqué du Vieux Juif Blonde d'Amanda Sthers au Théâtre Edouard VII. Il y a deux mois, je voyais l'affiche de Thalasso, pièce de théâtre d'Amanda Sthers avec Thierry Frémont et Gérard Darmon au Théâtre Hebertot. Ce soir, je pénétrais dans la magnifique salle pour une heure et demi de rire.Je dois bien reconnaitre une qualité à Patrick Bruel; sa femme est brillante. Et Thalasso est particulièrement bien écrite. Des répliques cinglantes, un sens de la répartie incroyable, un rythme effréné, j'adore ce genre de pièces. Surtout que j'aime l'humour noir et le cynisme des réflexions qui fusent de part en part. Le cynisme c'est mon pêché mignon. Et quand on voit une écrivain capable de croquer avec autant de talent et d'humour la déliquescence et l'absurdité de notre société moderne, il y a de quoi s'émerveiller. Il y a pas mal de passages assez hilarants comme Darmon qui parle de ses enfants mais aussi d'autres, plus graves et plus émouvants. Dans Le Vieux Juif Blonde, Amanda Sthers nous a prouvé qu'elle maitrise parfaitement les ficelles du drame et elle n'hésite pas à en faire usage dans ce texte qui reste quand même à dominante comique notamment avec la présence (qui flirte avec le lourd) d'un couple de provinciaux pas très malins.
De plus, ce texte est porté par deux acteurs exceptionnels : Gérard Darmon et Thierry Frémont qui ont l'air de s'éclater comme des fous !

Une véritable bouffée d'oxygène que je suis vraiment content d'avoir vu !

04 décembre 2007

Je ne suis pas un Zéro !

Il y a deux mois jour pour jour, je vivais ma première rencontre de bloggeurs à la Bananeraie.

A nouveau organisée par Lou, je devrais vivre mardi prochain, le 11 décembre, ma deuxième rencontre de bloggeurs. Cette fois-ci, la rencontre aura lieu au Zero de Conduite, un bar situé à Saint-Germain des prés. Et ce coup là, Diane ne m'échappera pas ! (rire sardonique)
Pour plus de renseignements et vous inscrire à la liste qui vous ouvrira les portes de la félicité, une seule adresse : Le Blog de Lou !

Vais-je encore être au centre de la seule photo de l'événement ?


Le premier qui fait un parallèle entre le nom du bar et mon permis, je l'attrape, le pend par les pieds, lui coupe un à un les doigts de la main, puis, je lui retire la peau soigneusement avant de fouetter sa chair nue avec un martinet. Alors des amateurs ?

03 décembre 2007

Mon prof de compta est un con

Bernard Saby

Mon prof de compta s'est moqué de moi parce que je me suis endormi pendant son cours.
(le pire c'est que je m'étais vraiment endormi...^^)

Mon prof de compta est arrivé avec 50 minutes de retard lors d'un rattrapage ce samedi matin.

Mon prof de compta a recorrigé pendant 30 minutes un exercice déjà fait.

Mon prof de compta fait des blagues qui ne font rire personne.
Exemple : "Aujourd'hui, nous allons traiter le cas de l'entreprise Samport, avec un -t, pas un -c, je suis musulman mais pas intégriste."

Mon prof de compta lit des colonnes de montants et de numeros de compte en guise de correction. Il ne lui viendrait pas à l'idée de se servir du tableau derrière lui.

Mon prof de compta est un beauf.
Exemple : "Personne pour aller au tableau ? Y a que des tapettes dans ce td ?" Un garçon se lève pour aller au tableau. "Oh les filles regardez le, ça c'est pas une tarlouze !"

Mon prof de compta est arabe. Parfois, il parle du bled avec les étudiants arabes.

Mon prof de compta me fait des remarques quand je rigole bruyamment.
(pas ma faute si Télérama est plus drôle que mon prof de compta)

Mon prof de compta se plaint des grèves et râle contre les blocages.

Mon prof de compta est un gamin.
Exemple : "Oh le grand au fond avec une chemise rose, arrête de draguer la jeune fille à côté de toi !"
(je précise qu'elle n'est pas du tout mon genre...^^)

Mon prof de compta est un con.

Mon prof de compta est sûrement de droite.

Et de toute façon, la compta est une matière de chiants, de frustrés et de blaireaux.
Mon prof de compta est sûrement un peu des trois.

02 décembre 2007

Hot potatoes


Il fait tellement chaud dans mon appartement que ma vie quotidienne a un goût de vacances !

01 décembre 2007

No logo, no life ?

 Peter Davies

Il y a quelques jours, une amie m'a demandé de contribuer à une chaîne pourrie qui demande aux participants de résumer leur journée en logos, tous ces petits dessins qui ne symbolisent plus un produit mais un style de vie, une attitude, un ensemble de valeurs, un look, une idée... C’est ce qu’on appelle le branding. Comme je ne peux rien lui refuser, je me retrouve plongé en plein coeur de la tyrannie des marques... Ma « journée vue à travers les logos » est le témoignage parfait du Zero Espace cher à Naomi Klein. Il est impossible de lutter contre l'hégémonie internationale des grandes marques. Et j'ai beau essayer tant bien que mal d'échapper au joug de la consommation, il n'y a qu'à voir comment ma journée-type-à-tendance-sérieuse (n'allez pas croire que je bosse autant dans une journée, mon cerveau aurait depuis longtemps explosé...) est bardée de ces logos nauséabonds pour comprendre ce que Naomi Klein exprime dans son Zero Choix. Conséquence du changement d’approche des entreprises, les logos - considérés comme des extensions des marques - sont devenus omniprésents. Nous sommes les esclaves des marques, les esclaves de ces petits logos colorés, symboles du nivellement par le bas de la culture. Favorisée par les politiques de déréglementation et le retrait des financements publics, l’invasion des marques a été particulièrement remarquable dans le secteur culturel. Selon Naomi Klein, pour les marques, "il ne s’agit plus de sponsoriser la culture mais d’être la culture". Leur force de frappe est démultipliée par la concentration des marques et des médias et par les stratégies de synergies qu’elle permet. Alors que l'éventail des marques, des produits, des logos ne cessent de croître, le consommateur a de moins en moins de choix. Le monde est monochromatique et des portes se ferment de tous les côtés. Ainsi, chaque nouvelle histoire - qu’il s’agisse des annonces d’un nouveau rachat, d’une faillite inopportune, d’une fusion colossale - indique directement une perte significative de choix.
Et dire que cette accumulation de marques qui font de nous des consommateurs ineptes pourrait être remplacée par un seul et même logo :
Parce que TOUT est achetable dans la société capitaliste ! Alors, ensemble, RESISTONS (sauf si, comme moi, vous avez l'intention d'acheter le nouvel ipod nano qui a l'air génial !^^) – surtout en ce premier jour de décembre et la période de Noël qui approche... Et puis de toute façon, si mes journées étaient vraiment résumables en une vingtaine de petits dessins, je me serais déjà tiré une balle depuis longtemps. D'ailleurs, vu qu'on assiste - impuissants - à l'explosion du branding identitaire, qui est capable de me dire qui je suis à partir des petits dessins ci-dessus ?