28 novembre 2008

Le Futurisme à Paris, une avant garde explosive

A Beaubourg, les commissaires ont ouvert leur espace d'exposition au futurisme à l'occasion du centenaire de la publication du Manifeste du Futurisme. J'avoue humblement ne connaître que très superficiellement ce mouvement artistique et surtout n'en connaître que les aboutissants politiques et notamment le ralliement au fascisme de ses artistes les plus en vue.

Malheureusement, il ne faut pas compter sur cette exposition , baptisée Le Futurisme à Paris, une avant-garde explosive, pour en apprendre davantage sur le futurisme. Dans les premières salles, on retrouve des oeuvres cubistes – magnifiques au demeurant - de Picasso, Braque, Gris, Metzinger censées montrer en quoi le cubisme a fortement influencé le futurisme. Celui-ci ne s'en cache vu que son manifeste place le mouvement ouvertement en guerre contre le cubisme. Puis nous débouchons sur une installation de Jeff Mills, ridicule insertion vidéo d'un artiste contemporain américain, sans rapport aucun avec le sujet de l'exposition. J'ai du mal à comprendre la pertinence de cette oeuvre, intégrée entre le Manifeste du futurisme et la salle exposant les toiles futuristes.

Parce que le futurisme n'occupe qu'une salle dans cette exposition, salle centrale regroupant l'exposition des peintres futuristes italiens à la galerie Bernheim Jeune&Cie, des oeuvres de Boccioni, Carra, Russolo et Severini. Le reste de l'espace est occupé par des variations autour du futurisme, l'influence qu'est susceptible d'avoir eu le mouvement sur des mouvements aussi épars que la Section d'Or, le cubo-futurisme russe, le vorticisme anglais, l'orphisme et le synchronisme et des artistes aussi différents que Marcel Duchamp, Malévitch, Delaunay, Percy Wyndham Lewis, Kupka, Léger... Sans oublier les soit-disant hybridations qui révèlent l'influence du futurisme sur les cubistes Delaunay, Gleizes, Gris ou Metzinger. Autant l'influence du cubisme sur le futurisme est irréfutable, autant l'inverse est pour le moins douteux.

Les commissaires ont voulu faire neuf expositions en une. Mais malheureusement, c'est un raté intolérable, tiré par les cheveux artistiquement et décevant scénographiquement avec cette pressante sensation de vide - vide d'oeuvre, vide de sens - une fois franchi le seuil de l'exposition.


A noter également à Beaubourg en ce moment, l'exposition Villeglé ainsi qu'une création assez amusante de Damian Ortega (Champ de vision) qui vaut le coup d'oeil - et ceux qui l'ont vu apprécieront doublement le clin d'oeil - et une présentation de créations du designer Ron Arad baptisée No Discipline. Même si je ne suis que moyennement sensible à ce genre d'expositions, il faut bien reconnaitre que la scénographie est exemplaire et que certains fauteuils sont vraiment délirant...

Flickr Flingueur

Gomorra
Photo perso vue plus de 800 fois.

"Vos photos et vidéos ont été vues 8000 fois."

Merci à toutes et à toutes.


Et à très vite sur mon Flickr.

27 novembre 2008

Seuls

Le nouveau spectacle de Wadji Mouawad s'appelle Seuls. Et pour cause, il apparaît seul sur la scène du Théâtre 71 de Malakoff pour deux heures de représentation. Il est donc l'auteur, l'acteur et le metteur en scène de cette pièce qui visiblement lui tient à coeur, vraisemblablement pour la forte connotation autobiographique qu'elle peut prendre.Il souhaite rompre avec ses oeuvres antérieures en s'exposant davantage, en n'hésitant pas à prendre des risques. Malheureusement, on est loin de retrouver le génie de ces pièces précédentes (Incendies, Forêt) dans son texte. Là où les premières nous surprenaient par leurs familles se désagrégeant progressivement dans le folie et le vice, celle-ci déçoit par sa sagesse et son rythme assez mou. La première demi-heure, même si elle est indispensable pour poser le personnage, se révèle d'un ennui mortel, le téléphone n'étant pas la meilleure trouvaille de mise en scène pour faire vivre un monologue. Puis petit à petit, on se laisse happer par l'enchainement des mots, par ce quotidien d'un thésard banal pour vivre, partager avec lui un peu de sa douleur de fils, un peu de son mal-être de déraciné. Parfois cocasse, souvent grave, le texte trouble par sa retenue jusqu'à ce déchainement final dans un nuage de déjections de peintures qui s'éternise un peu trop.Pourtant, hormis ce léger ratage final, la mise en scène est parfaite. Sensible, étonnante et pas tape-à-l'oeil comme bien souvent dans le théâtre contemporain. Wadji Mouawad confirme son talent d'auteur et de metteur en scène et convainc en tant qu'acteur. Sans être aussi magistrale que ces pièces précédentes, Seuls est une pièce indispensable pour approfondir l'univers d'un des artistes contemporains les plus prometteurs.

21 novembre 2008

Le choix d'une place de cinéma pour les nuls

Edward Hopper

Tu viens de prendre une place pour le film de tes rêves. Ce film, tu l'attends depuis plus de six mois, guettant la moindre bande-annonce, la moindre information qui pourrait filtrer. C'est pourquoi tu es arrivé deux heures avant le début de la séance. Visiblement, tu n'es pas encore rodé aux pratiques rentabilistes des multiplexes. Généralement, l'heure de la séance correspond peu ou prou à l'heure de la fin de la séance précédente. Tu attends donc bêtement devant la porte portant fièrement le numéro 6 et surmontée de l'affiche du film de tes rêves. Si ce film est une comédie française ou un blockbuster américain, tu n'oublieras pas de passer à la confiserie pour acheter un immense pot de pop-corn ou un énorme sachet de bonbons plein de saloperies chimiques et de colorants alimentaires. Tu n'oublieras pas de jeter un regard passionné sur le magazine édité par ton cinéma, magazine tellement futile et inintéressant que, par comparaison, on a l'impression que les pages Culture de Métro et 20 minutes semblent avoir été écrites par des intellectuels de haut rang.

Après avoir attendu, attendu, attendu et avoir vu la file d'attente accroitre de minute en minute derrière toi, tu pénètres enfin dans la salle. Et là, c'est le drame. Où se mettre ? Quelle sera la bonne place pour apprécier à sa juste valeur le film tant attendu, désiré, fantasmé ? Les jeunes couples d'amoureux préféreront se mettre sur les rangs latéraux pour s'enlacer, s'embrasser, se peloter sans déranger et être dérangés. Les cinéphiles et les autistes opteront pour le premier rang JM se placera dans la catégorie qu'il souhaite !^^ - afin qu'aucun obstacle ne viennent s'imposer entre l'écran, source de plaisir infini, et leur rétine, magnétoscope humain à haute capacité. Les claustrophobes agoraphobes choisiront les places situées en bout de rangés afin de ne pas être trop oppressés par les autres spectateurs. Ces places peuvent également s'avérer stratégique spour les individus ayant de grandes jambes (afin de pouvoir négligemment les laisser respirer dans la travée) et les personnes âgées opérées de la prostate (afin de pouvoir se lever quatre fois en moins de deux heures pour aller soulager leur vessie). Les vieux loups solitaires chercheront un siège isolé pour ne surtout pas avoir à côtoyer la populasse qu'ils fuient depuis si longtemps. Les mathématiciens maniaco-dépressifs n'hésiteront pas à déterminer la position idéale après de nombreux calculs intégrants des paramètres aussi divers que la taille de l'écran, le nombre de fauteuils total, le nombre de rangées, le nombre de fauteuils par rangée, la dénivellation de la salle, l'écart moyen entre les rangées, l'affluence moyenne du film depuis sa sortie, l'heure de la séance, la durée du film. Les myopes préféreront les premiers rangs alors que les astigmates se mettront spontanément au fond de la salle. Il est en revanche beaucoup plus difficile de dessiner un plan général pour les presbytes car, en pratique, tout dépend de la longueur de leurs bras.

Vu que tu es une personne banale, dans la moyenne, tu prends place au milieu de la salle, à égale distance entre le mur gauche, le mur droit, le mur du fond et l'immense écran blanc lequel reflète une lumière blafarde illuminant toute la salle. Quelques secondes à peine après que tu te sois assis, la lumière s'éteint, plongeant alors l'assemblée dans une obscurité de courte durée. Pendant quinze, vingt, voire vingt-cinq minutes, tu seras transpercé de part en part par le fiel manipulateur de la publicité, le tout délicieusement entrecoupé de bandes-annonces généralement adaptées à ta séance suivant le vieil adage : « à film nul, public nul donc BA nulles ». Et généralement, c'est à la seconde même où le film commence réellement que je pénètre dans la salle et vient m'asseoir juste devant toi. Je t'ai bien niqué hein ?

19 novembre 2008

Avion

Alighiero e Boetti

Naples-Paris
1 heure 55 minutes d'avion

18 novembre 2008

Mi piace il Vesuvio

Albert Marquet

J'aime le Vésuve. Ce pétrifiant volcan encore en activité culminant à 1281 mètres exerce sur moi une véritable fascination. Omniprésent, son ombre domine la région, tenant en joug la vie et les maisons de près de quatre millions d'habitants. L'austérité des aspérités du volcan tranche avec la vie animée et bruyante de la ville. Pourtant, loin d'en être détaché, il en est indéniablement une partie essentielle, manifeste tant sa silhouette est inévitable. Bloc provocateur et mystérieux aussi effrayant que séduisant, il est le maitre des lieux, un seigneur généreux menaçant à chaque instant de tout reprendre. A Paris, chaque fois que mon regard croise la Tour Eiffel, mon visage affiche un large sourire émoustillé par la puissante symbolique du bâtiment. A Naples, je suis parcouru d'un frisson indescriptible – entre peur et plaisir - chaque fois que l'imposante masse se laisse entrevoir au bout d'une rue, entre deux maisons, depuis une terrasse, un balcon, un promontoire. Sorte d'immense mamelon affaissé venant contrecarrer la verge dessinée par Gustave Eiffel, le Vésuve est partout, tout le temps, dantesque tour de contrôle d'une ville fascinante et foisonnante. Du lever du soleil à une heure avancée de la nuit, le napolitain vit au rythme des klaxons, des crissements de pneus et des accélérations intempestives. Le climat est étouffant, le sentiment d'insécurité – réelle ou supposée – omniprésent mais la ville ne manque pas de charme, ne serait-ce que parce que l'on a l'impression d'être projeté dans un futur prolétarien assez jouissif. Sous l'égide du Vésuve, magnétique organe de contrôle, la ville dans son ensemble semble avoir fait l'objet d'une révolution libertarienne. Anarchique et populaire. Pauvre et chaotique. A Naples, la lutte des classes est réduite à sa plus simple expression. Les ruelles étroites dans lesquelles sèche le linge ou la vigueur des enfants livrés à eux-mêmes sur les places donnent aux différents quartiers de la ville une petite touche populaire de bon ton. Sans oublier les graffitis sur les murs, moyens de prédilection d'une propagande révolutionnaire servant à entretenir le mythe des grandes figures des courants alternatifs et à lancer les mots d'ordre des reconquêtes futures. Et rien ne semble défaire cette uniformité de façade, cette homogénéité bienvenue. Ainsi, la plupart des napolitains roulent en Fiat Cinquecento ou en Vespa bon marché. Malheureusement, quelques individus nauséabonds viennent gâcher la vie simple de la population napolitaine. La mafia, putréfaction locale, incarne le côté obscur de cette utopie concrète. Le capitalisme peut compter La Camorra parmi ses thuriféraires les plus acharnés. Mais qu'attend-donc l'intimidant Vésuve pour faire rugir le ventre de la terre et réduire à néant ces hommes qui gangrènent la magnifique cité historique ?

15 novembre 2008

Gâteau

Wayne Thiebaud

Et toi, tu as déjà eu ta photo sur un gâteau d'anniversaire ?

14 novembre 2008

Train

Paul Delvaux

Paris-Naples
18 heures et 30 minutes de train
(retard compris)

12 novembre 2008

Télérama

Geneviève Asse

Suis-je le seul abonné à Télérama à ne jamais regarder la télé ?

11 novembre 2008

Géronimo

En ce moment, sur les planches du Petit Théâtre de Paris, se joue la pièce Geronimo écrite par David Decca. Le texte est amusant mais souvent un peu facile. Le sujet (le divorce) a déjà été traité de tellement de manière que le texte peine à surprendre réellement. L'ensemble a un petit goût de déjà-vu malgré quelques scènes vraiment cocasses et inédites. D'ailleurs, les vraies bonnes répliques qui font mouche se comptent sur les doigts d'une main. Le charme de la pièce vient d'ailleurs. Il vient du jeu des deux comédiens que j'apprécie particulièrement : Serge Hazavanicius (le frère de Michel Hazavanicius, le réalisateur d'OSS117) et Lionel Abelanski qui donnent une vraie consistance au texte avec une justesse et un naturel remarquable. La mise en scène de Caroline Dufau n'a rien de transcendante mais elle permet de passer un moment agréable dans cette petite salle située à proximité de chez moi.

Rien de bien extraordinaire donc mais le plaisir simple de voir une comédie simple et touchante.

09 novembre 2008

La Stratégie du Choc

Jackson Pollock

Je ne sais pas si vous avez remarquez mais à chaque fois que vous tentez de faire comprendre à un connard de droite que le libéralisme est un système mauvais et générateur d'inégalités, ce dernier finit toujours par abréger la conversation par un minable rappel des crimes orchestrés par Staline et Mao au nom de l'idéologie communiste. Argument médiocre ne prouvant que la faible teneur des convictions politiques de votre interlocuteur et son incapacité chronique à défendre un système naturellement condamnable. Si vous aussi êtes agacés par cet argument ressassé à l'infini, je vous conseille la lecture du dernier livre de la journaliste altermondialiste Naomi Klein : La stratégie du Choc.

Dans celui-ci, Naomi Klein dresse la liste de tous les crimes menés au nom du capitalisme, de toutes les tortures exercés pour détruire l'opposition, pour imposer un système économique dévastateur, des juntes militaires de droite en Amérique du Sud aux infamies menées en Indonésie. Elle dresse la liste de toutes les malversations financières, de toutes les privatisations résultant de la même volonté d'imposer un système profondément inégalitaire, de détruire la fonction publique, d'enrichir quelques privilégiés du secteur privé, un exemple notamment étayé par une enquête de terrain en Irak dans les premiers mois de la reconstruction où celle-ci s'avère une véritable opportunité pour quelques entreprises américaines triées sur le volet dédaignant le peuple irakien et l'écartant du processus de reconstruction proprement dit . Elle dresse la liste des catastrophes (suite au tsunami au Sri Lanka ou de la tornade en Nouvelle-Orléans) transformées en aubaine pour les investisseurs, au mépris des populations locales dont la paupérisation atteint alors son paroxysme.

Pour Naomi Klein, il existe un lien entre tous ces événements diaboliques. C'est ce qu'elle appelle l'élaboration d'un capitalisme du désastre inspiré de bout en bout par les thèses néo-libérales du célèbre économiste Milton Friedman (dont nous avons fêté dignement la mort il y a deux ans...) pointé du doigt personnellement à plusieurs reprises notamment pour son implication dans les nombreux coups d'états en Amérique du Sud ou ces interventions publiques exaspérantes à chaque événement susceptible de faire franchir au libéralisme une nouvelle étape. Il incarne le mal suprême, l'infamie absolue, celui qui a fait basculer le monde dans une nouvelle ère où le profit règne en maitre, domine les rapports sociaux au mépris des règles les plus élémentaires. On pourra reprocher à cette charge accusatrice d'être un peu facile vu que le principal intéressé est mort mais il faut bien reconnaître qu'elle est particulièrement bien étayée à travers un développement historique, économique et politique couvrant la surface du globe.

Malgré ses airs conspirationnistes, ce livre est en fait un livre humaniste dont la conclusion assez naïve laisse espérer un socialisme du XXIème siècle dont l'épicentre serait l'Amérique du Sud. La Stratégie du Choc est un livre qui ne vient que confirmer qu'il faudra envoyer en rééducation tous les libéraux pourris jusque la moelle par leur idéologie délétère qu'ils ânonnent comme un sacerdoce, comme une vérité unique génératrice de liberté et de démocratie alors que les faits prouvent le contraire.

08 novembre 2008

Mefisto for ever

Sur le programme de la Comédie de Reims, j'avais remarqué au début de l'année quelques spectacles intéressants et notamment ce Mefisto for Ever mis en scène par Guy Cassiers. Une pièce aussi passionnante et intéressante que déstabilisante et ennuyante. Reprenant l'idée de départ du Mefisto de Klaus Mann (un comédien/directeur de théâtre ayant collaboré avec le régime nazi), Tom Lanoye livre une réflexion pertinente sur la relation entre l'art et la politique. A quelle hauteur un artiste peut-il modifier le cours d'événements éminemment politiques ? Jusqu'à où peut-il trahir ses idéaux ? Qu'en est-il de son intégrité ? Autant de questions que l'auteur laisse en suspend, laissant le spectateur seul maitre de ses réponses. Ce texte, très sérieux, peut-être même un peu trop sérieux, où les seuls moments où la tension se relâche sont les passages extraits d'oeuvres d'autres auteurs, est mis en scène de manière très théâtrale par Guy Cassiers à grand renfort d'armes technologiques (caméras) pouvant ainsi jouer de manière originale sur le champ et le hors champ et sur l'horizontalité de la scène. Les acteurs sont tous excellents même si j'ai eu un peu de mal avec le néerlandais qui est une langue un peu hachée et pas forcément très agréable à entendre, un sentiment renforcé par l'usage permanent de micros, pratique que je déteste particulièrement au théâtre, surtout que la taille de la salle de la Comédie ne le justifie pas forcément. Une pièce vraiment passionnante qui aurait gagné en efficacité avec un rythme un peu plus soutenu et en pertinence en évitant certains clichés propre à la mise en scène du nazisme. Reste la mise en scène ambitieuse et originale de Guy Cassiers qui surprend et marque les esprits.

Short Message Service

Enzo Cucchi

A cause de mon forfait SMS illimités...

... je ne lis plus dans le métro.

07 novembre 2008

Europeana

Malgré la déception de la veille, je retente ma chance à La Pépinière-Opéra pour Europeana, Une brève histoire du XXème siècle adaptée du bouquin du même nom de Patrik Ourednik. Les deux acteurs prometteurs (Sharif Andoura et Jonathan Manzambi) ont beau se démener pendant une heure pour tenter de faire vivre le texte, je suis bien forcé d'avouer que j'ai eu l'impression d'être trompé sur la marchandise. On peut lire sur le programme « un livre extraordinaire d'invention et de verve », « une promenade anti-conformiste au coeur du siècle dernier », « un livre pour décrire l'absolu ridicule de la bêtise humain ». Autant dire que le programme est alléchant pour le jeune licencié d'Histoire que je suis. Mais le résultat est loin d'être à la hauteur de mes attentes. Il n'y a dans cette pièce rien d'anti-conformiste, juste une énumération de faits connus de tous, des dates ou des chiffres qui ne parviennent pas à surprendre ou à intéresser car déjà ressassés des dizaines de fois. Et à mon avis, il n'y a rien de plus consensuel que de finir en se remémorant encore une fois – parce que c'est LE fait récurrent du spectacle – de la tragédie de la Shoah. A moins d'être complètement inculte, cette pièce ne vous apprendra rien et ne vous décrochera que quelques rires forcés, autant devant l'absurdité de la mise en scène Laure Duthilleul que de quelques données délirantes glissées à l'occasion.

Question 26

Keith Haring

Comment les militants socialistes ont-ils pu choisir la motion de Ségolène Royal ?

06 novembre 2008

Scheiße

La troisième pièce de la semaine n'est autre que Shitz de Hanokh Levin mise en scène par Cécile Backès à La Pépinière-Opéra. Autant le dire d'entrée de jeu, cette pièce est lamentable, repoussante presque. Une pièce de boulevard un peu ringarde, surjouée par des acteurs horripilants au milieu d'un décor d'un kitsch affreux. Mise en scène médiocre, sans originalité qui ne parvient à aucun moment à faire oublier l'incroyable brutalité du texte et son nihilisme déstabilisant. On est loin de l'humour juif de Woody Allen. Ici, l'être humain est montré sous son plus mauvais jour. Tellement abject que je suis resté complètement hermétique à la pièce. Et la charge politique contre le régime israélien est tellement évidente et surfaite qu'elle ne parvient pas à faire oublier la grossièreté et le ridicule (la plupart des chansons sont d'un niveau affligeant) de la pièce. Haine familiale, intérêts égoïstes, désirs superficiels, le tout servi par des répliques grasses, gerbantes même par moment. Le programme parle de mélancolie et même de grâce, voire de classe. Autant dire que cela m'a complètement échappé, pour ne pas dire que cette pièce était d'une nullité indigente, tellement pitoyable que j'en ai presque honte d'y avoir entrainé Eloise même si, pour ma défense, j'ose à peine dire que Fabienne Pascaud de Télérama a adoré.

Une énorme déception pour la Pépinière-Opéra où j'avais vu Deux petites dames vers le Nord l'an dernier, une pièce drôle et surprenante, l'inverse de ce Shitz misérable.

05 novembre 2008

Beaubourg

Je hais tous ceux qui n'aiment pas Beaubourg.

(Plein de photos de Paris sur Flickr)

Claus Peyman / Sik-Sik

Invitation surprise au Théâtre de l'Athénée pour deux courtes saynètes mise en scène par Carlo Cecchi à partir de textes de Thomas Bernhard et Eduardo de Filippo.Depuis que JM m'a fait découvrir les ouvrages de Thomas Bernhard, je les ai dévoré avec passion. Mais j'étais assez dubitatif sur son oeuvre théâtrale (même si j'ai d'ores et déjà prévu d'aller voir Minetti au Théâtre de la Colline en janvier), doutant que son style puisse faire mouche sur scène et que son humour cynique et ravageur puisse faire rire plus de trois personnes dans le public. Je dois bien admettre que je me suis trompé tant Claus Peyman compra un paio di pantaloni e viene a mangiare con me connut un vif succès dans la salle mercredi soir pour la première. J'avais le sourire aux lèvres en permanence et je dois bien reconnaître que le ton acerbe de Bernhard n'est en rien altéré par le jeu des acteurs. Même si j'ai eu un peu de mal avec l'italien – et indirectement par la traduction – cette représentation fut pour moi un grand moment de théâtre, une nouvelle plongée dans l'univers de Bernhard où l'on peut apprécier sa haine du théâtre, sa haine des Autrichiens (tous accusés d'être nazis) et son dégoût pour plein de petits détails du quotidien tous plus croustillants les uns que les autres. Sans oublier le ton absurde de certains passages comme celui où Peymann expose de manière presque surréaliste qu'il souhaite monter tout Shakespeare en moins de cinq heures.

Après l'entracte, la salle change d'atmosphère pour Sik Sik, l'arteficio magico comédie légère mettant en scène un magicien napolitain connaissant quelques déboires. Les rouages de la pièce sont simples mais efficaces. Et le jeu de Carlo Cecchi, Roberto de Francesco, Angelica Ippolito et Diego Sepe permet de passer un agréable moment même si la pièce souffre indéniablement de la comparaison avec l'univers de Thomas Bernhard. Une deuxième partie divertissante mais en rien indispensable.

Ecologie

Boris Izrailovich Anisfeld

Je fais une overdose d'écologie et de développement durable.

04 novembre 2008

Equus

Equus de Peter Shaffer est une pièce étrange. Partant d'une idée géniale exploitée de manière maladroite, elle en devient presque ridicule sans que je ne parvienne à la condamner tout à fait. A force de tenter d'intellectualiser une pièce qui aurait dû avant tout jouer sur les émotions, l'auteur parvient à noyer son idée de départ dans un flot incessant de pseudo-questions métaphysiques qui ne sont susceptibles de séduire que ceux qui considèrent la triplette Musso-Levy-Gavalda comme les plus grands chroniqueurs du nouveau millénaire. L'ensemble du développement psychologique est prévisible, même pour ceux qui n'ont qu'une connaissance très limitée de la psychologie freudienne. Et seule la fascination qu'est susceptible d'exercer la relation de l'Homme au cheval peut séduire le spectateur.

Mais le plus dommage finalement, c'est que les trouvailles scéniques de Didier Long – rares au demeurant - sont constamment éclipsées par des répliques communes, peu originales. Le texte est donc d'une pâleur extrême – il n'énerve pas, il indiffère, ce qui est pire – et l'interprétation pourtant juste de Bruno Wolkowitch et Julien Alluguette ne parvient pas à convaincre totalement. A croire que le succès de la pièce outre-manche ne soit dû qu'à la nudité de l'acteur sur scène, surtout quand cet acteur n'est autre que Daniel Radcliffe plus connu sous le nom d'Harry Potter.

Autant dire que je ressors assez déçu de ma première représentation au célèbre Théâtre de Marigny surtout que je n'ai pu bénéficier du tarif jeune à 10€ et que j'ai eu du mal à comprendre les applaudissements dithyrambiques à la fin de la pièce.
Comme une impression d'être passé à côté de quelque chose.

03 novembre 2008

Scrabble Pro

Ellsworth Kelly

Un mois
100 parties
86 victoires


PM : 5309

score moyen : 384
écart moyen : + 100
meilleur coup : 116
amis inscrits : 3

rang : 3512/24008

01 novembre 2008

Thanatisme

Benjamin Vautier

La vie est trop courte...

... finissons en maintenant.