30 mars 2008

Le Commencement du Bonheur

Parfois, les invitations Télérama me poussent à franchir le périph' pour aller au théâtre. En l'occurrence, je suis allé voir Le Commencement du Bonheur mis en scène par Jacques Nichet à la MC93. Le texte de la pièce s'inspire de petites pièces philosophiques écrites en 1824 par Giacomo Leopardi. Malgré l'humour et la fantaisie de ces "operette morali", je n'ai pas réussi à me laisser aspirer par le texte. C'est une critique subversive et incisive de l'humanité dans ce qu'elle a de plus vil et de plus méprisable - ce qui fait le charme de celle-ci - qui malheureusement n'est pas parvenu à séduire l'humaniste que je suis malgré la petite touche de nihilisme assez délectable.Fort heureusement, la mise en scène assez épatante de Jacques Nichet est là pour pallier le manque d'intérêt du texte. J'ai vraiment été bluffé par plusieurs trouvailles qui illuminent la scène, au sens propre - ceux qui ont vu la pièce comprendront - comme au figuré. Le must est sans aucun doute le rideau qui s'écroule et se laisse aspirer sous la scène ou encore le jeu sur la hauteur, du plafond au sous-sol. Sans oublier une partition sonore toujours pertinente.L'un des moments les plus forts fut l'apparition de huit filles de l'Atelier Volant (promotion 2006-2007) qui endossèrent le rôle de momies qui ressuscitent, se mettant à chanter et discutant sur le plaisir de la mort...

Quand Paris me sourit...

Henri Matisse

Cela fait quelques semaines que j'ai changé de trajet pour me rendre en cours. Jusqu'alors, je prenais la ligne 7 à la station Cadet, changeais à Gare de l'Est et m'engouffrais dans la 4 jusque Saint-Michel où il me restait encore une dizaine de minutes de marche jusqu'à la Sorbonne. Or, depuis peu, je prends la ligne 7 à la station Le Peletier vers l'autre direction. Je descends ensuite à Chatelet où j'entame alors quinze minutes de marche à pied. Ce quart d'heure est particulièrement jouissif. Il me permet de me sentir chaque jour un peu plus parisien, d'humer l'air saturé de la capitale, d'aérer mes poumons anesthésiés, de pratiquer un minimum d'exercice physique, de rêver aux milliers de possibilités qu'offre la vie parisienne et même de gagner cinq minutes de sommeil.

Souvent, de brutales rafales de vent me font frissonner lorsque j'enjambe la Seine. Pourtant, il semble impossible de ne pas se sentir transporté par la magie de Paris quand on traverse ce fleuve aussi sale que majestueux. Sa couleur blafarde au petit matin laisse lui donne un air fragile. Pourtant, je ne me lasse pas de voir le puissant cours d'eau venir se fracasser contre les piliers du Pont au Change puis, un peu plus loin, du Pont Saint-Michel. La Seine dégage quelque chose de sidérant. Elle fait partie intégrante de la capitale. Elle insuffle la vie, le mouvement dans Paris. Elle me donne envie de m'évader, de voyager. Mais elle me rappelle également que je me sens bien à Paris. Sans la Seine, Paris ne serait pas Paris.

Sans la scène, Paris ne serait pas Paris. C'est ce que je me dis tous les jours lorsque je sors de la bouche du métro, place du Chatelet, et que je me retrouve entouré de théâtres prestigieux. D'un côté l'élitiste Théâtre du Chatelet et, face à lui, le Théâtre de la Ville qui parvient à combiner démocratisation de la culture, programmation éclectique et spectacle réjouissant. Au centre trône cette étrange fontaine dont je ne sais rien. C'est quoi le Chatelet ? Son passé, son histoire ? Chaque jour, je passe de la rive droite à la rive gauche. Je quitte les quartiers bourgeois et sophistiqués pour rejoindre les arrondissements peuplés d'artistes et d'intellectuels (théoriquement).

Pendant mon quart d'heure de marche en direction du Quartier Latin, je peux contempler à loisir les mille merveilles qui m'entourent. Au loin, la Tour Eiffel, le pont Alexandre III, le Grand-Palais. Plus proche de moi, Le Louvre, Notre-Dame de Paris, la Conciergerie. Mais aussi l'Hôtel de Ville, les Palais de Justice, l'Hôtel-Dieu. Que serait Paris sans sa pléthore de monuments nationaux à l'architecture si particulière ? L'île de la Cité est traversée de part en part par des étudiants, des juristes et surtout des touristes. Peu importe l'heure à laquelle je passe, il y a toujours une longue file d'attente de touristes qui souhaitent découvrir les vitraux merveilleux de la Sainte-Chapelle. Matin, midi ou soir, des dizaines de policiers assurent la surveillance des tribunaux. L'île de la Cité est sans aucun doute le seul endroit dans Paris où leur présence est supportable.

Durant quinze minutes, j'observe les gens, guettant un sourire ou un regard d'une belle inconnue, riant intérieurement d'hommes dont je ne sais rien, me moquant gentiment de femmes à l'accoutrement ou à la démarche étrange, admirant un Paris polyglotte, un Paris multi-ethnique, un Paris de carte postale. Sur l'île de la Cité, le temps semble s'être figé il y a des années. Et seul les derniers albums sortis dans les charts dont la musique dégouline dans mes oreilles me rappelle que je suis bien en 2008; Midnight Boom de The Kills, A guide to love, loss and depression de The Wombats, New Grids de Coming Soon, Saturnalia de The Gutter Twins, This Gift de Sons&Daughters...

La pluie récurrente ces dernières semaines ne m'a pas empêché de faire ce petit périple hautement symbolique. Chaussé de mes fidèles mocassins ou d'une simple paire de Converse, je me fais une joie de fouler chaque jour le pavé ancestral qui me sépare du métro aux salles de cours sorbonnardes. Et, au milieu de deux giboulées, chaque rayon de soleil est accueilli comme une bénédiction. En espérant que les beaux-jours qui reviennent me rendront le trajet encore plus agréable, éclaireront chaque jour un peu plus les façades des centaines de beautés architecturales qui m'entourent, irradieront ma peau avide de soleil...


Paris n'a de beauté qu'en son histoire,
Mais cette histoire est belle tellement !
La Seine est encaissée absurdement,
Mais son vert clair à lui seul vaut la gloire.
[Paul Verlaine]

29 mars 2008

Journal Intime

Ils sont jeunes et beaux. Elles sont jeunes et belles. Ils parlent d'Amour. Elles parlent d'Amour. Leurs corps s'emmêlent, leurs langues (au sens anatomique et surtout linguistique du terme) s'emmêlent, leurs rêves s'emmêlent. La compagnie de danse québecquoise Cas Public venait présenter à Reims dans le cadre de Méli-Môme son nouveau spectacle polyglotte baptisé Journal Intime. Premiers émois, premiers coups de foudres, premières unions, premières désunions, premières révélations, premières déceptions, ils parlent de l'adolescence, âge béni de l'Amour. Car l'unique thème, la seule thématique abordés par ces pointes et autres prouesses physiques dont je ne connais pas le nom est l'Amour, l'Amour avec un grand A, l'Amour sous toutes ces formes, l'Amour entre un homme et une femme, entre un homme et deux femmes, entre deux hommes à l'image de l'avant-dernier tableau particulièrement émouvant. La piste du cirque de Reims, parsemée de bougies, accueille les sept danseurs à la performance émouvante et un très bon pianiste qui les accompagne avec du Bach. Sans oublier l'intégration toujours judicieuse, toujours pertinente de passages vidéo, pré-enregistrés ou filmés en live par les comédiens.Beaucoup de sensualité, d'érotisme, d'amour qui se dégage de ce spectacle de danse contemporaine qui, à mon avis, s'adresse davantage à des adolescents et des jeunes adultes qu'aux nombreux gamins de 6-7 ans présents sur les gradins.

Still Alive

Yan Pei-Ming

Je suis vivant, vous êtes morts.

28 mars 2008

La mélodie du bonheur

Egon Schiele

La richesse suprême pour un être humain - et la clé de son bonheur - a toujours été l'accord avec soi-même. C'est un luxe que tous ceux qui consacrent leur bref passage sur terre à dominer et exploiter leur semblables ne connaitront jamais. Quand bien même l'avenir leur appartiendrait.
[Jean-Claude Michéa]

26 mars 2008

Question 19

Pierre Alechinsky

Aimer le monopoly fait-il de moi un capitaliste ?

25 mars 2008

Aux origines...

Marc Chagall

J'adooOOOoore mes initiALes !

Propositions d'avenir

Georges Braque

Dans l'Empire du moindre mal, Jean-Claude Michéa dit que le libéralisme doit être compris - et se comprend lui-même - comme la politique du moindre mal. Ramené à ses principes essentiels, le libéralisme se présente donc comme le projet d'une société minimale dont le Droit définirait la forme et l'Economie le contenu. A l'origine, le libéralisme entendait être un pessimisme de l'intelligence, à la fois cynique, réaliste, sceptique, modéré et raisonnable. Jamais Adam Smith ou Les Lumières n'auraient imaginé les dérives actuelles. Or, aujourd'hui, le libéralisme est la cause de catastrophes et de régressions humaines. En jouant sur les peurs et les instincts égoïstes de l'individu, les libéraux ont gagné une première bataille et distillé leur poison idéologique dans notre vie quotidienne. Pourtant, en y réfléchissant, être libéral, c'est s'incliner devant les lois du marché, c'est s'avouer vaincu, c'est renoncer à sa condition d'homme, c'est oublier toute décence. Le libéralisme, c'est l'articulation entre un déterminisme malsain et un libre-arbitre simulé. Les libéraux se dédouanent complètement des travers de leur idéologie pernicieuse en reportant sur l'individu la vacuité de son quotidien.

Loin de tirer des conséquences des faillites de leur modèle - un modèle où les riches sont clairement de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres - les libéraux continuent de se fourvoyer en exigeant une liberté économique toujours plus large, une dérégulation des marchés toujours plus grande. Les libéraux reprochent aux anti-libéraux de céder trop facilement à la contestation, de ne pas soumettre de propositions viables, d'être des utopistes déconnectés de la réalité, de leur réalité. Pourtant, c'est la droite gouvernementale qui ne fait aucune proposition, c'est la droite gouvernementale qui s'abrite derrière la situation économique internationale pour expliquer leur absence totale de résultat, c'est la droite gouvernementale qui a abdiqué depuis longtemps à aider les plus fragiles pour, au contraire, favoriser ceux qui ont tout. Fondamentalement parlant, le discours de droite est un discours de perdant, un discours de soumis. La droite, c'est la peur. La droite, c'est le renoncement.

Or, depuis que la « gauche » est de droite, on se rend compte qu'elle aussi a capitulé, qu'elle aussi a rejoint le camp des vaincus, le camp des obséquieux qui rampent face au grand Capital, au CAC40 et au NASDAQ. La gauche doit renouer avec des propositions de justice sociale. C'est pourquoi, j'ai décidé de réagir. Chaque semaine, je ferais des propositions économiquement et socialement justes, des réalisations simples qui pourraient avoir des répercussions révolutionnaires si nos politiques avaient le courage de mes convictions. Les libéraux ont d'ores et déjà les 300 propositions de Jacques Attali, les anti-libéraux auront dans quelques semaines une vingtaine de propositions élaborées par Just4kiss. Pour cela, rien de plus simple, je vais reprendre la trame de mon programme présenté cet été et le développer de manière plus approfondie. Pour que l'empire du moindre mal laisse place au meilleur des mondes...

24 mars 2008

L'empire du moindre mal

Odilon Redon

Le Marché est le mécanisme magique permettant d'unir quotidiennement des millions d'individus sans qu'ils aient besoin de s'aimer, ni même de se parler.
[Milton Friedman]

22 mars 2008

Anticonformiste ?

Gerhard Richter

Je dois être la seule personne dans le monde à sortir tous les soirs de la semaine sauf le samedi soir.

21 mars 2008

Ebauche d'un portrait

Il y a une semaine exactement, je découvrais Jean-Luc Lagarce avec sa pièce Juste la fin du monde jouée à la Comédie Française. J'ai immédiatement accroché à son théâtre, un théâtre dur, sans concession mais néanmoins émouvant et plein d'humanité. C'est un théâtre qui me parle, un théâtre que j'aime et qui me touche. En lisant mon Télérama Sortir, je suis donc tombé sur la pièce Ebauche d'un portrait jouée par Laurent Poitrenaux au Théâtre Ouvert. Celui-ci se glisse dans la peau de Jean-Luc Lagarce pour nous jouer certains passages extraits de son journal intime. C'est génial ! Caustique et plein d'autodérision, le journal nous éclaire sur la personnalité de Lagarce, un homme dont je me sens proche. Un lent cheminement vers la mort joué avec relief et talent par Laurent Poitrenaux et mis en scène de manière intelligente par François Berreur. Le seul fil conducteur est le temps qui passe et qui rapproche chaque jour un peu plus le protagoniste d'une mort attendue. Mais le texte reste drôle, toujours drôle même dans ces moments les plus dramatiques, même si la mort (des autres et de soi) est omniprésente. On sent que derrière ses phrases balancées nonchalamment, il y a un esprit acéré, torturé par la maladie qui le ronge. Il aborde sa vie professionnelle, amoureuse, sentimentale, familiale avec dignité et humour (en y adjoignant, avec une pointe d'acrimonie, l'adjectif "nul"), un humour qui dissimule à peine sa tristesse suicidaire et le mal-être qu'il porte en permanence avec lui, de Paris à Besançon en passant par tous les pays dans lesquels il voyagea. Une prétention ironique qui rappelle un peu la mienne et qui dissimule un mal plus profond. Sa manière de s'adresser au public à travers le temps, de glisser des petits mots d'esprits intemporels et des critiques de la vie culturelle des années 80 rendent la pièce profondément vivante. Un final émouvant qui permet d'avoir un bref aperçu des goûts de Jean-Luc Lagarce. Et ma foi, on partage sensiblement les mêmes goûts culturels. Peut-être qu'un jour mon blog sera joué sur scène ?

Une pièce vibrante, émouvante qui apporte un plus indéniable à son œuvre-phare adaptée au Français.

Cleptomane ?

Zao Wou-Ki

I believe I can steal

Je suis cleptomane. J'aime voler. J'aime la sensation que me procure le vol. J'aime me sentir plus malin que le système. J'aime me sentir en danger tout en sachant au plus profond de moi que je risque rien. Je n'ai jamais pris de risques inconsidérés. Pourtant, je ne peux m'empêcher de dérober des petits objets, piquer quelques éléments, modifier certains prix, grappiller quelques euros, voir quelques centimes. Je n'y peux rien, c'est plus fort que moi. Je ne vole pas par nécessité. Juste pour mettre un peu de piment dans ma vie pathétique. Ma manière à moi de dire merde au système capitaliste qui n'offre que frustration sinistre et envies néfastes. J'ai multiplié les méthodes, les lieux, les articles chipés. J'aime faire preuve d'intelligence et d'audace pour trouver la faille d'un système censé être inviolable. Je suis astucieux, rusé, ingénieux. Un virtuose, un Arsène Lupin post-moderne devant faire face à une pléthore de vigiles aux aguets. Aussi loin que remonte ma mémoire, j'ai toujours volé. Des petites choses sans valeur, des items offerts. Puis, progressivement, je me suis aguerri, je me suis diversifié, j'ai intensifié mon trafic personnel. Mais tout en ayant la volonté que le vol en tant qu'acte politique reste un événement rare, intensifiant ainsi sa portée et surtout le plaisir que j'y prenais. Car loin de moi l'idée de me dédouaner de cette perversion. Je trouve le vol jouissif, profondément jubilatoire. Il y a quelque chose de dégradant mais aussi de vivifiant dans l'acte de voler. Est-ce que j'ai honte ? Pas le moins du monde. Je n'ai jamais volé un particulier (sauf peut-être ma mère quelques fois lorsque j'étais enfant... mais cela est une autre histoire), je me suis toujours attaqué à de grands groupes, des sociétés investissant chaque année des milliers d'euros pour lutter contre la fraude. Ou encore aux pharmaciens, ces pathétiques marchands de médicaments transformés en receleurs/dealers/financiers/commerciaux vantant les mérites de produits superfétatoires, corrompus par les laboratoires à la force de vente révoltante. Je me vois en justicier du capitalisme décadent, en moralisateur du libéralisme crépusculaire. Le vol comme réponse à une situation économique intolérable. Nonobstant, la situation a atteint un point de non-retour. Mon état est maladif, pathologique. Je ne peux pas m'en empêcher. Je considère le vol comme un jeu, un jeu de hasard, un peu comme la roulette russe, en moins dangereux évidemment. Je crois en ma bonne étoile, pensant modestement ne jamais être pris, espérant seulement jouir de mes méfaits ad vitam eternam. Car le vol me procure un plaisir incomparable, un plaisir qu'aucune drogue, qu'aucun alcool ne m'offrira jamais, un plaisir simple procurant ce qu'il faut d'adrénaline, d'excitation aussi malsaine que savoureuse. Un eurythmique envol vers le septième ciel.

I believe I can fly
I believe I can touch the sky



20 mars 2008

The Wombats

Concert absolument pas prévu dans mon emploi du temps auquel j'ai pu assisté au Trabendo grâce à mes dons de négociateur (cf mon article sur le marché noir !^^). The Wombats est un petit groupe pop-rock qui monte ! Ambiance électrique et punchy dans la petite salle du Parc de la Villette. Je me sentais vieux parmi les dizaines d'adolescent(e)s prépubères qui sautillaient autour de moi mais cela ne m'a pas empêché de me faire plaisir. Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas autant dépensé en concert même si j'ai su modérer mes ardeurs, de peur de faire tomber tous ces gamins comme des dominos avec mon impressionnante musculature. D'autant plus que la surprenante première partie (Cage the Elephant) avait déjà enflammée la fosse. Public réactif, jeune et cool, un cocktail synonyme de bonne ambiance. Du rock plein d'humour avec le couple chanteur/batteur qui a parsemé le concert de petites touches drôles, en anglais ou en français, seuls ou avec une peluche, et ainsi égayé des chansons pourtant incroyablement rythmées.




Un concert qui m'a surtout permis de revoir Drob, mon prof d'Histoire Economique - pendant deux mois - lorsque j'étais en prépa ! Je n'avais qu'une seule frayeur, faire l'objet d'un raid organisé par les photographes professionnels après ma critique virulente relayée par Le Hiboo il y a quelques semaines.^^

Constat tragique

Georges Ribemont-Dessaignes

"Il faudrait arrêter de confondre ce qui vend et ce qui est bien"
[Robert Zimmerman]

19 mars 2008

Zbigniew Preisner

Moment unique passé grâce à Télérama au Grand Rex ! C'est la première fois que j'allais à un concert dans cette mythique salle de cinéma ! Pas sûr que ça soit le lieu idéal pour accueillir des concerts d'un tel standing mais je n'ai pas à me plaindre, d'autant plus que j'étais très bien placé malgré la proximité écœurante d'une bande de jeunes, sûrement des employés du cinéma, qui n'arrêtait pas de discuter, de rigoler et de téléphone, me gâchant le spectacle sonore qu'était susceptible de m'offrir ce concert !Dans une première partie - commencée avec une bonne demi-heure de retard, Zbigniew Preisner présentait sa dernière création : Silence, Night & Dreams ! Une centaine de choristes et de musiciens réunis sur scène pour un concert unique ! On y retrouve évidemment la patte de Preisner, pleine de douceur, de mélancolie et d'espoir. Pour l'occasion, il compose ses morceaux en partant de textes en latin et en anglais extrait de la Bible, de paroles de Jean-Paul II et de poète polonais Zbignieuw Herbert reprises par la voix sublime de Teresa Salgueiro. Un voyage magnifique offert le lyrisme de la musique de Preisner.Après l'entracte arrive enfin la deuxième partie tant attendue. Dirigé par Kriss Russman, l'orchestre Colonne nous livre les plus beaux morceaux écrits par Preisner pour le cinéma, des morceaux notamment extraits des films de Kieslowski, mon réalisateur préféré. Ainsi, on retrouve des morceaux du Décalogue, de la trilogie Bleu-Blanc-Rouge, de La Double vie de Véronique, de Un Secret ou encore d'Effroyables Jardins. Je suis évidemment émerveillé de découvrir sur scène la simplicité émouvante du piano du morceau Les Marionnettes mais surtout transporté par la puissance des deux derniers morceaux, le Concerto in E minor, sbi 152 extrait de La Double Vie de Véronique et de Song for the unification of Europe extrait de Bleu. Même si la soprano Elzbieta Towarnicka est loin d'être aussi belle que la magnifique Irène Jacob, j'étais plaqué au fond de mon siège, le coeur battant à mille à l'heure de ressentir en vrai ces passages vus et revus au cinéma !Après deux ou trois rappels, je sors enfin de la salle, le coeur léger, heureux d'avoir pu voir ce concert grandiose !

18 mars 2008

Capillairement destructuré

Odilon Redon

Malgré la décision adoptée par la moitié de mon panel de lecteurs et de lectrices lors d'un précédent sondage, je ne m'étais pas coupé les cheveux depuis fin décembre. C'était pour moi une manière de résister à l'influence que peut avoir ma vie virtuelle sur mon moi réel. Malgré la tentation récurrente de mettre fin à cet obscurantisme capillaire, je laissais mes cheveux revivre, pousser tels qu'ils n'avaient pas poussés depuis plusieurs années. Ils commençaient à être longs, très longs. Et vu qu'ils sont raides, très raides, cela n'était pas du plus bel effet. Il fallait que je passe à l'action. Depuis plus d'un mois, j'étais obligé de faire taire chaque matin un épi prépondérant. C'est pourquoi, ce soir, en rentrant du Salon du Livre, j'ai pris mon courage et ma tondeuse à deux mains pour mettre fin à cette négligence capillaire. J'ai branché l'engin méphistophélique et le mit en action. Je le sentais glisser le long de mon crâne, pénétrer dans ma chevelure et ressortir libre et fier d'avoir accompli son devoir destructeur. Telle une force castratrice, il agissait en solitaire pour brimer la part d'innocence qui restait en moi. Autour de mon corps renaissant, les cheveux tombaient par petites touffes régulières. Je me sentais revivre. Comme si depuis plusieurs semaines, j'étais écrasé par le poids de ma coupe broussailleuse. J'allais dans tous les sens, tantôt à droite, tantôt à gauche. Je prenais le poil à la racine, je prenais le mal à son origine. Au fur et à mesure que je m'attaquais au sommet de mon crâne et en particulier à mon traditionnel épi, les mèches se réduisaient, rétrécissaient à vue d'oeil. M'escrimant face à mon reflet, je commençais à perdre patience. J'avais l'impression de passer la tondeuse dans le vide, de pédaler dans la semoule, de patauger dans une opération impossible. J'ai alors décidé d'attendre le retour de mon colocataire pour qu'il me prête main forte, qu'il achève le travail de boucher-coiffeur que j'avais entrepris. Malheureusement, après plusieurs essais infructueux, il dût également renoncer : la tondeuse ne voulait plus répondre, la tondeuse ne voulait plus me couper les cheveux, la tondeuse venait de s'émanciper. Il n'y avait rien à faire. J'étais condamner à errer comme une âme en peine; cheveux rasés devant, longs derrière, avec un épi sur la droite et la coupe de Matthieu Chedid sur la gauche...

Si vous avez un minimum d'imagination, vous devez déjà être en train de vous esclaffer en imaginant l'imbécile raté capillaire. Je suis désormais capillairement déstructuré, capillairement défiguré, capillairement ridiculisé.

Marie-Antoinette

J'ai toujours eu du mal à comprendre la fascination que peut exercer Marie-Antoinette. Ceux qui la considèrent comme une victime ont-ils déjà lu un livre d'histoire ? Ceux qui la plaignent ont-ils déjà eu une pensée pour les millions de parisiens qui mourraient de fin pendant que la reine se gavait et dépensait à tort et à travers pour des babioles ? J'ai donc eu un peu de mal avec le ton un peu condescendant et victimaire des cartels d'information. Elle est passée à l'échafaud ? Et alors ? Elle n'a eu que ce qu'elle méritait. Voilà ce que je pouvais dire en guise de préambule...Cela étant dit, l'exposition du Grand Palais brille par sa scénographie, sa mise en espace théâtralepresque impeccable. Trois phases de sa vie, trois types de décor, une vie en forme de pièce de théâtre en trois actes. L'enfance (un dédale de pièces symbolisant un appartement royal), la vie de château (une ambiance champêtre pour rappeler les jardins du Petit Trianon), le déclin de la monarchie (avec un long couloir se rétrécissant vers la mort, seule issue possible). L'exposition relève davantage du travail d'un historien que d'un commissaire d'exposition classique. De multiples peintures, meubles, vaisselles, lettres, gravures réunis pour raconter la vie de Marie-Antoinette. Chronologiquement, le visiteur découvre des petits bouts de vie, des petites bribes censées permettre d'éclairer la personnalité de la reine. Mais c'est là que le bas blesse. L'exposition n'apprend rien que l'on ne sache déjà. Elle se contente de juxtaposer des documents - comme des pièces à conviction - sans jamais dévoiler quoi que ce soit.
Une exposition superficielle pour illustrer la vie d'une reine superficielle ? Une exposition misant sur les apparences pour combler l'absence de fond ? Une exposition hors de prix pour témoigner du faste de la cour ? Une exposition sans grande valeur artistique, sans grand intérêt historique et dont la scénographie originale laisse rapidement découvrir ses défauts : des salles trop petites, des enclaves ne facilitant pas la visibilité des œuvres, des cartels placés trop bas et écrits trop petits, des salles artificiellement plongées dans l'obscurité. Et je n'y ai même pas été en fin de semaine...

A noter que vous pouvez télécharger le commentaire de l'exposition sur le site internet du Grand Palais moyennant 3 euros ! Et, je me suis rendu compte que le téléchargement des explications des expositions passées était gratuit !

J'en profite pour ajouter que j'ai été éberlué par le nombres ahurissant de commentaires effarant laissés sur le livre d'or annonant des Vive la Reine pathétiques ou plaignant la tragique destinée de la famille royale. Je ne soupçonnais pas des relents monarchistes aussi vivaces en 2008...

En espérant que l'exposition sur la figuration narrative relève un peu le niveau...

Champagne communard

Incroyable ! Je viens de me rendre compte que mon blog était né exactement 135 ans après le déclenchement de la Commune de Paris. Effectivement, Le 18 mars, à Montmartre, au matin, le peuple parisien s'oppose à la troupe venue chercher les canons, puis, rapidement, celle-ci fraternise avec lui. Un peu partout dans Paris la population s'en prend aux représentants supposés du gouvernement, élève des barricades et fraternise avec la troupe. Deux généraux, Claude Lecomte qui avait donné ordre de tirer sur la foule et Clément Thomas (responsables de massacres en juin 1848), sont fusillés rue des Rosiers (en partie rue du Chevalier-de-La-Barre actuelle). C'est le début de l'insurrection. Thiers gagne Versailles, environ 100 000 Parisiens, surtout provenant des quartiers chics de l'ouest parisien et des fonctionnaires, l'y suivent. Pour Karl Marx, c'est la première insurrection prolétarienne autonome.

La Commune fut réprimée dans le sang deux mois seulement après l'insurrection. Mon blog, quant à lui, a déjà tenu deux ans, luttant contre vents et marées, s'opposant à un système putride, s'excitant contre tous ceux qui ne pensent pas comme lui, relayant ma pensée assurément précieuse dans notre monde aseptisé et insipide. Le tout avec un humour, une culture et un narcissisme que tout le monde lui envie. Je lui souhaite un avenir aussi sanglant avec si possible une fin heureuse et surtout la multiplication par deux/trois/quatre de mon nombre de visiteurs quotidiens !

Aimez le ! Aimez moi ! Aimez nous !

17 mars 2008

Onerepublic

Il n'y a plus aucun doute, les plus grands de ce monde lisent mon blog. Aujourd'hui, les photos et vidéos étaient interdites à La Maroquinerie. Evidemment, il n'y avait personne pour faire appliquer la mesure voulue par le groupe donc les flashs ont crépité durant tout le concert mais je suis sûr que c'est un premier pas vers une meilleure ambiance en concert... Ce soir, j'étais donc au concert de Onerepublic à La Maroquinerie. Je ne connaissais pas du tout. Je profitais d'invitations de Nousproductions. Je peux pas dire que j'ai pris mon pied durant le show. Musicalement, c'est très intéressant et ça m'a beaucoup plu mais la voix du chanteur avait le don de m'agacer, surtout quand il montait dans les aigus ! Sans parler de son physique de petit-gros-ricain-qui-se-la-pète-grave. Et le pire, c'est que ça plait aux filles vu les cris émanant du public, essentiellement féminin. Plein de jolies filles sexy à ce concert. Mais sur scène, malgré la multitude d'instruments (piano, synthé, basses, batterie et même une contrebasse), le concert manquait cruellement d'âme. Heureusement, le chanteur a essayé de faire un peu d'humour (made in America, pas très fin !) et il y a quand même deux ou trois chansons super bien foutues comme Apologize dont je ne me lasse pas !




Je suis juste super en colère contre l'organisation minable de salle... Une heure et demi d'attente pour une heure et quart de concert ! Admettez qu'il y a de quoi râler !

Un bref instant de romantisme



La vie vous laisse dubitatif ? Vous n'êtes pas sûr qu'elle vaille la peine d'être vécue ? Regardez le ciel : c'est pour vous. Regardez le visage de chaque personne croisée dans la rue : ces visages sont pour vous. Et la rue elle-même, et la terre sous la rue, et la boule de feu sous la terre : toutes ces choses sont pour vous. Elles sont pour vous qu'elles sont pour les autres. Pensez-y quand vous vous réveillez le matin, persuadé que vous n'avez rien. Levez-vous et tournez-vous vers l'est. Maintenant louez le ciel et louez la lumière qu'il y a en chaque personne sous le ciel. Ce n'est pas grave d'être dans l'incertitude mais louez, louez, louez.

[Miranda July]

16 mars 2008

Cité de l'Architecture et du Patrimoine

La Cité de l'Architecture et du Patrimoine est un lieu immense. Je n'en ai vu que les collections permanentes qui constituent le Musée des Monuments Français. Ce musée est divisé en trois parties : la galerie des moulages, la galerie d'architecture moderne et contemporaine et la galerie des peintures murales et des vitraux.

La première galerie, au rez-de-chaussée, rassemble des copies en plâtre grandeur nature de morceaux choisis dans un nombre incalculable de grands monuments (religieux) français. Des portes, arches, statues, gisants, frontons... venus de toute la France et rassemblés dans ce lieu parisien. Une manière de représenter la Nation dans la Capitale. Le tout est mis en espace de manière intelligente et interactive avec notamment la mise en place de multiples écrans et autres petits bijoux techniques de très haut niveau. Cela étant dit, rien ne remplacera jamais une visite du bâtiment original...

A l'étage (je vous conseille de prendre les ascenseurs en verre, l'escalier est mortel), la galerie d'Architecture Moderne et contemporaine adopte une scénographie thématique - bien que chronologique au rez-de-chaussée - autour des thèmes Concevoir et bâtir et Architecture et Société. Le Musée présente alors de nombreuses maquettes des constructions marquantes, à Paris et en Province, des deux derniers siècles. Afin de faire un lien avec la visite de la Villa Savoye le matin, la visite guidée se termine par la visite d'une reconstitution à l'échelle 1 d'un appartement de la Cité Radieuse de Le Corbusier à Marseille.

Avant de quitter l'immense bâtiment qui abrite ce Musée, j'irais tout de même déambuler parmi les copies de fresques murales les plus représentatives de l'art mural français du XIIe au XVIe siècle. Pas de quoi se relever la nuit, cette partie ne présente pas grand intérêt bien que la plupart des édifices me fut totalement inconnus !

Historique

Caspar David Friedrich


Reims à gauche !

La Villa Savoye

Poissy est une petite bourgade bourgeoise de 40 000 habitants située à 30 bornes de Paris. Ce matin, sa petite église qui a vu le baptême de Saint-Louis était pleine à craquer pour la messe des rameaux. A quelques encablures se dresse la Villa Savoye, manifeste de l'architecture nouvelle instaurée par Le Corbusier. Construite entre 1928 et 1931, elle présente toutes les caractéristiques pour en faire une oeuvre majeure d'un des plus grands architectes français. Elle reprend à son compte les principes fondamentaux du Mouvement moderne : les pilotis, les toits-jardins, le plan libre, la fenêtre en longueur et la façade libre. La maison, classée monument historique, est immense. La salle de séjour à elle seule mesure deux fois la taille de mon appartement. Tout est fait pour être fonctionnel. Le mobilier est directement intégré dans l'architecture. L'hygiène est omniprésente. Les domestiques sont très bien lotis (vivement la suppression du SMIC pour remettre les majordomes et autres sous-fifres au goût du jour). Les pièces sont très lumineuses grâce aux nombreuses fenêtres. Le garage permet de ranger trois limousines en épi. Les terrasses doivent être très agréables en été. Le concept est palpitant même si le lieu manque cruellement d'âme et de vie. Reste quand même le génie novateur de Le Corbusier encore bien visible dans la conception moderne du lieu. Même si le beau temps n'était pas forcément au rendez-vous, j'ai pu profiter d'une visite guidée "véritablement" intéressante. Une sortie en banlieue que je recommande à tous les fans d'architecture...

15 mars 2008

Lutte des classes

Roy Lichtenstein

Je hais les beaux quartiers. Les trois arrondissements de l'ouest parisien réputés pour l'odeur délétère de pourriture qui en émanent. Je vous en avais déjà parlé ici il y a plus d'un an. Malheureusement, il m'arrive pourtant d'y mettre les pieds pour des occasions louables. Un ciné au Lincoln, une pièce au Rond-Point ou une expo au Palais de Tokyo par exemple. Ce matin, je me promenais sur le pont de l'Alma, scrutant au loin la Tour Eiffel tout en cheminant au-dessus de la Seine. A la main, j'exhibais fièrement mon best-seller communiste : De quoi Sarkozy est-il le nom ? par l'illuste Alain Badiou. Et dans ces quartiers où le "pétainisme comme transcendantal de la France" est encore bien vivace, le petit livre blanc faisait son petit effet. Je voyais les vieilles bourgeoises prêtes à lâcher leur caniche, les cadres dépressives jurant de me lapider à coup de sacs Prada, les jeunes péteux me considérant comme un objet non identifié anachronique. Dans leur regard, la haine se mêlait à la peur, une peur primitive "centrées sur les boucs émissaires traditionnels, les étrangers, les pauvres, les pays lointain auxquels on ne veut pas ressembler". J'étais l'incarnation du mal communiste qui gangrène la France. Ils pouvaient enfin mettre un visage sur la France qui ne pense pas que le sarkozysme est salutaire mais bel et bien la partie visible d'une régression économique, sociale et morale. Et, lorsque j'ai repris le métro, mon esprit révolutionnaire ne pouvait ressasser qu'une seule idée tenace : nous ne vivons pas dans le même monde ! Mais pour combien de temps ? Il n'y a qu'à lire cette critique du capitalisme pour se convaincre que les choses peuvent encore changer...

(et je jure que quand la dictature prolétarienne sera devenue réalité, je légaliserai le viol de la pouffe de droite)

14 mars 2008

Juste la fin du monde

Deuxième pièce en deux jours à la Comédie Française. Deux pièces diamétralement opposées. Tragédie grecque classique hier, drame familial vibrant aujourd'hui. C'est la première fois que ce texte est joué à la Comédie Française. Il entre dans le répertoire du Français treize ans après la mort de Jean-Luc Lagarce, artiste maudit de son vivant qui mourut du Sida en 1995. C'est pour moi une véritable découverte. Un texte tranchant, violent, plein de répétitions, d'hésitations. Un texte qui se joue du sens précis des mots, qui s'attache à la concordance des temps, à la précision des termes qu'offre la langue française. Juste la fin du monde. Un texte vrai, juste dans sa manière de dire les choses. Un texte qui transporte, qui convie le spectateur à la réflexion sur la vie, la mort, la famille, le passé et la manière d'appréhender son passé. C'est un texte qui m'a touché, qui m'a fait vibré, qui m'a fait pleuré. Une galerie de personnages que l'on sent troublés, perturbés, perdus, possédés par un passé qui ne veut pas les lâcher. Les acteurs sont brillants, Laurent Stocker en tête. Il n'a pas volé son César du meilleur espoir masculin. L'attaque qu'il porte à son frère dans les dernières minutes, l'estocade finale le transcende littéralement. Toute la violence contenue depuis des années explose enfin. C'est un texte puissant car universel. Il s'attaque aux non-dits et à l'absence de communication dans les familles, le tout avec une efficacité assez épatante. C'est un texte intime, dramatique dans sa manière d'appréhender les rapports humains mais parfois drôle comme la reprise de Salvador par Elsa Lepoivre, un grand moment de théâtre.
Dommage que les décors et les costumes soient d'un kitsch indignes de la Comédie Française. Un décor plus intelligent aurait permis de rendre certains passages plus forts, plus percutants.

Cleverfield

Salvador Dali


versatile
keen
gifted
brainy
intelligent
clever
bright
smart
shrewd
sharp
witty
nimble-minded
modest



Cherchez l'intrus...

13 mars 2008

Penthésilée

Le Penthésilée de Heinrich von Kleist est une tragédie grecque dans la plus pure tradition. Cela faisait une éternité que je n'avais pas été voir du théâtre classique. J'ai donc eu un peu de mal à rentrer dans la pièce, à suivre les dialogues, d'autant plus que les deux premiers actes sont assez rébarbatifs. J'ai même failli m'endormir avant l'entracte. En revanche, après la courte pause, j'ai littéralement été aspiré par le texte et surtout le jeu d'Eric Ruf et de Léonie Simaga. Sur la scène obscure et brumeuse, le tragique prend rapidement le dessus. La beauté de l'amour dans toute sa douleur. Un texte tragique, terrifiant, passionné. Inspiré d'Homère, le texte nous plonge en plein coeur de la guerre de Troyes. En pleine bataille, Achille tombe éperdument amoureux de Penthésilée, reine des Amazones. De cet amour ne naîtra que larmes et âmes en perdition jusqu'à ce final à l'intensité exemplaire. La mort d'Achille, relayée par mon imagination et la puissance évocatrice du texte, est un grand moment de théâtre.La mise en scène classique, les décors sobres et les costumes impeccables renforcent l'effet captivant de la pièce, surtout dans la deuxième partie.

12 mars 2008

Fiente

Vittore Carpaccio

Voici que je contemple les cieux ouverts...

... quand un pigeon osa me chier dessus !

Carl de Keyzer, Trinity

Avant de profiter encore une fois d'une passionnante visite guidée du Louvre autour de la peinture vénitienne (Véronèse, Antonello de Messine, Carpaccio) et des peintres maniéristes (Le Rosso), j'ai participé à une (mauvaise) visite guidée de l'exposition Trinity à la BNF - Richelieu. L'exposition rassemble des photographies récentes de Carl de Keyzer réparties entre trois grands thèmes : Tableaux d'Histoire, Tableaux de Guerre, Tableaux Politique. Au centre, on est aspiré par les longs formats panoramiques des Tableaux de Guerre, des photos que j'ai trouvé esthétiquement très réussies. Elles montrent des paysages paisibles ravagés par la guerre. Elles ne montrent pas les conflits mais les coulisses des récents conflits au Burundi, en Angola, en Côte d'Ivoire ou encore en Afghanistan. La profondeur du champ permet au visiteur de se plonger dans la photo. Sur les murs latéraux, dans un premier temps, les Tableaux Politiques présentent des situations banales (sur)prises dans les parlements européens, américain ou encore chinois. Puis, ensuite, les Tableaux d'Histoire montrent avec une certaine ironie des situations incongrues voire grotesques. N'étant guère sensible à la photographie, je ne fus pas passionné par les dires du guide, d'autant plus que son débit monocorde, ses trous de mémoire à répétition et ses interprétations douteuses le rendaient peu audible. Une seule photo m'a vraiment marquée : une carcasse d'avion parmi des ruines en Afghanistan.Et vu que la BNF sait réaliser des sites assez déments pour ses expositions, vous auriez tort de ne pas en profiter en refusant de cliquer ici.

11 mars 2008

Question 18

Pierre Soulages


Que faire quand nos convictions entrent en contradiction avec notre intérêt personnel ?

10 mars 2008

Sain d'esprit ?

Roy Lichtenstein

Faire l'amour est une maladie mentale qui gaspille du temps et de l'énergie.
[Fabrice Melquiot]

09 mars 2008

Récit d'une élection locale

Marcel Broodtahers

Rémois de naissance, je continue de voter à Reims, au bureau de vote 87 dont dépend la maison de mes parents. Historiquement, Reims est une ville bourgeoise, une ville de droite malgré une petite incartade communiste à la fin des années 70. Pourtant les derniers sondages annoncent la liste de la gauche réunie gagnante. Derrière la candidature de la député européenne socialiste Adeline Hazan s'est constitué un bloc rassemblant Les Verts et le PCF. Face à eux, deux candidats de droite prêts à tout : le parachuté Renaud Dutreil et la pouffiasse locale Catherine Vautrin. Le premier joue sur ses beaux yeux bleus et son absence totale de programme (et accessoirement sur le logo UMP) alors que la seconde évoque le bilan (pathétique) de la municipalité de droite précédente et son côté très proche du peuple avec sa superbe veste en cuir sur son affiche de campagne. Visage défiguré par une grimace et look "camionneuse" en font la candidate populaire par excellence. Il y aura donc vraisemblablement une triangulaire à Reims. Dans un premier temps, je voulais voter pour la liste accréditée par Olivier Besancenot. Et puis finalement, je me suis ravisé, mon vote s'est porté sur la liste réunissant Les Verts, le PCF (et le PS). En revanche, aux élections cantonales, j'ai voté pour le candidat des Verts. Tout le monde sait que je suis écologiste dans l'âme. Mais ce vote n'aura certainement pas grande importance vu que le découpage des élections cantonales réuni des univers totalement différents, mon quartier urbain et de nombreux petits villages périphériques. Autant en ville, le résultat est relativement serré entre droite et gauche, autant les bouseux continuent de voter massivement pour les candidats que j'abhorre.

Avec moi, un vote local se transforme vite en récit épique avec de multiples rebondissements. Pour commencer, je n'ai jamais retrouvé ma carte électorale. Impossible de savoir si je l'ai laissé dans un coin à Paris ou si elle traîne dans le bazar de ma chambre rémoise. Heureusement, j'ai appris hier que cette carte était totalement inutile. Pas rasé et mal coiffé (Julie pourra témoigner), je me suis rendu vers midi avec comme seule pièce d'identité, ma carte d'identité sur laquelle je suis particulièrement sexy. L'homme qui m'accueille fait les gros yeux quand il me voit arriver sans carte mais finit par remplir mon certificat d'inscription qui m'autorise à glisser le bulletin dans l'urne. Pas de vote électronique pour cette élection. Après son égarement présidentiel, la ville de Reims est revenue à la bonne vieille boîte en plastique, aux petites enveloppes moisies et aux listes publiés sur du papier ultra-fin. Rebelle dans l'âme, je n'ai évidemment pris que la liste pour laquelle j'avais l'intention de voter. Même pas besoin d'aller dans l'isoloir. Je montre de manière ostentatoire mes convictions politiques, symbole de mon altruisme, de ma générosité et de mon écoeurement face à la politique de classe menée par Sarkozy et toute sa clique. Il n'y a que les gens qui ont honte de leur vote qui ont besoin de se cacher. Je n'ai que faire du regard glacial que me lance la bourgeoisie (et la paysannerie) et ses thuriféraires. Je vais donc signer l'énorme inventaire des votants potentiels locaux, glisser ma petite enveloppe dans la fente béante, et le « A voté » claque dans l'air saturé de la salle des fêtes. J'ai ensuite répété exactement le même acte politique fort en prenant soin de glisser dans l'urne le petit papier vert à l'effigie de mon candidat vert.

Il ne reste plus qu'à attendre les résultats de ce premier tour, aller faire une procuration pour le second tour lundi matin avant de repartir sur Paris et espérer très fort que le pouvoir municipal change de main pour les six prochaines années (et plus si affinités).

08 mars 2008

Art politique

Barnett Newman

Pour comprendre les raisons du succès de tel ou tel mouvement artistique dans une constellation historique donnée, il faut étudier en détail les caractéristiques du mécénat et les besoins
idéologiques de la classe dominante.

[Eva Cockcroft]

07 mars 2008

Jean-François Heisser

Après avoir eu une visite personnalisée du Louvre autour de La Joconde et du portrait au XVème siècle - visite évidement brillante et passionnante malgré les flashs qui crépitaient autour de la célèbre oeuvre de Léonard de Vinci..., j'ai assisté à un concert dans l'Auditorium du Louvre. Le pianiste Jean-François Heisser, seul sur scène, interprété au piano des variations sur une valse d'Anton Diabelli. Ce dernier est un compositeur viennois dont le thème de valse marqua l'Histoire de la Musique Classique. Pour preuve, Heisser nous présente les différentes interprétations qu'ont pu en faire des compositeurs aussi opposés que Liszt et Schubert en passant par Moscheles, Hoffmann, Schoberlechner, Hummel, Tomaschek, Kalkbrenner ou encore Czerny. Autant dire que je ne connais absolument pas la plupart de ces artistes mais il est amusant de comparer les interprétations tantôt tristes, tantôt gaies, tantôt mélancoliques que ces compositeurs ont réalisé autour de cette valse de Diabelli. Après cette première partie didactique, Jean-François Heisser joua neuf variations choisies parmi les 32 (+1) variations de Beethoven. Malheureusement, c'est pendant ce passage très réussi que j'ai trouvé le moyen de piquer du nez (et de ronfler parait-il). Je l'ai surtout regretté après avoir subi la torture de la troisième partie, une interprétation de la Veranderungen de Philippe Manoury, commande du musée du Louvre et création mondiale présentée pour la première fois ! Atroce souvenir de sons discordants et rythmes brisés tels que seule la création contemporaine peut en offrir. Assourdissant et incroyablement déplaisant ! Heureusement que Philippe Manoury était coincé par une tempête de l'autre côté de l'Atlantique sinon je lui aurais fait bouffer sa partition...

Objectif CELSA

Salvador Dali

I've got it ! Ma licence de gestion. Ma satanée licence de gestion. Six et demi en statistiques, le seuil minimal autorisé dépassé d'une petite longueur. La consécration. J'attendais les résultats avec appréhension depuis plusieurs semaines, incapable de savoir si j'avais réussi à franchir le pallier qui m'avait été fatal à deux reprises l'année dernière. Et puis quand je vis ma note sur le relevée, ce fut comme une libération, une chape de plomb qui se fissurait pour éclater en mille morceaux : l'avenir est mien. World is mine. Autour de moi un doux parfum de réussite éveillent mes sens. Ceci n'est que la première étape vers une pléthore de diplômes récompensant mon inénarrable talent, ma fainéantise légendaire, ma virtuosité littéraire, la vivacité et la sagacité de mon esprit. Je suis ambitieux et opportuniste. Dans un mois, je passerai le concours du CELSA, puis dans trois mois, je validerai haut la main ma licence d'histoire. Dans la foulée, j'apprendrai que je suis pris en filière Communication des Entreprises et des Institutions après avoir bluffé le jury par mes multiples envies/dons/expériences. En juin de l'année prochaine, je validerai une troisième licence avant d'embrayer sur un Master reconnu all around the world pour la qualité de ses étudiants. Je vois déjà les grands-mères applaudir sur mon passage et me voyant comme le petit-fils idéal. Je pense aux parents désemparés devant leur progéniture ahurie leur parlant de moi comme l'exemple à suivre, essayant de motiver leurs rejetons arriérés, se satisfaisant s'ils ne parviennent à réaliser qu'un centième de ce que je ferai dans ma vie. J'imagine les filles se jetant à mes pieds, désirant ardemment mon corps et mon esprit divin, mendiant un peu de ma semence, priant chaque jour que ma magnificence soit génétique et pour que leur époux/concubin/boyfriend ne découvre pas la supercherie. Je vois les minables que je méprise se retourner sur mon passage et cracher dans mon dos, espérant ainsi freiner le train de la gloire qui me possède. Mais rien ne pourra jamais m'arrêter, je suis une fusée en quête de reconnaissance, une mine anti-personnelle prête à exploser, une bombe à fragmentation lancée vers l'infini et au-delà.

Live Fast, Die Young. Vivant éternellement. Jeune pour l'éternité.

05 mars 2008

Süber Duft par Gregor Schneider

Gregor Schneider est un adepte des espaces complexes conçus pour déstabiliser les visiteurs. Sa dernière création - Süber Duft (doux parfum) - est visible à la fondation de La Maison Rouge jusqu'au 18 mai 2008.

Il est impératif de découvrir le travail étrange du jeune plasticien allemand Gregor Schneider. Celui-ci est en quelque sorte un architecte de la peur. Les lieux qu’il construit au gré des invitations et des expositions interrogent les rapports entre architecture, espace d’exposition et espace privé. Il transforme l’univers domestique en un espace inquiétant. La création originale présentée à La Maison Rouge s'inscrit indubitablement dans la lignée de ses oeuvres précédentes, ne serait-ce que par l'ascétisme du lieu et son inconfort revendiqué. Cette mise en espace s'avère donc être une bonne approche de son art aussi intriguant que déroutant. Intriguant compte tenu du doux parfum de mystère qui émane de l'exposition et déroutant en raison du doux parfum d'angoisse qui plane dans l'atmosphère tout au long de la visite.

Avant d'entrer, les « hôtes » de La Maison Rouge doivent généralement patienter quelques minutes. Pendant ces quelques minutes, le vigile qui surveille l'entrée du « concept » fait monter la pression en tentant d'effrayer les plus sensibles avec de petites remarques perfides et fallacieuses. L'appréhension laisse place à l'anxiété qui se transforme rapidement en une angoisse aussi irrationnelle qu'insensée. Effectivement, une partie de l'originalité de la création est directement imputable à l'ambiance qui règne dans le patio de La Maison Rouge. A peine arrivé, le visiteur apprend que l'entrée dans la structure de Gregor Schneider se fait seul, une personne seulement toutes les cinq minutes. Puis un gardien fait signer une décharge, demande au visiteur incrédule s'il est cardiaque, claustrophobe et même s'il a peur du noir. La pression monte, le cœur se met à battre un peu plus fort. Même sans être d'un naturel angoissé, le visiteur commence à redouter le moment où il pénétrera dans l'enfilade de pièces dont il ne sait rien.

Le moment fatidique se fait attendre, se laisse désirer. Puis, deux-trois petites touches d'humour plus tard, le visiteur peut enfin pénétrer dans la structure conceptuelle. Un long couloir bardé de fils électriques et de crépis inachevé l'attend. Arrivé au bout de cette immersion assez particulière, il ouvre la première porte. A partir de cette seconde il sait qu'il ne pourra pas faire demi-tour. Que quoi qu'il arrive, il est prisonnier de la structure, qu'il faudra aller jusqu'au bout. Les portes ne s'ouvrent que dans un sens. Il passe de pièces vides en pièces vides, de pièces froides en pièces chaudes, de pièces blanches en pièces noires. Là où Jean Dubuffet aurait mis du noir, du rouge ou du bleu comme dans sa Closeraie, Gegor Schneider se contente de murs monochromes. Là où Christian Boltanski aurait meublé l'espace jusqu'à l'engorgement, Gegor Schneider préfère laisser le visiteur seul avec lui-même, dans un espace clos et saturé de lumière ou d'obscurité.

La froideur du lieu laisse progressivement place à une tension, une tension insidieuse et inquiétante. Le visiteur est seul face à l'espace, face à la succession de ses sentiments. Le poids de cette solitude se fait sentir, devient presque insoutenable. Le visiteur continue sa déambulation labyrinthique, ouvre porte après porte avant de se retrouver brusquement plongé dans le néant. Durant une fraction de seconde, il aimerait revenir sur ses pas. Il vient de s'enfoncer dans l'inconnu. Il avance dans le flou le plus total. Plusieurs fois, la tentation de sortir son téléphone se fait ressentir. Le visiteur cherche à se repérer, à trouver un point de lumière avant de se résigner, d'abdiquer, vaincu par la puissance qui émane de la structure de plâtre et d'acier. En jouant le jeu jusqu'au bout, il cède aux lubies dévastatrices de Gregor Schneider. Le pouls s'emballe au fur et à mesure que le temps passé dans ce labyrinthe claustrophobique s'étire. Rassemblant ce qui lui reste de courage, le visiteur longe les murs, tâtonne jusqu'à trouver la poignée libératrice.

Finalement, le visiteur ressort comme il est entré ; avec l'impression d'avoir vécu quelque chose d'unique mais aussi finalement très futile et sans grande profondeur ni questionnement intellectuel. Cela étant dit, “Süber Duft” n'en reste pas moins une expérience unique profondément déstabilisante car elle renvoie à des peurs primaires, des souvenirs d'enfance. Il n'y a aucun piège, la panique, c'est chacun qui se la crée, l'imagine et l'attend. En jouant avec les nerfs des visiteurs, Gregor Schneider les pousse à découvrir ce qui les habite, les hante. Il les contraint à rencontrer leurs propres peurs. La peur de rester sur place, de ne pas évoluer, de passer à côté. La peur de la routine. La peur de prendre les mauvaises décisions. La peur des non-dits, des paroles en l’air, des promesses non tenues. La peur d’être ridicule. La peur de gêner, de déranger. La peur de replonger dans le passé. La peur de ne pas savoir choisir. La peur de soi-même. La peur de trop réfléchir. La peur d’écrire. La peur de l'inconnu.

300

Arnulf Rainer

Hier, j'ai eu le malheur de passer devant un Relay, les librairies de merde situées dans les gares et dans le métro. Et je me suis rendu compte que la deuxième meilleure vente d'ouvrages du moment, c'était les 300 propositions de la commission Attali. Number two. Trois cents propositions minables proposant de booster la croissance sans remettre en cause nos modes de consommation et de production. En clair : en finir avec tous les corporatismes, monopoles et autres réglementations qui font obstacle au développement de l'emploi et de la croissance, tout en développant l'éducation, l'enseignement supérieur, la recherche. Quel beau programme ! Jacques Attali est un économiste de pacotille. Il ne fait que reprendre les idées libérales qui végètent dans la société française depuis trente ans, les réformes soit disant indispensables qu'aucun gouvernement n'a jamais osé faire. Supprimer les dépenses et augmenter les recettes, en faisant casquer la classe moyenne. Car ce ne sont pas les plus pauvres qui vont en prendre plein la gueule si ces propositions voient le jour en tant que réforme, c'est toute la classe moyenne, celle qui a majoritairement voté socialiste au second tour, à juste raison.

Et pendant ce temps là, Sarkozy et toute sa clique continue de présenter le rapport comme neutre et sans étiquette. Mais sa neutralité, c'est du foutage de gueule. Jacques Attali est libéral, atlantiste et vendu au MEDEF. Il battit sa réfléxion sur du vent, des intuitions venues d'on ne sait trop où. Il va piocher ces exemples dans les pays anglo-saxons où le climat social est particulièrement tendu. Par conséquent, ses 300 propositions n'ont qu'un objectif : transformer un modèle social français à la dérive en caricature du modèle américain. Une utopie pour les bourgeois néoconservateurs, les prémices d'une guerre sociale pour tous les autres. Le rapport, je ne l'ai pas lu, je n'en vois pas l'intérêt. J'ai mieux à faire de mes journées que m'exciter sur ce ramassis de conneries ultra-libérales écrites par un opportuniste qui me fait gerber. D'ailleurs, je me demande qui sont les couillons qui ont propulsé ce bouquin en tête des ventes. Sûrement une bande de frustrés qui vivent dans la peur, en lisant le Figaro et pleurant sur leur portefeuille d'actions qui a miraculeusement fondu le mois dernier.

Pour vous en rendre compte par vous même, voilà un échantillon des propositions faites par la commission "apolitique" présidée par Attali :

"Réduire le coût du travail"

"Ouvrir les professions réglementées"

"Fiscaliser une partie du financement de la protection sociale"

"Diminuer la dépense publique en faisant maigrir l'État et les collectivités publiques"

"Préparer la jeunesse à l'économie du savoir et à la prise du risque"

"Raccourcissement des délais légaux empêchant les expulsions"

"Maintenir le rythme de construction des centrales nucléaires"

"Remettre en cause le principe de précaution notamment pour les OGM"

Et le meilleur pour la fin :

"Supprimer la durée légale du travail et laisser le libre choix à chacun de l'âge de départ en retraite"


Admettez que l'on a déjà vu plus neutres comme solutions pour redresser la France. Je crois qu'il n'y a que des ultralibéraux dégénérescents pour voir là-dedans des ambitions écologistes et sociales. Ce rapport est une farce, un écran de fumée pour masquer l'inefficacité de Nicolas Sarkozy depuis qu'il est au pouvoir. Or, ce dernier, lors de l'installation de la commission, s'est publiquement engagé à appliquer intégralement ses recommandations. Quand on imagine la cohue et la guerre sociale que cela va engendrer en France (aussi bien chez les chauffeurs de taxi et les fonctionnaires que chez les pharmaciens), je peine à croire qu'il tiendra ses promesses. A moins que le mois de mai 2008 soit à la hauteur de mes espérances...

04 mars 2008

Louise Bourgeois

Ce soir, c'était le vernissage de l'exposition Louise Bourgeois au Centre Pompidou invité par Diane ! Je vous avouerais que de Louise Bourgeois, je ne connaissais que les araignées (notamment celle de Bilbao) et une sculpture que m'avait montré JM dans le hall de la BNF ! Avant de me rendre à Beaubourg, j'avais été voir la grande araignée déposée le temps de l'exposition dans les jardins des Tuileries... C'est en lisant l'article sur Buzzeum ce matin que j'avais appris la présence temporaire de l'immense aranéide ! J'ai trouvé ça sidérant, renversant de voir cette sculpture monumentale dominer le péquenot lambda étonné de découvrir cette œuvre à deux pas du Louvre ! Une excursion qui vaut vraiment le détour !Dans la Galerie numero 2, les commissaires de Beaubourg (et de la Tate Modern vu que l'exposition est réalisée en partenariat avec Londres) ont concocté un joli programme mêlant peintures, sculptures, dessins et gravures réalisés entre 1938 et 2007. Des dizaines de matériaux différents pour une oeuvre éclectique et boursoufflée d'histoires personnelles ! Dans l'ensemble, je n'ai pas forcément aimé le travail de Louise Bourgeois. Pourtant, certaines œuvres ne sont pas dénuées d'intérêt car elles permettent de cerner une personnalité hors-norme ! Louise Bourgeois a été complètement traumatisé par son enfance, par ses parents et surtout son père qui trompait sa mère sous son toit ! Elle ne leur a jamais pardonné... Et c'est de cette haine rancunière, de ses souvenirs gorgés de souffrance qu'elle tire sa créativité depuis bientôt 70 ans ! Des oeuvres violentes, repoussantes, dérangeantes, glauques où le corps humain et le sexe en particulier sont détournés, arrachés, remués dans un chaos organique et obscène.Aujourd'hui, a presque 100 ans, elle continue de sculpter avec passion et abnégation ! D'ailleurs, l'exposition s'arrête davantage sur ses dernières années de création où l'on retrouve la même tonalité d'ensemble et la même obsession de certains thèmes récurrents...
Dans le cabinet d'Art graphique, au 4ème étage, le visiteur peut découvrir la suite de l'exposition... Mais en raison d'une file d'attente assez effrayante, je serais contraint d'y retourner plus tard...

A suivre donc...