28 février 2008

Pour un changement radical des pratiques financières

Il paraît qu'il n'est pas politiquement correct de réclamer la mort rapide et douloureuse de la finance. Personnellement, je n'ai que faire du politiquement correct mais je vais quand même l'effort de présenter quelques outils, quelques décisions qui pourrait me rendre la vision d'un financier un peu plus supportable (même si au fond de moi, je continuerais de l'imaginer en train de brûler dans d'atroces souffrances). Au passage, je rappelle quand même aux quelques blaireaux qui pensent que le Parti Socialiste est un parti de gauche que c'est à lui que l'on doit la déréglementation des marchés financiers. C'était en 1986 et déjà, à cette époque, le parti n'avait de socialiste que le nom.Plusieurs idées permettrait de réduire un peu les inégalités de plus en plus flagrantes entre les revenus du travail et les revenus du capital. Contrairement à ce que l'on n'essaye de nous faire croire (les partis de gauche, les partis de droite, les commissions « neutres »...), il existe des solutions qui vont plus loin que la simple moralisation du marché des capitaux. Ainsi, la mise en place de la taxe Tobin, suggérée en 1972 par le prix nobel d'économie James Tobin, serait un premier pas vers une économie à visage humain. En effet, l'économiste (qui n'a rien d'un altermondialiste anarchiste, bien au contraire) propose une taxation des transactions monétaires internationales afin de désinciter à la spéculation. Le taux choisi serait faible, de 0,05 % à 1 % et identiques dans tous les pays. Les sommes ainsi récoltées seraient redistribuées prioritairement aux pays les moins avancés. La taxe Tobin permettrait donc de freiner la spéculation (sans décourager les échanges non-spéculatifs) et de favoriser le développement.Malheureusement, l'application de cette taxe ne semble guère d'actualité d'où une deuxième proposition très intéressante : le SLAM pour Shareholder Limited Authorised Margin (Marge Actionnariale Limite Autorisée) qui permettrait de lutter contre la démesure de la finance en limitant la rentabilité actionnariale autorisée et en supprimant ainsi les incitations à intensifier indéfiniment l'exploitation des salariés. Inutile de préciser que pour être un tant soit peu pertinent, le SLAM doit en priorité atteindre les grands concentrateurs de l’épargne collective, les fonds de pension et les fonds mutuels, vrais détenteurs de la force de frappe financière. Pour en savoir plus sur le SLAM, je vous encourage à aller lire cet article extrait du Monde Diplomatique.Deux autres options peuvent également s'offrir à nous avec un minimum de volonté politique. D'une part, réfléchir à un schéma d'une politique monétaire dédoublée pour financer à des taux d'intérêt différenciés économie productive et économie spéculative et, d'une autre part, étudier la possibilité d'une séparation hermétique entre banques commerciales et banques de marché. Ainsi, une cloison étanche entre les deux permettrait d'atténuer sensiblement la transmission des désastres financiers à l'économie réelle, notamment via le canal du crédit.En 1987, Alain Madelin alors ministre de l'industrie s'exclamait, avec une crédulité douteuse et presque touchante : « Vous vous rendez compte, en fait, ces gens-là jouaient sur un marché et vendaient des choses qui ne représentent rien ». En 2008, il est difficile de fermer les yeux sur les pratiques intolérables qui sont devenues monnaie courante sur les marchés financiers. Aujourd'hui, c'est un véritable choix de société auquel nous devons faire face. Il est inconcevable de voir les financiers s'en mettre plein les poches lors des phases boursières à la hausse, sans assumer leurs erreurs lorsqu'ils doivent faire face aux crises inhérentes au système qu'ils pourrissent de l'intérieur. C'est alors aux Banques Centrales et aux Etats (notamment au travers de nationalisations de banque comme la Northern Rock par Gordon Brown il y a quelques semaines) d'éponger les dettes. Cette situation ne peut plus durer et pourtant, elle ne cesse d'empirer, ce qui a des répercussions sur les salaires et les niveaux de vie. Et pour m'opposer frontalement à Kenneth Lay, ex-PDG d'Enron, j'aimerais affirmer que je ne crois ni en Dieu, ni au marché ! Et que, par conséquent, il est temps que les choses changent !

(malgré les magnifiques images de Keith Haring, cet article n'est pas drôle du tout...)

27 février 2008

Philosophe ?

Jean-Honoré Fragonard


Est-ce que le désir commence là où s'arrête celui des autres ?

26 février 2008

Rétrospective A. R. Penck

 A.R. Penck

Jusqu'au 11 mai 2008, le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris offre une grandiose rétrospective à l'artiste polymorphe allemand A.R. Penck. Peintre, sculpteur mais aussi théoricien et musicien, A. R. Penck (né Ralf Winkler) offre une oeuvre protéiforme dont les plus belles pièces sont réunies dans cette exposition récompensant la carrière exemplaire d'un artiste obsessionnel qui n'a cessé de renouveler son art.

Déjà dans le hall, la peinture Quo Vadis Germania, longue de dix mètres, prend les tripes du visiteur par l'accumulation de signes, voire de signaux. Comme la plupart des toiles de l'artiste originaire de Dresde, il faudrait des heures pour décrypter chacun des symboles et pictogrammes qu'il glisse dans son travail, travail qui fut pendant longtemps celui d'un humaniste lassé par les divisions entre les hommes, par les problèmes de communication dans la société moderne.

De grands formats réunis dans un espace aéré, presque aérien. Lumineux, le circuit présente de manière chronologique les oeuvres marquantes de A.R. Penck - du nom du géologue Albrecht Penck - produites tout au long de sa vie. Les personnages-bâtons de ces premiers travaux font penser aux silhouettes de Keith Harings, la couleur et l'exubérance en moins ou encore aux oeuvres moins connues de Louis Sautter. La série « Standart » (standard et art dans un même mot) est pour lui le moyen de créer un langage commun, un vocabulaire universel qui, tel l'espéranto, devait permettre une meilleure communication entre les hommes. Il cherche à instaurer une forme d'unité grâce à son travail artistique. Le passage, oeuvre enflammée au sens propre comme au figuré, montre son angoisse de la division et sa volonté de réunir, de lier les hommes malgré les contradictions entre les systèmes politiques de l’Est et de l’Ouest. 

Effectivement, dès le début de sa carrière, A. R. Penck semble torturé, blessé par la séparation de l'Allemagne. Avec une violence inouïe, à vous couper le souffle, son oeuvre s'articule autour de ce contraste entre la RDA à l'Est et la RFA à l'Ouest. En 1980, alors qu'il vient de quitter l'Allemagne de l'Est dont il est natif, il lâchera cette phrase devenue célèbre : « L'est m'a recraché, l'Ouest ne m'a pas encore avalé ». C'est à la même époque qu'il peignit le magnifique – et néanmoins virulent - diptyque Est/Ouest, point d'orgue de l'exposition. L'opposition qui existe entre le modèle de société capitaliste source de débauche et le système communiste en pleine déliquescence trouve sa représentation dans cette oeuvre magistrale.

Dans d'autres toiles, plus personnelles, plus autobiographiques, on retrouve l'influence (mais à l'endroit !) de son compatriote et ami Georg Baselitz. D'ailleurs, A.R. Penck fait partie ce groupe que l'on appelle les Nouveaux-Fauves, reconnaissables à leur peinture violente, excitante et insouciante. Ce mouvement, qui fleurit en Allemagne dans les années 1980, marqua le retour à la peinture dont on avait pourtant annoncé depuis longtemps la fin. C'est aussi une période où l'érotisme et le sexe revint sur le devant d'une scène artistique en révolte contre l'art intellectuel et bourgeois des années 70. Ainsi, impossible de ne pas voir les phallus (en érection ou non) des personnages qui ornent les toiles de l'artiste allemand. Au-delà de la simple dimension sexuée de son oeuvre, il renvoie les hommes face à ce qui les réunit tous : le sexe.

Malgré ces autoportraits le présentant comme un homme replet et heureux de vivre, on sent derrière chacune de ses oeuvres la crainte et le génie d'une âme tourmentée, même si ces oeuvres les plus récentes se sont un peu apaisées.

Salaud ?

Gérard Garouste

Cela fait quelques temps que j'ai l'impression de décevoir mes vrai(e)s ami(e)s, de les délaisser sans savoir vraiment pourquoi, un peu malgré moi...

Agony

Le Pérugin

Ce devait être le plus beau jour de ma vie. J'attendais ce mardi 26 février depuis plusieurs semaines, piaffant d'impatience, exultant chaque fois qu'une de leurs chansons se glissait fiévreusement dans mes oreilles. Je rêvais de sang sur les murs. Je rêvais de pieds écrasés et d'orteils écartelés. Je rêvais de corps transpirants, de corps remuants, de corps excités. Je rêvais de sourires étourdis, de rifles acérés, de rythmes ulcérés, de sons exaltants. J'imaginais déjà la violence de l'événement devenu incontournable à mes yeux. Un défi contre la mort. La musique comme seul moyen de défense. Et quelle musique ! Du rock pur et dur. Energique, déjanté et violent. Du punk celtique comme je l'aime. Sûrement à cause de mes origines bretonno-normandes.

En lieu et place du spectacle tant attendu, le vide. L'espace-temps s'est arrêté à la seconde où j'ai appris la terrible nouvelle. Je ne ressens plus rien. Que la rage et le désespoir. C'est aussi douloureux que si des dizaines de flèches pénétraient dans ma chair meurtrie à jamais par ce grand détournement. Je suis le Saint-Sébastien de la nuit parisienne. D'attente fébrile en dénouement tragique, c'est ma raison de vivre qui s'envole. Les larmes qui perlent sur mes joues rougies n'y changeront rien : le concert de The Tossers à La Maroquinerie est annulé.

Et je ne sais même pas pourquoi !

Affirmation gratuite

Andy Warhol

LA VIE DE JUST4KISS EST PLUS BELLE QUE LA VÔTRE.

(et en plus, il est 1000 fois plus beau que Michel Muller)


25 février 2008

Pour l'annihilation des photographes en concert

Robert Combas

Depuis début janvier, à chaque fois que je vais à un concert, l'ambiance est minée par une pléthore de photographes qui se revendiquent comme « professionnels ». Reflex numériques munis de zooms ultra-performants à la main, ils sillonnent la salle à la recherche du cliché qui les fera entrer dans l'histoire de la photographie, ou plus vraisemblablement, du cliché qui paiera la facture EDF à la fin du mois.

Dans les grandes salles, évidemment, il n'y a pas de problèmes. Les photographes sont aux premières loges, squattant l'espace protégé entre la barrière de sécurité stoppant les ardeurs de la foule et la scène sur laquelle les artistes se livrent à d'intenses prestations. Le problème que je soulève aujourd'hui ne touche que les petites salles tels que la Maroquinerie, le Trabendo ou le Nouveau Casino. Jusqu'à présent, il n'y avait qu'un seul photographe, facilement identifiable grâce à ses fines lunettes de soleil, sa dégaine d'un autre âge et sa coupe de cheveux étrange. Il était sympathique, prenait des photos magnifiques et ne gênait jamais personne grâce à sa discrétion et sa souplesse pour ce faufiler un peu partout. Je le retrouvais à chaque concert rock et sa présence m'était sympathique. Mais depuis peu, une armada de photographes patauds pourrissent chacun des concerts auxquels j'ai la chance de me rendre. Ils se glissent entre les gens, tels des serpents mortels, puis s'arrêtent et sortent leurs lourds engins. Et ils restent là, parfois dix, quinze ou vingt minutes à mitrailler sans réfléchir, comme si chaque minute du concert avait un intérêt. Ils ne font attention à personne, ne pensent qu'à leurs photos, ne voyant même pas les couples excédés de voir un intrus venir les séparer au milieu d'une balade, ne s'excusant pas auprès des jeunes venus s'amuser, les rabrouant parfois lorsque ces derniers ont le malheur de danser, de pogoter, de bouger autour d'eux. Ils n'ont pas le profil de l'emploi. Il y a un quadragénaire, un brave gars qui semble sorti de sa campagne pour tenter sa chance à Paris et aussi une grosse, horriblement moche, un hippopotame au milieu de jeans slim; autant dire que la cohabitation n'est pas toujours facile. Ils n'ont aucun intérêt pour le concert en lui-même et pour le rock en général. Ils sont là pour faire des photos en espérant les vendre ensuite. Impolitesse et manque de talent flagrant semble être la marque de fabrique du nouveau photographe de concerts rock de la capitale.

Dans un tout autre style, samedi soir, à la Cité de la Musique, la première partie du concert dirigé par Gabriel Garrido fut fortement perturbée par un bruit insoutenable : le clic répétitif du mode rafale. Le photographe, loin de se contenter de la cinquantaine de photos prises lors des premières minutes, a continué son manège crispant et exaspérant jusque l'entracte, gâchant ainsi le concert d'un certain nombre de spectateurs.

Pour éviter ce genre de désagréments, je n'ai qu'une solution, l'annihilation pur et simple des photographes pendant les concerts (sauf Robert Gil et Le Hiboo à la limite) et leur lapidation devant la grande halle de la Villette. Voilà qui mettra un peu d'animation sur cette place complètement déserte...

24 février 2008

Intello fondant ?

Yves Klein

Et si le bonheur c'était de manger des Daim en regardant Hiroshima mon amour...

"Tu me tues. Tu me fais du bien." [Marguerite Duras s'adressant à un Daim]

Robin des bois ?

Petit, mon film préféré était Les Aventures de Robin des Bois...
Réalisé par Michael Curtiz avec Errol Flynn...
C'est le fondement de mon discours de gauche...
Il ne reste plus qu'à mettre la théorie en pratique...
Prendre aux riches pour donner aux pauvres...
Par chance, j'ai déjà l'arc et le carquois plein de flèches...

Pourquoi je n'ai pas aimé Paris ?

J'ai fermé mon blog ciné mais, parfois, il y a des films qui méritent une petite note sur mon blog. C'est le cas de Paris, le dernier film de Cédric Klapisch. Autour de moi, dès que j'ose dire que j'ai été terriblement déçu par le dernier Klapisch, j'entends un brouhaha confus et insultant ne comprenant pas comment j'ai pu passer à côté d'un tel chef d'oeuvre. J'attendais beaucoup de ce film. La bande-annonce, aussi bien que le battage médiatique qui a précédé sa sortie, ont fait monter l'excitation. Le synopsis semblait séduisant. J'en étais arrivé à compter les jours me séparant de sa sortie officielle. Mercredi, dès la fin des cours, je me ruais au cinéma pour assister à la projection. Et la claque fut sévère, la déception terrible ; je maintiens que le film est superficiel et manque cruellement d'imagination et d'émotion. Klapisch s'est laissé prendre à son propre jeu, on ne peut pas faire une oeuvre avec rien; tout le monde n'est pas Beckett !

Pour moi, le film est indigne d'un Klapisch. C'est un réalisateur que j'aime beaucoup, dont je crois d'ailleurs avoir vu tous les films. Mais ici, on retrouve plutôt la marque d'un mauvais Lelouch que l'humour corrosif d'Un air de famille, la légèreté et la fraîcheur de l'Auberge Espagnole ou encore l'originalité de Peut-être. En plus, le montage manque de subtilité. Rarement vu des transitions aussi lourdes, aussi convenues, aussi rébarbatives. Les ficelles du film sont tellement grosses que cela devient désespérant. Le film cahote péniblement et peine à masquer son absence totale de scénario. Aucune réplique marquante, aucun dialogue passionnant, aucune histoire ne sort du lot. Le film est un enchevêtrement de banalités. Et je peine à croire que quelqu'un prenne du plaisir à payer 10 euros pour voir dans une salle obscure ce qu'il pourrait voir en s'asseyant deux heures à la terrasse d'un café. Tout n'est que clichés sans consistance. A vouloir au maximum déconstruire les clichés du genre, Klapisch parvient à l'effet contraire. Ni militant, ni provocateur, le film est juste commercial, suffisamment universel et consensuel pour se tailler un joli succès populaire.

J'ai également eu du mal à me faire à la philosophie du film, son côté moralisateur très gauche caviar m'a agacé, sa réflexion vaguement métaphysique sur la vie, la mort, l'amour a des relents de déjà-vu. Quelle absurdité que les passages ridicules dans le secteur social, sur l'immigration africaine et, pire que tout, sur les maraîchers de Rungis. Aucune conscience sociale et aucune épaisseur psychologique (faute de temps ou de moyens mis en œuvre ?), le film se perd dans un discours trop grand pour lui. J'aime Paris, j'aime ma ville, je me sens parisien, je suis parisien. J'aime tous les quartiers de Paris, le Quartier Latin aussi bien que les quartiers populaires (même si je reconnais aisément que je hais les VII, VIII et XVIème arrondissements) et je n'ai pas besoin de Klapisch pour m'y plaire et en profiter. Et son film, faussement bobo, situe son intrigue dans un Paris de carte postale. Romain Duris vit à Gambetta, François Cluzet face à la BNF, n'est-ce pas exactement les deux coins de la capitale en vogue ces dernières années ? Mélanie Laurent et Fabrice Luchini passent leurs journées autour de la Sorbonne, n'est-ce pas le lieu emblématique de la vie étudiante rêvée ? C'est sûr que ça fait nettement moins envie de tourner à Nanterre ou à Saint-Denis. Et le rendez-vous romantique à Montmartre vient conclure un ramassis de lieux communs franchement déplaisants, mis bout à bout pour séduire le provincial casanier ou l'étudiante étrangère voulant faire son Erasmus en France. Cédric Klapisch et moi habitons le même Paris mais nous n'en tirons pas les mêmes conclusions.

Heureusement, le film est sauvé par ses acteurs. Rarement Juliette Binoche n'aura été aussi belle, rayonnante, incandescente et autour d'elle, les acteurs peuvent être touchants (Romain Duris ou Albert Dupontel), énervants (Fabrice Luchini ou Gilles Lellouche), séduisants (Mélanie Laurent), drôles (Karin Viard ou Julie Ferrier) et surtout toujours justes ! Le film est certes plaisant mais il est surtout futile, paresseux, brouillon et insignifiant; une erreur j'espère dans la filmographie de Cédric Klapisch.

Dommage !

23 février 2008

Fiesta Criolla

La cité de la musique propose des concerts suivant une certaine thématique. Pour le coup, il s'agissait de Fiesta Criolla rattaché au thème Le Nouveau Monde : Jésuites et Amérindiens. Sous la direction de Gabriel Garrido, l'ensemble Elyma joue donc des partitions boliviennes et péruviennes du XVIIe et XVIIIe siècle. Autant dire que ça ne ressemble à rien que je ne connaissais déjà. Un voyage musical à travers le temps et l'espace, une plongée crédible dans le passé musical de pays qui me sont inconnus. Les morceaux font directement référence au syncrétisme (il est beau ce mot hein ?) religieux de l'Amérique du baroque colonial. Ils sont les dernières traces que l'on peut avoir des fêtes religieuses de l'époque et en particulier la fête de Notre-Dame de Guadalupe. Pour l'occasion, en plus des partitions originales, on a droit à des danses de la compagnie Ana Yepes et surtout des chœurs de la Schola Cantarum Cantate Domino. L'ensemble a un côté très festif et fort sympathique. Les chœurs ajoutent un plus indéniable à la musique étrange sortie d'instruments étranges. Le concert, malgré le côté "élitiste" du lieu, a une saveur populaire, conçu comme une grande fête. Je reconnais quand même avoir décroché sur la fin du concert...

Populaire, la procession ouverte à tous qui précède le concert l'est aussi. Tellement populaire qu'elle fait penser aux péruviens qui jouent tous les jours métro Saint-Michel (ou sur le Marché de Noirmoutier en juillet/aout). Autant dire qu'il n'y avait pas de quoi se relever la nuit...

Et dire qu'au lieu de faire preuve de curiosité intellectuelle et d'ouverture d'esprit, j'aurais pu voir Claire Diterzi au Palais Chaillot... En espérant que Lou et sa coloc en ai profité... ;)

Question 15

César Baldaccini

Pourquoi Christine Albanel ne s'est-elle pas davantage faite insulter, conspuer, vilipender lors de la cérémonie des César ?

Attente romanesque ?

Victor Brauner

J'attends toujours que ma vie commence...

22 février 2008

Julie entre autres

Julie entre autres est un spectacle de danse chorégraphié par Herman Diephuis à partir de chansons extraites de La Mélodie du bonheur, un film de Robert Wise. Le concept est intéressant. Sur scène, trois danseurs et trois danseuses campent le même personnage, incarnent Maria, la jeune gouvernante interprétée par Julie Andrews dans la comédie musicale de Wise. Ils dansent et chantent, le plus souvent en playback, sur les chansons du film. Le résultat est original même s'il me laisse quelque peu dubitatif. Je trouve ce projet vain, comme si sortir ces chansons de leur contexte, les extraire du film leur faisait perdre leur profondeur. Le résultat est guimauve, comme si le chorégraphe Herman Diephuis avait réussi à conserver le style de la comédie musicale sans en préserver l'esprit. En plus, j'ai trouvé que la grande salle du Centre Pompidou restreignait les mouvements des artistes (Jerôme Andrieu, Trisha Bauman, Julien Gallée-Ferré, Claire Haenni, Christophe Ives et Dalila Khatir) et que le spectacle final manquait d'explosif, manquait de peps. Quand à la fameuse "remise en cause du bonheur à tout prix", cela devait sûrement être trop subtil pour moi car je n'en ai pas saisi la portée. En effet, le dossier de presse assène de belles phrases pour apporter une dimension symbolique à la prestations des six danseurs et du célèbre chorégraphe hollandais : "le chorégraphe s'interroge ici sur l'image du nouveau dogme contemporain, le bonheur communicatif, pour mieux en démonter la manipulation. Nul besoin d'assommer avec un message didactique ou une lecture univoque. La mise en espace et le jeu des interprètes suffisent à dire le trouble, l'ironie, le détachement, la critique, l'adhésion ou même l'ennui que suscite le modèle imposé du bonheur à tout prix. Lorsque, placés frontalement face au spectateur, les six « Julie » donnent chacun(e) leur version sonore et gestuelle des principaux hits du film, leur prestation muette, mimée, chantée ou décalée décline les différentes facettes de l'humaine condition. Celle-là même qui, sans être totalement dupe du marketing de l'optimisme, semble pourtant toujours prête à croire à l'impossible et à rêver du « meilleur des mondes »."
Pas mal hein ?

Livre toi...

Giuseppe Arcimboldo

C'est décidé ! Je n'achèterais plus un seul livre à la FNAC ou à Gibert Jeune, ces grosses entreprises du livre qui démantèlent le petit commerce, qui tuent les petits libraires compétents pour les remplacer par des étudiants exploités et des chefs de rayon sous-qualifiés. Cette semaine, complètement par hasard - la FNAC Saint-Lazare était fermée pour inventaire -, je suis tombé sur une petite librairie à deux pas de chez moi, rue des martyrs. Une librairie absolument démente réunissant des livres de toutes les époques, de tous les genres, des livres de poche aux livres d'art, des bandes-dessinées originales aux éditions reliées jaunies par le temps. J'y ai passé plus d'une heure et aurais pu dépenser des milliers d'euros dans le même intervalle. Je fus raisonnable mais j'y retournerais régulièrement pour découvrir tout son stock de livres de poche d'occasion vendus à un prix plus intéressant que chez Gibert. Par ailleurs, savez-vous que les livres d'occasion ne sont repris que 10% du prix d'origine chez Gibert Jeune ? Et que désormais, seuls les adhérents FNAC bénéficient des 5% de ristourne à la FNAC ? Privilégier les petites enseignes indépendantes n'exigent aucun sacrifice financier grâce au prix unique du livre voulu par Jack Lang.
Et n'oubliez pas de me battre à mort si vous me voyez un jour pénétrer dans une des enseignes puantes sus-citées !

21 février 2008

Le Dieu du Carnage

Culturellement parlant, je frise la perfection. Pourtant, j'ai néanmoins un péché-mignon qui fait tâche dans mon cœur de gauchiste, je suis pétri d'admiration pour le théâtre de Yasmina Reza. J'ai lu quasiment toutes ses pièces et j'étais donc enchanté d'aller voir Le Dieu du Carnage, sa dernière création, mise en scène par l'auteur au Théâtre Antoine. Ravi de voir sur scène évoluer ses personnages passionnés prendre vie, de voir les mots si subtilement choisis s'élever dans les airs, d'entendre les rires d'un public conquis par les situations cocasses et les répliques particulièrement bien trouvées. Car Le Dieu du Carnage est une très bonne pièce qui m'a fait rire du début à la fin. Emmenée de manière assez géniale par Isabelle HUPPERT mais aussi André MARCON, Valérie BONNETON et Eric ELMOSNINO, la pièce prend vie et se transforme en satire sociale... Une couple "bobo de gauche" s'oppose à un couple "connard de droite" et il en découle une série de prises de tête assez mémorable ! Même au théâtre, aucune entente n'est possible entre deux visions du monde aussi radicalement différentes ! Mais toute la pertinence de la pièce, c'est que finalement, on déteste tour à tour tous les personnages car ils sont profondément humains avec quelques qualités mais surtout beaucoup de défauts ! Cynique souvent, nihiliste parfois, la pièce n'en reste pas moins un divertissement croquant/craquant ! Dommage que la mise en scène de Yasmina Reza soit un peu plate, la pièce aurait gagnée à être un peu plus énergique ! Mais il faut bien reconnaitre que j'ai passé 1H30 de folie bien que je fus entouré de jeunes pouffiasses blondasses et autres sexagénaires bourgeois haïssable ! Mais ce qui me rassure, c'est que moi je ne finirais pas comme ça, car moi, j'étais Place de la République une heure plus tôt pour soutenir les mal-logés, pour demander au gouvernement de tenir ses promesses en matière de logement...

Suis je...

Georg Baselitz


Cynique ?
Caustique ?
Sarcastique ?
Orgasmique ?

20 février 2008

Cut off your hands & The duke spirit

Nousproductions m'adore (en même temps, qui ne m'aimerait pas ?) et m'a fait à nouveau gagner deux places pour une série de concerts réunis sous l'appellation Soirée Custom ! Au programme, trois petits groupes qui montent : Daddy Longlegs (myspace), The Duke Spirit (myspace) et Cut off your hands (my space). Vu que j'aime me faire désirer (et que j'ai fait un rapide passage éclair au vernissage de la nouvelle expo du Studio Art&You, exposition ma foi très bien malgré le monde et les campari orange dégueulasse !), j'ai pris soin d'arriver avec une heure - voire une heure et demi - de retard ! Evidemment, je n'ai donc pas vu la première partie mais j'ai été assez surpris par le rock efficace et sans concession de Cut off your hands emmené par le charismatique (et légèrement maniéré...) chanteur qui nous a offert une performance assez épatante ! Et j'ai également trouvé fort sympathique le rock original et déjanté de The Duke Spirit, une magnifique blonde sexy (Liela Moss) entourée de quatre musiciens plutôt pas trop mauvais !



Un bon concert malgré une ambiance pas forcément à la hauteur... mais j'ai peut-être une explication pour expliquer le manque de folie des derniers concerts que j'ai pu faire ; réponse bientôt !

Just4kiRss

 Piet Mondrian

Vous vous demandez sûrement comment je fais pour être aussi brillant ? Je n'ai pas de réponse. Je suis fan de moi et ça ne m'étonne pas que vous le soyez aussi. C'est pour ça que je suis fier de vous annoncer que j'ai validé mon premier semestre d'Histoire. Je craignais le pire après les notes catastrophiques qui m'avaient été rendues la semaine dernière mais finalement je fus brillant en histoire médiévale. Cette spécialité conspuée depuis la rentrée me permit de rattraper quelques écarts de conduite dans d'autres matières. Il faut quand même que je précise que j'ai eu mes deux meilleures notes de partiels dans des matières dont je n'avais même pas récupéré le cours magistral et où je n'avais quasiment rien foutu alors que je me suis planté dans les matières où je fus plus ou moins sérieux. C'est à vous dégouter de vous lever le matin. Maintenant j'attends avec appréhension les résultats de ma licence de gestion qui devraient tomber à la mi-mars. Serais-je enfin licencié ? L'université française saura-t-elle enfin reconnaitre à sa juste valeur mon inénarrable talent ?
Piet Mondrian

Pour fêter cette excellente nouvelle, je n'ai rien trouvé de mieux que vous offrir un magnifique flux RSS facile d'accès avec n'importe quel agrégateur de flux. C'est beau non ? Vous n'avez plus qu'à cliquer sur le magnifique symbole rose (piqué à Toli) dans la barre latérale. Vous serez alors abonné à mon blog. Vous pourrez alors suivre au jour le jour mes pérégrinations de parisien hype et trendy, viril et sexy ! Que du bonheur en perspective ! Mais serez-vous capable de supporter tant d'excitations sans ressentir de la frustration ? Sans regretter de ne pas être à ma place ? de ne pas être moi ?

19 février 2008

Sociologie du portique RATP

Deux fois que je me rends en banlieue (en fraude) en moins d'une semaine. Vendredi, je rejoignais des amis de prépa au restaurant à Rosny-sous-bois et, ce soir, j'allais fêter l'anniversaire de Thomas à Saint-Maur. Je n'aime pas la banlieue. Je suis heureux (et peut-être même un peu fier) de vivre dans Paris intra-muros. Pourtant, à chaque fois, je m'indigne devant le portique du RER. Le mépris de la banlieue commence à l'intérieur de Paris. Pourquoi doit-on valider une deuxième fois son pass navigo ou ticket lorsque l'on se dirige vers le quai du RER ? Ce portique sonne comme une barrière supplémentaire entre Paris et sa banlieue. C'est le symbole de l'exclusion, l'allégorie de la marginalisation d'une frange de la population condamnée à vivre de l'autre côté du périph'. Pourtant, à l’origine, banlieue n’est pas un terme d’exclusion et de bannissement, mais d’inclusion. Banlieue vient de "ban" pouvoir de commandement ou juridiction auquel est accolé "lieue" pour définir l’espace sur lequel s’exerce cette autorité juridique. La banlieue est un territoire qui entoure la ville et dépend de sa juridiction. Mais, en France, la situation atteint son paroxysme. Ainsi, au cœur de la région Ile-de-France, sur 4% de l’espace francilien, vivent 47% de la population, sont concentrés 60% des emplois et s’effectuent 90% des déplacements de la région.
Jean Dubuffet

Il est important de noter que Paris est l'une des rares capitales où la ville et sa banlieue forment deux entités bien distinctes. Et l'une des causes de cette discrimination, c'est la complexité du réseau RATP. Le RER pour la banlieue, le métro pour la capitale. Le RER pour les pauvres, le métro pour les riches (à part la ligne 2 dans laquelle les voyageurs sont tristes, pauvres et moches). Une bête lutte des classes trouvant sa source dans les transports en commun ou bien une bête lutte des classes matérialisée par les transports en commun ? La première classe a été supprimée des rames de métro... mais le Réseau Express Régional s'est accaparé la seconde classe (voire la troisième ou la quatrième) sur l'intégralité de son tissu de rails et de caténaires. La RATP peut alors être désigné comme le bourreau, la responsable d'un certain ostracisme nauséabond et les banlieusards peuvent se poser en victimes d'une machination vieille d'un demi-siècle et jamais remise en cause par les pouvoirs politiques.
idem

Le bannissement semble insurmontable. Jamais les rapports entre Paris et sa banlieue n'auront été aussi difficiles. Et ce n'est certainement pas en envoyant 1000 policiers pour arrêter une trentaine de jeunes (anciens) délinquants que les choses vont évoluer positivement, surtout avec la médiatisation obscène qui a été faite de « l'événement ». Qui a peur d'un Grand Paris ? Pourquoi Paris est aujourd'hui coincé et sclérosé dans sa ceinture périphérique comme dans un rempart ?

18 février 2008

Mélomane ?

Giovanni Paolo Pannini

RadioblogClub me manque...

Rothkostory

Il y a quelques semaines, j'ai publié mon article sur mon séjour à Amsterdam. Je n'en suis pas content. Je le trouve plat et insipide. C'est pourquoi, ce soir, j'ai décidé de vous offrir deux petites anecdotes que mes amis connaissent déjà. Je ne me lasse pas de les raconter de vive-voix mais il était temps que je les couche sur le papier, le tout illuminé par des toiles de Mark Rothko.


Le deuxième soir, je traîne de force Anaël dans un coffee-shop. Il résiste un premier temps mais je ne lâche rien. Je suis venu pour fumer et j'ai bien l'intention de le faire le plus rapidement possible. Après avoir tourné une bonne dizaine de minutes à la recherche du coffee-shop idéal, je finis par opter pour un établissement donnant sur une magnifique petite église. Dieu doit savoir que je ne suis pas responsable de ce qui va m'arriver par la suite. Je commande donc un coca et un joint. L'allume à l'aide d'une bougie et commence alors la rédaction de quelques cartes postales. Je sens le poison montait progressivement dans mon cerveau. Je peine à écrire correctement. Les lettres se font et se défont et je ne contrôle plus rien. Cela fait presque six mois que je n'ai pas tiré une seule latte sur un petit cône plein d'herbe et de tabac. L'effet est immédiat. Traître même. Je tire encore une fois et boit une gorgée de coca dans la foulée. Je parle à Anaël. Je dis n'importe quoi. Mon cerveau fonctionne au ralenti. Même des psychotropes pour étalon ne m'aurait pas casser de la sorte. Je souris. Je ris. Au bout de trente minutes, Anaël a déjà écrit une bonne dizaine de cartes alors que je peine à boucler la troisième. Je dis des choses incompréhensibles. D'ailleurs Anaël ne me comprends pas. Il a l'air de se faire royalement chier. Intérieurement, je le plains. Mais ça ne m'empêche pas d'aspirer une nouvelle bouffée. Je la sens descendre jusqu'aux poumons. Puis prendre le contrôle de mon corps. Des tremblements dans les bras. Des frissonnements dans les jambes. Et je continue de parler. Et puis d'un coup, j'ai un flash. Une idée horrible qui ne me lâche plus. Une révélation. Une certitude que je ne parviens pas à faire taire : Anaël est sourd ! Il est sourd depuis toujours. Il n'a jamais voulu me le dire. Il me l'a caché depuis des années. Il essaye de vivre avec cette tare tant bien que mal, s'accommodant de son triste sort. Dans ma tête, je me repasse des images des premiers jours. Des discussions que l'on a pu avoir. Je compte le nombre de fois où il ne m'a pas répondu, ignoré mes questions, négligé mes blagues. Je suis convaincu de ma théorie. Je l'étaye d'exemples plus anciens. Je creuse dans ma mémoire à la recherche de la situation qui absoudrait ma théorie, qui confirmerait ma thèse. Je me vois déjà en train d'expliquer ma terrible découvertes à nos amies communes. J'imagine leurs visages déconfis, leurs expressions de tristesse mêlées à de la colère. Et je teste Anaël. Je l'examine sous toutes les coutures. Je parle doucement pour voir sa réaction. Je ne bouge que mes lèvres, cherchant à lire dans son regard la preuve de son mensonge, la garantie de son infirmité. Je continue de tirer quelques lattes. Comme si à chaque bouffée, à chaque rejet de fumée je m'approchais de son secret. Je veux tirer les choses au clair. Atteindre la vérité universelle. La Vérité. Pourtant mon cerveau balbutie. Un brouillard tenace brouille mes sens. Je le vois remuer la tête au rythme de la musique, assis en face de moi. Pourtant je ne peux m'empêcher de le trouver en décalage. Il est évident qu'il n'est pas en rythme, qu'il simule. Je bouillonne. Mon coeur bat à toute vitesse. Les pulsations s'enflamment. Il est là devant moi et je n'arrive plus à parler, terrassé par ce que je crois savoir. Je finis par éteindre mon joint. Je me sens bête mais, instinctivement, je sais que j'ai raison. Je ne sais pas comment lui dire. Je ne sais pas comment aborder le sujet. Je veux lui montrer que j'ai compris, l'amener à se découvrir, à se confier. J'attends qu'il m'explique. Mais rien ne vient. Je désespère. Je lui propose de rentrer. Je le sens soulagé. Se sent-il démasqué ? A-t'il craint que son secret soit découvert ?


Dernier soir. Je suis fatigué. On a mangé très tôt ; 18h30, comme à l'hôpital. Un wok, une sorte de fast-food thaïlandais. Je n'en avais jamais vu en France (mais j'y mangerais un midi à Strasbourg la semaine suivante...) et c'est donc avec surprise que je me suis laissé séduire par cette nouvelle forme de restauration rapide, sur place ou à emporter. Après ce dîner, on s'est promenés dans la ville. J'ai tiré quelques lattes sur la fin d'un joint, précieusement gardé. Et puis, vers dix heures, nous rentrons nous coucher. Je suis harassé, épuisé, courbaturé. Je lis quelques pages de mon livre et finit par m'endormir. A deux heures du matin, je suis réveillé par un bruit atroce, un ronflement caverneux qui résonne entre les quatre murs de la petite chambre. Je reprends petit à petit mes esprits. Dans les lits superposés en face de moi, deux anglais rigolent bruyamment. Eux non plus n'arrivent pas à trouver le sommeil. Ils jettent des objets, voire même leurs chaussures, sur le "monstre" qui nous empêchent de dormir. Même un buffle asthmatique atteint d'une malformation congénitale ne serait pas aussi incommodant. Les minutes s'écoulent. Puis les heures. Anaël ne dort pas. On bavarde, rigole, tente de faire passer le temps. J'essaye de fermer les yeux, de me boucher les oreilles, de faire le vide dans mon esprit : ne penser à rien pour trouver le sommeil. Progressivement, je monte le volume de mon baladeur. Mais il n'y a rien à faire. Le sommeil ne vient pas et le ronflement continue de faire trembler l'armature du lit, de faire vibrer la pièce dans son intégralité. J'entends le cinquième occupant de la chambre pester à voix haute en allemand. Vers quatre heures, les deux occupants anglais prennent leurs couvertures et leurs affaires et vont se coucher dans le couloir. Ils nous abandonnent à notre triste sort. Aucune issue possible, aucune rémission envisageable : le ronflement est inaltérable. J'hésite à les rejoindre. J'en ai marre. Je suis énervé comme rarement je le suis. Je sens la pression montée à l'intérieur de moi. Je bous. Je sens que je vais exploser. Peu avant 5 heures, je finis par descendre de ma mezzanine. Je shoote dans son oreiller. Rien à faire. Les ronflements ne faiblissent pas. Je continue, de plus en plus violemment. Le "barbare" finit par se réveiller. Son argumentation est infaillible : « It's not my fault » ! Je le coupe avant qu'il ne puisse m'expliquer ses malheurs. « Since two hours, I can't sleep. » Rarement mon niveau d'anglais aura été aussi faible. Même avec le désormais célèbre « Can I take a picture... with you and me ? » prononcé lors de l'interview du groupe Louis XIV je n'ai atteint un niveau aussi pathétique. Avant qu'il ne puisse prononcer un seul mot, je file me recoucher. Je laisse le sommeil me gagner. Mes yeux se ferment, mon coeur se relâche. Un état de quiétude étonnant. Le sommeil se fait délicieux. Il est doux. Je vais pouvoir finir ma nuit. Au réveil, le "sauvage", un gros noir aux dents éclatantes, m'adresse ses excuses et tentent de s'expliquer dans un anglais aussi approximatif que le mien. L'échange tourne court. J'ai le temps de saisir quelques mots; il parle de Lisbonne, d'opération, de cloisons nasales cassées. Il se hasarde même à deux-trois explications en français. Mais je me révèle d'une nature rancunière et j'ai encore du mal à encaisser ma nuit. Il finit par laisser tomber, prend sa valise et quitte la chambre, rongé par la culpabilité, inquiet pour le salut de son âme...



17 février 2008

Glaçon ?

René Magritte

Pieds gelés cherchent pieds bouillants...

... pour folles nuits de friction podologique !

16 février 2008

Black Francis

Hier, Nousproductions m'a offert deux invitations pour aller voir le concert de Black Francis, le chanteur des Pixies, groupe mythique des années 80 ! Ce soir, je me suis donc rendu à l'Elysée Montmartre pour découvrir sur scène l'œuvre solo du leader du célèbre groupe de rock alternatif américain. Et je dois bien reconnaitre que je suis quelque peu mitigé par ses chansons. Il y en a quelques unes qui m'ont beaucoup plu et d'autres qui sont quand même nettement moins bien. L'ensemble reste d'ailleurs de facture plus que classique. Le petit chauve boudiné, entouré de son batteur et de son bassiste, n'a pas fait d'étincelles ce soir. En plus, j'ai été vraiment déçu par le public; des vieux aigris mollassons pas très réactifs. Et j'ai également été déçu par Black Francis lui-même qui n'a même pas fait de rappel et a donc arrêté son concert après 1h15 de show seulement. A 21h30, tout le monde au dodo ! Je trouve ça un peu limite quand même pour un artiste de cette renommée, un artiste qui a quand même pas mal d'albums solo derrière lui et j'ai donc une petite pensée pour tous ceux qui ont payé 30 euros pour assister à ce concert pas forcément inoubliable, à l'image de la première partie, un peu bourrin et pas fameuse.



Cela étant dit, j'adore les invitations et si des théâtres, musées ou des salles de concert me lisent, je serais enchanté de recevoir des dizaines de propositions de sorties gratuites par semaine !^^

Anonyme ?

Jacques Villeglé


Parfois, j'ai peur de l'anonymat de Paris...

... mais il ne tient qu'à moi de ne plus être anonyme !

Cinéphage ?

Julian Schnabel

La seule chose qui manque dans le IXème arrondissement...

... c'est des cinémas avec des séances à 10h du matin !

Narcisse ?

Le Caravage

J'ai beau lutter ardemment...

... je suis obnubilé par les statistiques de mon blog !

15 février 2008

Question 14

(cliquez pour agrandir)

Pourquoi personne ne dit à Christine Albanel qu'elle écrit comme une souillon ?

14 février 2008

Valentine's bonus

Gilbert and George

A l'âge de cinq ans, j'affirmais fièrement que mon zizi était mon meilleur ami.
Agé de vingt-et-un an, je peux arguer que rien n'a changé.


Saint-Valentin

Qu'est-ce que le peuple servil trouve de romantique dans l'immonde meringue qui trône sur la butte de Montmartre ?

Située sur la butte de Montmartre à Paris, juste en haut de ma rue, l'église du Sacré Cœur est un condensé de toute la superstition et l'opposition à la laïcité exercées par la chrétienté. Quelques éléments constitutifs du lieu nous permettent rapidement de nous en apercevoir comme la plaque commémorative - en entrant à gauche - qui témoigne d'une action, d'une protection divine : dans la nuit du 20 au 21 avril 1944 treize bombes éclatèrent dans les parages sans faire de victime. Ainsi, la plaque atteste là d'une "intervention manifeste de la providence". Il n'est pas écrit pourquoi, en cette période agitée de l'histoire, Dieu choisit de procurer ses bienfaits à une église parisienne plutôt qu'aux millions de juifs enfermés (et gazés) dans les camps nazis...

Plus loin, du côté gauche de la nef, une plaque affiche avec fierté la déclaration d'utilité publique, par l'Assemblée Nationale le 24 juillet 1873, de la construction d'une église sur la colline de Montmartre. Ce fut l'acte de naissance de la basilique actuelle construite en réaction à la Commune de Paris de 1871. Sachant que le mouvement avait été réprimé dans le sang par Thiers, il est en fait peu surprenant que l'Etat ait poursuivi son œuvre par la construction à ses frais d'une église dans le XVIIIème arrondissement. En effet, le Sacré Coeur est un endroit symbolique car c'est le lieu du début de l'insurrection de la Commune, quartier populaire anciennement appelé le "carré des Polonais".

D'ailleurs, cet épisode de la Commune n'est à aucun endroit explicitement mentionné dans l'église alors qu'il est l'évènement moteur de sa construction. Seul le texte du vœu national au Sacré Cœur, adopté en 1872, du côté droit de la nef, y réfère de façon insidieuse et profondément immorale.

Enfin, c'est la seule église (avec une autre en Alsace, sur le Mont Sainte-Odile) à pratiquer la "prière perpétuelle", c'est à dire que des adeptes (comme on dit aussi d'une secte) se relaient 24h/24 et 365 jours par an pour y prier en permanence, et ce, depuis l'édification de la basilique, avec seulement une ou deux interruptions pendant les alertes aux bombardements de la seconde guerre mondiale. Ils en sont très fiers et on peut appeler ça de l'intégrisme, ou de la bêtise pure et simple, ou de l'endoctrinement, au choix. Ils aiment également attaquer violemment les cliniques qui pratiquent l'avortement ou faire du lobbying contre la pilule abortive.

Le Sacré-Cœur n'a donc rien de romantique et, rien que pour ça, je conchie tous les couples qui vont se bécoter devant toute la journée sans connaître l'histoire sordide du lieu.

(sur ce, je vais regarder Amélie Poulain...)

13 février 2008

Modernité Plurielle

 Ziad Dalloul

L'Institut du Monde Arabe présente 120 oeuvres extraites de ces propres collections, dues à quelque quatre-vingts artistes originaires d'une quinzaine de pays arabes, dressant ainsi un panorama de la création contemporaine dans le monde arabe. Une exposition surprenante et esthétiquement réussie avec quelques belles découvertes comme Rachid Diab, Mounir Canaan, Ziad Dalloul, Shafiq al-Nawab, Himat Ali, Saleh al-Jumaie.

Par ailleurs, c'est toujours un plaisir non-dissimulé de voir une œuvre de Mahjoub Ben Bella, même si l'immense toile exposée manque cruellement de recul. Riche d'influences, l'art contemporain arabe fait preuve d'une grande diversité de styles d'où le titre pas volé de Modernité Plurielle. Les artistes arabes semblent donc partagés entre plusieurs cultures. Ils constituent un lien unique entre l'Occident et l'Orient, travaillant, par exemple, sur la calligraphie arabe et le signe, tout en laissant paraître des influences plastiques occidentales. On remarque notamment la forte influence du cubisme (pas forcément les œuvres qui les oeuvres les plus marquantes mais de nombreuses influences sont facilement décelables), du surréalisme (Said al-Adawi), du néo-réalisme, de la bande-dessinée (Dia Azzawi). Cela étant dit, la multiplicité des supports, des formes, des couleurs employés place chaque oeuvre dans un univers qui lui est propre, un univers qui n'appartient qu'à l'artiste et dans lequel l'IMA nous autorise à pénétrer le temps de cette exposition originale et décalée.

Malheureusement, ces oeuvres manquent cruellement de contextualisation et leur dimension historique échappe vraisemblablement à de nombreux visiteurs notamment pour des toiles comme celles de Adel El-Siwi ou Fateh Al-Moudares. Cela reste néanmoins un plaisant aperçu de l'ampleur de la création contemporaine dans les pays orientaux, un aperçu qui permet d'apprécier la complexité et la fertilité du travail de création plastique mené au cours du demi-siècle écoulé. Artistes méconnus, voire inconnus en Occident, ils n'ont pourtant rien à envier aux grands noms de l'art contemporain dont le travail s'arrache sur le marché de l'art. Petit coup de cœur pour un tableau de Fouad Bellamine, un zeste d'Anselm Kiefer tourné à la sauce arabe et une toile étrange et matricielle de Malek Salah.

Sans parler des deux œuvres de Shakir Hassan al-Said, sans aucun doute les deux plus belles pièces de la collection présentée par l'Institut du Monde Arabe !

Une exposition qui met la création arabe à l'honneur à voir avant le 9 mars.

The Story of Judit

László Fehér

La Galerie Orel Art présente pendant près de deux mois, du 1er février au 22 mars, des oeuvres du peintre László Fehér - ambassadeur de la culture hongroise en 2007 - dans le cadre d'une exposition baptisée « The Story of Judit » où la dite Judit n'est autre que la fille du peintre, victime de troubles psychologiques. Dans le même intervalle, la galerie expose une dizaine de ses pastels au sous-sol.

Les toiles trouvent leur quintessence dans l'histoire personnelle du peintre qui semble meurtri, blessé dans sa chair par la souffrance de sa fille. Elles sont un témoignage flagrant de la haine et de l'amour qu'il porte simultanément à cette dernière La violence qui s'en dégage a quelque chose de pernicieux, de glauque, d'insoutenable pour le visiteur. Même dans les toiles les plus paisibles, il parvient à suggérer le trouble pathologique, l'angoisse de la solitude, la peur de la mort.

D'événements anodins en représentations tragiques, László Fehér nous entraîne dans une spirale autodestructrice où sa fille est à la fois le bourreau et la victime. Il transforme ainsi le spectateur en voyeur, voyeur d'une adolescente en péril et d'un père dépassé, impuissant, incapable de faire face à la situation dramatique dans laquelle il se trouve. La pitié et la compassion laissent alors place à l'incompréhension. Effectivement, même si chacun lutte contre la maladie avec ses propres moyens, comment un père peut-il peindre le tourment de sa fille de manière aussi brute, voire brutale ?

Privilégiant les grands formats, les fonds noirs et les lourds coups de pinceaux, il cherche à exprimer, à libérer, à exorciser sa propre culpabilité et la détresse de sa fille. La vision de certaines toiles comme Judit with Pills, Judit with her hands keeping forward ou encore Judit with arms hold up en devient presque insupportable. Mêlant comprimés et traces de tentatives de suicide, il parvient, de manière presque ostentatoire, à distiller le mal-être parmi les curieux, comme s'il voulait leur faire ressentir sa propre peine, sa propre affliction face à l'épreuve qu'il doit affronter.

L'artiste hongrois de 54 ans se revendique du photoréalisme. Ses oeuvres sont faites pour choquer, pour marquer les esprits. La puissance du trait est indéniable mais il lui manque sans aucun doute une certaine poésie de l'autodestruction. L'émotion initialement recherchée s'efface au profit d'une consternation désabusée.

Quelques marches plus bas, une deuxième exposition attend les plus aventureux. Changement de technique, changement d'atmosphère. La violence et le malaise laisse place à une certaine mélancolie, une douceur, une paix retrouvée, relayée par les pastels. Des oeuvres qui paraissent presque naïves - enfantines - face à la dureté, à l'insensibilité des toiles exposées juste au-dessus. Pourtant, cela n'arrive pas à gommer l'effet particulièrement perturbant des peintures. Jusqu'où un peintre peut-il aller pour faire parler de lui ? N'est-ce pas une certaine forme d'exhibitionnisme malsain ? Le témoignage d'un renoncement paternel latent ?

12 février 2008

Slogans

Invité par Télérama, je reviens à l'instant du Théâtre de la Commune d'Aubervilliers où j'ai pu voir une pièce intitulée Slogans. Cette pièce est le fruit de la réécriture par Antoine Volodine de l'oeuvre éponyme de Maria Soudaïevna en y mêlant son propre roman, Vociférations. Et c'est bien de vociférations qu'il s'agit... Sur scène, quatre actrices crient, hurlent, vocifèrent contre l'injustice et la souffrance des femmes à un moment clé de l'histoire : le passage de l'URSS à la Russie moderne ! Et le texte s'attache à montrer la vie sans espoir qui attend les russes après la fin de la Russie Soviétique, de la Russie Communiste. Mafia, pauvreté, chômage, exil et surtout prostitution ! C'est une pièce chaotique et apocalyptique dénonçant le chaos et l'apocalypse qui règne sur le territoire russe ! La mise en scène habile de Charles Tordjman permet un découpage de la scène en trois espaces : la cale d'un bateau dans laquelle se meurent Ida Jerricane et Serena Malchavenko, deux prostituées ayant cherché à fuir, l'avant-scène étroite dans laquelle évolue la narratrice Agnès Sourdillon (à la voix envoutante) et un box étrange dans lequel se jouent de petites saynètes ravageuses. Malheureusement, j'ai rapidement décroché (notamment à cause d'une vieille conne qui toussait sans arrêt) et je suis resté un peu hermétique aux slogans débités à une cadence infernale. On est porté par la rage, la fougue, la puissance des actrices mais malheureusement, le texte n'est pas suffisamment accessible pour me toucher réellement. Dommage, car je suis persuadé qu'un texte pointant ainsi du doigt les horreurs du libéralisme sauvage après la chute de l'ex-URSS avait de quoi devenir cultissime pour moi ! Révolté et révoltant, du théâtre contemporain intelligent, peut-être un peu trop pour moi !

11 février 2008

Nuit des temps

Jacques Monory

Si l'homme n'est pas égoïste par nature, le dressage juridique et marchand de l'humanité crée, jour après jour, le contexte culturel idéal qui permettra à l'égoïsme de devenir la forme habituelle du comportement humain.
[Jean-Claude Michéa]


10 février 2008

I am Smecta

Jean Dubuffet

Poulet façon « Smecta »

6 escalopes de poulet
3 gousses d'ail

4 sachets de Smecta

Sel, poivre, huile d'olives


Coupez les escalopes de poulet en petits morceaux. Laissez mariner dans l'huile pendant 30 minutes, en ajoutant une pincée de sel et de poivre, sans oublier le Smecta. Faites revenir le poulet à la poêle en ajoutant l'ail. Servez avec de la semoule.

Antoni Tapies

Délicieux au Smecta

2 tablettes de chocolat patissier
250 grammes de beurre

125 grammes de poudre d'amande
5 sachets de Smecta

6 oeufs

300 grammes de sucre


Faites fondre le beurre et le chocolat. Ajoutez le Smecta, la poudre d'amande et le sucre. Mélangez avec les oeufs entiers. Metttez au four à 180° pendant 20 minutes.

Cy Twombly

Mousse au Smecta


3 oeufs
70 grammes de beurre
2 sachets de Smecta

400 grammes de chocolat noir

2 cuillerées de crème fraiche

Cassez les oeufs et séparer les blancs des jaunes. Puis, cassez le chocolat et le faire fondre en remuant. Incorporez ensuite le beurre. Ajoutez un premier jaune et mélanger intimement. Puis un deuxième. Battez les trois blancs en neige très ferme. Versez la mousse dans une jatte.

Roberto Matta

Vodka Smecta

1 sachet pour 10 cl de Vodka

Diluez le contenu du sachet de Smecta dans votre verre de vodka. Mélangez bien. Et buvez, avec ou sans glaçons.

Sans oublier le rail de Smecta...


Et toi, le Smecta, t'aimes ça ou pas ?

09 février 2008

Question 13

David Hockney

Pourquoi gagner de l'argent ?
Le dépenser est tellement plus amusant...

08 février 2008

La Nuit de l'Alligator

Folk, Blues, Rock ! Trois concerts, trois heures de show, trois ambiances musicales ! Premier jour des Nuits de l'Alligator, à la Maroquinerie et dans de nombreuses villes de province, et premier concert d'anthologie avec les prestations des groupes Coming Soon, Michael J. Sheehy and the Hired Mourners et surtout Okkervil River, l'un de mes groupes préférés de 2007 avec leur album The Stage Names découvert grâce à Télérama ! D'ailleurs, il est important de préciser que les journalistes de mon programme télé préféré ont mis TTT à ce concert et surtout que Michael J. Sheehy fait la couverture du Télérama Sortir de cette semaine. L'avantage, c'est que la moyenne d'âge du public était plus élevée que d'habitude... Presque un public adulte !




La première partie est étrange mais assez fascinante. J'avais fermement l'intention de la snobber et je suis donc arrivé avec 30 ou 40 minutes de retard mais je m'en suis ensuite mordu les doigts tant les dernières chansons m'ont plu ! Groupe français totalement inconnu dont le premier album New Grids est sorti lundi dans les bacs n'en reste pas moins un mélange éclectique et particulièrement intéressant. Le batteur n'a même pas 12 ans et il se transformera même en chanteur le temps d'une chanson. Autour de lui gravitent 6 artistes qui jouent/chantent/dansent/rigolent/parlent/s'éclatent... Et la bonne humeur qui se dégage du groupe est communicative ! Du folk à découvrir rapidement !




Le deuxième groupe à entrer sur scène était, quant à lui, davantage connoté blues ! Le crâne chauve de Michael J. Sheehy est encadré par deux nymphettes langoureuses. Mais cela ne me trouble pas le moins du monde et je me laisse imprégner par la mélancolie, la douceur, la tristesse qui émanent de ses chansons... C'est beau, ça me touche, j'aime bien ! Un peu de blues qui donne le blues à découvrir très vite !




Puis, vers 22 heures, Okkervil River pénètre enfin sur la petite scène de La Maroquinerie. Will Sheff a une tête de premier de la classe complètement stone ! Mais dès qu'il ouvre la bouche, le timbre de sa voix emplit la salle, passe d'oreille en oreille et la puissance de ces textes finit par rendre le public complètement fou ! La plupart des chansons sont extraites du dernier album, ça tombe bien, je ne connais que celui-là ! Je ne m'en lasse pas ! Je l'ai écouté des dizaines de fois et le voir ainsi prendre vie devant moi au travers de ces 6 musiciens me fait tourner la tête ! Je suis aux anges et pendant près d'une heure et demi, je vais osciller du chef au rythme de la musique rock, du vrai rock bien mature que je vous encourage à découvrir au plus vite ! Sans parler de la reprise du chanson de Gainsbourg (Serge, pas Charlotte...) pour le moins originale et d'un rappel pour le moins enthousiaste et électrique !