24 avril 2009

Silence ?

David Nebreda

Cio che sempre parla in silenzio è il corpo.
[Alighiero&Boetti]

21 avril 2009

2762


Deux mille sept cent soixante-deuxième anniversaire de la naissance de Rome.

Voilà qui rappelle quelques cours de latin (et accessoirement mon cours d'Histoire Ancienne en Licence d'Histoire !^^).

Quelques photos (réussies) à voir sur FLickr !


15 avril 2009

Just4kOSS117

Roy Lichtenstein

D'aucuns ont des aventures, je suis une aventure !

08 avril 2009

Ciné-birthday

Jasper Johns

J'aime mon anniversaire, date symbolique – constitué de deux chiffres pairs – qui me ravit (même si Mélissa m'a gâché la journée en m'annonçant ce matin que c'était également l'anniversaire de Jean-Pierre Pernaut...). Cela étant dit, j'aime encore plus quand mon anniversaire tombe un mercredi ! Effectivement, depuis une semaine, un mois, voire même un an, il n'est pas rare de croiser dans le métro ou dans la rue des affiches de cinéma arborant fièrement une date : 8 AVRIL, un petit plaisir qui me laisse arborer quelques secondes un sourire sur mes lèvres réjouies.

Ces films sont là pour me donner quelques conseils sur l'année à venir qui, je l'espère, sera Fast and Furious. Avant tout, j'espère évidemment une Erreur de la banque en (ma) faveur. Et j'espère également que Le Cerveau sera au rendez-vous en cette merveilleuse année pour m'accompagner de succès en succès. Mais, napolitain dans l'âme, j'espère vivre tout au long de ma vingt-quatrième année d'Amour, Sexe et Mobylette, sans pour autant rencontrer Wendy&Lucy ainsi que Ponyo sur la falaise. Effectivement, je suis convaincu que la Villa Amalia reste bien plus agréable pour rencontrer ma Chéri(e). Ainsi, j'espère que Nous resterons sur terre et que nous verrons La Chine (le pays – parce que je préfère mourir que de voir un documentaire de 3h30 par Antonioni !^^).

Et n'oubliez pas, Ne me libérez pas, je m'en charge et bientôt, vous serez vous aussi aussi libre que moi dans Le Monde Merveilleux de Just4kiss.

07 avril 2009

La Passion selon Saint-Matthieu

Lorsque l'on évoque Saint-Matthieu devant moi, mon esprit fait instantanément le rapprochement avec le film de Pier Paolo Pasolini et j'étais donc loin d'imaginer que Jean-Sébastien Bach avait composé deux passions, l'une selon Saint-Jean et l'autre selon Saint-Matthieu. C'est donc la seconde que j'ai eu la chance de voir grâce à Jean-Michel au théâtre de Poissy, dans le trou du cul des Yvelines où je m'étais déjà rendu pour découvrir la Villa Savoye.

Lorsque j'appris la durée du concert (3 heures entrecoupées d'un entracte d'une vingtaine de minutes), je blêmis légèrement. Pourtant, force est de constater que je ne me suis pas ennuyé une seconde, littéralement emporté par la musique de Bach joué par une orchestre baroque de qualité, l'Orchestra of the Age of Enlightenment. Et à cette musique (divine lors de certaines arie) s'ajoute évidemment les voix remarquables des chanteurs, notamment les chanteurs masculins comme Roderick Williams (un Christ noir beau comme un Dieu !) et Mark Padmore. Ce dernier, admirable dans les passages de l'évangéliste, portait en plus une triple casquette ce soir, celle de chanteur, celle de directeur musical et celle de choriste car il a tenté (et réussi) le pari un peu fou de se passer des choeurs et de faire jouer les passages habituellement chantés par des choeurs par les autres chanteurs.

Un seul regret : l'absence de sous-titres (ou sur-titres) empêchant de suivre l'avancement du récit. Effectivement, même si tout le monde connait grossièrement le déroulement de la passion du Christ, je pense que le concert aurait gagné en intensité avec une traduction littérale du livret,  en version allemande dans le programme vendu avant la représentation.

DJ

Keith Haring

Cela fait maintenant un mois que l'écran de mon ipod est cassé, inutilisable, strié d'une longue bande blanche qui crépite et rend impossible le choix d'un artiste ou d'un album. Évidemment contrarié par ce triste événement, je me suis rapidement rendu à l'évidence : programmé en mode shuffle, mon ipod offre de bien belles surprises. Immense réservoir musical de près huit gigaoctets, il se révèle finalement tout aussi agréable l'écran cassé que lorsque je l'ai sorti de son emballage il y a un peu plus d'un an. Une sorte de deuxième vie avec la maladie, de résurrection dans la souffrance. Effectivement, passer de Beethoven au Village People en passant par Antony&The Johnsons et Franz Ferdinand peut choquer les oreilles les plus sensibles. Mais les miennes en redemandent, reconnaissant à droite un morceau de The Tossers, à gauche un morceau de The Kills mais la plupart du temps, se laissant portées par le flow/flot musical, incapables de reconnaître ni l'artiste, ni l'album, applaudissant silencieusement les choix éclectiques de ce DJ de fortune. Pour un plaisir sonore procuré par une écoute aveugle, un seul conseil : marchez sur votre ipod et broyez l'écran en 1000 morceaux !

Jacques Tati, deux temps, trois mouvements

J'étais aujourd'hui invité à la Cinémathèque pour découvrir en exclusivité leur nouvelle exposition : Jacques Tati, deux temps, trois mouvements, tribut au réalisateur français de la « modernité ». Dans un espace méconnaissable comme d'habitude, le visiteur peut se perdre dans des détails des films de Jacques Tati. Il endosse ainsi trois rôles, celui de visiteur, de spectateur et enfin, celui d'acteur. Chaque film à son espace, chaque film est illustré par quelques objets présentés dans le champ de la caméra de Tati ou bien même hors champ comme un moulin à café assez bizarroïde ayant servi à faire les bruitages dans Playtime. Cette exposition rend donc hommage à la part d'innovation dans son cinéma, son lien étroit avec le design, l'art et l'architecture de son époque. La maquette de la villa Arpel sortie de Mon Oncle - reconstruite grandeur nature au 104 à partir de jeudi – ou encore la reconstitution d'une pièce entière de Playtime sont là pour illustrées l'aspect résolument moderne du cinéma de Jacques Tati, trop souvent réduit à un pitre dans la droite lignée de Keaton ou Chaplin. Moi-même, ne gardant qu'un souvenir très vague de ses films vus alors que j'étais enfant, étais loin d'imaginer la richesse visuelle de chacun des plans des films de Monsieur Hulot ou même de ces courts-métrages salués par la critique. C'est pourquoi l'exposition a au moins un mérite, celui de m'avoir donné envie de redécouvrir le cinéma de Jacques Tati.

Pourtant, c'est peut-être d'un manque de contextualisation dont souffre l'exposition. Les artistes qui l'ont influencés sont éclipsés, ceux qu'il a influencés sont absents (ou du moins présentés qu'en marge de l'exposition). Sans parvenir à intégrer Jacques Tati, trublion de l'après-guerre, dans la grande histoire du cinéma, les commissaires de l'exposition (Macha Makeieff et Stéphane Goudet) basent leur exposition sur l'anecdote, comme un immense clin d'oeil à des séquences majeures tout en oubliant le reste. Pourtant à les écouter durant la visite guidée absolument passionnante, tout se tient, tout s'illumine, tout devient clair. Lorsque chaque objet du quotidien de Tati ou bien chaque oeuvre d'art contemporaine est commenté, intégré dans un mouvement plus global – les fameux trois mouvements dont fait référence le titre de l'exposition - l'exposition prend une autre dimension, à la fois témoignage d'une époque et témoignage de la vénération que l'on peut encore porter au réalisateur de Playtime, son film culte. Reste à savoir si les autres visiteurs de l'exposition pourront saisir toute la portée des choix scénographiques de Macha Makeieff et ne seront pas juste perdu dans un dédale coloré, un dédale animé, un dédale dadaïste.

Une chose est sûre, j'ai vraiment apprécié cette visite très intéressante (en compagnie d'autres bloggeurs et d'une partie du personnel de la cinémathèque, dont Serge Toubiana !) ainsi que l'invitation à déjeuner dans le tout nouveau restaurant de la Cinémathèque qui n'ouvrira que demain, en même temps que l'ouverture officielle de l'exposition, pour mon anniversaire !

04 avril 2009

Oublier Rodin

Pour inaugurer la gratuité partielle des musées en direction des jeunes de 18 à 25 ans, mes grands-parents m'ont invité à manger au Restaurant du Musée d'Orsay. N'ayant pour une fois pas été invité au vernissage de l'exposition, je me suis rendu – en guise de promenade digestive – à l'exposition Oublier Rodin en sortant de table. Malheureusement, jamais l'exposition n'aurait dû s'appeler Oublier Rodin mais bel et bien Découvrir Lehmbruck dans cet artiste allemand est omniprésent tout au long du parcours de l'exposition. Peu enclin à apprécier la sculpture de cette époque, je reconnais que je ne suis pas forcément le bon public de ce genre d'expositions (comme pour l'exposition Masques assez minable organisée précédemment dans cet espace du Musée d'Orsay et que je n'ai jamais commentée) et ce n'est donc pas une surprise si j'affirme avoir été terriblement déçu par cette exposition.
Un parcours chaotique duquel Rodin est quasiment absent, réduit au simple rôle de faire-valoir marketing pour vendre l'exposition aux étrangers de passage à Paris. Même si quelques sculptures de Brancusi, Zadkine, Archipenko ou même Lehmbruck que j'évoquais au début de cet article valent le détour, l'exposition manque d'ambition et manque de cohérence tant on a l'impression que les commissaires ont rassemblé tout et n'importe quoi autour de thèmes un peu bateau.

Vivement l'ouverture de l'exposition Voir l'Italie et Mourir qui lavera - je l'espère – mon cerveau des traces de cette exposition assez lamentable.

Gratuité

Bernard Buffet

A partir d'aujourd'hui, les musées nationaux sont gratuits pour les ressortissants de l'Union Européenne âgés de 18 à 25 ans.


Pour fêter ça, j'ai été manger au Restaurant du Musée d'Orsay !
(et accessoirement, j'ai vu l'exposition Oublier Rodin)

01 avril 2009

La Cerisaie

J'aime le théâtre de Tchekhov, un théâtre bavard et arborant néanmoins un ton mélancolique, voire nostalgique d'une Russie qui n'existe plus. Grave et léger. Souriant et douloureux. Un ton doux-amer qui colle à la peau. Chaque personnage est croqué avec passion, avec délectation. En quelques phrases, le tableau est posé. En quelques répliques, les grandes lignes de la pièce sont établies. Dans La Cerisaie, on retrouve le cocon familial comme dans Les trois soeurs vu à la MC93 l'an dernier. Un cocon disloqué autant que soudé. Et c'est l'âme de la famille que sonde Tchekhov. C'est l'âme humaine qu'il met en exergue dans ses pièces.

Et la mise en scène d'Alain Françon lui rend justice.Tout d'abord, Alain Françon décide de réaliser une copie du décor souhaité par Tchekhov lui-même lorsqu'il monta la pièce à l'époque. Assorti à des costumes d'époque, le choix se révèle évident. Avec un décor simple mais efficace, sans fioriture mais suffisamment réaliste pour situer chaque acte, le spectateur peut se concentrer uniquement sur le texte, sur les mots, sur les phrases, sur les silences, ces pauses – surtout dans le dernier acte – qui donnent une autre dimension à la situation jouée, à ce lent et inexorable délitement d'une bourgeoisie dépassée par l'entrée de la Russie dans la « modernité ».

Impuissants, nous sommes plongés dans la Russie de la fin du 19ème siècle. L'interprétation parfaite permet de se laisser happer dans la pièce. Tous les comédiens (une vingtaine) sont excellents, parfaitement crédibles, toujours justes. Mais mon coup de coeur de la soirée, indéniablement, c'est le rôle de Firs, joué merveilleusement bien par Jean-Paul Roussillon qui lui donne une dimension bien particulière, une profondeur avec seulement quelques phrases et une démarche chaloupée, boitillante, hésitante.Une harmonie complète entre le texte, la mise en scène et l'interprétation qui permet de passer un bon moment au Théâtre de la Colline.