31 août 2009

Bergam'haut

Nous arrivons en fin de matinée à l'aéroport de Bergame. Nous déposons nos bagages à la consigne puis nous prenons le bus en direction du funiculaire nous conduisant à la ville haute. La partie historique de Bergame est magnifique, uniquement constituée de petites ruelles pavés bordées de villas patriciennes du plus bel effet. Nous déambulons sereinement jusqu'à aboutir à la Piazza Vecchia, superbe place sur laquelle se dresse le beffroi et le Palazzo della ragione dans lequel les plus belles pièces de l'Academia Carrara – actuellement en travaux – ont été transférées. Malheureusement, nous sommes lundi, jour de fermeture hebdomadaire des lieux culturels de Bergame. Il nous sera donc impossible de voir la plus belle collection de Lorenzo Lotto du monde. Je suis évidemment déçu tant j'aurais aimé faire bisquer JM, Bergame étant l'une des rares villes de l'Italie du Nord manquant à son tableau de chasse.Heureusement, nous pouvons nous consoler avec les monuments religieux heureusement ouverts en ce dernier jour d'aout. De la vieille place, nous passons sans nous en rendre compte à la Piazza del Duomo où se trouve évidemment la cathédrale. Malheureusement, elle ne parvient pas à égaler le Duomo de Milan tant son architecture du 18ème siècle manque outrancièrement de charme. Trois autres monuments se dressent sur la place, le décevant baptistère, la basilique Santa Maria Maggiore et ses impressionnantes tapisseries et surtout la Cappella Colleoni, superbe chapelle de l'architecte Amedeo imbriquée dans l'édifice de la basilique.Après avoir mangé dans un petit restaurant de la ville haute (pas inoubliable mais pas aussi lamentable que les restaurants milanais) puis avoir dégusté une Polenta e Osei (la spécialité de Bergame, un peu étouffante à la première cuillère mais finalement assez goûtue) chez un artisan local, nous amorçons notre descente vers le vieux quartier de la ville basse et sa longue et sinueuse via pignolo. Nous pénétrons dans San Bernardino, Santo Spirito, San Bartolomeo, trois églises possédant une oeuvre de Lorenzo Lotto. D'ailleurs, la Vierge en majesté placée derrière l'autel de San Bernardino est tout simplement magnifique. Les rues sont vides, la chaleur étouffante mais finalement la promenade n'est pas si désagréable que ça tant le charme de la cité est évident.Après avoir mangé une glace – notre dernière glace italienne de l'été – sous le sentierone de la Piazza Matteotti, nous remontons vers la ville haute afin de nous mettre en quête la citadelle, Rocca, que nous avons été incapable de trouver en début d'après-midi. Après quelques hésitations, mon sens de l'orientation ne me fait pas défaut et nous finissons par fouler le sol du parc duquel nous profitons d'une vue magnifique sur la ville haute, la ville basse et les Alpes, la majestueuse chaine de montagne dominant Bergame et sa région. Le soleil m'empêche de prendre en photo les toits des palais anciens de la ville haute et je regrette ardemment que nous ne restions pas ici jusqu'au coucher du soleil tant je suis convaincu que j'aurais pu prendre quelques chefs d'oeuvre avant de rentrer à Paris.Effectivement, il est temps de retourner chercher nos bagages à l'aéroport et après avoir acheté des parts de pizza à emporter (délicieuses mais hors de prix ; nous déboursons plus de seize euros dans cette enseigne) et chercher en vain de l'aurrichio piccante, nous reprenons le bus pour l'aéroport où nous attend notre avion pour Beauvais. Un peu après 23h nous foulons le sol parisien après plus de trois semaines d'absence... C'est quand les prochaines vacances ?

30 août 2009

Corsicaaaaaa bonita

Lorsque nous arrivons en Corse, le soleil tape déjà fort au-dessus de nos têtes. De l'aéroport de Figari, nous arrivons vite à Porto-Vecchio et au camping de La Matonara. François redoutait depuis deux semaines le montage de la tente. Pourtant, je savais bien que rien ne pourrait me résister et certainement pas une vulgaire T2 Ultralight Pro de Quechua. En à peine plus de cinq minutes, la tente est montée et nous pouvons aller nous prélasser au bord de la piscine que nous ne quitterons qu'en début de soirée pour aller dévorer une assiette corse dans le seul restaurant pratiquant des prix abordables dans la ville haute de Porto-Vecchio. Après nous être imprégnés de l'ambiance un peu guindée, un peu snob qui règne dans la ville haute, nous redescendons vers notre camping où nous attendent nos duvets et notre tente. C'est la première fois de ma vie que je fais du camping. Et je crois que je me souviendrai toute ma vie de cette première nuit à l'atrocité indicible. Il fait une chaleur suffocante dans la tente. Son étroitesse nous oblige à être quasiment collés l'un à l'autre. Le sol est dur comme du béton (je n'ai pas de matelas ou de tapis de sol). Autant dire que je n'ai quasiment pas fermé l'oeil de la nuit. Et lorsque le jour se lève enfin, nous irons terminer notre nuit sur les chaises longues au bord de la piscine avec un bon bouquin (durant cette semaine, je lirai le remarquable L'oeuvre de Dieu, la part du Diable de John Irving, le facile et jubilatoire Partouz de Yann Moix et le surprenant et entrainant Dalva de Jim Harrisson).Cette première nuit aurait rapidement pu devenir monnaie courante. Adieu les longues nuit de sommeil récupérateur que nous espérions tant. Sauf que dès le deuxième soir, nous nous sommes rendu compte des vertus de l'alcool sur notre temps de sommeil. Retournés au même restaurant que la veille, nous nous sommes laissés tenter par une bouteille de vin. Puis de retour au camping, nous y avons dégusté une Pietra accompagnée d'un cigarillo. Jamais nous n'avons aussi bien dormi que lorsque nous étions complètement bourrés. Dès lors, l'alcool devient habituel au camping ; nous y boirons même l'absinthe achetée à Prague. D'ailleurs, lassés de payer des bières hors de prix au bar du camping, nous avons rapidement détourné les frigos du Leclerc situé à proximité. Chaque matin, François allait chercher son petit-déjeuner et en profitait pour glisser au frais une bouteille de vin pour notre déjeuner. Le midi, nous prenions notre petit fromage corse du jour, notre baguette et notre bouteille bien fraiche puis nous nous empressions de dissimuler des bières et/ou des bouteilles de vin dans le bac à mozzarella (di buffala ! Ah ah ah) ou derrière les apéricubes. Et le soir, en allant chercher notre diner, nous n'avions plus qu'à prendre nos boissons prêtes à être bues avec passion.Le gros problème de notre camping c'est qu'il n'y a pas de plage à proximité. Comme nous n'avons pas de voiture, la proximité des commerces (et du Leclerc notamment) était pour nous une donnée à ne pas négliger. Mais jamais je n'aurais imaginé que les plages les plus proches puissent être à quatorze kilomètres alors que nous n'étions qu'à quelques minutes de la mer. Pour compenser, un service de navettes était mis en place. Nous nous sommes donc plié aux dures lois des horaires à respecter en direction de Santa Giulia ou de Palombaggia (l'une des plus belles plages d'Europe). Et puis, le troisième jour, nous avons décider d'aller à Bonifacio. Pourtant, au retour, nous avions une demi-heure à tuer avant le passage de la navette. C'est alors que j'ai proposé à François de faire du stop avec, à la clé, une économie de huit euros par personne. Et ça n'a pas manqué, une dizaine de minutes plus tard, un jeune fumeur de pétards (et pêcheur sous-marin à ses heures perdues) nous fait monter dans sa voiture en direction de Porto-Vecchio. Dès lors, nous prendrons l'habitude de faire du stop une demi-heure avant le passage de la navette (afin de ne pas rester en plan en cas d'échec). Mais il faut bien reconnaître que nous avons eu pas mal de succès (ne serait-ce que les regards amusés des passagers des voitures ne s'arrêtant pas !^^) et fait des rencontres assez surprenantes et plutôt amusantes. Jamais je n'aurais imaginé que le stop était aussi en vogue sur l'île de beauté.Le dernier jour, nous décidons d'embarquer dans un bateau proposant de remonter la côte de Porto-Vecchio à Bonifacio puis de rentrer en s'arrêtant dans les îles Lavezzi et les îles Cerbicales. C'était une croisière sensationnelle tant l'équipage était complètement allumé. De blagues foireuses en accent corse caricatural, on peut dire qu'on ne s'est pas ennuyé une seule seconde durant la traversé. D'autant plus que la traversée en question fut clairement agitée. Des creux de deux ou trois mètres faisaient valdinguer le bateau (et le petit-déjeuner servi à bord dans nos estomacs). Rapidement, nous nous sommes retrouvés seuls à la proue du bateau, trempés mais ravis, avides de sensations fortes malgré les recommandations de l'équipage.Après avoir revu Bonifacio (que j'adore inconditionnellement malgré les stigmates laissés par ces rochers sur mes fesses, mes bras, mes pieds), nous faisons demi-tour en direction de l'île Lavezzi. A midi, après notre premier bain au milieu d'un nuage de poissons agglutinés entre eux, nous dévorons notre déjeuner servi dans le bateau. Taboulé aux fruits de mer, soupe de poissons, pâtes au pesto, salade de fruit, le tout arrosé d'un apéritif, d'une bouteille de rosé de Saint-Antoine (j'aime pas le rosé !) et d'un digestif à la myrte (hummm... trop bon !). Après ce repas, le bateau nous dépose sur l'île, une réserve naturelle protégée assez jolie. Nous nous y baignons, nous nous y prélassons, nous nous y photographions. Et il est déjà l'heure de repartir en direction de notre bateau, non sans avoir préalablement replongé parmi les poissons omniprésents sous la coque du bateau.La suite de la traversée est paisible. Le soleil chauffe nos corps allongés à la proue du bateau. Le voyage est agréable, reposant, inespéré compte tenu de la traversée de la matinée. Un dernier arrêt baignade aux îles Cerbicales et nous rentrons au port, éreintés et ravis par cette ultime journée en Corse qui a néanmoins le goût amer des fins de vacances. Le lendemain matin, à l'aube, nous replions la tente et nos duvets dans la pénombre avant de nous envoler vers Bergame, sympathique intermède avant le redouté retour à Paris et sa morosité ambiante.

23 août 2009

Una citta fantomatica

Vers deux heures du matin (et oui, il faut presque une heure pour rejoindre le centre de Milan depuis l'aéroport de Bergame), nous arrivons à la gare de Milan. Heureusement, notre première auberge n'est pas trop loin. Lorsque nous arrivons sur place, il s'en dégage une atmosphère assez étrange. Loin des auberges classiques, on a clairement l'impression d'être tombés dans un hôtel de passes. Et ce n'est pas la vieille femme débraillée qui vient nous ouvrir qui nous permet de changer d'avis. Un sein à l'air et les cuisses écartées sur le lit lorsque nous sortons de la douche, autant dire que le lieu est plutôt louche et ce n'est pas la chaleur accablante qui arrange les choses. Pourtant, ce n'est rien par rapport à notre deuxième auberge. C'est l'auberge la moins chère de Milan. Mais on a vite compris pourquoi. Il nous a fallu faire deux changements d'une sorte de RER maudit (un toute les trente minutes, le dernier à 20h53) pour arriver dans le quartier d'Affori. Et sur place, le lieu semble hanté. C'est un ancien hôpital psychiatrique, l'ex Ospedale Psichiatrico Paolo Pini. Et peu de rénovations ont dû être faites depuis. A mon avis, il faut être fou (ou bien carrément fauché) pour aller dans cette auberge.Mais ce petit soucis de logement ne nous coupe pas dans notre élan et, aux environs de midi, nous nous lançons à la conquête de Milan. Première difficultés, où manger ? Toute la ville semble fermée. Les trattorie sont fermées, les pizzerie sont fermées, les tavole calde sont fermées, il ne reste d'ouvert à Milan que les pièges à touristes. Et malheureusement nous n'y échapperons pas. De la bouffe infâme à des prix exorbitants. Heureusement que les musées et les monuments parviennent à compenser l'horreur de notre alimentation et le désespoir qui règne dans les rues de cette ville-fantôme. La Pinacoteca di Brera, le Castello Sforzesco méritent le détour pour leurs oeuvres uniques de la Renaissance Italienne. La Galleria Vittorio Emmanuele est presque aussi belle que celle de Naples (mais le Mc Do y est intolérable). Et même si la Scala est très décevante extérieurement (sans parler de notre détour inutile par San Siro), le Duomo parvient à lui seul à justifier notre passage par Milan. C'est clairement l'un des lieux les plus magnifiques du monde. La luxuriance, l'exubérance de son toit – admiré à l'heure où le soleil se couche derrière la ville – mérite que l'on s'y attarde encore et encore. Milan, comme toute ville italienne qui se respecte, brille également par ses églises telles que San Lorenzo ou San Ambrogio mais aussi ces glaciers, le fameux Grom (conseillé par JM) qui nous a réveillé les papilles anesthésiées par les horreurs avalées jusqu'à présent.Néanmoins, c'est sans grand regret que nous quittons la ville pour nous envoler vers la Corse où nous allons (théoriquement) pouvoir reprendre des forces après avoir couru de droite à gauche pendant presque deux semaines.

20 août 2009

Praha, Praze, Prahou, Prahy

Le voyage a été dur. Impossible de fermer l'oeil de la nuit. Une chaleur insoutenable. Un bruit permanent. Une couchette dure comme du béton. C'est pourquoi l'arrivée à Prague fut perçue comme une bénédiction. Nous ne savions pas encore ce qui nous attendait. Aucune carte dans le Routard. Nous tentons donc de rejoindre notre auberge, normalement située pas trop loin, à pied après avoir repéré les grands axes que nous devions suivre. Pourtant, arrivés au Vaclavské Nam, je ne peux m'empêcher de descendre la rue, au mépris de l'itinéraire préalablement choisi. Et ensuite, c'est la débandade. Pendant 1h30, nous foulons le sol praguois, sans aucun moyen de nous repérer. Nous demandons notre direction à des policiers ou des passants. Aucun ne semble connaître Karlovo Namesty. Les avis divergent, les indications s'opposent. Jusqu'à ce que l'on demande à une petite vieille – annonant "Jacques Chirac" dès qu'elle a su que nous étions deux frankusky – qui, après nous avoir proposé de nous y accompagner, a fini par nous expliquer voyant qu'elle marchait nettement moins vite que nous. Une fois nos bagages déposés et nos corps lavés, nous nous sommes mis à arpenter les rues praguoises. Comme nous avions trois jours – au lieu de deux dans nos précédents lieux de villégiature – nous avons pu davantage prendre notre temps. Et il faut bien reconnaître que la ville garde en son sein un certain nombre de merveilles, de la Staromestske Nam et sa fameuse tour astronomique à son quartier juif, « aux cendres encore brulantes ». Malheureusement, ici, la kippa donnée (louée) est nettement moins sexy qu'à Cracovie.Bien que les prix des restaurants soient bien plus élevés qu'en Hongrie ou qu'en Pologne, nous y avons passé beaucoup de temps (notamment au Mlejnice et ses spécialités de pommes de terre, notre cantine praguoise), à dévorer de bons petits plats, abreuvés de Pilsner, de Gambrinus, de Staropramen ou de Velkopopovicky Kozel. Et c'est donc le ventre lourd que l'on a visité le Musée Mucha (pas inoubliable), le Galerie Nationale d'Art Moderne (Veletrzni Palac : sensationnel !) ou encore le château et ses différentes composantes : la Cathédrale Saint-Guy, la Basilique Saint-Georges, l'Ancien palais royal et enfin, la Ruelle d'or au charme certain malgré son flot incessant de touristes.Le dernier jour, nous avons même loué un pédalo afin d'avoir de nouveaux angles de vue sur le Karluv Most ou encore le château, espérant retrouver les mêmes sensations de folie que sur notre bringo hongrois. Malheureusement, il faut bien reconnaître qu'un pédalo est nettement moins amusant qu'un bringo et que la chaleur qu'il faisait ce jeudi-là était particulièrement éprouvante. Le jeudi est également le jour de notre départ vers d'autres horizons, en l'occurrence l'Italie et sa « capitale de la mode » : Milan. Pourtant, on a bien cru ne jamais arriver à Milan. Lorsque nous arrivons à l'aéroport, nous touchons du bois. Pas de problème lors de l'enregistrement comme à l'aller. Jusqu'à la dernière seconde, nous avons cru qu'aucun incident ne viendrait troubler notre voyage. Lorsque les portes se sont ouvertes et que nous sommes montés dans la navette, nous avons vraiment cru que nous allions décoller à l'heure. Pourtant, à peine étions nous installés dans la navette devant nous conduire jusque l'avion qu'un message nous informe que nous devons retourner dans le terminus. Une trentaine de minutes s'écoulent avant que le mot maudit s'affiche sur l'écran : CANCELLED. Je peste. Je fulmine. Je regarde ma montre. 19H30. Avec un peu de chance, on peut peut-être avoir un train de nuit nous permettant d'arriver le lendemain matin à Milan. Heureusement, après trente minutes de tractations, nous apprenons que l'avion décollera à 23h. Soit quatre heures de retard. Et pour se faire pardonner, Sky Europe nous offre 180 couronnes (7 euros) à dépenser dans le self de l'aéroport ; indéniablement le plus mauvais repas de notre séjour.

16 août 2009

Trois Pierogi à Cracovie

Avant même d'arriver à Cracovie, nous avons eu le droit à une escale dans la gare de Katowice, grosse ville industrielle à une centaine de kilomètres de Cracovie. C'est tout simplement la gare la plus horrible que j'ai vu dans ma vie. Dès 4h30 du matin, nous avons été accueilli par une odeur rance de tabac mêlée à celle du kebab, pris d'assaut par des militaires prépubères. Dans cette gare, on vent les cigarettes et les biscuits à l'unité et déjà un dimanche à 4h30 du matin il y règne une agitation et une vie impossible à imaginer. C'est alors que nous avons connu le trajet le plus exotique de notre séjour. Il faut savoir que le train reliant Katowice à Cracovie met plus de deux heures à parcourir les cent kilomètres qui séparent les deux villes. Ce fut deux heures infernales (avec son lot d'alcooliques tournant à la bière à 5h du matin, fumant cigarette sur cigarette, la tête penchée par la porte du wagon grande ouverte sur la voie, retenant à intervalle régulier un début de vomissement archi-dégueulasse), surtout lorsque j'eus une envie pressante d'uriner. J'ai dû faire une dizaine de wagons avant de trouver des toilettes acceptables. Soit la porte était arrachée, lacérée, démontée, défoncée. Soit un tas de merde dépassait de plusieurs centimètres au-dessus de la cuvette des chiottes. Soit le sol était recouvert d'une couche de trois centimètres de pisse, jaunâtre et odorante. Soit des kilomètres de papier avait été déroulés sans aucun soucis artistique, condamnant ad vitam eternam l'usage des cabinets. Autant dire qu'après ce premier aperçu de la Pologne, nous redoutions notre arrivée en gare de Cracovie où Maxence nous attendait déjà.Fort heureusement (ou pas), Cracovie est une ville touristique d'une propreté impeccable. Après être passé nous laver et nous sustenter à notre auberge de jeunesse située sur la grande place Rynek Glowny face à la Halle aux draps (Sukiennice) et au Beffroi de l'Hotel de Ville (Wieza Ratuszowa), nous pouvons arpenter les rues de la ville de Krak. Une petite ville vraiment sympathique, très agréable. Ayant la chance (ou pas) d'y arriver un dimanche matin, nous pouvons ressentir toute la religiosité du lieu. Les églises (nombreuses) sont combles, les polonais se pressent pour prier et communier avec Dieu. Après avoir été refoulés de plusieurs messes (le style sandalette adopté en raison de la chaleur étouffante n'était visiblement pas acceptable pour le grand barbu qui nous regarde de là-haut), nous décidons d'aller nous immerger dans le quartier juif dont on peine à voir aujourd'hui les stigmates des ghettos voulus par les nazis. Cela étant dit, je regrette quand même de pas avoir continué notre promenade sur l'autre rive de la Vistule, jusqu'à l'usine de Schindler encore visible aujourd'hui. L'un des moments les plus drôles – et les plus infamants, je vous le concède – de la journée fut la Kippa Cabana Party dans le vieux cimetière juif de Cracovie qui nous a offert de belles photos grâce à ma kippa turquoise et la kippa rose de Maxence. Il fallait bien ça pour se remettre de la visite d'une demi-douzaine de synagogues plus ou moins belles et intéressantes (à voir absolument : la Synagoga Tempel).Après avoir mangé des dizaines de pierogi (à la viande, aux pommes de terre&fromage, aux fruits, aux champignons&chous...) carrément délicieux pour quelques zlotys à la Kuchnia u Doroty, l'adresse à découvrir absolument dans le quartier juif, nous décidons de prolonger notre découverte de la ville en retournant au Château Royal (Zamek Krolewski) et à la Cathédrale gothique de Wawel (Katedra Wawelska) avant de redescendre la butte par la Caverne du Dragon (Smocza Jama) où le roi Krak, le fondateur de la ville, avait vaincu le dragon au septième siècle. Pas forcément un passage inoubliable mais cela nous a permit de comprendre pourquoi il y avait autant de peluches en forme de dragon en vente à chaque coin de rue. La fin d'après-midi approchant, nous décidons d'aller jeter un coup d'oeil à Nowa Huta, une ville voulue par Staline à l'architecture... stalinienne. Un détour de quelques kilomètres pas forcément exceptionnel pour ne pas dire complètement inutile tant il est difficile d'accepter que les rues furent débaptisées et que les noms des hauts dignitaires soviétiques furent remplacés par des noms de membre du Solidarnosc ou du gouvernement américain. Quelle tristesse !Le soir, nous irons manger au Festival de pierogi de Cracovie. Quelle aubaine ! Les meilleurs cuisiniers de pierogi de toute la Pologne étaient venus se presser pendant trois jours afin de remporter le titre. Le festival touchant à sa fin, il ne reste plus grand chose. Mais pour quelques zlotys, nous repartons avec nos assiettes pleines de victuailles, accompagnés d'une bonne petite Zywiec, l'une des meilleures bières bues durant notre périple. Avant d'aller me coucher (après avoir raccompagné Maxence à la gare repartant en direction de la Slovaquie), je me tente un petit chien fou : vodka grenadine – inbuvable ! - ainsi qu'une cigarette locale : une Viceroy – infumable !Le lendemain, nous prenons le bus à l'aube en direction d'Oswereic, nom polonais pour désigner la ville mondialement célèbre d'Auschwitz. Nous pénétrons dans l'horreur des camps. Auschwitz I puis Auschwitz II (Auschwitz-Birkenau). La visite guidée se révèle un peu ridicule tant les ficelles pour tirer quelques larmes aux visiteurs sont grossières mais elle permet d'humaniser un peu la visite du camp. Difficile de décrire les sensations qui accompagnent la déambulation dans le plus grand camp nazi où 1,5 millions de déportés juifs, tziganes ou résistants périrent de 1940 à 1945. On a beau avoir vu et revu des images, des films, des documentaires sur les atrocités commises dans l'enceinte du camp, je dois bien reconnaître que j'ai passé cinq heures avec un pincement au coeur et une boule dans le ventre (même si une telle visite fait également frémir le gestionnaire que je suis tant l'organisation nazie était tout bonnement impressionnante !^^).
Le soir, nous retournons manger à la « Cuisine de Dorota » où je déguste une spécialité maison (un vrai délice !) et François s'enfile deux assiettes de pierogi. Au moment de payer, nous nous rendons compte qu'il ne nous reste plus assez de zlotys. Heureusement, un couple de français nous dépanne de 12 zlotys (moyennant quelques euros) puis nous reprenons le train couchette pour Prague, ultime étape à l'Est.

14 août 2009

Plus Pest que Buda

Impossible de trouver un distributeur dans la gare de Budapest. Impossible donc de prendre le dernier métro en direction de notre auberge. Nous voilà contraint de faire le trajet à pied à travers des quartiers pas forcément rassurants où les night clubs entourent les kebabs, un environnement presque pire que Gare du Nord à Paris. Arrivé à notre auberge, le choc est rude. J'ai l'impression de revivre mes pires nuits en auberge à Rome. Un vieil appart miteux tenu par des gens entravant que dalle à l'anglais. A peine arrivé, malgré l'heure tardive, nous ressortons déjà pour aller fumer une clope sur le Pont des chaînes (le premier pont construit sur le Danube dont l'architecte s'est suicidé après s'être rendu compte que les statues de lions sur le pont n'avaient pas de langues...) et siroter une bière à 250 florins (1 euro) devant la basilique Saint-Etienne, superbe édifice à proximité de l'auberge et de Godor, rendez-vous des jeunes soiffards de Budapest.Le lendemain, nous avons une fois de plus un programme chargé. Escalade à pied (pas de funiculaire pour les vrais gars) des collines de Buda pour aller au pied du Palais royal, de l'église Saint-Mathias, du Bastion des pêcheurs (sorte de Montmartre hongrois) et du labyrinthe attrape-touriste situé dans les catacombes creusées dans la colline. La pluie commence à devenir de plus en plus forte quand nous décidons de rejoindre à pied l'île Marguerite (Margit Sziget). Une fois sur place, nous ne pouvons résister au bringo, superbe véhicule deux places nous permettant de faire le tour de l'île (et un paquet de conneries) en moins de trente minutes. Après avoir bien transpiré malgré le mauvais temps, nous nous dirigeons vers une petite adresse recommandée par le routard, le Pozsonyi Kisvendeglö. On s'explose littéralement la panse pour trois fois rien et nous ressortons de table saoulés (à moins de un euro de grand verre de vin, pourquoi se priver) et repus (achevé par les palacsinta (crêpes hongroises) et les gnocchis au pavot servis dans des quantités impressionnantes). C'est donc lourdement que nous nous dirigeons vers le Bois de la ville (Varosliget) renfermant entre autres le Musée des beaux arts (abritant des collections si impressionnantes qu'on a bien cru ne pas réussir à aller au bout avant la fermeture), les bains Széchenyi, la roue du temps, la Place des héros (Hosok ter)... Après avoir glandé au soleil enfin revenu, nous prenons le métro de Budapest (le premier d'Europe, au bruit assourdissant) pour retourner à l'auberge avant de nous presser au Szimpla, bar alternatif absolument dément où la bière et le tokaji coule à flot. Un peu ivres, nous nous promenons dans le centre du Budapest où l'on nous propose ouvertement des putes (big tits, tight pussy, tout ce que j'aime !). L'alcool aidant, nous essayons nos bases de hongrois. J'aime le hongrois. C'est une langue qui se prononce comme elle s'écrit. Et savais-tu que c'était la seule langue pas indo-européenne en Europe ? Incroyable non ? Encore une bière (Arany Aszok, Dreher, Soproni et même une Lowenbrau, bière allemande perdue en Hongrie) et une clope et hop au lit !L'acmé du voyage, le point d'orgue du périple, le moment tant attendu qui justifie à lui seul le déplacement à Budapest n'est autre que le Szoborpark où les autorités hongroises ont déposé les anciennes statues communistes de la ville après la chute de l'URSS. Une bonne occasion pour poser avec les plus grands, mes maitres spirituels, Marx, Engels et Lénine. Un peu déçus qu'aucune statue du vénérable Staline n'est été conservée mais bon, c'est avec un plaisir évident que nous avons posé avec ces hommes fringuant, figures de proue du socialisme old school que les pays que nous traversons semblent renier. Après cette immersion dans un temps désormais révolu, nous retrouvons le Budapest d'aujourd'hui avec son Parlement tout simplement magnifique et ses petits restaurants copieux (Csarnok Hall, deuxième adresse de choix à Budapest). Malheureusement, à cause de notre SNCF franco-française et de la limite intellectuelle de ses guichetiers* qui osent nous vendre des Vienne-Katowice pour faire Budapest-Cracovie, nous sommes obligés de repartir pour Vienne en fin d'après-midi, la rage au ventre tant nous aurions aimé prolongé nos adieux à la Hongrie et aux hongroises.

* : Je tiens à préciser qu'il existe des trains directs entre Budapest et Cracovie et que mieux encore, il existe des cars faisant le trajet pour trois fois rien. Autant dire que j'ai regretté d'avoir aussi bien préparer à l'avance ce voyage (rires).

12 août 2009

(Ad)Vienne que pourra

Vienne et Bratislava sont les deux capitales les plus proches du monde. A peine quarante kilomètres les séparent, soit une heure de train. Ayant réservé une auberge près de la gare, je m'attends à pouvoir déposer nos bagages à peine descendu du train. Malheureusement il y a plusieurs gares à Vienne et les trains de Bratislava n'arrivent pas à WestBahnhof. En fin de matinée, nous sommes enfin sur le pied de guerre. Au programme, la visite du château des Habsbourg (de l'impératrice Sissi notamment). Sur le plan, il suffit de remonter la Mariahilfer Strasse. Jamais je n'aurais imaginé que cette rue puisse être aussi longue. Presque une heure de marche pour rejoindre le château, un château qui est tout bonnement immense, sans parler du parc (Schlosspark schönbrunn) que nous avons arpenté en long, en large et en travers. Nous y passerons toute l'après-midi, au prix d'une visite audioguidée hors de prix. Nous rejoignons ensuite le centre-ville (en métro). Après avoir siroté un cocktail dans un bar branché de la capitale, nous nous mettons en quête des constructions d'Hundertwasser, un architecte et artiste que j'apprécie particulièrement. Et il faut bien reconnaître que les appartements que constituent la Hundertwasserhaus ont vraiment de la gueule, sans oublier les toilettes de l'art moderne dans le plus pur style d'Hundertwasser. Le soir, je m'enfile quelques bières (des Gosser et même une Shlossgold, une bière sans alcool achetée par erreur !^^) et une bonne grosse saucisse autrichienne (tandis que François jeûne, pas vraiment séduit par la gastronomie végétarienne viennoise) avant de rejoindre l'auberge.
Le lendemain, à l'aurore, nous nous attaquons au Kunsthistoriches Museum, un des plus beaux musées du monde. Autant dire que, comme JM quelques semaines avant moi, je marche sur les pas de Thomas Bernhard. Surtout qu'en sortant du musée, nous nous retrouvons devant le Rathaus puis le Burgtheater, ce dernier ayant été longuement vilipendé dans l'œuvre de cet auteur autrichien que j'adore. Après ce petit passage dans l'univers bernhardien, nous découvrons les coulisses du Parlement autrichien (où la guide s'offre un parallèle assez intriguant entre le royaume de l'Autriche-Hongrie du début du siècle et la création européenne). Puis, nous déambulons dans les rues du centre-ville (assez charmant) où nous pouvons admirer la cathédrale. Malheureusement (d'autant plus que je regrette infiniment de ne pas avoir pu aller au Belvedere), il est déjà l'heure de rejoindre notre prochaine destination : Budapest. Et c'est là que nous rencontrons une terrible déconvenue. Il faut savoir qu'un aller-retour en train entre Vienne et Budapest coûte 70 euros. Autant dire que cela représente une coquette somme pour deux jeunes étudiants comme nous. Nous avions donc projeté de faire le trajet en bus, bien moins onéreux. Pourtant, quand nous arrivons à la gare routière, nous apprenons que celle-ci est en rénovation et personne n'est capable de nous informer sur le nouveau lieu de départ. La rage au ventre, nous retournons à notre point de départ, la Westbahnhof où nous prenons le train hors de prix pour Budapest. Trois heures plus tard, nous foulons le sol hongrois.

10 août 2009

Les Bratislaboys

C'est avec une heure de retard que nous avons décollé de Paris. Salariés non-payés, avions immobilisés par ADP, Sky Europe bat de l'aile (un comble pour une compagnie aérienne) et semble vivre ses dernières heures. Arrivés sur place, nous rejoignons notre auberge, le Patio Hostel, immense lieu de villégiature à deux pas du centre où se retrouvent des touristes venus de tous les horizons. Après avoir dégusté d'infâmes pâtes au sucre (un concept à lancer à mon avis, tout le monde sait que les plus grandes recettes ont été découvertes par accident ; ici, une terrible méprise sur le pot contenant de petits grains blancs à disposition dans la cuisine), restes de mon frigidaire à consommer rapidement, nous nous lançons à la découverte de la capitale de la Slovaquie. Minuscule capitale de la Slovaquie. Autant dire qu'il n'y a pas grand chose à voir. Le périple commence en douceur. Le seul point d'intérêt est la magnifique petite Église bleue qui mérite à elle seule le détour (et peut-être aussi le Musée Milan Dobes et son entrée au tarif prohibitif de 0,17 euros !^^). En revanche, le château qui surplombe la ville (et qu'on peut retrouver sur les euros slovaques émis depuis le premier janvier) est vraiment moche. Sorte de carré immonde, couvert sur trois de ses quatre flancs par d'inconvenants échafaudages. Et, hormis les trois-quatre rues piétonnes bordées de bars et de restaurants (et le monument réalisé en hommage aux soldats de l'Armée Rouge, morts pendant la libération de la Slovaquie du joug nazi !^^), il faut bien reconnaître que la ville ne brille pas pour son architecture sans aucun style et aucune cohérence. Après avoir déambulé dans les rues et siroté des pintes de bière (pivo) à un euro (en reluquant les belles blondes slovaques déambulant devant nos yeux ébahis ; le leitmotiv de notre périple dans l'est), nous pénétrons dans notre QG, le mythique KGB (Krcma Gurmanov Bratislavy), royaume de la mal-bouffe et de la friture dévorées sous l'œil bienveillant de vieilles gloires communistes.Le lendemain, nous prenons le bateau pour nous rendre au Château de Devin à quelques kilomètres en amont. La traversée est tellement longue, chiante et inintéressante que nous renonçons à entreprendre le voyage en bateau pour nous rendre à Vienne, notre future destination. Sur place, quelques ruines et une grosse averse. En rentrant sur Bratislava, j'en profite pour acheter mon premier paquet de cigarettes de ma vie. Des Petra. Quitte à fumer, autant fumer local. Après avoir mangé dans un bouiboui végétarien (en sirotant un jus d'herbe et un jus de carottes, beurk !) et visiter la Cathédrale Saint-Martin franchement pas inoubliable, nous nous lançons dans un périple en direction du Danubiana, musée d'art moderne situé à une quinzaine de kilomètres du centre. Pour cela nous devons prendre un bus à la gare routière. Après avoir repéré le bon bus, nous y prenons place. La route est longue. Plus d'une demi-heure à travers la campagne slovaque. Et c'est là que les ennuis commencent et que nous connaissons notre première mésaventure : le bus ne s'arrête pas à l'arrêt prévu et roule pendant plus de dix minutes (dix minutes interminables, sur une route monotone longeant l'immense barrage entravant le cours du Danube) avant de nous déposer dans un bled paumé où personne ne parle anglais. Cela ne semble poser aucun problème de conscience à notre chauffeur bien qu'il nous ait certifié qu'à 19h plus aucun bus ne passe pour Bratislava depuis cet arrêt. Lâchés en pleine campagne slovaque, nous commençons à perdre espoir et je culpabilise légèrement d'avoir trainé François dans cette galère. Heureusement, alors que nous longions la route nationale, nous sommes dépassés par une vieille bagnole bleue défoncée de partout qui s'arrête ensuite à notre hauteur. Nous reconnaissons une jeune fille qui était dans le bus avec nous. Elle nous explique que le chauffeur est un con et que son père accepte de nous déposer au musée. Sauvés, nous sommes sauvés. Dix minutes de route dans l'autre sens et nous arrivons enfin au musée, à 30 minutes de sa fermeture, non sans avoir eu quelques frayeurs au contact du père qui ne paraissait pas particulièrement tendre. Une visite au pas de course de l'immense jardin de statues et de l'exposition temporaire consacrée à Combas (un français connu en Slovaquie, incroyable !) et nous devons déjà songer à retourner dans le centre. Autant dire que nous ne sommes pas au bout de nos peines. L'aventure ne fait que commencer et heureusement, nous sommes réconfortés par un superbe coucher de soleil sur le Danube. Nous sommes obligés de marcher (après plusieurs tentatives de stop avortées) pendant plusieurs kilomètres avant de rencontrer âme qui vive. Lorsque nous demandons comment faire pour rejoindre Bratislava, les seules réponses que les autochtones nous apportent sont : « mais vous êtes à Bratislava !». Effectivement, bien que nous nous trouvions au milieu de nulle part à plus de quinze kilomètres du centre, nous sommes toujours dans les limites géographiques, cadastrales de la ville. Heureusement, nous finissons par trouver un bus nous ramenant à Novy Most, le pont surmonté d'un ovni délabré. Pour nous remettre de nos émotions, nous retournons au KGB et sa friture légendaire (champignons frits pour François, pommes de terre frites pour moi). Un petit verre de slivovice (alcool de prune) et quelques bières (Mnich, Kozel, Pilsner...) plus tard, nous pouvons retrouver notre lit après cette longue journée.

Eden à l'Est

Vu que ce blog n'est plus qu'un vulgaire carnet de voyages, je vous signale que je vais réaliser l'un de mes rêves : l'Europe de l'Est en train, à l'aventure ! Au programme : Bratislava, Vienne, Budapest, Cracovie et Prague ! Et comme j'aime l'Italie, je ferais également une brève apparition à Milan puis à Bergame ! Sans oublier la Corse, seule région de France dont je n'ai jamais foulé le sol !

Retour le 1er septembre, avec des milliers de photos !

09 août 2009

Voyage voyage

Henri Matisse

Durant l'été, il n'y a pas que les parisiens qui quittent la capitale. Un petit tour au Musée de l'Orangerie permet de se rendre compte que les toiles de maitres en profitent elles aussi pour voyager tout autour du monde...

08 août 2009

Poor Lonesome Cow-Boy

Ben Johnson

J'aimerais être un cowboy. Un ermite nomade, un solitaire arpentant de grands espaces, un anonyme perdu dans l'immensité de l'ouest américain. Autour de moi le désert, la poussière, le soleil qui chauffe ma peau burinée par le soleil, creusée par le vent, la fatigue. Je serais âpre, brut. Je parlerais peu, quelques mots de temps en temps. Surtout ne pas me livrer, intérioriser mes sentiments, mes émotions. Voyager, sans cesse, sans me poser de question, sans regarder derrière moi, avançant toujours tout droit, face au soleil couchant, une clope au bec, accompagné d'une musique composée par Ennio Morricone. Méditer. Sur le sens de la vie. Le soir, au coin du feu, je sortirais ma flasque d'eau de vie. Je ferais griller une boite d'haricots rouges ou bien un coyote, un de plus que je n'entendrais plus crier à la mort une fois la nuit tombée. Je chevaucherais d'un point à un autre, sans famille, sans ami, sans bien hormis ma ceinture en cuir offerte par un vieux peau-rouge, ma selle et mon flingue. Je n'aurais peur de rien, même pas de mourir. Je travaillerais, rarement, quand j'en aurais envie, quand j'en aurais besoin. Trois semaines par ci, quelques jours par là. Je serais libre. Seul et libre. Je ne serais pas heureux. Je ne serais pas malheureux non plus. Les jours s'écouleraient. Je fumerais des cigarettes, voire je chiquerais du tabac. Ça me donnerait un style. Viril. Parfois j'irais au saloon. Je boirais jusqu'à plus soif, jusqu'à avoir la tête qui tourne, jusqu'à gerber même, pour me prouver que je suis vivant. Je jouerais aux cartes, au poker sûrement. J'essayerais de tricher, pas pour l'argent, juste pour gagner, pour exister. On me prendrait pour un fou. Je serais juste seul. Je provoquerais d'autres cowboys en duel, pour des histoires de fric, des histoires de filles, parfois même pour rien du tout, juste pour me défouler, pour sentir l'odeur de la mort au bout de mon bras. Je serais hargneux sous mon apparente nonchalance, sous mon apparence nonchalante. Derrière mon visage inexpressif, la tempête ferait rage. Méditer. Sur le sens de la vie. De temps en temps, je serais blessé mais la plupart du temps c'est moi qui gagnerait. Je me taperais des putes aussi. Deux en même temps, dans la chambre d'un hôtel minable, aux draps sales et à la décoration pouilleuse. Pas la grande vie, mais à la longue on s'y fait. Peu de moyens, peu de besoins. Le monde continuerait de tourner mais moi je n'en ferais déjà plus partie. Je serais un autarcique. Peut-être que je serais plutôt un chasseur de primes. Autant motivé par le pognon que par mon goût de la justice. Je serais plus malin, plus rusé, plus habile que tous ces gredins bêtes et méchants. Je leur en ferais voir de toutes les couleurs et je les trainerais jusqu'au bureau du Shériff le plus proche. Mort ou vivant, pour récupérer les primes. Je cacherais mes billets au pied d'un cactus, à des dizaines de kilomètres d'un point d'eau. Et puis un jour, quand j'aurais mis suffisamment de côté, je prendrais ma retraite, une retraite bien méritée, un ranch, quelques arpents de terre, de la mauvaise terre, incultivable, trois-quatre bêtes. De quoi vivre, une vie simple, seul, loin de tous. Méditer. Sur le sens de la vie. Et creuser ma tombe, avec une vieille pelle rouillée, seul, sans rien demander à personne.

02 août 2009

Parenthèse ?

Ludwig Meidner

Depuis la chute de l'Ancien Régime, la France fut tour à tour girondine, jacobine, thermidorienne, bonapartiste, légitimiste, orléaniste, à nouveau bonapartiste, boulangiste, radicale, socialiste, pétainiste, résistante, gaulliste, giscardienne, socialo-communiste et, depuis une vingtaine d'année, libérale.

Il est temps de refermer la parenthèse libérale.