30 avril 2008

Impuissant ?

Egon Schiele

Pour bander, j'ai besoin d'être dominé intellectuellement...

The Hoosiers

Vous ne connaissez pas encore The Hoosiers ? Mais qu'attendez-vous pour vous ruer sur leur CD, l'un des albums les plus entrainants de ces dernières années ? Sur scène, on retrouve la même folie qui parcoure le groupe de part en part. Déguisements ridicules (Superman, Spiderman, Robin ou encore les deux squelettes jouant guitares et trombones), aspect délirant et déjanté qui émane du chanteur encore renforcé par la mise en scène de cettre Trabendo Session. Je n'avais pas été les voir à l'Elysée-Montmartre mais si vous vous souvenez bien, j'étais allé en pleine période de partiels les voir à la Maroquinerie. En trois mois, le groupe a énormément progressé sur scène; plus de rythme, plus de charme, moins de ratés assortis d'une mise en scène plus classe et plus rigolote. Je suis donc satisfait de ce petit concert gratuit au Trabendo où il régnait une bonne ambiance et où il y avait finalement moins de petits péteux qu'à la Maroquinerie.Un groupe à découvrir expressément même si vous n'êtes vraisemblablement pas passé à côté de leur single Worried about Ray qui inonde les ondes depuis plusieurs semaines...

Rationalisé ?

François Morellet

Il faudrait peut-être que j'arrête de rationaliser ma vie, de vouloir la gérer comme on gère une entreprise.

28 avril 2008

Cliché ?

Ernest Pignon-Ernest

Paris est une solitude peuplée; une ville de province est un désert sans solitude.
[François Mauriac]

27 avril 2008

The Fisher King

Freddy Tiffou

Les parisiens méprisent la vie en province. Ils jalousent la vie simple et bucolique qu'on y mène. Ils ne soupçonnent même pas l'existence d'activités humaines fédératrices comme la pêche. Ils ne connaissent même pas la spécificité des différents types de pêches. Ils ne savent pas que l'on peut pêcher à à la mouche, au toc, à la cuillère, au vairon ou avec de multiples autres appâts. Ils ignorent les dizaines d'espèces différentes que l'ont peut pêcher dans un étang. Ils ne pensent pas que l'on peut voir des brèmes, des gardons, des carpes, des brochets, des tanches ou encore des perches dans les étendues d'eau qui s'étalent autour de Reims. Ils connaissent vraisemblablement des dizaines d'expression mêlant ces poissons (muet comme une carpe, gaulé comme une ablette, frais comme un gardon...) mais ne savent même pas à quoi ressemblent ces bêtes. Ils n'imaginent même pas que l'on peut louer des étangs et que l'on peut ensuite les sous-louer pour gagner un petit pécule. Ils ne peuvent pas concevoir l'énorme business que représente la pêche dans les villes provinciales : cannes à pêches, leurres, appâts, lignes, merguez, chips, bières. Les parisiens ont du mal à accepter les sommes mirobolantes englouties par la pratique de la pêche. Ils ne peuvent comprendre le plaisir que certains pêcheurs prennent à abandonner femmes, enfants, colocataires pendant plusieurs jours et plusieurs nuits d'affilée pour nourrir leur passion de la pêche, et cela qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il tonne. Ils n'imaginent pas un seul instant qu'un carpiste (un pêcheur de carpe pour les non-initiés) alignent quatre ou cinq lignes munies d'un bipeur devant lui et attend ensuite nonchalamment que la carpe daigne tomber dans le piège qui lui est destiné. Ils ne réalisent pas que les carpistes utilisent parfois des catamarans télécommandés pour faire des repérages dans les étangs. Jamais ils ne pourraient deviner que pendant qu'il attend stoïquement, le carpiste regarde des DVD de pêche à la carpe sur un lecteur branché sur batterie. Ils ne peuvent pas anticiper la rapidité du carpiste à s'élancer vers ses lignes lorsqu'il entend un bip – même lorsque ce bip est émis par le fameux DVD. Ils n'imaginent pas qu'une carpe peut peser plus de seize kilos et que les carpistes ne vivent que pour battre leur propre record et se prendre en photo avec leurs prises. Ils ne comprennent sûrement pas l'intérêt de passer plusieurs heures à pêcher pour remettre ensuite le poisson à l'eau. Les parisiens ne peuvent concevoir ce petit monde parallèle, bucoliquement charmant dans lequel chacun partage ses saucisses, sa moutarde, sa baguette, ses chips, ses bières, son charbon, son barbecue. Ils ont perdu l'habitude de faire pipi dans la nature, contre un arbre, dos au vent. Ils ont oublié qu'il fallait vivre au plus près de la nature, faire attention à ne pas perturber l'écosystème, à respecter l'environnement - tout en se déplaçant en 4x4 évidemment. Ils ne voient pas l'intérêt de passer plusieurs heures debout en plein soleil à essayer en vain d'accrocher une pauvre petite bête innocente. Ils ne se représentent pas la douleur dorsale que peut causer un lancé un peu brusque. Ils ne savent sûrement pas comment fonctionne le moulinet d'une canne à pêche, ni même comment on monte correctement une canne à pêche. Ils sont parfois un peu abasourdis du regard en biais lancé par les pêcheurs lorsqu'ils sortent leur livre de leur sac. Ils ont du mal à accepter les rires qui fusent lors de l'étalage de la crème solaire avant de jubiler quand les pêcheurs souffrent de coups de soleil. Les parisiens ne comprennent pas comment on peut être jeune et aimer la pêche. Les parisiens ne comprennent pas qu'on puisse prendre du plaisir à perdre son temps autour d'un plan d'eau. Mais c'est vraisemblablement parce que les parisiens n'aiment pas trop la campagne, sauf dans le TGV elle va plus vite.

Je suis parisien et je me suis lassé de la pêche après trois ou quatre lancés.
(en même temps, je n'y allais pas pour pêcher...)

25 avril 2008

Daim pour tous et tous pour Daim

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Je me vois déjà en figure christique entraînant une masse de fidèles vers la révolution. Un messie rebelle et subversif vivant de Daim et de Tokaji quand d'autres vivent d'amour et d'eau fraîche. Charismatique et omniscient, je ne vis que pour prendre le contrôle de vos vies, de vos corps, de vos esprits. Diriger le monde est ma mission. Pour accomplir ma destinée, le Daim est mon allié. La démocratie est une illusion. Tel un évangélisateur, je viens répandre le perfide poison de la vérité parmi vos connexions neuronales. Face aux fourvoiements démocratiques, je vous apporte quelques certitudes : le Daim est un axiome palpable et agréable, le Tokaji est un principe enivrant et succulent. Il faut en finir avec cette idée putride de gouvernance par le peuple et pour le peuple. Le peuple ne décide plus rien. Le peuple ne reçoit plus rien. La démocratie – comme le libéralisme – a montré ses limites. Chimère de dirigeants, leurre de nantis, cécité des dominés.

Heureusement Antoine est là pour vous ouvrir les yeux. Heureusement Antoine est là pour offrir une péroraison concrète et rationnelle à vos questionnements. Seule une dictature globalisée, mondialisée, internationalisée peut changer la face du monde. Seule une dictature globalisée, mondialisée, internationalisée peut vous sortir de la merde dans laquelle vous végétez. Un monde juste et équitable dont je serai la voix, le corps et le cerveau. Un monde juste et équitable dont le Daim sera le libérateur, l'émancipateur et le rédempteur. Tel un symbole, j'incarnerai le futur, transcenderai le présent, ignorerai le passé. Contre les émeutes de la faim, je démocratiserai la consommation de Daim. Contre la répression au Tibet, je lâcherai des milliers de tonnes de Daim sur la Chine. Contre la diminution du pouvoir d'achat, j'organiserai des distributions hebdomadaires de Daim. Contre la vie monotone, je proposerai double ration de Daim pour tout le monde. Contre l'anorexie, la dépression, la grève, la peur, j'énoncerai les multiples vertus du Daim. Je ferai du Daim ma solution. Je ferai du Daim mon armée. Je ferai du Daim mon conseiller. Son goût inimitable qui fond dans un feu d'artifice de caramel et de chocolat doit être connu de tous. Personne ne peut échapper au plaisir immédiat, à l'orgasme licencieux, au trouble voluptueux qu'il procure. Implorer moi. Déifier moi. Glorifier le Daim. Scander son nom. Scander mon nom.

Et quand la fin approchera, j'appréhenderai l'au-delà avec ferveur et extase. Manger un Daim et mourir. Dans un nuage de Daim j'apparais et dans un nuage de Daim je disparaîtrai. Il ne peut y avoir de plus belle fin, il ne peut y avoir de plus belle mort. Chaque semaine, vous célébrerez ma disparition dans d'immenses cathédrales cathodiques. Finis le gros rouge qui tache et la fade hostie qui fond sur la langue. Vous vous partagerez des paquets de Daim et des bouteilles de Tokaji. Parce que la révolution antoinienne abreuvera la Terre de son savoir, de Daim et de Tokaji. Parce que la révolution antoinienne a du goût, du style et du charme. Parce que la révolution antoinienne est virile et sexy mais qu'elle n'oublie pas sa raison d'être : le Daim. Daim pour tous et tous pour Daim. Lecteurs, lectrices, allez annoncer la Bonne Nouvelle ; le Daim est parmi nous pour les siècles à venir. Lecteurs, lectrices, allez annoncer la Bonne Nouvelle ; Antoine est parmi vous pour le meilleur et pour le pire.

(tous ceux qui soutiennent mon coup d'état daiminisé peuvent rejoindre mon groupe Facebook)


24 avril 2008

Printemps ?

Et si le bonheur c'était lire un livre de Thomas Bernhard au soleil dans un grand jardin de province...

Macho Man ?

Mon linge sale

Je suis pour le partage des tâches ménagères...

... sauf le repassage qui me répugne particulièrement.

23 avril 2008

King

Pièce maladroite mais pertinente jouée pendant quelques jours à la comédie de Reims qui essaye tant bien que mal de réconcilier l'entrepreneuriat et l'utopie communiste. Il s'agit de King de Michel Vinaver, mise en scène par Arnaud Meunier. Bien joué, la pièce souffre quand même d'une absence totale de rythme et d'une mise en scène pas forcément très originale. Le texte de la pièce peut être divisé en deux parties qui se croisent et s'entrecroisent pour ne former plus qu'un : le destin (vrai) d'un homme atypique, King C. Gillette.D'une part, nous assistons à la montée en puissance de l'inventeur du rasoir jetable et, par ailleurs, nous voyons l'élaboration presque utopique d'un projet de ville égalitaire et socialement juste. La première partie est classique : idée géniale, difficultés d'entreprendre, problèmes de conception, recherche de capitaux, association puis clash habituel entre inventeur et financier, le second finissant toujours par racheter les parts du premier afin de diriger l'entreprise dans un soucis de rentabilité toujours plus grand. L'originalité de la pièce réside donc dans la seconde partie. Effectivement, ce King Gillette écrit trois livres théoriques que l'on pourrait aisément qualifier d'utopique. Ainsi, en 1894, il publie "The Human Drift" (La dérive humaine), un livre dans lequel il dénonce la concurrence économique et la compétition, sources, selon lui, de tous nos maux. Il prône l'avènement d'une entreprise universelle dont le peuple serait l'actionnaire. Il rêve d'un monde sans argent et sans concurrence et explique même comment s'y prendre pour le mettre en place (une entreprise qui au fur et à mesure de rachats et d'acquisition finirait par diriger l'économie mondiale ). Je dois bien reconnaitre que son raisonnement ne manque pas d'intérêt, voire peut même être considéré comme carrément crédible. Evidemment, il faut toujours se méfier des capitalistes utopistes mais j'ai trouvé son argumentation suffisamment intéressante pour me pencher un peu plus sur ces écrits. Il développe ainsi l'idée que l'on n'aura plus besoin de travailler pour satisfaire à nos besoins grâce à la concentration des moyens techniques et du capital, sauf de 25 ans à 30 ans où nous serions obligés de servir la société, puis deux autres années vers 40 ans pour servir dans les administrations. Par ailleurs, il prône un système de récompenses et de médailles pour encourager les arts et les sciences. Enfin, il s'intéresse à des questions plus environnementales et architecturales mais elles me paraissent un peu moins enthousiasmantes...Pièce politique et biographique qui doit beaucoup à son sujet plein de contradictions...

Les yeux des chiens ont toujours soif

Olivier Debré

Le huitième pêché capital, le plus détestable, c'est l'ennui, le vide de l'âme.
[Georges Bonnet]

22 avril 2008

André Zucca, Les parisiens sous l'occupation

Aujourd'hui, je suis allé voir l'exposition du moment, celle qui fait l'objet d'une grondante polémique et d'une violente opposition relayées de manière sournoise par les médias. Cette controverse aura au moins eu l'avantage d'attirer un large public dans la petite salle d'expositions de Bibliothèque Historique de la Ville de Paris. C'est bien la première fois que je fais la queue pour voir une exposition. L'objet de ce contentieux : le titre un peu maladroit choisi par les commissaires. En baptisant cette exposition Les Parisiens sous l'occupation, les commissaires flirtent avec la provocation, les photographies présentées étant clairement des outils de propagande. Évidemment, cela ne retire rien à la réussite esthétiques de certains clichés ainsi qu'à la valeur historique de l'ensemble du travail des historiens qui ont collaboré au projet. C'est pour cela que je peux comprendre à la limite la décision de la Mairie de Paris de supprimer la campagne de communication autour de l'exposition mais qu'il me paraît aberrant de vouloir mettre un terme à l'exposition deux mois avant l'échéance initialement prévue comme le proposait Christophe Girard, l'adjoint à la culture socialiste de la Mairie de Paris.Qui peut imaginer une seule seconde que Paris était peuplé uniquement de résistants pendant la guerre ? Qui était persuadé que la vie sous l'occupation allemande était une torture quotidienne pour les parisiens ? Cette exposition a au moins le mérite de décrire une réalité : des théâtres pleins à craquer grâce à la politique culturelle de Goebbels et des gens pas forcément traumatisés par les militaires nazis qui patrouillaient. Sans oublier l'opportunité de découvrir les nombreuses affiches de propagande que Zucca mitraille allègrement. Par contre, les photographies montrant les réserves de nourriture des Halles en plein rationnement sont déjà un peu plus douteuses. Sûrement cette exposition ne fait pas plaisir à ceux qui ont voté Sarkozy, ceux qui appartiennent à cette bourgeoisie qui s'accointe avec les puissants au pouvoir pour ne pas perdre leurs privilèges et leurs intérêts économiques, ceux qui sont touchés de plein fouet par le « pétainisme transcendental » de la France, ceux qui se sont reconnus dans les portraits de bourgeoises s'acoquinant avec les officiers nazis autour de l'Hippodrome de Longchamp... La réalité est parfois difficile à accepter mais qu'aurions-nous fait, nous, à la place de ces parisiens insouciants alors que les rafles s'intensifient, que les combats font rage sur le front russe, que la résistance s'organise dans le maquis, que des dizaines d'hommes sont envoyés au STO, que les alliés préparent le débarquement ? N'aurions pas nous aussi été au théâtre ou nous baigner dans la Seine ?

21 avril 2008

Question 22


Les supporters du PSG auraient-ils trouvé aussi cons qu'eux ?

Ch'ti week-end

Ce week-end, dans le Nord, j'ai entendu parler ch'ti.
(et plein d'autres langues aussi; le nordiste est polyglotte)

Ce week-end, dans le Nord, j'ai vu quatre concerts pour le prix d'un.

Ce week-end, dans le Nord, j'ai mangé de la fricadelle avec des frites.

Ce week-end, dans le Nord, je me suis fait masser par ma cousine.
(c'est ça, la chaleur humaine du Nord ?)

Ce week-end, dans le Nord, j'ai eu de la pluie.
(mais aussi quelques rayons de soleil)


Ce week-end, dans le Nord, je me suis culturé.
(j'ai même été jusqu'aux limites de l'Aisne pour voir le Musée Matisse)

Ce week-end, dans le Nord, j'ai vu des dizaines de maisons en briques rouges.
(même les supermarchés Cora sont en briques)


Ce week-end, dans le Nord, je me suis rendu compte que le film de Dany Boon était caricatural...

... mais pas tant que ça !^^

20 avril 2008

Musée Matisse

Cela faisait plusieurs mois que je rêvais d'aller visiter le Musée Matisse au Cateau-Cambresis dans le Nord. J'avais lu un très bel article dans Télérama qui ne me laissait plus le choix ; il fallait absolument que j'aille me rendre compte par moi-même des merveilles que cache en son sein ce petit musée de Province. A l'issue de la visite, je suis réjoui d'avoir enfin posé le pied dans ce musée même si une petite touche d'amertume trouble un peu mon émerveillement. La donation Alice Tériade ajoute un plus indiénable à la riche collection du musée. Des oeuvres de Picasso, Miro, Laurens, Léger, Chagall... viennent compléter les deux ailes d'origine : l'aile Herbin consacrée à Auguste Herbin et l'aile Matisse du nom du célèbre peintre/sculpteur/colleur naît ici, au Cateau-Cambresis.Dans la première aile, on découvre l'ensemble du travail d'Auguste Herbin. De ses premières toiles marquées par le fauvisme à ses dernières oeuvres résolument cubistes en passant par ses étonnants meubles cubistes ou ses projets de camouflages pour des avions militaires. Sans oublier l'immense vitrail qui attend les visiteurs au bout de l'aile. Dans la suivante, on suit de manière presque chronologique le parcours d'Henri Matisse. De ses premières toiles figuratives dont on sent notamment l'influence de Cézanne à ses fameux collages en passant par ses projets « religieux » (Saint-Paul de Vence, des crucifix ou des patrons pour des aubes de curés), ses dessins érotiques ou ses sculptures monumentales. Sans oublier le plafond représentant ses petits-enfants peint au fusain à l'aide d'une canne à pêche.Finalement, le musée offre une belle promenade parmi des dizaines d'oeuvres d'immenses artistes mais je suis déçu de l'absence d'oeuvres majeures (les Matisse du Centre Pompidou sont nettement plus envoûtants que ceux du Cateau). Une déception imputable également à la médiocrité de l'exposition temporaire du moment ; des toiles immenses signées Bernard Piffaretti. Un artiste dont la géométrie omniprésente a le don de m'agacer prodigieusement... Heureusement qu'il y avait une sculpture de Giacometti dans la cour pour me faire quitter le lieu avec le sourire et l'envie d'y revenir.

17 avril 2008

Blonde Redhead

Concert étrange et étonnant de Blonde Redhead dont le rock psychédélique a envouté Le Bataclan ce soir. En première partie, c'est le groupe Devastations qui nous offre un rock apocalyptique assez entrainant. Enthousiasmé par les deux premières chansons, je reste quand même assez mitigé sur le talent de ce groupe malgré leur bouquet digne d'une fin du monde...


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Après une courte pause, ce sont les membres de Blonde Redhead qui montent sur la scène. Blonde Redhead, je les ai découvert avec le court-métrage Cindy, the Doll is Mine de Bertrand Bonello avec Asia Argento. Dans ce court, le morceau Doll is Mine prend une dimension assez ahurissante. Le spectateur atteint alors un état de transe quasi-extatique. Immédiatement après avoir eu ce coup de foudre aussi bien cinématographique que musical, je me suis emparé de leur album Misery is a butterfly. Je suis alors tombé sous le charme de ce groupe unique. Même si je considère leur nouvel album - 23 - un peu moins bon, je m'empresse de réserver ma place. J'y retrouve Toli et plein d'autres bloggeurs...




Une heure et demi plus tard, j'en ressors envouté par la voix de Kazu Makino et séduit par le rythme étrange et intemporel des morceaux choisis par le groupe. Je ne suis absolument pas déçu par ce show sidérant offert par Blonde Redhead et je reconnais avoir presque connu l'extase avec les morceaux Doll is Mine ou Elephant Woman. Un concert rock presque psychédélique offert par un groupe unique et résolument atypique dans la scène new-yorkaise actuelle.

Doux parfum

Gregor Schneider

A lire, juste parce que je reprends les critiques d'art.

16 avril 2008

Deux petites dames vers le Nord

Caustique et cynique ! Cette pièce permet de rire aux éclats autour du thème de la mort et il n'en faut pas plus pour me séduire. Dans le petit et moche Théâtre de la Pépinière près d'Opéra, Christine Murillo et Catherine Salviat donnent vie à un texte délirant - et plein de finesse - de Pierre Notte : Deux petites dames vers le Nord. Elles campent à la perfection deux femmes dont la mère vient de mourir et qui décident d'aller verser ses cendres sur la tombe de son mari près d'Amiens. Mis en scène par Patrice Kerbrat, la pièce est une succession de petites anecdotes hilarantes et grinçantes qui forment au final un road-movie aussi attachant qu'amusant. Car même si la mort et le passé sont omniprésents, les deux actrices arrivent à mettre suffisamment de distanciation avec leur sujet pour remplacer les larmes par des fous-rires. Sur scène, elles se font plaisir et elles nous font plaisir. Sœurs sur scène, elles le sont aussi à la ville et c'est sans doute pour ça que leur duo marche à merveille. Une pièce pleine d'humour et de charme autour de situations drôles, décalées et fantasques, à l'image de l'introduction sur les bancs du Théâtre de l'Atelier ou sur la route au volant d'un car de soixante places ou encore dans un dancing.

Figuration Narrative

Un art violent et contestataire dont émane toujours l'envie de révolte qui l'a façonné malgré le côté très institutionnel du Grand Palais. La Figuration Narrative, dont j'avais eu une agréable mise en bouche à Lille en novembre, parvient à choquer, à exacerber nos pulsions révolutionnaires, à illustrer une période marqué par une violence politique qui fait rêver. Né dans les années 60, les œuvres sont le témoignage d'une époque qui marqua le paysage politique français. Inspirés autant par la photo, le cinéma, la publicité, la BD que par la peinture classique, les artistes de la Figuration narrative, venus de tous les horizons culturels, détournent l’image pour en révéler des sens inattendus, servir leurs implications politiques et suggérer d’autres narrations.Après les Nouveaux Réalistes l'année dernière, cette exposition marque la deuxième collaboration entre le Grand Palais et le Centre Pompidou. Et je n'ai absolument pas été déçu par cette exposition qui m'a immergé dans l'univers d'artistes que je connaissais déjà et que j'apprécie particulièrement comme Télémaque, Rancillac, Voss, Fromanger ou Fahlstrom. D'autres que j'aime un peu moins comme Adami ou Erro. Mais aussi une découverte de taille Antonio Recalcati dont l'oeuvre m'a profondément marquée. Enfin, j'ai été enchanté du poids donné à Peter Klasen et Jacques Monory dont les oeuvres exposées à l'étage sont fabuleuses. Je suis un inconditionnel de la froideur et du mépris de la société de consommation qui sont omniprésents dans l'oeuvre de ce dernier.
Henri Cueco

J'ai également été épaté par l'oeuvre Vivre et laisser mourir ou la fin tragique de Marcel Duchamp de Gilles Aillaud, Eduardo Arroyo et Antonio Recalcati. Une œuvre étonnante à teneur fortement symbolique. Dans le même style un peu trash et profondément choquant, Le Grand Méchoui par Henri Cueco, Lucien Fleury, Jean-Claude Latil, Michel Parré, Gérard Tisserand présenté dans la dernière salle est un travail assez hallucinant.
Peter Klasen

Après la déception Marie-Antoinette, voilà une exposition que je retournerais vraisemblablement voir avant fin juin et qui ne me fait pas regretter ma carte Sésame !

Devise ?

Bernard Buffet

Je m'empêche de penser pour pouvoir vivre.
[Bernard Buffet]

15 avril 2008

Voilà

Voilà de Philippe Minyana est une pièce drôle et touchante car elle rappelle forcément des petits bouts de nos vies personnelles. Il se fait une joie de croquer avec acidité et légèreté le fameux rituel du dimanche : la visite à des proches qui ne sert qu'à maintenir des liens rassurants avec le passé. Flirtant entre réalisme et absurde, la pièce nous plonge pendant une heure et demi dans la vie de quatre amis. Philippe Minyana peut ainsi explorer avec un regard bienveillant la vacuité de notre existence, le ressassement de la vie quotidienne, l'incommunicabilité des êtres et le temps qui passe. Oscillant entre la tragédie de la vie ("ll ne faut pas laisser le passé submerger le présent sinon on va à la salle de bains se couper les poignets") et le comique de répétition/situation/réflexion, la pièce est une bouffée d'oxygène qui m'a néanmoins un peu laissé sur ma faim. La mise en scène minimaliste (dans un décor monobloc ringard) de Florence Giorgetti au Théâtre du Rond-Point manque parfois de souffle. Les passages musicaux m'ont davantage agacés qu'émoustillés (sauf peut-être celui où leur conversation couverte par la musique est projetée sur le mur du fond). Et puis certains passages paraissent clairement artificiels. Heureusement que les acteurs sont très bons, notamment Nicolas Maury aussi irritant que brillant. Chacun a son grain de folie, sa propre tonalité dramatique et comique ce qui permet à la pièce de brosser un portrait aussi juste qu'amusant, à défaut défaut d'être vraiment touchant dans l'intimité.

Mauvais temps...

Ivan Konstantinovitch Aivazovsky

Il n'y a pas de combats plus consensuels que ceux contre la répression au Tibet, contre la guerre du Darfour ou pour la sauvegarde des requins et des ours polaires. Ce sont des combats apolitiques sur lequel il est facile de se mettre d'accord. L'unanimité qu'obtiennent les questions écologiques en sont un bon exemple. Ceux qui pensent être engagés parce qu'ils envisagent de boycotter les Jeux Olympiques se fourrent le doigt dans l'oeil. Moi aussi je veux bien boycotter les JO, de toute façon, je n'en ai rien à foutre des sportifs et de leurs rêves de médailles. Pourtant, je ne peux m'empêcher de penser que ce n'est pas ça qui ouvrira les portes de l'indépendance et de la liberté aux tibétains. Ceux qui se donnent bonne conscience en s'indignant devant tel ou tel tragique événement me font gerber.

On ne peut plus se contenter de s'indigner, de se montrer choqué ou scandalisé en regardant les informations. L'indignation universalisée autour de thèmes fédérateurs aussi neutres qu'insipides est le fléau de notre société post-moderne. Nous devons faire face à une situation globalisée dont la répression chinois ou la guerre du Darfour ne sont que des épiphénomènes, la partie visible d'un mal beaucoup plus profond qui va ravager la planète si l'on ne s'y oppose pas ici et maintenant. Ce mal porte un nom : le libéralisme. Le réchauffement climatique n'est qu'une conséquence du libéralisme et de la société de consommation dont nous abusons allégrement.

Combattre la répression en Chine ou la guerre au Darfour ne m'intéresse pas. Pleurer sur le réchauffement climatique est une perte de temps. Il y aura toujours des âmes charitables, de droite comme de gauche, pour s'offusquer devant de telles abominations et tenter de faire changer les choses. Je ne condamne pas leurs actions, je m'interroge sur leur portée, sur leur aboutissement. L'humanitaire est une création du libéralisme pour tenter de cautériser les plaies béantes provoquées par les politiques libérales et le travail de sape des organisations internationales.

Plus le temps passe et plus j'ai l'impression d'avancer dans un monde aseptisé, purifié, désinfecté. La consensualité, cette tiédeur assumée mondialisée, m'étouffe. L'édulcoration dont fait preuve notre société m'exaspère. La complaisance qui règne à l'heure actuelle a quelque chose d'agaçant, voire de désespérant. L'homme post-moderne est victime d'un amollissement démoralisant. Il ne vit que pour une télé plasma et des vacances sur la côte, sans voir plus loin que son trou du cul. Or, je suis convaincu que notre quotidien doit redevenir une lutte de tous les jours, une lutte pour que personne ne soit laissé pour compte, pour que chaque individu profite de la vie, de sa vie.

Il ne faut pas se tromper de guerre. Notre ennemi, c'est le libéralisme. Nos bourreaux, ce sont les institutions internationales comme le FMI ou l'OMC. Nous sommes tous des victimes des schémas économiques et sociaux que l'on tente de nous imposer. Il est temps de nous révolter. Il est temps de s'élever contre ceux qui nous laisse crever de faim, de vie, d'amour.

14 avril 2008

Pour en finir avec les abus des pharmacies

Barnett Newman

Chaque mois, je fais trois ou quatre inventaires en pharmacie pour gagner un peu d'argent de poche. Jamais je n'aurais imaginé découvrir un milieu aussi pourri que celui de l'industrie pharmaceutique et de ses tentacules putrides. Du laboratoire au pharmacien, en passant par les grossistes, tout ce petit monde d'hypocrites est corrompu jusque la moelle. Ils profitent de notre système de santé avantageux, de la banalisation de la consommation d'anti-dépresseurs imposée par un monde du travail de plus en plus stressant ou encore du vieillissement de la population pour s'enrichir abondamment. On compte plusieurs dizaines de pharmaciens millionnaires sur la capitale. Sans oublier les avantages en nature dont ils profitent abondamment et qui leurs permettent de partir en vacances aux quatre coins du monde gratuitement grâce au budget marketing des laboratoires (75% de leur budget sont consacrés à la communication). Comment peut-on encore croire à l'impartialité de fonction de « conseil » des pharmaciens quand on connaît les coulisses du milieu ?

Pourtant, ce monde pourri n'est visiblement pas suffisamment libéral pour la Commission Européenne. Effectivement, cette dernière remet en cause la législation française qui impose que le capital d’une officine soit détenu par un ou plusieurs pharmaciens. L’ouverture du capital des officines aurait des conséquences immédiates : l’entrée en force des investisseurs issus du secteur pharmaceutique (industrie et répartition) avec la constitution de chaînes de pharmacies voire des investisseurs extérieurs plongeant alors la pharmacie hexagonale dans la jungle spéculativo-financière globale qui a démontré, partout où elle s’est épanouie, ses effets délétères. Dans cette hypothèse funeste, on peut imaginer le véritable cataclysme économique, social et éthique qui frapperait la sphère officinale où la notion même de Santé Publique passerait promptement aux oubliettes abyssales de la sacro-sainte rentabilité.

C'est le même point de vue qui est défendu dans le rapport Attali qui se propose de supprimer la réglementation des pharmacies afin de briser le monopole qu'elles exercent sur certains produits, notamment les médicaments non-remboursés. Les laboratoires ne souhaitant pas forcément baisser leurs prix, comment une telle mesure pourrait avoir des répercussions sur le prix de vente de ces médicaments, déjà les moins chers d'Europe ? La seul conséquence envisageable est bien une hausse de la consommation de ce poison à retardement. Légalement, les médicaments non remboursés ne peuvent être vendus qu’en pharmacie. Car, si ces produits portent l'appellation « médicaments », c'est qu'il y a sûrement une raison. Aller à l'encontre de cette réglementation pourrait avoir des conséquences irrévocables sur la Santé Publique. Bien que je considère que les pharmaciens ne sont que des épiciers de la maladie (avec une gestion tout aussi détestable de leurs périmés), j'ai du mal à envisager de les voir tomber dans l'escarcelle des grandes surfaces.

Pourtant, Michel-Edouard Leclerc, le Robin des Bois du Pouvoir d'Achat, sautant sur cette occasion providentielle, lance donc une nouvelle campagne médiatique pour obtenir l’autorisation de vendre des médicaments non remboursés dans son réseau de parapharmacies. Sa promesse: faire baisser les prix de 25%. Ineptie ! Baliverne ! Fadaise ! Il n'y a qu'à observer les produits déjà commercialisés dans le réseau de parapharmacies Leclerc pour se rendre compte qu'ils ne sont pas moins chers que dans des pharmacies classiques. Leclerc confond médicaments et marchandises, pharmaciens et chefs de rayons. Il considère le médicament comme un bien de consommation usuel banalifié à l'extrême. Or, le marché de la santé n'est pas extensible à l'infini. Inconsciemment, Leclerc encourage une surconsommation de médicaments en voulant les rendre plus abordables pour les français qui vont faire leurs courses le samedi après-midi. Qu'en est-il du rappel de la posologie dans ces conditions ?

Encore une fois, ceux qui nous gouvernent, sont aller lorgner du côté des Etats-Unis. Or, même ces derniers reviennent en arrière sur la libéralisation à outrance de leur réseau de distribution pharmaceutique après avoir connu une forte hausse d'accidents, d'intoxications ou d'intéractions douteuses entre les médicaments. Pour ma part, je vous propose d'aller plutôt observer le fonctionnement du système de santé suédois. En Suède, les pharmacies sont totalement nationalisées. Il y a un véritable monopole étatique sur la vente des médicaments. Dans ces très sérieuses Apotetek, le conseil est plus efficace que dans nos pharmacies françaises car radicalement opposé au principe même de rentabilité. De plus, une telle mesure aurait une conséquence évidente sur le financement de l'Assurance Maladie. En contrôlant le dernier échelon de la vente de médicaments, l'Etat en contrôle le prix et la consommation. Moins d'abus et donc, à la clé, une économie évidente au niveau de la Sécurité Sociale. Et puis, en Suède, les pharmacies étatiques sont autorisées à vendre le plus librement du monde des sex-toys et autres huiles érotiques des plus aguichantes...

13 avril 2008

Lassitude ?

Joan Mitchell

Les blogs m'emmerdent profondément...

... sauf le mien et peut-être le tien.

11 avril 2008

Barbouze


Crise de la vingt-deuxaine ?

Toxicomane ?

Max Ernst

Il y a deux ans, je prenais la tête du Stade de Reims-Champagne. Je trouve une équipe tout juste bonne à finir dans le ventre mou de Ligue 2. Aucun joueur ne peut prétendre à une place de premier ordre si ce n'est peut-être Nabil Taïder, arrivé de Toulouse juste avant ma prise de fonction. Il me faut donc recruter de nouveaux joueurs afin d'espérer monter en Ligue 1 dès ma première saison à la tête du club mythique de ma ville natale. Malheureusement, mon budget est excessivement faible. J'ai beau revendre quelques joueurs dont je n'ai aucune utilité, je ne parviens pas rassembler suffisamment d'argent pour faire venir des joueurs au potentiel un peu conséquent. Je décide donc de recruter quelques anciens internationaux en fin de carrière et aux exigences salariales modestes. Frédéric Déhu, Eric Carrière, Steve Marlet, José-Karl Pierre-Fanfan ou encore Cyril Chapuis rejoindront alors les rangs de mon club. A équipe modeste, stratégie modeste. Après avoir vaguement essayé un 4-4-2 classique, je me rends rapidement compte que mon équipe est trop faible défensivement parlant. J'adopte alors un 5-3-2 qui se révèle très efficace. Après m'être fait éliminer bêtement dès le premier tour de la Coupe de la Ligue, je parviens quand même à atteindre la finale de la Coupe de France (perdue 2-1 contre l'Olympique Lyonnais) et surtout à remporter haut-la-main le championnat de deuxième division française. Me voilà en route pour la Ligue 1 et ses enjeux d'un niveau supérieur.

Eric Carrière a fait une saison épatante et il rempile donc pour une saison supplémentaire. Mais il me faut évidemment renforcer mon effectif si je veux me maintenir en Ligue 1. Je propose des contrats à plusieurs grands noms du football européen au chômage. Malheureusement, il faut bien reconnaitre que le Stade de Reims n'est pas forcément un club très attrayant. Après multes négociations, je parviens quand même à faire venir Fabio Santos et Tiago Motta, deux milieux de terrain brésiliens qui vont venir épauler ma révélation de l'année précédente : Bovio, un joueur que j'avais débauché au Panathinaïkos. Je me fais également prêter deux défenseurs centraux, deux jeunes espoirs qui me seront très précieux tout au long de la saison : Sandy Paillot (OL) et Ganddi Ngoyi (PSG). Enfin, je dépense l'intégralité de mon budget consacré aux transferts (6 millions d'euros) pour faire signer Zlatan Ljubijankic en provenance du Sparta Prague.

Evidemment, mon équipe n'effraie personne et les pronostics me voient déjà redescendre en Ligue 2 aussi vite que je suis monté. Pourtant, les premiers matchs sont très prometteurs. Même en Coupe d'Europe (dont la place m'avait été accordée pour ma participation à la finale de la Coupe de France), je parviens à accrocher des résultats assez sidérants ! Après une saison fabuleuse, au mois de mai 2009, je remporte la Ligue 1 avec 10 points d'avance sur l'Olympique Lyonnais, je gagne la Coupe de la Ligue et surtout m'impose en Coupe d'Europe après avoir battu des clubs aussi prestigieux que Newcastle, Séville ou encore Schalke 04.

Mes qualités d'entraineur sont reconnues à travers le monde entier, d'autant plus que je gagne matchs sur matchs avec l'équipe du Maroc que je supervise. Des clubs prestigieux essayent de me faire quitter le Stade de Reims. Malgré les problèmes financiers de celui-ci et l'impossibilité pour moi de recruter les joueurs que je souhaite, je décide de rempiler pour une nouvelle saison que j'espère riche en succès divers. C'est le début d'une grande aventure humaine et sportive. A moins qu'une fois le concours du CELSA passé, je décide une bonne fois pour toute de désinstaller ce jeu chronophage duquel je pensais mettre définitivement libéré. J'avais réussi à tenir presque deux ans et demi sans vivre cette deuxième vie à la tête d'un club de foot mais malheureusement, les deux dernières semaines m'ont été fatales. Comme quoi, quelque soit la drogue, on n'est jamais à l'abri d'une rechute, aussi dévastatrice que l'addiction était importante...

10 avril 2008

Résistant ?

René Magritte

La Culture est une résistance à la Distraction.
[Pier Paolo Pasolini]

08 avril 2008

Réveillé ?

Adolph Gottlieb

Peut-il y avoir une corrélation entre mon plaisir d'avoir 22 ans et l'euphorie que j'éprouve à saisir un 22:22 sur un réveil analogique ?

Fragments

Une heure de plaisir intense ! Une heure de théâtre plein d'humanité ! Une heure aussi délicate qu'éblouissante ! Les Bouffes du Nord présentent actuellement Fragments de Samuel Beckett mis en scène par Peter Brook. Bouffée d'oxygène, intemporalité du moment, humour sans faille, complicité ravageuse du trio d'acteurs sidérant. Cinq petites saynètes, cinq petites pépites signées Beckett. Je m'attendais à quelque chose de noir et pessimiste. J'en suis ressorti joyeux et plein d'allant. Mise en scène minimaliste pour faire ressortir chacune des tirades, magnifique mise en valeur de la scène du théâtre. Peter Brook célèbre le texte (joué en anglais et traduit par Beckett himself sur les murs) et rien que le texte de Beckett ! Avec Rough for theatre, Beckett croque avec délice la condition humaine. Avec Rockaby, il nous entraine dans un dédale de mots, un labyrinthe linguistique qui se dénoue au fur et à mesure grâce à l'interprétation fabuleuse de Kathryn Hunter. Avec Act without words, Jos Houben et Marcello Magni nous offre une fable muette pleine d'autodérision où la morale pourrait aussi bien être "les carottes rendent aimable" que "prenez la vie du bon côté". Neither est passé tellement vite que je n'ai pas eu le temps d'en saisir la portée et enfin, Come and Go a un charme délicieusement anglais et une mélancolie raffinée du plus bel effet.
Samuel Beckett m'a envouté avec son sens du rythme et son observation aiguë de la société contemporaine et je ne peux que conseiller ce spectacle au charme indicible. Et ce n'est pas Michel Piccoli, assis quelques sièges plus loin, qui me contredira...^^

One more year

Structure éphémère contemporaine réalisée par mon colocataire Loickque et explicitement baptisée
Happening pour une cuisine un jour d'anniversaire
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Rien à dire ! Rien à raconter ! Je pourrais parler art, ou politique ! Mais non, pas envie, plus envie ! Le Tibet, la Betancourt, le pouvoir d'achat... Je suis blasé par le monde qui m'entoure ! Le mieux c'est que je parle de moi ! Parce que je n'ai que moi et que je m'aime ! Je m'aime un peu, beaucoup, passionnément ! Parce que aujourd'hui, c'est mon jour à moi et rien qu'à moi ! Je me trouve génial comme mec ! Je serais n'importe qui, j'aurais envie de me sauter dessus et de me faire l'amour sauvagement, sans capote ! Baiser sans capote, c'est le seul risque qu'on peut encore prendre dans notre société aseptisée, rien que pour la peur de l'instant, l'excitation du moment ! Et puis après je regretterais ! J'ai une faculté à regretter ! A aller de l'avant avec des regrets ! C'est particulier, c'est paradoxal mais j'aime être paradoxal ! Je l'ai déjà dit ici ! C'est sûrement pour ça que je suis aussi excitant ! J'aimerais écrire comme Louis-Ferdinand Céline ! Mais avec des points d'exclamation ! On les appelle aussi point d'admiration ! Parce que je suis admirable ! Et admiratif aussi parfois ! Mais c'est plus rare ! Parce que suis génial ! Je peux pas être génial et admirer les autres ! Me noyer dans les compliments tout en sachant que je surnage au-dessus de la masse ! J'y peux rien ! J'ai toujours été génial ! Aussi loin que mes souvenirs remontent, j'ai toujours brillé ! Brillé en société, brillé en privé, brillé en famille ! Brillé à l'intérieur et à l'extérieur ! Je scintille de mille feux ! J'éblouis parfois ! Et puis des fois je déçois ! C'est rare que je déçoive ! Mais ça arrive ! Je crois tellement que je suis parfait que les gens doivent réellement penser que je suis parfait ! Alors qu'en fait, je fais juste illusion d'être parfait ! Mais je flirte avec grâce avec la perfection, je surfe avec désinvolture sur mes multiples talents, sur ma facilité naturelle ! Je suis un élément, pas toujours dans mon élément mais adaptable, adaptable partout, tout le temps ! Un vrai caméléon mondain ! Preuve de ma grande intelligence ! Et je le dis sans indigence ! Je suis inouï ! Je sublime tout ce qui m'entoure ! Je suis entouré d'un halo, un rayon intersidéral qui me transforme en Apollon ! Une pensée devenue aphorisme : j'explose dans des milliers de jets de peinture... comme une toile de Pollock, comme une éjaculation précoce ; j'ai 22 ans !

06 avril 2008

Question 21

Jules Adler

Vous pensez sérieusement que les FARC en ont quelque chose à foutre de vos marches blanches ?


Bonheur ?

Il y a une semaine exactement, je voyais Le Commencement du Bonheur à la MC93. Aujourd'hui, je me rendais au Théâtre du Vieux Colombier pour voir la pièce intitulée de manière grandiloquente Bonheur?. Pourvu que ça dure oserais-je espérer...

Je dois bien reconnaitre que je n'ai guère apprécié cette pièce. Le texte d'Emmanuel Darley manque cruellement de fil directeur. On assiste médusé à un entrelacs d'histoires saugrenues vaguement rattachées au thème central du bonheur. Il n'y a pas vraiment de suite logique, plutôt un gros bordel joyeusement orchestré par le madrilène Andrès Lima. Les acteurs se débrouillent pas trop mal - notamment les intermèdes dansants de Shahrokh Moshkin Ghalam - et parviennent à se dépêtrer d'un univers déjanté et loufoque pour instiller un minimum d'humour passant par quelques répliques bien trouvées. Mais là encore, le texte est maladroit. Il tente vainement d'instaurer un discours politique, particulièrement critique envers Sarkozy et toute sa clique mais ces attaques - pas nécessairement sans fondement - arrivent comme un cheveux sur la soupe au milieu de la pièce. Un minimum d'intégration au récit aurait été souhaitable.

Le texte aborde un thème assurément vague sur lequel de multiples variations sont possibles. Le chemin choisi par Emmanuel Darley m'a laissé de marbre, la mise en scène foutraque et brouillonne d'Andrès Lima ayant suffit à achever mes derniers espoirs de connaitre un bref instant de bonheur dans cette salle annexe de la Comédie Française...

05 avril 2008

Ligne de vie

Robert Motherwell

J'appréhende ma vie comme une œuvre d'art.

Alex Beaupain

Alex Beaupain au Café de la Danse près de Bastille ? J'en rêvais, le merveilleux Toli a exaucé mon voeu ! Et ce fut un moment vraiment unique, une plongée dans un univers à part entière, un monde où la tristesse et la mélancolie ne sont pas bannies mais bel et bien érigées au rang de valeurs refuge ! Après une première partie sympathique sans grande originalité (je n'ai même pas retenu le nom de l'artiste franchouillard qui s'est produit devant nous), Alex Beaupain monte sur scène et s'assoit directement devant son piano pour commencer avec Brooklyn Bridge, le morceau qu'il interprète dans Les chansons d'amour ! J'avoue ici mon ignorance : je ne connais que la bande-originale du film de Christophe Honoré, Christophe Honoré qui était d'ailleurs assis à moins de deux mètres de moi ! Mais je prends un réel plaisir à découvrir ses morceaux, des morceaux dans lesquels on ressent la large part autobiographique à l'origine de l'émotion que le public ressent. Un public jeune et branchouille qui en redemande et en redemande. Car sur scène, Alex Beaupoint - clin d'oeil à Jean-Paul Rouve et Gilles Lellouche - ne se foule pas. Il laisse de côté de nombreuses chansons, des chansons que j'attendais particulièrement comme Delta Charlie Delta ou Inventaire. Une heure maximum avec trois ou quatre rappels (dont un massacré par Grégoire Leprince-Ringuet venu en guest-star et déjà aperçu dans le public au début du concert) parsemé de petites touches d'humour qui paraissent bien souvent artificielles !Un moment unique, chargé d'émotions et de souvenirs... sans oublier les images du film qui défilaient sous mes yeux, notamment sur Je n'aime que toi, chanson complètement différente lorsqu'elle est uniquement interprétée par Alex Beaupain ! Il ne manquait que Louis Garrel et Clotilde Hesme pour la fête soit totale !