30 octobre 2008

Les portraits d'Antoon Van Dyck

Le Musée Jacqumart-André semble faire quelques efforts de communication appréciables pour l'un des plus beaux musées privés de Paris. Effectivement, j'étais invité, avec une dizaine d'autres bloggeurs, à une visite guidée dans des conditions optimales de l'exposition Antoon Van Dyck dont on entend beaucoup parler. Autant dire que l'invitation était audacieuse après la critique particulièrement désobligeante que j'avais faite à l'issue de la visite de l'exposition Fragonard l'an dernier et le manque cruel d'intérêt que j'avais pu avoir pour les gravures de Van Dyck exposées au Louvre il y a quelques mois.Malheureusement, je vais avoir du mal à être davantage enthousiaste à l'issue de cette immersion dans l'art du portrait d'Antoon Van Dyck (prononcez Dek comme notre guide, ça donne un certain style). D'une part, l'espace d'exposition est le même. Autant dire que je plains de tout mon coeur tous les visiteurs qui n'auront pas la chance de visiter l'exposition dans les mêmes conditions que moi, qui devront faire la queue pour lire les cartels miniatures, qui devront accepter de se faire marcher sur les pieds pour découvrir les détails de l'oeuvre, qui étoufferont à chaque changement de salle tant l'espace de circulation est réduit, d'autant plus réduit que les oeuvres exposées sont des grands formats qui demande un certain recul pas toujours suffisant. Heureusement, à défaut d'être pratique, il faut bien reconnaître que ces salles ont le mérite d'être un bel écrin pour les portraits de Van Dyck et que le velours recouvrant les murs a un petit charme suranné.L'un des facteurs de mon rejet de cette exposition n'est autre que l'oeuvre de Van Dyck pour laquelle je n'ai pas d'affinité particulière et dont je peux apprécier la maitrise technique (notamment sur certains portraits de nobles plein de détails incroyables) mais absolument pas ressentir la moindre émotion devant ces bourgeois pétant plus haut que leur cul se faisant tirer le portrait pour quelques pièces. Et ce n'est pas la visite guidée flirtant avec l'amateurisme qui va me faire changer d'avis sur le prétendu génie d'Antoon Van Dyck. Je compte particulièrement sur JM - que j'avais gracieusement invité pour le remercier des merveilleux concerts auxquels il m'avait convié ces dernier temps - pour ce qui est de pointer du doigt les incohérences de notre guide – par ailleurs charmante – mais je dois m'avouer assez déçu qu'un musée comme le Musée Jacquemart-André se permette de telles approximations dans une exposition aussi majeure à en croire le blabla des commissaires dans le magnifique dossier de presse que l'on m'a remis.J'espère que ma franchise et mon intégrité intellectuelle ne m'éloignera pas de ces visites hautement appréciables, d'autant plus que je n'aurais sûrement pas payé un kopek pour voir cette exposition qui, sur le papier, ne m'emballait pas plus que ça.

Destinataire

Mimmo Paladino

En fin de compte, même si je m'adresse à toi, je n'écris pas mon blog pour toi.

Georges Rouault, un artiste inclassable

Après ma critique sévère de l'exposition Pollock et le chamanisme, je me dois de tempérer la haine que je nourris contre la Pinacothèque de Paris. Grâce à leur mauvaise organisation, j'ai pu m'introduire gratuitement dans l'exposition baptisée Georges Rouault, un artiste inclassable. Je reconnais que je connais assez mal l'oeuvre de Rouault. C'est pourquoi, j'ai été étrangement conquis par la découverte de la collection japonaise Idemitsu exposées pour la première fois en France depuis la seconde guerre mondiale.

Malheureusement, si j'ai été conquis par les toiles, je l'ai été nettement moins par la scénographie de Marc Restellini, visiblement piètre commissaire et piètre communicant motivé davantage par l'appât du gain que par une quelconque conscience artistique. Sa scénographie brouillonne nous emmêle dans la chronologie. Je n'ai rien contre les expositions allant à l'encontre des accrochages chronologiques mais encore faut-il qu'elles aient une problématique, des thématiques fortes pour ne pas perdre leurs visiteurs. Ce n'est absolument pas le cas de ce déballage que Marc Restellini se contente d'accrocher suivant des motifs qui ne séduisent que lui – et peut-être la fine équipe de lèche-culs qui doit l'entourer.

Et c'est dommage de gâcher ainsi la fête qu'aurait dû être le cinquantenaire de la mort de l'artiste. Car l'oeuvre de Georges Rouault détient une force incomparable, une puissance émanant de l'intérieur, une violence concentrée qui prend forme sur la surface de la toile. Et cette puissance, cet émoi qui parcourt l'exposition va crescendo au fur et à mesure que l'on découvre de nouveaux tableaux – je n'évoque pas les fusains, aquarelles et autres encres finalement assez négligeables – et que l'on se prend à admirer chaque coup de pinceau comme autant de trait d'un génie méconnu. La texture, la couleur, le mouvement, l'atmosphère générale, tout laisse à croire que l'oeuvre de Rouault est traversée par une foi, une sacralité pas usurpée. Et c'est évidemment dans les représentations les plus pieuses, les plus religieuses que l'émotion se fait la plus forte. Ses christs sont renversants. Et, l'espace d'un instant, on oublie la superficialité du lieu, pour pénétrer de tout son être dans la peinture de Rouault.

Par ailleurs, les parallèles réalisés avec des estampes japonaises – reproduites en taille réduite de manière médiocre sur le mur – sont intéressants, voire pertinents, à défaut d'être bien orchestrés. Finalement, l'exposition est transpercée du début à la fin du spectre de ce qu'elle aurait pu être, de ce qu'elle aurait dû être...

Privilèges

Koichi Tanaka

Le désir du privilège et le goût de l’égalité, passions dominantes et contradictoires des Français de toute époque.
[Charles de Gaulle]


Pollock et le chamanisme

J'aime Pollock. J'aime Jackson Pollock et d'une manière générale, j'aime l'expressionnisme abstrait américain. Je dois même reconnaître que c'est un mouvement artistique que je maitrise plutôt bien, aussi bien en terme de considérations esthétiques (action paintings, drippings, colorfield paintings) qu'en terme de volontés politiques (basculement du rapport de force entre Paris et New-York) et d'influences (l'art amérindiens mais aussi le surréalisme et le cubisme). C'est pourquoi j'attendais avec impatience l'ouverture de l'exposition Pollock et le chamanisme dont je suis l'élaboration depuis deux ans. J'étais curieux de voir cette « relecture » de l'oeuvre de Pollock promise par la Pinacothèque de Paris. J'étais avide de savoir comment les commissaires de l'exposition parviendrait à exploiter le rapport entre le chamanisme et l'art subtil de Jackson Pollock.

Après avoir déambulé dans l'exposition, approfondi certains rapprochements, m'être intéressé à l'ensemble des oeuvres et travaux rassemblés, c'est de la déception que j'éprouve. D'une part, parce qu'il n'y a rien de très novateur dans la manière de présenter l'oeuvre de Pollock et d'autre part parce qu'il n'y a aucune oeuvre majeure du peintre réunie dans l'exposition, si ce n'est peut-être une ou deux toiles qui valent vraiment le détour. Car, à mon goût, la véritable star de l'exposition n'est autre qu'André Masson dont des toiles magnifiques viennent ponctuées l'exposition et démontrées l'importance de la démarche surréaliste – et principalement de l'oeuvre picturale de Masson ou Miro – sur les toiles de Pollock. L'influence « chamanique » est vaguement illustrée par des objets du quotidien amérindiens (totems, outils, masques...) censés démontrer un lien fort avec le culte des ancêtres. Or, l'exposition est clairement dépouillée de toute trace sacrée (à l'exception de la pathétique vidéo tournant en boucle dans un fade couloir improvisé). Est-ce l'aspect assurément mercantile du lieu qui influe sur le sujet des expositions ou est-ce tout simplement que les commissaires sont complètement passés à côté de la relecture promise ? Et ce n'est ni la scénographie brouillonne, ni l'absence de grand format, ni le blog minable mis en ligne par la pinacothèque, ni l'horreur de la cave immonde dans laquelle est organisée l'exposition qui permettent de relever le niveau d'une exposition mineure de cette rentrée.

Enfin, j'aimerais conclure en précisant que l'art de Pollock doit aussi beaucoup à la psychologie et en particulier la psychologie jungienne et que les commissaires ne sont pas parvenus à illustrer cet apport finalement davantage négligé jusqu'à présent que l'influence de l'art amérindien. Effectivement, cette influence ne fait l'objet d'aucune étude sérieuse contrairement à l'influence de l'art primitif, influence qui n'est d'ailleurs pas si novatrice que ça au vue de l'influence des artistes primitifs africains sur le cubisme 50 ans plus tôt et dont l'expressionnisme abstrait est une sorte de réponse américaine comme en témoigne les premières oeuvres « figuratives » de Pollock clairement inspirées de Picasso, Braque ou Gris.

Heureusement que j'ai pu m'introduire gratuitement – et sans le faire exprès – dans l'exposition consacrée à Georges Rouault et qui s'avère nettement plus intéressante.

28 octobre 2008

Aphorisme

Gaston Chaissac

Je rêve que mes petites phrases griffonnées sur mon blog prennent un jour valeur d'aphorismes cités par les plus éminents penseurs de notre société.

27 octobre 2008

Beethoven

Albers Josef

J'aime Beethoven. La virtuosité de sa musique me touche. Ainsi, lorsque JM me proposa de m'inviter à la salle Pleyel pour entendre la première et la neuvième symphonie, j'exultais. J'étais ravi surtout que je n'avais jusqu'alors jamais assisté à une représentation dans un esprit baroque, avec des instruments nécessairement d'époque. J'avais hâte de découvrir sur scène les notes, les airs célèbres de son ultime symphonie achevée en 1824 alors qu'il était déjà sourd. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que je n'ai pas été déçu.

Après un délicieux - et énorme ! - macaron au chocolat et une première symphonie (25 minutes d'une rare intensité) en guise de mise en bouche, les choses sérieuses peuvent commencer. Pendant plus d'une heure, mes oreilles hurleront de plaisir au rythme des accords enchainés avec talents par les musiciens de l'orchestre Anima Eterna sous la direction de Jos van Immersel. Le début du deuxième mouvement, le passage le plus connu, est un véritable ravissement mais c'est dans le quatrième mouvement - dans lequel il y a la fameuse Ode à la Joie, hymne européen de son état - que le plaisir atteint son acmé. Lorsque le choeur et Anna-Kristina Kaapola - soprano -, Marianne Beate Kielland - alto-, Markus Schafer - ténor- et Thomas Bauer -basse- font leur entrée sur scène, l'excitation est à son comble. C'est dans ces dernières minutes que j'apprécie encore plus le fait d'être assis au premier rang tant l'intensité, la puissance de la composition me cloue littéralement à mon fauteuil.

Quelques heures plus tard, les passages les plus forts de ces symphonies continuent de résonner dans ma tête, dans une qualité et une précision qu'aucun enregistrement téléchargé sur emule ne pourra jamais égaler.

Problème

Lucio Fontana

En fin de compte, mon problème, c'est que je n'ai pas de problème.

26 octobre 2008

Figaro divorce au Français

En lisant la programmation de la Comédie Française, je m'étais laissé séduire par le concept proposé par Figaro divorce d'Odon von Horvarth. Effectivement, l'auteur a décidé de reprendre l'intrigue du Mariage de Figaro là où Beaumarchais l'avait laissé. Dans Le mariage de Figaro, on sent qu'une Révolution approche. La première scène du premier acte de Figaro divorce montre la fuite du Comte et de la Comtesse Almavira accompagnés de leurs valets Figaro et Suzanne.

A partir de ce point de départ, dans la première partie, Odon von Horvarth capte des moments de la vie de ces valets devenus maîtres de leur destin (mais sont-ils vraiment libres de quoique ce soit quand on les voit ramper devant les clients de leur salon de coiffure, minables petits bourgeois d'une bourgade de Province) et de ces aristocrates déchus ne voulant pas accepter les événements de l'Histoire. Il croque la vie petite-bourgeoise avec ironie et un doux mélange de malice et répugnance.

La deuxième partie est plus amère. Figaro vient de divorcer et rentre en France pour prendre le poste d'intendant du chateau du Comte Almavira, transformé en centre d'accueil pour pupilles de la nation. On y découvre la désillusion post-révolutionnaire illustré par le débat stérile entre Figaro et Pédrille pour savoir lequel est le plus engagé dans la lutte révolutionnaire ou encore par la réplique sans appel de Figaro : "Rien n'est autant haï ni méprisé dans ce monde qu'un homme honnête et débrouillard. Une seule solution : il faut choisir. L'honnêteté ou la débrouillardise. Moi j'ai choisi".

J'ai beaucoup aimé le texte de Odon von Ovarth (drôle, acerbe, noire, pessimiste et incisive), j'ai apprécié à sa juste valeur l'interprétation parfaite des comédiens (Michel Vuillermoz absolument génial) mais j'ai eu beaucoup de mal avec la mise en scène de Jacques Lassalle. Classique - pour ne pas dire ringarde - et surtout manquant terriblement de rythme et d'inventivité. Il y avait sûrement moyen de raccourcir un peu la pièce grâce à une mise en scène plus punchy et plus emballante. Car finalement, quand il s'agit de décrire le quotidien, il n'y a rien de plus ennuyeux qu'une mise en scène plate et fade. Et puis j'ai eu beaucoup de mal à saisir l'intérêt des sons diffusés par moment, inappropriés le plus souvent, couvrant la voix des comédiens parfois. Sans oublier les décors absolument atroces sans aucune cohérence d'époque ou de lieu.

Malgré ces défauts un peu redhibitoires, je dois reconnaitre que c'est toujours plaisir d'aller à l'orchestre de la Comédie Française pour 5 euros ! Et cela m'a donné envie de redécouvrir le texte de Beaumarchais, sûrement au Français dans les semaines à venir...

Sang

Hermann Nitsch

Le sang des capitalistes doit couler.

Pourquoi j'ai mangé mon père

Selon mes grands parents, le texte de Roy Lewis Pourquoi j'ai mangé mon père ? est un texte absurde exceptionnellement drôle. Quand ils m'ont proposé il y a quelques jours de m'inviter voir son adaptation sur la scène de la Manufacture des Abbesses, je me suis donc empressé d'accepter, ne serait-ce que pour découvrir ce nouveau théâtre ouvert il y a quelques mois dans le XVIIIème arrondissement.

Malheureusement, il faut bien reconnaître que j'en suis ressorti effroyablement déçu – même si j'ai acheté le court bouquin de Roy Lewis afin de découvrir le texte original – après deux heures de représentation. Si l'acteur (Damien Ricour) se donne à fond et signe ici une performance épatante, l'abus chronique qu'il fait des onomatopées et autres mimiques redondantes rend la pièce inaudible. Et c'est bien dommage parce qu'entre deux prouesses plus proches du beat-box que du théâtre, le texte est amusant et bénéficie de quelques répliques finement ciselées.

En revanche, j'ai apprécié l'absence totale de décor (hormis une plante verte trônant dans un coin de la scène) qui permet aux spectateurs de faire preuve d'imagination pour se représenter chaque scène dans un coin de sa tête. Et il faut bien reconnaître que de situations cocasses en jeux de mots bien trouvés, le texte avance à un rythme effréné, ce qui évite de s'emmerder pendant ce one-man-show littéraire.

22 octobre 2008

Entrejambe

Artur Heras

Pourquoi mes jeans sont-ils TOUS troués, déchirés, lacérés à l'entrejambe ?

21 octobre 2008

Incendies

Il y a six mois, je découvrais - grâce à Télérama - la pièce Forêts de Wadji Mouawad au Théâtre 71 de Malakoff. Séduit par cette grande fresque familiale tordue, torturée et tortueuse, je décide de réitérer ma plongée dans l'univers de Mouawad avec Incendies au Théâtre de la Colline.

L'univers et les thématiques développées sont les mêmes que dans son spectacle précédent, avec peut-être un zeste de retenue supplémentaire, ce qui n'est pas pour me déplaire en raison du niveau de perversion et d'horreur déjà atteint dans cette pièce. Les relations familiales sont au coeur des rapports humains, des dialogues ou de l'absence de dialogue à l'image de cette mère muette dont on n'apprendra qu'à la fin pourquoi elle a subitement renoncé à s'exprimer. Cette pièce est également plus politique que la précédente avec l'omniprésence de la guerre au Liban à la réalité dont il devient impossible de fuir. Une pièce également plus cynique avec notamment toute la partie joué par un sniper fou aussi hilarante que bouleversante tant le décalage entre l'humour du passage et la violence des actes est difficile à assumer.

Après plus de trois heures menées à batons rompus dans une mise en scène minimaliste, dépouillée, efficace de Stanislas Nordey, on ressort abasourdi mais néanmoins ravi de ce spectacle franco-quebecquois (les expressions et autres insultes quebecquoises apportent indubitablement un charme supplémentaire à la pièce) à la violence extrême et au ton sans concession.

20 octobre 2008

Lecture

Piotr Klemenziewicz

Assieds toi, lis moi, laisse entrer le poison de mes mots dans ton cerveau. Ne résiste pas, laisse toi séduire. Ne lutte pas, laisse toi partir.

Assieds toi et lis moi.


18 octobre 2008

Riders to the Sea

Reprise au Grand Théâtre de Reims de Riders to the Sea de R. Vaughan Williams précédé de Songs of Travel, un cycle de mélodies du même R. Vaughan Williams. Cette introduction censée compenser la faible durée de la pièce est finalement assez ridicule. Enfoncée par une mise en scène grotesque – le texte est projeté en anglais et en français sur le rideau rouge avec des projections d'images surannées qui suffisent à retirer toute intensité dramatique aux chansons –, elle ne parvient à aucun moment à émouvoir malgré la voix du baryton Patrice Verdelet.

Heureusement, l'opéra – adapté de la pièce Riders to the Sea de Synge – est quand même nettement meilleur même s'il ne m'a que très peu touché. L'action se situe sur une petite île au large de l'Irlande, dans un petit village de pêcheurs. Au moment où la pièce commence, nous apprenons qu'un homme vient de mourir, emporté par l'Océan au cours d'une sortie en mer. Sa mère éplorée – qui a déjà perdu son mari et trois fils - va rapidement apprendre cette mort puis celle de son dernier fils dans une révélation à la limite du fantastique jouant beaucoup sur l'aspect dramatique de la pièce. Les chansons, tristes et sincères, sont néanmoins gâchées par la faiblesse de l'intrigue. Finalement, trois quart d'heure plus tard, on se rend compte qu'il ne s'est pas passé grand chose. On a assisté impuissants à la mort de deux hommes suivie par les cris déchirants des femmes restées sur la terre ferme mais cela n'est pas parvenu à m'intéresser, à me toucher, à me séduire.Les costumes et les décors, mis en valeur par un éclairage esthétiquement réussi, permettent de sauver la pièce, gâchée par les errements du texte et surtout les scolaires venus en nombre. Un flot incessant de bavardages produit par des petits cons de lycéens n'hésitant pas à sortir, changer de place, remuer, rire aux éclats sans se soucier des désagréments qu'ils pouvaient causer autour d'eux et sans que leurs profs ne prennent la peine d'intervenir pour les calmer, les séparer ou les expulser. Un vrai cauchemar qui a certainement eu une influence sur mon appréciation négative de cet opéra.

La Rivolta

Luigi Russolo

La crise financière me rend perplexe. Cette crise, je l'ai prédite, je l'ai imaginée, je l'ai fantasmée, je l'ai souhaitée ardemment. J'ai démontré dans de nombreux articles pourquoi elle était inévitable, inéluctable. Cette crise est la conséquence directe d'une déconnexion entre la sphère financière et l'économie réelle. Elle est la résultante de l'invention d'outils financiers de plus en plus complexes, de plus en plus risqués et de la spéculation inhérente au Marché. Cette crise m'enchante car, d'une part, elle me donne raison et, d'une autre part, elle donne une lueur d'espoir d'en finir un jour avec les lois économiques qui nous gouvernent. Chaque nouvelle chute me rend extatique. Chaque nouvelle faillite me transporte de joie.

Pourtant, l'ensemble a un goût d'inachevé. J'ai l'impression que l'on passe à côté d'un moment décisif, d'une opportunité unique. Que c'est maintenant et tout de suite que nous devons réagir, que nous devons porter au capitalisme un coup ultime, fatal pour son avenir. Il semble désormais évident que nous devons en finir avec cette génératrice d'inégalités pourrissant le monde depuis trop longtemps. Pourtant, nous restons impassible, nous réjouissant chaque soir de la chute des cours de la Bourse, imaginant ce que pourrait être le monde d'après. Mais concrètement que fait-on ? On laisse les Etats injecter des milliards d'euros pour rattraper les conneries de quelques traders et autres financiers qui s'en sont mis plein les poches pendant des années ? On applaudit Sarkozy quand il appelle à une refonte du capitalisme tout en sachant que ses mesurettes ne sont qu'un leurre pour protéger les puissants de la masse qui commence à grogner ? On se gargarise devant les discours d'anciens dirigeants ultra-libéraux ayant retourné leur veste lorsque la crise a pointé son nez ?

Autant de questions qui en appellent d'autres. La crise financière a sonné le glas du laisser-faire économique mais les solutions adoptées aujourd'hui sont-elles suffisantes pour modifier en profondeur les relations Nord-Sud et réduire les inégalités croissantes entre pauvres et riches ? Ne faudrait-il pas en finir une bonne fois pour toute avec ce système nauséabond ? Le capitalisme étant par essence générateur d'inégalités, tout cela ne risque-t'il pas de se reproduire dans quelques années, une fois la crise oubliée ? La population semble de plus en plus méfiante vis-à-vis du libéralisme, n'est-ce pas le moment de lui imposer de nouveaux schèmes de pensée ? La révolution par les urnes ne se fera pas, ne se fera jamais car les gens sont trop frileux, trop pusillanimes pour voter pour un parti portant un projet révolutionnaire alors qu'attendons-nous pour la faire dans la rue, dans nos écoles, dans nos bureaux ?

Il faut se rendre à l'évidence, nous sommes inquiets, nous craignons l'avenir car nous ignorons ce qu'il va se passer. Il est tellement facile de se voiler la face, de se résigner aux vies qui nous attendent, d'accepter le monde tel qu'il est à partir du moment où l'on est du bon côté de la barrière. Aujourd'hui, j'ai l'impression que nous nous dégonflons, que l'on sait que désormais c'est à nous de jouer mais que l'on a peur, peur de franchir le cap, peur de ne plus pouvoir faire demi-tour, peur de renoncer aux emplois florissants qui nous attendent, peur de renoncer à une vie simple faite de voyages et de plaisirs, sans nous soucier des milliards de personnes qui vivent sous le joug du capitalisme. Mais n'est-ce pas de cette angoisse que nous devons tirer notre force ? Mais ne vivons-nous pas nous aussi sous le joug du capitalisme ? Car finalement, nous n'avons rien à perdre. Nous n'avons rien, ils détiennent tout. Il est temps d'inverser les rôles et de renverser les capitalistes qui se moquent de nous et nous méprisent.

Player

Alighiero e Boetti

Le monde est mon terrain de jeu...

15 octobre 2008

of Montreal

J'ai découvert le groupe Of Montreal - qui ne viennent pas du Canada mais des USA - avec leur album au titre impossible à retenir Hissing Fauna, Are you a Destroyer ?, visiblement comme beaucoup de personne dans la salle. J'avais eu le temps d'écouter 2 ou 3 fois leur dernier album (Skeletal Lamping) avant leur prestation à l'Elysée Montmartre. J'avais voulu aller les voir l'hiver dernier à La Maroquinerie mais un empêchement de dernière minute m'en avait empêché. C'est désormais chose faite et je ne le regrette absolument pas ; le concert était grandiose...Pourtant, tout avait plutôt mal commencé. La première partie commence à 30 minutes de retard. L'artiste, Max Tundra from London, est aussi sympathique que sa musique est insupportable. Après une dizaine de minutes, j'ai du mal à supporter ses accords électroniques et autres sons étranges et désagréables produits par une dizaine d'instruments hétéroclites. Une sorte de Yelle british. Tout ce que je déteste. Heureusement pour lui, ses chorégraphies à la limite du ridicule, sa voix, son sourire, sa bonne humeur communicative suffit à éviter de faire de cette première partie une torture s'étalant sur près de 45 minutes.
L'attente entre les deux concerts est brève. Moins d'un quart d'heure plus tard, les artistes de of Montreal pénètrent sur scène dans des costumes abracadabrantesques. Kevin Barnes, le chanteur et fondateur du groupe a un look ravageur : maquillage, rouge à lèvre, bijou, talons... Une trentaine de minutes plus tard, il déambule en slip au milieu de danseurs déguisés en girafe ou éléphant. Et une heure plus tard, il est enduit d'une peinture rouge qui finit de créer le mythe autour de l'artiste visiblement adulé par le public. Pas forcément beaucoup d'animation dans la fosse mais une bonne ambiance émanant d'un public connaisseur. Les chansons de leur avant-dernier album connaissent un vif succès. Il faut bien reconnaitre que Heimdalsgate Like A Promethean Curse ou I'm a rejector sont deux morceaux brillants, le premier pouvant sûrement être considéré comme le plus abouti du groupe.Ce qui m'a le plus marqué et le plus plu dans ce concert, c'est que l'on a vraiment l'impression que le groupe a un univers bien à lui. Un univers vestimentaire ultra-kitsch et coloré, un univers musical riche - presque saturé - et un univers visuelle à grand renfort de vidéos animées esthétiquement très réussies et de prestations de danseurs/mimes venant illustrer sur scène les chansons interprêtées par Kevin Barnes et ses musiciens. Et, ce qui le rend encore plus attachant est son aura auprès d'un public gay particulièrement présent dans la salle. Cela change des groupes de petits péteux britanniques formatés pour séduire les greluches de 16 ans par le biais de la radio.

Le concert dure un peu moins de deux heures. Même si ce fut un moment merveilleux, je crois quand même que je suis resté un peu sur ma faim, le groupe ayant 5 ou 6 albums derrière eux et un paquet de morceaux absolument géniaux volontairement oubliés par le groupe.

13 octobre 2008

Escroquerie

Georges Matthieu

Ma vie est comme une énorme tâche de peinture que l'on s'arracherait des millions.

Jacques Villeglé, La comédie urbaine

"Les affiches lacérées, expression désinvolte d’une poésie collective, traînent après elles le sable des boulevards", c'est avec ces mots que Jacques Villeglé - 82 ans et toutes ses dents - présente la monographie (La Comédie Urbaine) qui lui est consacrée au Centre Pompidou. Effectivement, Beaubourg ouvre la Galerie N°2 à l'artiste breton et néo-réaliste Jacques Villeglé. Fondamentalement, j'aime le néo-réalisme et j'apprécie énormément les affiches lacérées de l'artistes qui sont autant de témoin d'une époque - marquée à la fois par des tensions politiques et l'avénement de la société de consommation - et d'une ville par l'intermédiaire des titres des oeuvres situant les affiches meurtries, biffées, striées dans la géographie parisienne dans une premier temps puis, dans le cadre de la "décentralisation", dans les villes de provinces et les capitales européennes. Artiste urbain engagé, Jacques Villeglé offre une vision politique et sociale de la ville.L'exposition organisée par le Centre Pompidou est relativement facile d'accès et permet une vision globale de l'oeuvre de l'artiste, de ces débuts avec Raymond Hains à sa période plus récente en passant par son alphabet politique dont je ne soupçonnais même pas l'existence. L'avantage de l'exposition, c'est qu'elle mêle habilement parcours chronologique et thématique (en témoigne la salle l'Hourloupe présentant des variations autour d'affiches d'une exposition Dubuffet), l'artiste ayant essentiellement travaillé par phase. L'alphabet politique, même s'il n'est pas le plus novateur sur la forme, offre quand même de belles surprises dans cette exposition comme ce mur couvert d'ardoises sur lesquelles sont écrites des dizaines de petites citations drôles ou engagées. Sans oublier le film très original - commencé en 1974 et fini en 2002 - baptisé Un mythe dans la ville dont la vision ne peut laisser personne indifférent...Une exposition politique judicieusement mise en scène avec de bien belles affiches comme autant de témoins d'une époque bouillonante...

Réveil

12 octobre 2008

Scrabble Addict

Jannis Kounellis

Dans ma tête, les lettres s'emmêlent, se mélangent, s'assemblent, s'entrecroisent, s'agrègent pour former des mots. Je suis programmé pour gagner, pour terrasser un à un mes adversaires les plus coriaces. Je pense anagramme, je lis anagramme, je vis anagramme. Dans la rue, à l'université, chez moi, je joue à permuter les lettres jusqu'à réussir à former le mot le plus long possible. Cela fuse de tous les côtés. Je ne peux m'empêcher de compter mes points sur un plateau de jeu virtuellement posé dans mon cerveau. S-C-R-A-B-B-L-E, je pose tout et je reprends sept lettres. Je frémis rien qu'en m'imaginant poser une grosse lettre. Je tremble rien qu'en fantasmant un accrochage rocambolesque particulièrement payant. Le coup que je préfère ; placer un X ou un K sur une case « lettre compte triple » et le faire doubler. La gymnastique de mon esprit m'émerveille, la vivacité de mon oeil m'impressionne, l'étendue de mon vocabulaire m'enflamme de bas en haut.

Personne ne peut me résister. Je suis né pour scrabbler. A peine savais-je lire que ma grand-mère m'entrainait déjà à poser mes lettres sur le plateau vert, qu'elle me prodiguait conseils après conseils, qu'elle m'aidait à trouver les bonnes places et les bons mots pour marquer le plus de points. Progressivement, je me suis émancipé. L'élève a dépassé le maitre, emportant dans son sillage une armada de mots inconnus de tous dont lui-même ne connait pas les définitions : WU, WON, KA, KOB, EWE, EX, XI, QAT, KEA, ZEE, AY, YEN... Autant de mots qui reviennent de manière récurrente et dont les définitions restent un mystère pour moi. Chaque nouvelle partie est l'occasion d'apprendre de nouvelles combinaisons, de nouvelles associations, de nouvelles ouvertures. Et j'ai tellement appris au fil des ans qu'aujourd'hui, je suis devenu imbattable. Une machine à tuer à coup de « mot compte double », une machine à écraser mon adversaire dans un bain de lettres ensanglantées.

On ne badine pas avec le Scrabble. Pour moi, c'est bien plus qu'un simple jeu. Le Scrabble va au-delà d'un simple divertissement. C'est une arme intellectuelle, un levier spirituel, une manière de m'affirmer. Il s'agit d'asseoir ma suprématie sur le monde francophone, de me prouver à moi-même que je suis un être exceptionnel. Longtemps, je me suis demandé dans quel domaine j'excellais, dans quelle branche j'étais susceptible de briller. Je me suis demandé ce qui pourrait pousser les gens à m'idolâtrer. Une fascination malsaine mêlée à une peur irrationnelle. Désormais, je sais que seul le Scrabble peut m'offrir ce sentiment de puissance exacerbée, un sentiment de puissance plus violent que jamais qui a surgi depuis une dizaine de jours.

Jusqu'à présent, mes prouesses au Scrabble ne dépassaient pas le cadre de ma famille ou de mes amis. Pourtant, il y a une dizaine de jours, Eloïse a changé ma vie. Au cours d'un diner organisé chez elle – des lasagnes trop cuites...^^ - elle trouva le moyen de me parler d'un petit programme qu'elle avait récemment installé et qui lui permettait de jouer au Scrabble contre des gens du monde entier. Moins d'une dizaine de minutes plus tard, nous étions connectés sur le site à la recherche d'un adversaire à enfoncer dans sa médiocrité. Ce qui ne manqua pas d'arriver à trois ou quatre reprises. A peine rentré chez moi, je m'empresse de m'inscrire sur le site en question. Ce dernier compte plus de 150 00 inscrits. Et il a littéralement modifié ma façon d'appréhender le monde.

Chaque jour, je fais deux ou trois parties avant de me coucher. Une bonne dose d'adrénaline particulièrement jouissive. Le talent et le génie comme seuls alliés. Effectivement, je gagne quasiment à chaque fois, anéantissant des rivaux vivant sur toute la surface du globe. Mon taux de réussite est ahurissant. Je frôle la perfection. Mais je vise toujours plus haut. Battre mes propres records virtuels. Battre mon plus gros score (522 à ce jour), mon plus gros coup (116 pour le moment), mon temps de réflexion ou mon nombre de scrabbles dans une partie. Et puis secrètement, je rêve de réaliser le scrabble de huit lettres le plus cher du monde : le mot « WHISKEYS » placé sur deux cases « mot compte triple », le K placé sur la case « lettre compte double », un coup qui rapporte au bas mot 482 points.

09 octobre 2008

Les Nuits d'été

Albert Gleizes

Ce soir, JM m'a invité à un concert à la Cité de la Musique présenté dans le cycle Le fil du temps. La première moitié du concert était consacrée à Hector Berlioz et Les nuits d'été. Après l'Ouverture de Béatrice et Bénédict, sympathique mise en bouche permettant de découvrir les différents musiciens et le chef d'orchestre Emmanuel Krivine, la soprano Karine Deshayes fait son entrée sur scène pour interpréter des textes issus de La Comédie de la Mort de Théophile Gautier. Même si les courts poèmes sont effroyablement classiques et pas forcément passionnants, les voir prendre vie en musique devant soi – nous étions au milieu du premier rang – fut un véritable plaisir. Ainsi, comprendre le texte chanté de manière lyrique demande une concentration de tous les instants qui permet également de mieux apprécier le raffinement de la composition de Berlioz.

La deuxième partie n'était autre que la puissante Symphonie N°1 de Robert Schumann appelée Le Printemps. Composée en quatre jours et quatre nuits du 23 au 26 janvier 1841, cette symphonie renversante éblouit par la force de ces quatre mouvements. Globalement entrainante, joyeuse et énergique, elle parvient également à insuffler durant quelques instants – notamment dans le deuxième mouvement – un peu de calme et d'émotions qui renforcent le dynamisme et l'audace des passages les plus enjoués.

Et j'ai donc pris un plaisir non-feint devant ce concert suffisamment accessible pour mes oreilles néophytes.

Stratégie du choc

Paul Signac

Tout démolir...

... pour mieux reconstruire.

08 octobre 2008

Andrea Mantegna

L'une des expositions les plus attendues de la rentrée est évidemment la rétrospective majeure orchestrée par Le Louvre de l'artiste italien Andrea Mantegna (1431-1506). Elle rassemble environ 190 oeuvres de l'artiste venues des quatre coins du monde.L'artiste travaillait entre Padoue, Vérone et Mantoue et peut-être rattaché à l'Ecole de Venise dont l'artiste le plus connu n'est autre que son beau-frère, le brillantissime Giovanni Bellini que j'apprécie tout particulièrement. D'ailleurs, la salle mettant en parallèle les oeuvres de ces deux artistes est capitale pour saisir l'influence qu'a pu avoir Bellini (ni Jacopo ni Gentile) sur le travail de Mantegna. L'approche chronologique de la rétrospective permet de mieux saisir les évolutions et le parcours de Mantegna qui connut la gloire très jeune et très rapidement avant d'être progressivement écarté à la fin de sa vie alors que la Maniera Moderna (Raphaël, Michel-Ange, Léonard de Vinci) occupe le devant de la scène.J'avais eu l'occasion de découvrir l'oeuvre de l'artiste il y a quelques semaines lors d'une de mes visites du Louvre présentées par JM. J'avais pu apprécier son sens du détail, son perfectionnisme, sa passion pour les cadres rocailleux, sa rigueur dans la perspective, son amour pour la profondeur de champ, son intérêt pour les perles et autres bijoux, sa précision ravageuse particulièrement visibles dans les oeuvres que possèdent le Louvre et notamment la Crucifixion, dont la partie exposée au Louvre fait partie d'un tryptique (le tryptique de San Zeno de Vérone) dont les deux autres moitiés sont à Tours.Pourtant, ce sont dans des tableaux venus d'ailleurs que l'émotion surgit derrière le coup de pinceau audacieux de l'artiste. La Circoncision, La prière du jardin des oliviers ou Le Christ de pitié soutenu par un séraphin et un chérubin nous permet d'apprécier l'étendu de son talent dans la composition et le choix des couleurs et de la représentation. Sans oublier la reconstitution du Studiolo d'Isabele d'Este qui laisse percevoir une autre facette de l'oeuvre de Mantegna. Et tout cela donne envie de découvrir très vite la chambre des époux peinte dans le Castello di San Giorgio de Mantoue dont la virtuosité semble évidente.Un autre coup de coeur pour un superbe portrait d'Isabele d'Este réalisé par Léonard de Vinci que je vous invite à découvrir sur le mini-site (très dense) réalisé à l'occasion de cette exposition.Dommage que la foule venue en masse pour (re)découvrir l'artiste en nocturne ait un peu gâché le plaisir que j'étais susceptible de prendre devant ces toiles. Et que la part importante de gravures et d'estampes pas forcément très intéressantes occupe une part non négligeable de l'espace d'exposition...

Pendaison

Giotto di Bondone

Je traverse une pleine période de doute. Qui faut-il pendre en premier ? Les "connards de droite" niant les conséquences catastrophiques de la crise financière qu'ils ont eux-même provoquées en ânonnant à qui veut les entendre que les cycles font partie intégrante du système capitaliste ? Ou bien les "connards de droite" qui critiquent le laisser-faire et la loi du marché de manière déconcertante et retournent leur veste aux premières déconvenues ?

07 octobre 2008

Fin de partie


Pour ma rentrée théâtrale - si l'on ne tient pas compte de mes trois heures passées devant les "Microfictions" de Régis Jauffret pendant Nuit Blanche -, rien de mieux que de commencer par une pièce au Théâtre de l'Atelier. En l'occurence, c'est d'une pièce de Beckett - écrite en français - qu'il s'agit, une pièce intitulée Fin de partie mise en scène et joué par Charles Berling accompagné de Dominique Pinon. Il en résulte une pièce noire traversée de quelques rayons de lumières - assertion à prendre au sens propre comme au figuré tant le décor s'avère être une métaphore de la pièce elle-même.

Effectivement, Fin de partie propulse le spectateur dans un futur lointain (ou proche, question de point de vue) où les chances de survie de l'humanité semblent plus que minces. Un rapport de domination entre deux hommes, le tyrannique Hamm (Dominique Pinon) cloué dans son fauteuil et Clov, bênet spollié joué par un Charles Berling vouté, boiteux et désespérement émouvant. Un jeu sado-masochiste qui transforme la pièce en un combat, une joute verbale dont Dominique est le maitre incontesté. Deux autres personnages font leur apparition à plusieurs reprises pour détendre l'atmosphère tendue entre les deux protagonistes. Il s'agit des parents de Hamm (Gilles Segal et Dominique Marcas), couple déchirant et amusant condamné à mourir dans des poubelles séparées.

Le texte est digne des plus beaux textes de Beckett. Cynique, pessimiste, engagé et parfois traversé de moments drôles où l'humour noir vient arracher un sourire - voire un rire - à un public scotché aux fauteuil par l'intensité dramatique de la pièce. Réflexion sur la solitude, sur les rapports humains et sur la dépendance aux autres, le texte est très bien mis en scène, Berling jouant constamment sur les silences pour en faire ressortir la veine de l'émotion. Malheureusement, c'est aussi de ces silences que la pièce pèche parfois. La pièce s'avère effectivement un peu longue, défaut encore plus flagrant les vingt dernières minutes qui trainent, qui trainent, qui trainent tant est si bien que l'on a l'impression que Beckett ne savait pas vraiment comment terminer sa pièce.

Mais il me restera toujours en mémoire ce jeu de mots extrêmement con mais absolument génial :
CLOV - Ah ! On dit coite ? On ne dit pas coïte ?
HAMM - Mais voyons ! Si elle se tenait coïte nous serions baisés.

Et en bonus, je vous offre le lien Wikipédia sur la pièce.

06 octobre 2008

Nouveau téléphone

Samsung E900

Si je trouve le bouffon qui a mis au point les touches sensitives, je lui enfonce mon nouveau téléphone dans le cul.

Le Mystère et l'éclat

Le musée d'Orsay propose actuellement deux expositions assez merveilleuses. Deux expositions que l'on doit à Guy Cogeval, le nouveau directeur du lieu.

La première, baptisée Le Mystère et l'Eclat, nous plonge dans une sélection de 118 pastels issus de la collection du Musée d'Orsay. Dès la première salle, il faut s'avouer surpris de découvrir des pastels des artistes contemporains Sam Szafran et Jean-Michel Alberola, des artistes que l'on a pas l'habitude de voir accrochés aux cimaises du Musée d'Orsay. Cela étant dit, passé cette première surprise – ni bonne, ni mauvaise – je tombe sous le charme des oeuvres réunies. La douceur du pastel m'a toujours séduite. Et je prends donc un malin plaisir à découvrir des pastels de Jean-François Millet, d'Edouard Manet (dont les portraits sont très réussis), ou redécouvrir les pastels d'Edgar Degas (dont les femmes sensuelles valent à elles-seules le détour) ou Odilon Redon (dont je suis un fan absolu) dont la majorité est exposée dans la collection permanente. De la plupart des pastels émane une sensualité assumée où la beauté pleine de charme des femmes représentées suffisent à émouvoir le visiteur comme dans Mademoiselle Carlier de Lucien Lévy-Dhurmer ou la Femme assise de Maurice Denis. De ces pastels émanent une simplicité, une humilité, un bien-être, un calme que la peinture peine parfois à offrir même s'il y a quand même quelques oeuvres glauques et effrayantes (Le Gouffre de Alphonse Mucha) qui permettent de mieux saisir la diversité de cette technique artistique apparue au XV ème siècle.La seconde n'est autre qu'une extension, un prolongement et en l'occurrence une mise en bouche (n'ayant pas encore eu le temps d'aller au Grand Palais) de l'exposition Picasso et les Maitres. Au Musée d'Orsay, on peut donc découvrir jusqu'au premier février les variations de Pablo Picasso autour du Déjeuner sur l'herbe d'Edouard Manet. Les toiles amusantes de Picasso – dont la majorité provient du Musée Picasso - rendent ainsi hommage au chef d'oeuvre provocateur que peut être l'immense tableau de Manet. Et l'exposition m'a aussi permis de saisir la portée des énormes sculptures posées autour du Musée d'Art Moderne de Stockholm qui ne sont en fait que la transposition en relief du travail effectué en amont par Picasso autour de ce tableau. Une exposition qui ne peut que renforcer mon intérêt croissant pour l'exposition du Grand Palais qui s'annonce absolument géniale, en attendant de voir également les variations autour des Femmes d'Alger de Delacroix de présentées au Louvre.

Vivement la prochaine invitation au vernissage presse pour Masque, de Carpeaux à Picasso, le 20 octobre.

05 octobre 2008

Flickr Addict

(mon image la plus populaire)

"Votre galerie a été visitée 1000 fois."

Merci à tous et à toutes.

Et à très vite sur Flickr.