13 février 2010

Chanceux ?

Rafael Canogar

«La chance d'avoir du talent ne suffit pas ;
il faut encore le talent d'avoir de la chance.»

[Hector Berlioz]

08 février 2010

Fiancé à la Tour Eiffel

Marc Chagall

Il y a une semaine, je commençais mon stage de fin d'études. Je travaille désormais du lundi au vendredi au pied de la Tour Eiffel. Depuis toujours, la majestueuse dame de fer me fascine, me hante, m'obsède. Je lui ai déjà consacré plusieurs articles sur ce blog, je lui ai maintes fois déclaré ma flamme, je lui ai avoué mon amour sans faille à de nombreuses reprises. La Tour Eiffel traverse le ciel de Paris. Quelque soit l'endroit où l'on se trouve, on en devine toujours le sommet, on en distingue toujours la pointe acérée. La Tour et moi vivions donc jusqu'à présent une relation à distance. Nos contacts, bien que quotidiens, restaient brefs et froids. Nos rapports étaient fragiles à la merci de notre environnement, de mon emploi du temps. Désormais, nous vivons à proximité, dans une promiscuité presque étouffante. Chaque matin, le bus 82 me dépose aux pieds de ma bien-aimée. Elle est toujours au rendez-vous, fidèle, peu importe l'heure à laquelle j'arrive. Sereine malgré l'agitation qui règne autour d'elle, séduisante malgré les travaux qui la défigurent, accueillante malgré les hordes de vendeurs au « Three for one » entêtant qui tentent de m'amadouer avec des modèles réduits de ma dulcinée. Parfois, je la contourne. Parfois, je me glisse entre ses pattes, aussi fermes que démesurées. Je pénètre dans son intimité pour ressortir quelques instants plus tard et franchir le seuil des locaux qui m'accueillent. Même lorsque je travaille, je sens son regard bienveillant posé sur moi. Lorsque je lève la tête, de la fenêtre de mon bureau, j'entrevois ses solides jambes d'acier, je devine son buste en fonte, je ressens le gargouillis métallique émis par le va-et-vient des ascenseurs jaunes qui la traversent de bas en haut. Nous vivons dans la plus parfaite harmonie. Nous jouissons quotidiennement de pouvoir exposer notre liaison au grand jour. Nous connaissons enfin le plaisir de vivre notre union sans compromis, sans gêne, sans obstacle. Le seul accroc à cette magique histoire d'amour, c'est que nous en connaissons déjà la date de notre rupture : le 16 juillet. Reste à profiter des cinq mois de douce folie qui nous attendent, cinq mois de passion enivrante, de désir fiévreux quasi-permanent... à moins que notre mitoyenneté récente finisse par me lasser et à remettre en cause nos fiançailles si souvent désirées.

02 février 2010

Shortmovies

Robert Combas

Le court-métrage ne roule pas en Cadillac.
Le court-métrage ne se coiffe pas avec l'Oréal.
Le court-métrage n'a pas de musée.
Le court-métrage n'est pas le premier souci du ministre de la culture.
Le court-métrage ne remplit pas les palaces.
Le fils du président ne s'intéresse pas aux courts-métrages.
Le plus grand festival de courts-métrages d'Europe ne se trouve pas au bord de la mer - ni en haut des marches - on y attrape pas de coups de soleil.
Le court-métrage n'a pas laissé ses traces de pieds dans le ciment de Hollywood Boulevard, ni ses mains (ni son nez).
Il n'y a pas de guerre entre le court-métrage d'auteur et le court-métrage grand public. Il n'y a pas de "grand public" de courts-métrages, il n'y a qu'un public sincère.

Et pour toutes ces raisons, le court-métrage, c'est la Liberté !!!

[Philippe Pollet-Villar]