30 mars 2009

Désordre

Norbert Nussle

Un ordre émerge toujours d'un magma de désordre.
[Xavier Queipo]

29 mars 2009

24 mars 2009

Casimir&Caroline

Drôle de coïncidence. Alors que depuis quelques jours, je passe mes journées à jouer à Roller Coaster Tycoon, un jeu vidéo auquel je jouais quand j'étais ado et dans lequel il faut gérer un parc d'attraction, me voilà embarqué dans une pièce de théâtre se situant justement dans une petite foire avec ses montagnes russes, ses marchands de glaces et ses stands de tirs. Double coïncidence (plus ou moins fortuite, il faut bien l'admettre), la pièce prend vie dans l'Allemagne de l'entre-deux guerres, à l'heure de la crise de 1929, une situation qui sonne étrangement dans le contexte actuel.J'aime le théâtre d'Odon von Horvath – découvert avec Figaro Divorce à la Comédie Française – car il est à la fois daté et intemporel, situé et universel. Presque caricaturale, la pièce Casimir et Caroline nous offre pendant deux heures une vision pessimiste de l'humanité, partagée entre les hommes pervers et machistes et les femmes cupides et opportunistes. Les deux sexes s'affrontent lors de joutes verbales témoignant de l'incompréhension et de la difficulté à vivre ensemble. Mais au-delà de ce découpage au niveau du genre, se dessine rapidement une lutte des classes entre patrons abusant de leur position, de leur pouvoir, de leur argent et milieux populaires, victimes de la mainmise des possédants. Jusqu'à ce qu'une révolte éclate enfin, issue inévitable selon Odon von Horvath lorsque les inégalités deviennent trop flagrantes.Le plus marquant dans cette adaptation – qui profite d'une nouvelle traduction plus crue de François Regnault et de l'ajout de différentes scènes populaires issues d'autres pièces de von Horvath sans que l'on puisse vraiment faire la différence – est évidemment la mise en scène virtuose d'Emmanuel Demarcy-Mota, l'ancien directeur de la Comédie de Reims où j'avais vu sa mise en scène de Marcia Hesse. Dix-neuf comédiens qui s'activent en permanence au milieu d'un décor assez génial, à la manière des bandes de jeunes de West Side Story. D'ailleurs, la mise en scène, très visuelle, évoque souvent le cinéma (également très présent dans la mise en scène). Et la présence de Sylvie Testud à la distribution ne fait que renforcer cet effet. Tête d'affiche, elle s'efface complètement au profit de la troupe et fait preuve d'une incroyable humilité. Pas de salut individuel pour une performance qui est, il faut bien l'admettre, une performance collective (peut-être un peu antagoniste par rapport à l'esprit original de la pièce davantage centrée sur le couple qui bat de l'aile), une performance faisant vibrer ce texte sur la grande scène du Théâtre de la Ville.

PQ

John Bratby

Le monde se divise en deux catégories ; ceux qui ont du PQ blanc dans leurs toilettes et ceux qui ont préféré opter pour d'autres couleurs ignobles dont le rose est l'archétype. Derrière ce constat anodin, il existe un véritable clivage entre les gens qui ont du goût et ceux qui n'en ont pas, les gens qui ont de la culture et ceux qui n'en ont pas, les gens qui méritent de vivre et les autres.

Je méprise tous ceux qui ont du PQ rose dans leurs toilettes.

23 mars 2009

Calder, les années parisiennes

Tous ceux qui trouvent les musées poussiéreux devraient aller voir l'exposition Calder à Beaubourg. Tous ceux qui disent s'emmerder dans les expositions devraient aller immédiatement au Centre Pompidou voir l'exposition Calder. Une exposition ludique, drôle, amusante, accessible à tous et à toutes dès le plus jeune âge qui permet une première approche assez magique de l'oeuvre en fil de fer d'Alexandre Calder.

J'ai tout bonnement adoré le cirque et ses multiples variations intégrant de nombreux personnages et animaux permettant de jouer des dizaines et des dizaines de numéros. Les vidéos présentées tout au long de l'exposition nous montre Alexandre Calder jouant comme un grand gamin avec son cirque, donnant vie à chacune des figurines qu'il a lui-même créées.



Dans un deuxième temps, on peut voir des dizaines de masques en fil de fer, portrait caricatural des vedettes et artistes de l'époque. On y retrouve en vrac Joséphine Baker, Joan Miro, Michel Tapié, Kiki de Montparnasse... A noter la vidéo très amusante où l'on voit l'artiste créer le double en fil de fer de cette dernière e en un rien de temps.
En axant rigoureusement l'exposition sur les années parisiennes de Calder, soit de 1926 à 1933, les commissaires de l'exposition omettent volontairement une grande partie de l'oeuvre de l'artiste et notamment ses mobiles que l'on retrouve de toute façon dans la collection permanente du musée. Le problème de ce choix assez restrictif, c'est que finalement, l'exposition ne présente que peu de surprises. Ainsi, même si les deux dernières salles de la Galerie 2 montrent l'oeuvre abstraite (géométrique, inspirée de Mondrian) et l'oeuvre biomorphique (libérée de la géométrie, inspirée davantage de Arp et Miro) de l'artiste, on peut néanmoins regretter l'absence d'oeuvres plus récentes d'Alexandre Calder.

Cela étant dit, c'est vraiment une exposition qui donne le sourire et qui dégage une bonne humeur communicative. Et rien que pour cette action contre la morosité ambiante, cette exposition mérite d'être parcourue en long, en large et en travers... et plutôt deux fois qu'une pour ceux qui ont la chance d'avoir un laissez-passer.

20 mars 2009

La première cuillère de Nutella

Lucio Fontana

J'aime entamer un nouveau pot de Nutella. Dévisser le couvercle. Percer l'opercule comme un barbare, avide d'étancher ma soif de chocolat, impatient d'assouvir mon envie de noisettes. Après une lutte acharnée pour éliminer toutes les traces de cette enveloppe dorée, le Nutella apparaît : vierge, immaculé, net. Un concentré de plaisir encore intact. Un délicat effluve commence déjà à s'échapper du pot à la forme mythique, reconnaissable par tous. Personne n'y a encore planté son couteau. Personne n'y a introduit sa cuillère. Personne n'y a glissé son doigt. La surface lisse est une promesse de pur bonheur, de ravissement innocent, de félicité candide. Sept-cent cinquante grammes d'euphorie légalement vendus dans toutes les grandes surfaces m'attendent. Sept-cent cinquante grammes d'extase à un prix défiant toute concurrence se languissent de moi. Délicatement, j'aime enfoncer ma cuillère dans cette masse exquise, assurance d'une ivresse prochaine, espoir d'une exaltation immédiate. Ce premier coup de cuillère vient troubler la quiétude du contenant, la sérénité du contenu. Puissant, il vient ôter la pureté, arracher la virginité de cette naïve "pâte à tartiner au chocolat et aux noisettes" créée par Ferrero, bien loin de se douter des désirs qu'elle suscite. Dès lors, le pot se transforme en un véritable champ de bataille. Tous les coups sont permis pour atteindre un plaisir égoïste. Le Nutella tente vainement de résister, se fait dur contre la lâcheté de ma cuillère ou docile face à la rugosité de mon doigt. Après un combat perdu d'avance qui dure deux jours, deux semaines ou deux mois, il finit par rendre l'âme, absorbé, englouti, digéré par mon être victime de ses instincts primaires. Mais tout au long de cet affrontement culinaire, de ce conflit sensoriel, aucun coup porté ne me procure autant de plaisir que la première cuillère de Nutella, gorgée de promesse d'un monde meilleur.

18 mars 2009

Séraphine et L'Avant-Garde Russe

Faisant preuve une fois de plus d'une ouverture d'esprit à toute épreuve, je me suis enfin décidé à aller voir les deux expositions diamétralement opposées présentées au même moment au Musée Maillol, et ce pour encore quelques jours. Je reconnais que je ne me serais pas déplacé pour l'une ou pour l'autre des deux expositions. Mais la combinaison des deux, aussi intrigante qu'intéressante a finalement réussie à me séduire.La première des deux expositions présente L'avant-garde russe dans la collection Costakis. Costakis, d'origine grecque, fut pendant longtemps chauffeur auprès de différentes ambassades à Moscou. Il se découvrit alors une passion pour l'art alors que rien ne l'y prédestiné. Effectivement, il faut savoir qu'après la seconde Guerre Mondiale, alors que la Russie Soviétique célèbre le Réalisme Socialiste, les peintres avant-gardistes du début du siècle tombe en désuétude. Ils sont pourtant les symboles de différents mouvements qui témoignent de l'effervescence artistique suite à la Révolution d'Octobre 1917. Ce sont ces peintres que Costakis achète alors pour une bouchée de pain jusqu'à constituer une collection rassemblant 1277 peintures, dessins, aquarelles, constructions, porcelaines des plus importants artistes de l'avant-garde russe : Malévitch, Popova, Tatline, Rodtchenko, Iklioune, Kloustis, Nikritine, Redko et bien d'autres... Une bonne occasion pour moins de revoir des oeuvres superbes de Rodtchenko que j'admire énormément mais aussi de découvrir des artistes moins connus mais assez incroyables que sont Tatline et Nikritine. A travers une scénographie claire et chronologique, le Musée Maillol nous ouvre les yeux sur une période féconde qui a vu l'émergence de nombreux talents.La seconde exposition rassemble des toiles – pour la plupart issues des collections du Musée de Senlis – de Séraphine de Senlis, peintre inconnue désormais archi-célèbre depuis le couronnement de Séraphine avec Yolande Moreau aux César. Une vingtaine de toiles au maximum montrées au deuxième étage du Musée permette de se replonger avec plaisir dans le biopic simple et efficace de Martin Provost. Des tableaux se dégagent une lumière éclatante – grâce aux pigments qui offrent des couleurs tout bonnement incroyables – mais on est loin de la force quasi-mystique qui émane du film. Le traitement reste assez scolaire et les thèmes rébarbatifs. Pas forcément un coup de coeur – en même temps, je ne faisais guère d'illusions, c'est bien pour ça que j'ai attendu les derniers jours pour m'y rendre – mais je ne regrette pas d'avoir pu voir « pour de vrai » le travail de cette Douanier Rousseau au féminin.

17 mars 2009

Flickr d'Angleterre


Depuis 15h35, vous pouvez admirez mes photos prises à Liverpool et à Manchester sur Flickr !

Une cinquantaine de photos à voir absolument !

16 mars 2009

English Facebook

Ben Johnson

Antoine voue un culte à la RATP après son aventure matinale.

Antoine vient d'atterrir chez ses amis les roux.

Antoine a découvert la caverne d'Ali Baba : 99 pences à Clayton Square.

Antoine meets Humphrey/Harvey/Henry.

Antoine dort mal : putain de lits qui grincent !

Antoine passe la journée à Manchester.

Antoine est fourbu et a mal aux pieds ; comment font les supporters de Manchester ?

Antoine vient de tomber dans les pommes ; a mal au coude.

Antoine est surpris qu'il fasse un beau soleil, où est la fameuse pluie britannique ?

Antoine is Obladi-Oblada !

Antoine is alone in Liverpool. Snif.

Antoine mange un fish&chips avec une Carlsberg, authentique non ?

Antoine rentre à Paris ; il a un contrôle de Planification demain à l'aube.

08 mars 2009

Petit plaisir RATP N°3

Roy Blumenthal

Et si le bonheur, ce serait que la RATP installe des vrilles et des loopings sur le parcours de la ligne 7.

04 mars 2009

Marrakeeeeeech

Les photos de Marrakech (et de la journée dans la Vallée de l'Ourika) sont à découvrir sur Flickr !

Facebook Marakchi

Jacques Majorelle

Antoine est bien arrivé : Merci Easyjet (et Thomas).

Antoine est maudit ; victime de la grêle au Maroc !

Antoine a acheté de belles babouches rouges qui puent la biquette !

Antoine en est à son huitième thé à la menthe de la journée !

Antoine enchaîne les tajines ; à 30 dirhams, pourquoi se priver ?

Antoine fait le souk dans les souks !

Antoine trouve que Marrakech est une ville magique !

Antoine escalade l'Atlas (avec Nourdine le chauffeur de taxi) !

Antoine ne fait plus confiance à personne (d'un peu basané !^^).

Antoine trouve que Marrakech, c'est un peu le Moyen-Âge (avec des touristes!).

Antoine dîne au Ksar Essassouan, le plus chic resto de Marrakech !

Antoine raffole de la pastilla aux pigeons (et du petit vin marocain servi avec) !

Antoine est malade à crever ; a vomi dans un cybercafé !

Antoine marchande comme un Dieu, ne faiblit pas face aux lamentations marocaines !

Antoine n'est pas très content de ses photos de Marrakech !

Antoine veut retourner à Marrakech avec son amoureuse !