30 juin 2008

Niagara Falls addict

Journée aux Chutes du Niagara, moitié du côté canadien ravagé par l'industrie du tourisme et moitié du côté américain protégé et bien mise en valeur dans un joli parc naturel. Approche des chutes en bateau avec le Maid of The Mist et à pieds avec le Cave of the Winds.

29 juin 2008

The Great Lakes

Après-midi à Cobourg au bord du Lac Ontario.
Passage à Toronto pour voir la CN Tower.
Feu d'artifice tiré au dessus des chutes du Niagara.

28 juin 2008

Montreal in the rain

Promenade dans le Montreal historique :
le Vieux-Port
la place Jacques-Cartier
l’hôtel de ville
la place d’Armes
la basilique Notre-Dame

Concerts dans le cadre du Festival de Jazz International de Montréal.

Visite du Musée d'Art Contemporain de Montréal et de sa triennale québecquoise.

Billard dans le bar punk Les Foufounes Electriques.

27 juin 2008

On the road...

Trajet de New York à Montréal soit près de 400 miles de route.

26 juin 2008

Bosse Tonne

Promenade sur le campus de Harvard.

Visite du Museum of Fine Arts de Boston et du Frogg Art Museum de Harvard.

25 juin 2008

I'm shipping up to Boston

Découverte du Boston historique et plus précisément de la Freedom Trail, une ligne rouge de quatre kilomètres nous permettant de découvrir les principaux lieux historiques de la ville : Boston Common, Massachussets State House, Park Street Church, Granary Burying Ground, King's Chapel, Old South Meeting House, Old State House, Faneuil Hall, Quincy Market, John Ebenezer Hancock House, North End, Paul Revere House, Saint Stephen's Church, Old North Church, Copp's Hill Cemetary, Bunker Hill, USS Constitution...)

24 juin 2008

Maxi Midtown

Promenade dans le Midtown de New York :
Greenwich Village
Flat Iron
Empire State Building
Fifth Avenue
New York Public Library
Grand Central Terminal
Chrysler Building
United Nations Headquarters
St Patrick's Cathedral
Rockefeller Center
Radio City Music Hall
Grand Army Plaza
Central Park
Time Square

23 juin 2008

I was here...

Premiers pas dans New York et promenade dans Central Park.

22 juin 2008

Go America

Jasper Johns

Demain matin, à l'aube, je m'envole pour les USA. Trois semaines loin de la France, loin de Paris et de son climat morose. New York et les Grands-Lacs m'attendent. Un périple jusque Chicago à la manière d'un Jack Kerouac (On the Road) ou d'un Alexander Supertramp (Into the Wild) avec de part et d'autre, de petites touches de culture dans l'une des mégalopoles mondiales qui m'attirent et me fascinent le plus : New York City. Un séjour moitié urbain et policé, moitié sauvage et déluré. Un séjour moitié planifié, moitié désorganisé. L'aventure avec un petit a. Pendant ces trois semaines, je vais essayer de publier chaque jour une nouvelle photo de moi sur ce blog afin que toi aussi, petit lecteur insignifiant, puisse avoir un peu de soleil dans ton existence apathique. Je serai ton rayon de soleil, ton fantasme, ton modèle. Je t'autorise à vivre par procuration parce que je suis persuadé qu'il vaut mieux vivre ma vie par procuration plutôt que vivre ta vie qui consiste à ne pas vivre du tout. Évidemment, mon assiduité dépendra surtout des connexions wifi que je suis susceptible de trouver, notamment pendant la dizaine de jours que je passerai loin de la civilisation. Et tu sais que le plus drôle dans cette affaire, c'est que je pars avec tes impôts, avec ma bourse sur critères sociaux et, pendant que toi tu feras des heures supplémentaires pour boucler le mois, moi je verrai mon pouvoir d'achat augmenter d'un tiers grâce cette formidable invention économique au service des puissants que l'on appelle €uro. Je suis un putain d'enfoiré d'assisté et te faire pester me fait bander.

21 juin 2008

Enigmatique ?

Auguste Renoir

Une fête de la musique en Province...

... c'est un peu comme un pantalon à pince.

Cornélius ?

Victor Brauner

Si un jour tu es face à un choix cornélien...

... demande toi toujours ce que just4kiss ferait à ta place.

20 juin 2008

Cinéphage ?

Edward Hopper

J'avais presque oublié l'incommensurable plaisir de la première séance du matin, la séance de neuf heures du UGC des Halles. Depuis que je vis dans Paris intra-muros, je n'avais plus éprouvé le besoin de me lever à l'aube pour assister à cette séance mythique pour n'importe quel cinéphage. Il paraît que la plupart des producteurs peuvent pronostiquer le succès ou l'échec d'un film au box-office rien qu'en étudiant les chiffres de la première séance du mercredi matin du UGC des Halles. Deux jours de suite, j'ai retrouvé le plaisir d'antan de la première séance. Les paupières lourdes, les yeux gonflés par le manque de sommeil, la démarche peu assurée, je me suis souvenu, en m'asseyant pesamment dans les profonds fauteuils bleu marine des salles presque vides du UGC des Halles, avec quelle assiduité je fréquentais ce cinéma il y a quelques années.

Lorsque j'étais plus jeune, lors de mes premières années en région parisienne, j'allais très souvent à cette séance. Le réveil sonnait à sept heures du matin. Toujours branché sur France Inter. Je me levais à sept heures et demi, prenais le bus 613 à huit heures précises puis le RER B à huit heures et demi et j'arrivais généralement un peu avant ou un peu après neuf heures, ne sachant pas encore pour quel film j'allais opter. Sans internet, impossible de prévoir à l'avance l'heure exacte de la séance, ni les films disponibles. Mais il me fallait ma dose hebdomadaires d'images en mouvement et, pour rien au monde, je n'aurais raté ce rendez-vous avec ma nouvelle addiction. Je dormais 24 images/seconde, je mangeais 24 images/seconde, je vivais 24 images/seconde, je vibrais 24 images/seconde. C'est aussi pour ça que j'ai vu beaucoup de films ineptes lors de mes deux premières années « UGC illimité » malgré les rires que je devais parfois subir des ouvreurs avec qui j'avais fini par sympathiser. Avant que ces derniers ne soient remplacés par d'horribles machines automatiques, j'avais un contact régulier avec certains d'entre eux - dont un en particulier qui n'a pas hésité à me dragouiller pendant près de dix-huit mois...^^ - qui me conseillaient tel ou tel film, me demandaient mon avis à la sortie lorsque je repassais devant eux pour prendre un nouveau ticket. Effectivement, je faisais en sorte de pouvoir enchainer avec un deuxième film à la séance de onze heures avant de reprendre le RER A pour aller à la fac ou le RER B pour rentrer chez moi. Parfois, lorsque j'avais davantage de temps devant moi, il m'arrivait même d'enchainer avec un troisième film à treize heures. Quand je pense à l'heure de transport que je devais supporter avant d'atteindre l'extase de la séance du matin, je me demande comment j'ai pu vivre si longtemps en banlieue et surtout comment j'ai pu voir autant de films en deux ans.

Quand j'ai emménagé à Paris, dans le XIIIème arrondissement, mon biorythme a évolué, mes conditions de vie aussi. A l'époque, UGC et Mk2 n'étaient pas encore alliés (et n'attaquaient pas en justice les petits cinémas municipaux) et, par conséquent, le cinéma le plus proche de chez moi acceptant ma carte idolâtrée était l'UGC Bercy et sa séance de dix heures du matin. Autant de temps de sommeil gagné. Et puis une autre révolution m'attendait. A Bercy, les ouvreurs avaient déjà été remplacés par des machines. Plus d'attente, plus de contact, plus d'humanité, la séance du matin était devenu un plaisir solitaire, le prolongement d'une nuit passée seul au milieu de mes six oreillers. Cette première séance me permettait de repousser jusque midi le moment de me frotter au monde qui m'entourait. Habitant à une petite quinzaine de minutes du cinéma, je partais généralement à la seconde même où les bandes-annonces et les pages publicitaires commençaient à être projetées dans la salle. Et, j'arrivais à la seconde même où la lumière s'éteignait et que le film commençait, une trentaine de minutes seulement après avoir émergé d'une douce et longue nuit. Cette séance me permettait de me structurer, de me forcer à me lever le matin au lieu de trainer au lit. Avez-vous déjà remarqué qu'il était beaucoup plus facile de se lever pour aller au cinéma plutôt que pour travailler des matières qui vous emmerdent profondément ? Malheureusement, cette année, aucun cinéma ne proposait de séances du matin à proximité de chez moi. Seul le UGC Opéra offrait une séance un peu avant onze heure. Mais sa programmation était tellement lamentable que je n'y ai quasiment pas mis les pieds de l'année, préférant de loin le Cinéma des Cinéastes ou les Mk2 Quai de Seine/Quai de Loire - que je ne parviens toujours pas à différencier. Aucun cinéma susceptible de m'offrir le plaisir intense de la première séance du matin, plaisir comparable à celui de la première gorgée de bière de Philippe Delerm. Aucun cinéma susceptible de me sortir du lit à une heure encore décente.

Cela étant dit, d'une manière générale, je ne peux m'empêcher de penser que le cinéma est certes devenu une drogue au fil du temps mais qu'il m'est également bénéfique car il m'impose des horaires, fixe un cadre à ma semaine. Dès le mardi soir, je me rue sur Allociné pour planifier, organiser le déroulement de mes activités. Les films choisis sont autant d'éléments conçus pour m'empêcher de me laisser aller. Parce que le naturel revient au galop et que je ne veux pas devenir un minable scotché à mon écran d'ordinateur comme toi qui me lit.

18 juin 2008

Ecorché ?

Rembrandt Harmensz Van Rijn
Lovis CorinthChaïm Soutine
Francis Bacon


J'aimerais être une pièce de bœuf sanguinolente...


...juste pour être écartelé et savoir ce que je recèle.


17 juin 2008

La mémoire dans la peau

Il y a eu une coupure, un schisme dans ma vie. Il y a bientôt quatre ans, j'ai quitté Reims, quitté mes parents, quitté ma famille pour vivre seul en banlieue puis à Paris. J'ai souvent l'impression de vivre une deuxième vie, une nouvelle vie. J'ai effacé tout ce qu'il y avait avant, avant mes 18 ans, avant mon bac, avant mon exode pour la capitale. Je ne me souviens quasiment de rien. Les voyages que j'ai pu faire avec mes parents, les films que j'ai pu voir, les livres que j'ai pu lire, tout est oublié, enfoui dans un coin de ma mémoire. Je revis certains moments par procuration, au travers de photos, d'événements relatés en famille, ces petits riens qui font la « mythologie » d'une famille, qui la soudent sans que les gens extérieurs n'y comprennent rien. Finalement, les photos sont la béquille de ma mémoire. Des souvenirs à moi, je n'en ai plus.
Depuis presque quatre ans, je me suis reconstruit une culture cinématographique, littéraire, artistique impressionnante. Une construction presque ex-nihilo. Mes parents m'ont donné les outils et aujourd'hui j'en use abondamment pour parfaire mes connaissances. J'ai revu des films dont j'avais tout oublié, j'ai relu des livres dont je ne me souvenais de rien, j'ai redécouvert des artistes dont le nom ne m'était plus familier. J'ai fait de la place dans ma mémoire pour pouvoir accueillir les réalisateurs, les acteurs, les metteurs en scène, les comédiens, les auteurs, les peintres, les sculpteurs, les créateurs dont les oeuvres ont rythmé mon quotidien ces quatre dernières années. Par conséquent, j'oublie chaque jour un peu plus les gens que j'ai pu côtoyé dans mon enfance. Les noms s'effacent, les visages s'estompent. Sur Copains d'avant, sur Facebook, des bribes de vie ressurgissent mais je n'arrive plus à les assembler. Tout me paraît si loin, tellement loin. Mon cerveau me semble anesthésié, endormi, impuissant.Je me souviens de noms : les filles dont j'étais amoureux, les garçons avec qui je jouais au foot, les profs que j'aimais bien, ceux que je n'aimais pas... Mais je suis sûr que j'en oublie. Tout est flou, fragmentaire, fragmenté. Des phrases anodines reviennent parfois, cinglantes, sans concessions. Des séquences sans importance, des passages de ma vie qui m'ont meurtris aussi parfois. Mais finalement, tout cela forme un amas confus dont je suis incapable de trouver un sens. Je me suis affranchi du poids de mon passé mais cette libération me fait peur. Peur de ce qui vient après, de ce qui vient maintenant. Je ne veux pas oublier, je ne veux plus oublier. Je ne veux pas faire une croix sur mon passé. Même si les souvenirs alourdissent la mémoire, je veux aller de l'avant en n'oubliant rien ni personne.

13 juin 2008

Saint-Antoine

Je me présente, je suis Saint-Antoine-de-Notre-Dame-de-Lorette. Né en l'an de grâce neuf-cent-quatre-vingt-cinq à Reims à la Clinique Saint-André, je me suis canonisé moi-même en l'an de grâce mil-sept, estimant avoir atteint en ce vendredi treize juin, la perfection, l'absoluité, la sublimité. Cette canonisation récompense mon engagement blogosphérique, ma plume acérée et ma culture infinie dont vous vous repaîtrez au quotidien afin de sortir de votre médiocrité, de votre insignifiance. A partir d'aujourd'hui, je suis le Saint Patron des cyniques, des arrogants, des prétentieux, des gens beaux et intelligents, des pauvres cultivés, des personnes ironiques et sectaires, des gauchistes, des utopistes et de tous ceux et de toutes celles qui m'admirent secrètement.

Minables, Anonymes, Faibles, Priez pour moi !

12 juin 2008

Rock'n Roll Rules

Liste des 12 meilleurs CD depuis janvier :

The Kills - Midnight Boom
The Last Shadow Puppets - The Age of Understatement
The Black Angels - Directions to Seek a Ghost
Essie Jain - We made this Ourselves
Vampire Weekend - Vampire Weekend
Sons and Daughters - This Gift
Coming Soon - New Grids
Tindersticks - The Hungry Saw
Louis XIV - Slick Dogs and Ponies
The Black Keys - Attack and Release
The Do - A mouthful
The Gutter Twins - Saturnalia

Enjoy it yourself !

No phone, no call...

Salvador Dali

Est-ce qu'une âme charitable accepterait de recharger mon Samsung D-520 ?

11 juin 2008

Les années Grace Kelly

Et Bertrand Delanöé continue sur sa lancée d'expositions "Paris Match" à l'Hôtel de Ville... Après Dalida, voilà qu'il ouvre les salons de réception à Grace Kelly. Evidemment, loin de moi l'idée de critiquer la sublime Grace Kelly, muse de Hitchcock dans plusieurs de ses films. Mais l'exposition ne fait que survoler la carrière cinématographique de l'actrice pour s'intéresser davantage à son rôle en tant que princesse de Monaco, femme du Prince Rainier, mère de Stéphanie, Albert et Caroline, grande de ce monde à travers de nombreuses robes de gala, bijoux, chapeaux, accessoires de modes, photographies de famille signées entre autres Howell Conant, Cecil Beaton ou Irving Penn, vidéos souvenir, témoignages, lettres, récompenses. Et même sa robe de mariée est exposée aux yeux des visiteurs. Le tout est présenté dans une scénographie brouillonne qui ne manque pourtant pas de petites touches assez amusantes comme le train qui circule devant les vidéos des films de Hitchcock (La main au collet, Fenêtre sur Cour et Le train sifflera trois fois) ou les écrans dans les assiettes. Placée sous le commissariat de Frédéric Mitterrand, cette exposition retrace moments et facettes de la vie de Grace Kelly. Pourtant, à mes yeux, Les années Grace Kelly ne présentent aucun intérêt et je regrette que la Mairie de Paris ne programmen plus d'expositions ambitieuses comme Paris au Cinéma il y a deux ans et se contente d'expositions people sans grand intérêt culturelle ou intellectuelle à l'image de l'autre exposition du moment présentant des photos de joueurs de tennis signées Gérard Ruffin.

09 juin 2008

Masterpiece

Le Tintoret

Un jour, il y a une semaine, j'ai fini un livre génial, un chef d'oeuvre comme on dit. C'est un livre qu'on lit avec plaisir de la première page à la dernière page, du premier mot au dernier mot, de la première lettre à la dernière lettre parce que chaque page, chaque mot, chaque lettre est choisi avec goût. Je relisais chaque ligne pour essayer de trouver un défaut, un défaut rédhibitoire comme on dit. Je n'admire la provocation que quand elle émane d'un esprit supérieur. Je peux me permettre d'être provocateur parce que je suis un esprit supérieur me dis-je régulièrement, parce que je suis irréprochable conçois-je au plus profond de moi. J'aime les textes provocants qui se lisent avec délice. Et c'est pour ça que je n'écris que des textes provocants qui se lisent avec délice. Beaucoup de personne ne voit pas ce qu'il y a de provocateur dans mes propos. Ils ne font pas la part des choses comme on dit. Ils ne cherchent pas à voir ce qu'il y a derrière chacun des mots que j'ai pesé longuement avant de les retranscrire à l'écran. Ils ne savent pas reconnaître ce qui est sincère et ce qui n'est écrit que pour énerver ou agacer ou bien agacer en même temps qu'énerver. J'aime ce qui est bien écrit. Les auteurs qui ont un discours provocant et qui, pour couronner le tout, ont une belle plume, une plume acérée et incisive, sont les plus dignes d'éloges. Oui, ce sont ces auteurs que j'apprécie et auxquels j'aimerais ressembler. Thomas Bernhard, qui a reçu de nombreux prix littéraires de son vivant, a une belle plume, une plume inimitable. Dans son livre le plus connu, Maitres Anciens, chaque accent se savoure, chaque cédille se savoure, chaque apostrophe se savoure ai-je pensé une fois le livre terminé. Un livre de Thomas Bernhard, c'est du plaisir imprimé sur papier, du plaisir avec des accents, avec des cédilles, avec des apostrophes. Il y a deux artistes autrichiens qui ont marqué l'Art de la deuxième moitié du XXème siècle, c'est Michael Haneke et Thomas Bernhard ai-je pensé après avoir refermé mon folio. C'est le deuxième livre de Thomas Bernhard que je lis. Le premier qui s'appelait Des arbres à abattre m'avait été offert par un de mes lecteurs pour mon anniversaire. Ce n'est pas mon préféré m'a-t-il dit alors. Il me l'avait offert en référence à un autre livre qu'il m'avait offert pour mon anniversaire. Tu verras, a-t'il écrit par mail après que j'ai reçu le colis dans ma boîte au lettre et que j'ai remercié mon lecteur lettré de sa générosité, Grégoire Bouillier lui a tout piqué pour écrire L'invité mystère. Ce livre, L'invité mystère, eh bien c'était le livre qu'il m'avait initialement offert pour mon anniversaire avec un livre de Sophie Calle parce que les deux étaient liés, ne serait-ce que parce qu'à la fin de son livre Gregoire Bouillier sous-entend sa liaison avec Sophie Calle qui a abouti à la lettre de rupture à partir de laquelle Sophie Calle a conçu l'exposition Prenez soin de vous pour la biennale de Venise et qui est actuellement présentée au public dans la salle Labrouste de la BNF où mon lecteur le plus cultivé m'avait promis de m'inviter et à laquelle il m'a depuis invité. C'est de cette invitation qu'a débuté ma lecture d'ouvrages de Thomas Bernhard. Sans cette exposition et sans ce lecteur formidable, je ne serais pas en train de me faire une rétrospective Thomas Bernhard aimais-je penser seul dans mon lit ou bien au contraire entouré de dizaines d'inconnus dans le métro qui m'emmenait vers l'université. Ce cadeau, cet Invité Mystère, c'était une sorte d'enchaînement comme on dit, une transition qui devait progressivement m'amener à connaître le plus grand auteur autrichien de ce siècle. Thomas Bernhard est mon auteur préféré a-t'il lancé un soir alors que nous visitions Le Louvre. Celui que je préfère c'est Maîtres Anciens a-t-il ajouté. Ce qui est drôle, ai-je pensé après l'avoir fini, c'est que dans ce livre, les trois hommes dont il est question sont face à L'homme à la barbe blanche de Le Tintoret, dans la Salle Bordone du Musée d'Art Ancien de Vienne, le Kunsthistorich Museum, l'équivalent autrichien du Louvre. Voilà ce qui est spirituel. Il y a trois hommes dans ce livre, un narrateur, un écrivain qui n'arrive pas à écrire qui s'appelle Atzbacher et qui raconte sous forme de retours en arrière les discussions qu'il a pu avoir avec Reger, un vieux critique musical au caractère irascible qui vient s'asseoir tous les deux jours sur une banquette de la salle Bordone au Musée de Vienne pour regarder L'homme à la barbe blanche de Le Tintoret, et Irsigler, le gardien de la Salle Bordone, la Salle Bordone qui accueille L'homme à la barbe blanche de Le Tintoret, un artiste de la Renaissance italienne. Ce qui est amusant, songeais-je, c'est que justement jusqu'à présent, mon lecteur érudit m'avait surtout fait découvrir les peintures italiennes de la Renaissance italienne exposées au Louvre. C'est pourquoi ce livre m'intéressait dès le départ comme on dit, dès qu'il m'en avait parlé. Je l'achèterai d'occasion si je le trouve chez Gibert ou ailleurs ai-je alors enchéri. Promis, ajoutais-je. Quelques semaines ont passé et j'ai acheté le livre d'occasion chez Gibert ou ailleurs. Dans Maîtres Anciens, il ne se passe rien. L'intérêt que l'on peut avoir pour ce livre repose uniquement sur le style et sur la pertinence de ces remarques, sur son analyse de la société, sur sa manière de s'en prendre avec fureur aux hypocrisies sociales et sur sa recherche éperdue et désespérée d'authenticité. Ce livre, Maîtres Anciens, c'est un chef d'oeuvre comme on dit, un chef d'oeuvre avec un style particulier, un style original qui colle à la peau. C'est un récit à la première personne où le narrateur répète les propos acerbes de Reger, les fulminations, les vitupérations vitrioliques, comiques, percutantes, parfois touchantes, toujours intelligentes de Reger, entre lesquels il glisse ses propres pensées délicieusement malsaines ou des petites anecdotes croustillantes. On pourrait croire que le livre est compliqué parce qu'il prend la forme d'un seul et unique paragraphe mais en fait il ne l'est pas. Il est dense mais il n'est pas compliqué ai-je pensé quand j'eus lu la dernière page. Il est riche mais il n'est pas compliqué, voilà ce que j'ai pensé il y a une semaine quand j'ai fini ce livre. Ce qui est compliqué, c'est de l'abandonner une fois que l'on a commencé à le lire. Ce qui est compliqué c'est de renoncer à le finir d'une traite. Voilà ce qui est compliqué avec ce livre, avec ce Maîtres Anciens, avec ce chef d'oeuvre comme on dit. La même idée y est répétée une fois, puis une deuxième, puis une troisième et même parfois une quatrième fois et à chaque fois l'auteur, Thomas Bernhard, utilise des mots différents, utilise une construction différente. Il change l'ordre des mots tant est si bien que chaque nouvelle phrase est une surprise qui explose devant les yeux du lecteur, ébahis. Il exprime la même chose mais d'une manière différente. En changeant l'ordre des mots, il reprend la même idée mais la présente de manière différente. Il s'escrime à présenter de différentes manières, c'est cela qui est appréciable, la même idée. Ce qui distingue Thomas Bernhard, et son oeuvre, et qui lui a donné une audience internationale, c'est sa virulence qui dénonce les faux-semblants et les compromis que l'Homme s'invente pour se protéger de lui-même. Le livre est bâti sous forme de cycles, des cycles qui s'enchaînent ou bien qui se coupent ou bien qui s'entremêlent. J'admire son style, j'admire sa manière de décrire le monde tel qu'il est vraiment, un monde pourri, un monde hypocrite dans lequel on ne peut se fier à personne car personne n'est fiable, personne n'est digne de confiance. Ce monde, oui ce monde dans lequel nous vivons et que j'exècre, pensais-je chaque fois qu'il glissait une attaque dirigée vers le gouvernement autrichien ou vers ses contemporains. Ni Bach ni Beethoven ni les grands philosophes ni les artistes ni les professeurs ni les critiques d'art ni les parents ni l'État ni les femmes de ménage ni, pour finir, les maîtres anciens ne sont épargnés par la virulence des attaques de Thomas Bernhard par le biais de Reger, un vieux critique musical au caractère irascible qui vient s'asseoir, tous les deux jours (l'autre, il va se recueillir sur la tombe de sa femme), sur une banquette de la salle Bordone au Musée de Vienne pour regarder L'homme à la barbe blanche de Le Tintoret. La plupart de ses attaques sont destinées aux autrichiens. Ce sont les autrichiens qui sont vilipendés ou bien raillés ou bien ridiculisés ou bien répudiés ou bien qui sont conspués. Il les déteste et c'est cette haine qui rend ce livre jouissif, jubilatoire presque, voire éjaculatoire, parce que sa haine des autrichiens ressemble à ma haine des français. Il honnit les autrichiens autant que j'abhorre les français. Thomas Bernhard attaque dans ses écrits l'envers douteux de son pays d'origine, l'Autriche, habituellement associé au raffinement de sa culture et à la grâce de ses paysages et de son architecture. Ce faisant, il met en lumière les mensonges commodes qui servent d'assises aux sociétés occidentales. D'ailleurs, Thomas Bernhard écrit autrichiens mais qu'au plus profond de lui, il pense français, anglais, espagnols, italiens, allemands. Il y avait des passages soulignés dans mon livre d'occasion acheté chez Gibert ou ailleurs, des passages biffés ou entourés, des petites annotations. Pas que les autrichiens écrivit à plusieurs reprises le propriétaire précédent dans la marge. Ces petites annotations ajoutaient un plaisir supplémentaire à ma lecture. Le bonheur de découvrir une petite remarque acerbe écrite par le propriétaire précédent décuplait mon plaisir, ou du moins mon amusement, à lire ce livre, ce livre subrepticement intitulé Comédie, ce livre volontairement picaresque et truculent. Un chef d'oeuvre, comme on dit.

08 juin 2008

Crise du logement ?

Wang Qingsong

A Paris, chaque année, les loyers augmentent et le prix de l'immobilier atteint des sommets effarants. Cela pose un réel problème aux étudiants sans-le-sou ou aux classes moyennes inférieures chassés de la capitale. Ce problème d'ordre financier peut-être résolu de manière assez simple en se référant à la loi de l'offre et de la demande. Si la demande diminue, alors, les propriétaires seront obligés de réduire leurs exigences, leurs conditions de location, leurs prix de vente. Tout le monde connaît des gens qui vivent à Paris et qui détestent leur quotidien, un quotidien fastidieux répondant à l'assertion métro-boulot-dodo. Ils se plaignent, ont l'air malheureux, pleurent sur leur sort. Généralement, ces gens ne profitent pas des multiples avantages que propose la vie parisienne. Pas d'exposition, pas de pièce de théâtre, pas de concert, pas de ballet, pas d'opéra, pas de soirée mondaine. Leur présence est donc totalement stérile. Par conséquent, il est totalement inutile, voire improductif, de les obliger à occuper un appartement à Paris à des fins professionnelles. C'est aux entreprises de faire le ménage parmi leurs employés. Il est inacceptable que l'on retienne de force des individus à Paris pour les voir s'agglutiner chaque matin devant les tours de La Défense sans avoir le temps ou l'envie de sortir dans les lieux branchés de la capitale. Ainsi, je propose l'instauration de quotas. Le quota est une solution qui a le vent en poupe depuis quelques mois. Brice Hortefeux a fort heureusement dépoussiéré le concept. Il suffit d'appliquer cette infernale méthode à tous les parisiens mécontents de leur vie quotidienne. J'annonce d'ores et déjà 2 millions de reconduites de l'autre côté du boulevard périphérique à l'issue de la première année d'application. Ainsi, un provincial ne s'habituant pas au stress causé par les transports parisiens, au climat médiocre de la capitale, au manque d'espaces verts, serait bien mieux à végéter dans sa province natale plutôt que de faire grimper les prix du secteur immobilier dans Paris intra-muros. C'est pourquoi, je propose que l'on adopte un quota de sorties culturelles à faire chaque année. Si ce quota n'est pas atteint, l'individu ne peut prolonger son bail annuel. Ainsi, on pourrait fixer une limite de 50 films au cinéma, de 30 expositions, de 20 pièces de théâtre, de 20 concerts à voir chaque année - avec une possibilité d'allégement pour les familles qui ont des enfants en bas âge évidemment. En dessous de ce seuil, l'individu serait immédiatement radié des habitants de Paris et serait obligé de s'exiler en Province pour avoir une vie simple ou en banlieue pour avoir une vie de merde.

Arrogant ?

Hans Hartung


Quand je n'ai rien à faire, je relis les vieux articles de mon blog...


... dix fois, vingt fois, trente fois...

... et je me demande pourquoi continuer à lire ceux des autres.