26 février 2009
25 février 2009
IdomeneÔÔÔ
Cela faisait très longtemps que je n'avais pas assisté à un opéra à l'Opéra Garnier ! C'est donc avec un plaisir non feint que j'ai accepté l'invitation de Jean-Michel pour la générale de Idomeneo de Mozart. Pourtant, passé l'enchantement d'assister à un opéra dans un lieu aussi magique, je dois reconnaître que j'ai été un peu déçu par cette représentation.Tout d'abord, la mise en scène de Luc Bondy est d'une platitude assez inquiétante, d'un minimalisme qui laisse sur sa faim. Économie de décors (un seul décor à peine modulable pour trois heures de représentation), économie de mouvement (des chanteurs figés, comme cloués à leur emplacement), économie de génie : aucune fantaisie et aucune originalité. J'ai également été assez déçu par les prestations des chanteurs même si l'on peut estimer qu'ils s'économisaient en vue de la première deux jours plus tard. Avant la représentation Jean-Michel et Pierre me disaient grand bien de Joyce DiDonato ou de Mireille Delunsch. Pourtant, la première ne m'a absolument pas impressionné tout au long de l'opéra tandis que j'ai l'impression que la seconde est complètement passée à côté de son aria du dernier acte dont Jean-Michel n'arrêtait pas de me vanter la puissance et force.
Globalement, c'est la représentation dans son intégralité qui manquait de puissance et de force, voire même de passion mis à part peut-être Paul Groves en Idomeneo qui semblait investi dans ce rôle dramatique ! Et je reconnais avoir énormément aimé les passages avec les choeurs, seuls passages suffisamment vivants pour secouer un peu la magnifique salle de l'Opéra et dans lesquels l'orchestre dirigé par Thomas Hengelbrock parvenait à sortir de sa réserve pour obtenir un résultat assez réjouissant.
24 février 2009
Chris Cornell
Je n'aurais certainement pas payé 40 euros pour aller voir Chris Cornell à la Cigale – et visiblement, je ne suis pas le seul vu le nombre impressionnant d'invitations qui ont été distribuées – mais pour rien au monde, je n'aurais refusé la proposition de David !Arrivé à la fin de la première partie, nous devrons encore attendre presque une heure pour que Chris Cornell daigne entrer sur scène. Affublé d'un look à la Johnny Depp, le voilà qui entame son nouvel album. Je reconnais que je ne sais pas grand chose de sa carrière solo. Pour moi, Chris Cornell, c'est avant tout SoundGarden et Audioslave. Autant dire que le choc est rude. David n'a même pas besoin de me dire que son dernier album a été produit par Timbaland tant la patte de celui-ci est visible. Pendant 45 minutes, il enchainera les chansons à sonorité électronique toutes plus pathétiques les unes que les autres. Autant dire que, sans aller jusqu'à regretter d'être venu, je ne prends pas mon pied dans la pourtant très sympathique salle de La Cigale.
Et là encore, visiblement, je ne suis pas le seul. Pour la première fois de ma vie, j'assiste à un concert où il y a autant de spectateurs à applaudir qu'à siffler l'artiste à la fin de sa prestation. Mais sans doute Chris Cornell est-il suffisamment camé pour ne pas s'en rendre compte ?
La deuxième partie est heureusement beaucoup mieux et les 45 minutes suivantes parviennent presque à faire oublier la désillusion de ce dernier album. Chris Cornell demande effectivement au public quelles chansons souhaite-t-il qu'il joue. Après un premier choix assez décevant – You know my name, la chanson du générique de Casino Royale – le public fera ensuite les bons choix en faisant abondamment appel à des tubes de SoundGarden et dans une moindre mesure d'Audioslave. Autant dire que le spectacle est alors à la mesure de mes attentes et que je prends même au jeu pendant les dernières chansons...
23 février 2009
Divine Fantaisie
Extrait de l'Express de Durocortorum :
24 heures dans l'atelier de Vulcain
L'actualité braque tous ses feux sur la ravissante Vénus et laisse dans l'ombre une très importante personnalité qui gagnerait pourtant à être mieux connue : son mari ! Vulcain n'est pas seulement l'époux dédaigné de Vénus, c'est aussi un entrepreneur de très grande envergure. Notre grand reporter Cronos (alias Antoine) a visité pour vous ses ateliers.
Nous voilà dans l'atelier de Vulcain : il fait chaud, ça empeste et c'est noir.
Mais que vois-je là, quelle est cette chose qui brille, toute tordue ? Ces zigzags ? Les lances cassées d'Arès ? L'enseigne lumineuse d'EDF ? Des guirlandes de Noël ? Des tubes de néon cassés ? Les lunettes de mon camarade quand je lui aurais donné un coup de poing dessus ?
Oh que non ! Ce sont les foudres du ciel qu'on jette sur ses ennemies pour les paralyser !
Nous nous approchons. Une lourde porte de fer permet d'entrer dans l'atelier ; elle est barrée de l'inscription :
ATELIER DE VULCAIN
MONT OLYMPE
MONT OLYMPE
Une fois celle-ci franchie, la lumière aveuglante des foudres dévoile des boucliers énormes : les bords rouges, l'ambon doré...
Puis nous nous rendons dans les réserves de métaux où tout (or, fer, argent, cuivre, zinc, mercure, aluminium...) est rangé dans des coffres géants.
Tiens, tiens... Que dit ce panneau recouvert de poussière ?...
Puis nous nous rendons dans les réserves de métaux où tout (or, fer, argent, cuivre, zinc, mercure, aluminium...) est rangé dans des coffres géants.
Tiens, tiens... Que dit ce panneau recouvert de poussière ?...
FOURS
DANGER
DANGER
Vulcain dirige des dizaines de cyclope qui s'activent et suent pour fabriquer les objets commandés par les dieux : des lances de plus de deux mètres, des armures en or et aussi des épées d'au moins cinquante kilogrammes.
Nous voici devant une nouvelle porte où une plaque, un peu semblable à celles des médecins mais en or, indique :
Nous voici devant une nouvelle porte où une plaque, un peu semblable à celles des médecins mais en or, indique :
BUREAU DE VULCAIN
MAITRE DE CES LIEUX
EXPERT EN METAUX (DE L'OR AU ZINC)
DIPLÔME DE L'ECOLE SCIENTIFIQUE DU MONT OLYMPE
MAITRE DE CES LIEUX
EXPERT EN METAUX (DE L'OR AU ZINC)
DIPLÔME DE L'ECOLE SCIENTIFIQUE DU MONT OLYMPE
La porte s'ouvre grâce à un mécanisme dont Vulcain seul connaît le secret, et dans le bureau des dizaines d'ordinateurs, quelques robots travaillent à dessiner des plans d'armes, d'appareils ménagers (coupe-carotte à ailette, four à cheval, etc...).
Au fond, une autre porte est ainsi pancartée :
Au fond, une autre porte est ainsi pancartée :
DORTOIR DES CYCLOPES
TRAVAILLEURS, DEFENSE D'ENTRER
TRAVAILLEURS, DEFENSE D'ENTRER
Nous poussons la porte et nous découvrons une vingtaine de lits alignés, très différents de ceux de Blanche-Neige par leur énormité...
Même le dessin est de moi...^^
22 février 2009
SNCF à deux vitesses
Paris - Reims (TER, 1h48) : 11,70€
Reims - Paris (TGV, 45 min) : 37,70€
SCNF à deux vitesses ?
Reims - Paris (TGV, 45 min) : 37,70€
SCNF à deux vitesses ?
19 février 2009
Un ordinaire très ordinaire
Je n'arrive pas à cerner Michel Vinaver. J'ai vu plusieurs pièces de lui, lu quelques textes à droite, à gauche. Je suis toujours séduit par l'idée de départ, par le fond de son texte mais quelque chose ne passe pas sur la forme. Trop littéraire ? Trop mou ? Trop plat ? Même si ces textes ne manquent pas d'intérêt, je finis souvent par m'emmerder profondément à chacune des représentations auxquelles j'ai assisté. L'ordinaire ne déroge pas à la règle malgré une mise en scène minimaliste de Gilone Brun (assisté de Michel Vinaver lui-même) faisant la part belle à un texte extrêmement visuel sur la mythique scène de la Comédie Française.
Pourtant, je pense que c'est le texte qui pose problème. Mettant en scène le comité de direction d'une boite américaine de construction de mobile-home, écrasé dans la Cordillère des Andes sous Pinochet, Michel Vinaver nous entraine dans une lente descente aux enfers où la barbarie prend progressivement place au sein du petit groupe de dirigeants accompagnés de leur femme, leur secrétaire, leur amante ou leur fille, des personnages féminins qui apportent heureusement un peu de fraicheur dans la pièce. La pièce est divisée en sept morceaux et chaque nouvelle séquence annonce la disparition d'une ou plusieurs personnes. La pièce n'apporte malheureusement pas grand chose de nouveau au revival, thème éculé au possible, notamment au cinéma, et manquant ici de la force nécessaire pour transmettre des sentiments.
Sentiment vs Pragmatisme, c'est le grand débat au sein du groupe dirigeants. Un débat qui laisse de marbre à l'heure des dérives que connait le capitalisme aujourd'hui. Ainsi, le calvaire des uns – les personnages – devient rapidement le calvaire des autres – les spectateurs – pour qui il est impossible de ressentir la moindre empathie pour ses dirigeants arrogants, symboles du capitalisme américains et de la real politic de Reagan, n'hésitant pas à traiter avec les dictateurs sud-américains pour ouvrir de nouveaux marchés. Même si le texte – écrit en 1981 – est daté, il n'en reste pas moins d'actualité et on en vient presque à souhaiter que tous les dirigeants s'écrasent dans la Cordillère des Andes (ou les Alpes pour les dirigeants européens).
Une entrée de Michel Vinaver au répertoire de la Comédie Française assez décevante malgré une prestation honorable de ses acteurs.
Sentiment vs Pragmatisme, c'est le grand débat au sein du groupe dirigeants. Un débat qui laisse de marbre à l'heure des dérives que connait le capitalisme aujourd'hui. Ainsi, le calvaire des uns – les personnages – devient rapidement le calvaire des autres – les spectateurs – pour qui il est impossible de ressentir la moindre empathie pour ses dirigeants arrogants, symboles du capitalisme américains et de la real politic de Reagan, n'hésitant pas à traiter avec les dictateurs sud-américains pour ouvrir de nouveaux marchés. Même si le texte – écrit en 1981 – est daté, il n'en reste pas moins d'actualité et on en vient presque à souhaiter que tous les dirigeants s'écrasent dans la Cordillère des Andes (ou les Alpes pour les dirigeants européens).
Une entrée de Michel Vinaver au répertoire de la Comédie Française assez décevante malgré une prestation honorable de ses acteurs.17 février 2009
Again
J'aime lancer Again d'Archive sur l'ipod en bas de chez moi...
... et arriver au UGC des Halles avant la fin du morceau.
16 février 2009
Shhh
Le speech de la pièce promet de grandes choses, celle-ci se revendiquant d'Orwell, Huxley ou encore Kafka. Excusez du peu. Le résultat est loin d'être à la hauteur de ses références malgré quelques bonnes trouvailles et autres anecdotes efficaces sur scène (la machine à café notamment). Le pessimisme d'Orwell laisse place à un humour un peu lourd agrémenté fort heureusement de passages plus subtils et plus efficaces. Le jeune espoir espagnol, Abraham Gomez, a encore des progrès à faire s'il veut marquer son époque comme ses illustres ainés en leur temps. J'aurais aimé un peu plus de cynisme, un peu plus de noirceur et peut-être un peu plus d'originalité.
Fort heureusement, les acteurs s'en donnent à coeur joie et leur bonne humeur communicative (et notamment le fou rire de l'avocate impossible à dissimuler dans les dernières minutes) permet – avec peu de moyens – d'égayer la petite salle du Théâtre du Marais et un public conquis d'avance.Je remercie donc la jeune troupe pour m'avoir invité à cette représentation.
12 février 2009
Flaubertien ?
Flaubert écrivit à Maupassant en 1880 :
« Quand on écrit bien, on a contre soi deux ennemis : 1° le public, parce que le style le contraint à penser, l'oblige à un travail ; et 2° le gouvernement, parce qu'il sent en vous une force, et que le pouvoir n'aime pas un autre pouvoir. »
10 février 2009
08 février 2009
Ode à la contrefaçon
J'ai longtemps été un fervent détracteur des contrefaçons. Même s'il m'est arrivé d'arborer fièrement une fausse ceinture D&G ou Armani, je me suis rapidement fait le défenseur des marques, jugeant de manière péremptoire les contrefacteurs, répétant hâtivement le discours tenu par les lobbys des grandes marques de luxe, ces marques qui stigmatisent les acheteurs de contrefaçons en les qualifiant de « terroristes ». Pourtant, je suis forcé de constater que je faisais fausse route. Aujourd'hui, alors que je suis en Italie, pays où la contrefaçon a pignon sur rue, je me sens obligé de modifier les schèmes de ma pensée, de briser ses a priori négatifs que je peux avoir sur le commerce international de produits contrefaits. Effectivement, libre à moi de penser qu'encourager la consommation de contrefaçons pourrait à terme remettre complètement en cause le fonctionnement même de notre société de consommation.
Toutes les stratégies de marketing actuelles reposent sur un seul élément : la marque. L'apparence, l'image de marque, est au coeur de toutes les campagnes, de toutes les interrogations, de tous les enjeux. Qu'est-ce qui différencie un article de marque fabriqué par de petites mains chinoises exploitées pour un salaire de misère d'un article générique fabriqué par de petites mains chinoises exploitées pour un salaire de misère ? La plupart du temps, les produits sortent des mêmes usines et ne nécessitent guère de connaissances d'ordre technique ou technologique. La seule différence réside donc dans le budget consacré au marketing et à la communication, des postes qui emploient des milliers de nuisibles chargés de vendre des produits dont les gens n'ont pas besoin. A partir de cette situation catastrophique, quoi de plus normal que ce système délétère se retourne contre lui ? Que des petits malins décident de court-circuiter cette glorification de la marque en vendant de pâles copies de produits de marque ?
En encourageant le trafic de contrefaçons, on détruit progressivement le capital intangible que représente la marque. La marque ne représente rien de concret, rien de quantifiable et n'est valorisable que par rapport au travail des agences de publicité. En poussant ce raisonnement à son paroxysme, on détruit le fondement même de la société de consommation qui impose des normes de consommation articulées autour de l'idée de marque et des fameuses valeurs socio-culturelles partagées par les acheteurs. Cette attaque ciblée portera ces fruits lorsqu'il sera devenu impossible de différencier une contrefaçon d'un produit acheté dans un circuit classique. Quel intérêt d'acquérir un sac à main 3000 euros si on peut l'acheter à la sauvette pour quelques dizaines d'euros seulement ?
Idéalement, il convient de tourner le dos au maximum à l'emprise des marques sur notre quotidien mais rien ne nous empêche d'avoir recours à la contrefaçon pour accélérer le basculement vers une société libérée de ce carcan psychologique que représente l'apologie de la marque. Ainsi, l'usage de contrefaçons peut avoir des répercussions positives à court-terme (l'impression d'avoir bien niqué tous ces branques qui ne comprennent pas en quoi la marque est une invention perverse au coeur d'un système pernicieux) et à long terme (l'impact du poids croissant de la contrefaçon sur le commerce de détail du luxe).
Toutes les stratégies de marketing actuelles reposent sur un seul élément : la marque. L'apparence, l'image de marque, est au coeur de toutes les campagnes, de toutes les interrogations, de tous les enjeux. Qu'est-ce qui différencie un article de marque fabriqué par de petites mains chinoises exploitées pour un salaire de misère d'un article générique fabriqué par de petites mains chinoises exploitées pour un salaire de misère ? La plupart du temps, les produits sortent des mêmes usines et ne nécessitent guère de connaissances d'ordre technique ou technologique. La seule différence réside donc dans le budget consacré au marketing et à la communication, des postes qui emploient des milliers de nuisibles chargés de vendre des produits dont les gens n'ont pas besoin. A partir de cette situation catastrophique, quoi de plus normal que ce système délétère se retourne contre lui ? Que des petits malins décident de court-circuiter cette glorification de la marque en vendant de pâles copies de produits de marque ?
En encourageant le trafic de contrefaçons, on détruit progressivement le capital intangible que représente la marque. La marque ne représente rien de concret, rien de quantifiable et n'est valorisable que par rapport au travail des agences de publicité. En poussant ce raisonnement à son paroxysme, on détruit le fondement même de la société de consommation qui impose des normes de consommation articulées autour de l'idée de marque et des fameuses valeurs socio-culturelles partagées par les acheteurs. Cette attaque ciblée portera ces fruits lorsqu'il sera devenu impossible de différencier une contrefaçon d'un produit acheté dans un circuit classique. Quel intérêt d'acquérir un sac à main 3000 euros si on peut l'acheter à la sauvette pour quelques dizaines d'euros seulement ?
Idéalement, il convient de tourner le dos au maximum à l'emprise des marques sur notre quotidien mais rien ne nous empêche d'avoir recours à la contrefaçon pour accélérer le basculement vers une société libérée de ce carcan psychologique que représente l'apologie de la marque. Ainsi, l'usage de contrefaçons peut avoir des répercussions positives à court-terme (l'impression d'avoir bien niqué tous ces branques qui ne comprennent pas en quoi la marque est une invention perverse au coeur d'un système pernicieux) et à long terme (l'impact du poids croissant de la contrefaçon sur le commerce de détail du luxe).
03 février 2009
02 février 2009
01 février 2009
Picasso et les maîtres
Il y a quelques heures, l'exposition Picasso et les maîtres a clôturée en beauté au Grand Palais avec une ouverture continue du vendredi matin au lundi soir. Heureux propriétaire d'une carte Sésame, j'avais eu l'occasion d'aller voir à plusieurs reprises l'exposition. Malheureusement, pas une fois je n'ai pu y déambuler de manière plaisante. Chacune de mes visites se transformèrent en un véritable cauchemar. J'espérais donc, en y allant de nuit, pouvoir enfin voir l'exposition dans de bonnes conditions.
Accompagné de mon frère, je suis donc arrivé au Grand Palais le samedi peu avant minuit. Grande a été ma stupeur quand j'ai vu que de nombreuses personnes attendaient dans le froid glacial de cette nuit parisienne avec la certitude de ne pouvoir entrer dans l'espace d'exposition avant quatre heures du matin. Une telle abnégation me rend sceptique. Comment expliquer un tel engouement pour cette exposition ? Est-ce une véritable preuve de la fameuse démocratisation culturelle à 12 euros l'entrée ou bien un simple effet de mode relayé de manière pernicieuse par les médias ? Les visiteurs font-ils la queue pendant trois ou quatre heures pour les splendeurs du Greco ou de Francisco de Zurbaran ou bien pour avoir un sujet de conversation entre collègues le lundi matin au bureau ? Amusant de voir ces gens faire la queue devant le Grand Palais alors que la plupart d'entre eux n'a jamais mis les pieds au Musée Picasso abritant pourtant les plus belles pièces de l'exposition.
Évidemment, je n'ai pas l'intention de me geler les couilles pendant quatre heures devant le Grand Palais. Je pénètre donc dans le hall – non sans avoir fait la queue quelques minutes malgré mon Pass – et court chercher une entrée pour mon frère. Je ressors avec le précieux billet, inéluctable sésame nous évitant la queue indicible. Quand nous arrivons en haut des marches, une marque de soda distribue des boissons froides. Dommage que ça ne soit pas Nespresso ou Kimbo qui ait raflé l'emplacement publicitaire tant mes mains sont gelées par le trajet en Velib entre République et les Champs-Elysées.
Une fois que nous avons pénétré dans l'espace d'exposition, je dois me rendre à l'évidence ; je ne profiterai malheureusement pas de meilleures conditions de visites que lors de mes venues précédentes. Nous voilà à faire du coude à coude, à nous laisser marcher sur les pieds pour apercevoir entre deux visiteurs un petit bout d'un autoportrait de Picasso, de Cézanne ou de Gauguin. La suite sera malheureusement de la même teneur tant il faut jongler entre les visiteurs audioguidés (un audioguide traduit en 23 langues... un record !) et les petits groupes d'amis savourant chaque seconde passée au chaud après se les être pelées pendant plusieurs heures en début de soirée.
Malgré des conditions de visite pénibles, l'exposition reste passionnante de bout en bout. La qualité des œuvres sélectionnées, aussi bien celles de Picasso que des "maitres", rend le parcours agréable. Chaque salle renferme de beaux trésors, chaque recoin est une nouvelle surprise. Néanmoins, certains rapprochements peuvent paraitre un peu tirés par les cheveux, les comparaisons sont loin d’être toutes pertinentes. Lorsqu’elles fonctionnent, on se dit que beaucoup d’autres auraient pu être proposées. La première salle par exemple, qui réunit un grand nombre d’autoportraits, ne convainc absolument pas, tout comme la partie sur les natures mortes. On a l’impression que n’importe quel tableau représentant un peintre avec une palette ou une nature morte aurait pu faire l’affaire. Finalement, les seules confrontations indiscutables sont celles qui juxtaposent les copies (toujours libres) et les œuvres qui les ont inspirées et c'est finalement à Orsay (Le déjeuner sur l'herbe d'après Monet) et au Louvre (Les femmes d'Alger d'après Delacroix) que l'exposition Picasso et les maitres prend tout son sens.
On sort de cette exposition sans avoir rien appris de nouveau sur l’art de Picasso mais avec le plaisir évident d'avoir pu admirer quelques très belles toiles. Cette exposition permet de patienter jusqu'à la réouverture du Musée Picasso dans le Marais et de voir des toiles rares comme celles de Zurbaran, Le Greco, Titien, Van Gogh, Ingres, Manet, Courbet et beaucoup d'autres "maitres" exposés sur les cimaises des Galeries Nationales du Grand Palais...
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