18 janvier 2010

Question 32

Existe-t-il plus belle contradiction que d'habiter Neuilly-sur-Seine et de prendre le métro station Louise Michel ?

16 janvier 2010

Parisien ?

Alexandre Traumer

Etre parisien, ce n'est pas être né à Paris, c'est y renaître.
[Sacha Guitry]

14 janvier 2010

Buon appetito

Pierre Bonnard

J'aime faire des omelettes. Quelques œufs, un peu de sel, un peu de poivre et le tour est joué. Parfois, je rajoute une touche de crème fraîche liquide, pour avoir l'impression que mon omelette est plus grosse mais si l'on s'en tient à la définition d'Auguste Escoffier, ce sont juste des œufs brouillés d'un genre spécial enfermés dans une enveloppe d'œuf coagulé, et rien d'autre. Pourtant, toute la magie de l'omelette réside dans la manière d'agrémenter cette base à la simplicité éprouvée depuis des siècles. C'est à cet instant précis qu'intervient ma créativité culinaire, mon inventivité gastronomique, mon imagination toujours fertile pour accommoder les restes. L'une de mes créations les plus originales reste évidemment l'omelette au surimi qui connait un beau succès depuis trois ans si je m'en réfère au nombre de visiteurs ayant cherché la fameuse recette sur Google. Ce n'est malheureusement pas ma création la plus goûtue et je dois bien admettre que mes habitudes alimentaires ont grandement évolué depuis cette époque. Ainsi, lassé d'apprêter mes omelettes avec les ingrédients traditionnels (pommes de terre, lardons, champignons, oignons, fromage rapé...), je me suis décidé à renouveler le genre. De la même manière que je suis en train de repousser les limites du western cinématographiquement parlant (^^), je me suis engagé à moderniser l'omelette de ma grand-mère. Pour cela, je n'ai pas hésité à faire appel à la cuisine italienne que j'apprécie plus que tout. C'est ainsi que sont nées l'omelette pesto - parmigiano (ma plus belle réussite !), l'omelette spinaci (épinards) - ricotta, l'omelette peperonni (poivrons) - pomodori (tomates) et l'omelette zucchini (courgettes) - pancetta. A ces ingrédients qui fleurent bon le soleil et la joie de vivre du pourtour méditerranéen peuvent être ajoutés les éléments traditionnels que j'évoquais plus haut ainsi que différentes herbes ou épices qui rehaussent indéniablement le goût pourtant divin de ces créations franco-italiennes. Évidemment, mes omelettes réalisées dans le plus pur respect de la tradition gastronomique française n'ont rien à voir avec la frittata italienne, sorte de substitut populaire et vulgaire (italien en deux mots !^^) à la délicatesse et au raffinement de mes recettes.

Un jour, je vous expliquerai peut-être comment réaliser les mêmes associations italianisantes à partir de nos bonnes crêpes bretonnes au blé noir. A moins que je ne décide avant d'élargir ma palette d'omelettes en ayant recours au traditionnel "salade-tomate-oignons-sauce blanche" si chère à mon alimentation tournée vers l'international.

12 janvier 2010

Histoire de langues

Erró

J'aime la diversité des langues. J'aimerais parler des dizaines de langues, de dialectes, de patois différents. Plus le temps passe et plus je m'intéresse à la linguistique, aux liens qui unissent les langues entre-elles ou au contraire les différencient. Je suis particulièrement sensible au respect des langues au cinéma, un respect qui relève autant d'une volonté de véracité historique que d'une recherche perpétuelle d'authenticité. Sans oublier, parfois, une certaine fierté patriotique lorsque j'entends parler français dans un film américain ou espagnol. Rien ne me fait plus plaisir que de voir un film coréen en coréen, un film suédois en suédois ou un film allemand en allemand. Je ne comprends strictement rien, ce ne sont pas forcément des langues très belles à entendre mais voir le film en version originale renforce mon immersion dans l'histoire. Lorsque je regarde des films en anglais, en espagnol ou en italien, la version originale est aussi l'occasion de découvrir de nouvelles expressions, de nouveaux mots et d'exercer mon oreille à écouter et comprendre une autre langue. C'est ainsi qu'il y a quelques années, alors que je vouais un culte au réalisateur Krzysztof Kieślowski, j'ai réussi à apprendre quelques mots de polonais qui revenaient de manière récurrente dans les premiers films du réalisateur ou bien dans son célèbre Décalogue, des mots qui me sont revenus à l'esprit avec délectation lorsque j'étais à Cracovie cet été.

J'aime surtout lorsque les films jonglent perpétuellement entre deux, trois, quatre langues ou plus. Babel d'Alejandro Inarritu ou encore Les Poupées Russes de Cédric Klapisch sont particulièrement démonstratifs à ce niveau là mais plus récemment, j'ai par exemple apprécié le passage du français à l'italien dans le film Gamines d'Eleonore Faucher (ou du navi à l'anglais dans Avatar !^^). Par ailleurs, je pense qu'un film comme Two Days in Paris tire son éclat, sa fraicheur et sa légèreté du mélange incessant entre français et anglais. Je pense que la mondialisation et la multiplication des échanges internationaux font que l'on vit dans un vrai bordel linguistique. Les langues cohabitent, coexistent et c'est ce qui fait depuis toujours le charme du voyage et de l'échange. J'aime quand le cinéma reflète cette réalité, une réalité empreinte d'une incontestable diversité culturelle qui passe avant tout par la langue.

Bien que je n'ai clairement pas aimé La passion du Christ et Apocalypto, j'aimerais saluer la persévérance de Mel Gibson à tourner le premier en araméen, en latin et en hébreu et le second en maya yucathèque. Des prouesses linguistiques qui laissent pantois et qui rendent Agora – vu hier – encore plus pathétique. Effectivement, Alejandro Amenabar, par soucis de rentabilité économique, a tourné son film en anglais. Cependant, pour faire plus vrai, il a fait adopter à ses acteurs des accents différents selon leur origine sociale et leur religion. Un tel film n'aurait dû voir le jour que s'il avait été tourné dans le respect des langues de l'époque, Alexandrie étant alors un véritable creuset ethnique, religieux et linguistique. Un parti pris difficile à accepter lorsque l'on sait que dans la Grèce antique, l'Agora désigne le lieu de rassemblement de la cité, ce qui en fait le centre de la vie sociale, un endroit où, par essence, le langage a forcément un rôle symbolique prépondérant. Le cinéma américain ne peut plus imposer l'anglais comme langue universelle comme du temps des grosses production de l'âge d'or hollywoodien tels que Ben-Hur, La Chute de l'Empire Romain ou encore Spartacus au risque de perdre sa crédibilité par le simple fait de vouloir réaliser des économies.

Je pense que l'avenir du cinéma passe par le respect de la langue en tant que vecteur d'une identité nationale, le cinéma pouvant lui-même être considéré comme l'un des vecteurs d'identité nationale les plus efficaces comme en témoigne son utilisation par la plupart des régimes fascistes. Par extension, je pense que l'avenir des langues dites minoritaires passe par leur utilisation dans des produits culturels comme peuvent l'être les œuvres cinématographiques. C'est pourquoi j'espère que l'un des grands défis de la décennie à venir dans le monde du cinéma sera d'accentuer encore plus les échanges linguistiques au sein des films, notamment en augmentant le nombre de coproductions entre pays européens. Ainsi, dans le spectacle vivant, le programme European Whispers soutient des pièces de théâtre mettant en scène quatre langues de l'Union Européenne, pourquoi ne pas étendre la subvention à des films d'auteurs enclins à développer une identité européenne dans le respect des spécificités linguistiques ?

10 janvier 2010

Artiste ?

Georges Rouault

L'artiste doit délivrer le monde de la douleur même s'il ne se délivre pas de sa propre souffrance.
[Georges Rouault]

04 janvier 2010

Portrait

Hervé Télémaque

Nicolas Sarkozy me fait penser à un boxeur qui serait aussi dentiste. Au pouvoir, il vous démolit le portrait. En campagne électorale, il vous propose de vous refaire les dents.
[Marie-George Buffet]

01 janvier 2010

2010

Robert Combas

Just4kiss vous souhaite une année pleine de licenciements, de ruptures, d'accidents et de merdes en tout genre.