09 mars 2008

Récit d'une élection locale

Marcel Broodtahers

Rémois de naissance, je continue de voter à Reims, au bureau de vote 87 dont dépend la maison de mes parents. Historiquement, Reims est une ville bourgeoise, une ville de droite malgré une petite incartade communiste à la fin des années 70. Pourtant les derniers sondages annoncent la liste de la gauche réunie gagnante. Derrière la candidature de la député européenne socialiste Adeline Hazan s'est constitué un bloc rassemblant Les Verts et le PCF. Face à eux, deux candidats de droite prêts à tout : le parachuté Renaud Dutreil et la pouffiasse locale Catherine Vautrin. Le premier joue sur ses beaux yeux bleus et son absence totale de programme (et accessoirement sur le logo UMP) alors que la seconde évoque le bilan (pathétique) de la municipalité de droite précédente et son côté très proche du peuple avec sa superbe veste en cuir sur son affiche de campagne. Visage défiguré par une grimace et look "camionneuse" en font la candidate populaire par excellence. Il y aura donc vraisemblablement une triangulaire à Reims. Dans un premier temps, je voulais voter pour la liste accréditée par Olivier Besancenot. Et puis finalement, je me suis ravisé, mon vote s'est porté sur la liste réunissant Les Verts, le PCF (et le PS). En revanche, aux élections cantonales, j'ai voté pour le candidat des Verts. Tout le monde sait que je suis écologiste dans l'âme. Mais ce vote n'aura certainement pas grande importance vu que le découpage des élections cantonales réuni des univers totalement différents, mon quartier urbain et de nombreux petits villages périphériques. Autant en ville, le résultat est relativement serré entre droite et gauche, autant les bouseux continuent de voter massivement pour les candidats que j'abhorre.

Avec moi, un vote local se transforme vite en récit épique avec de multiples rebondissements. Pour commencer, je n'ai jamais retrouvé ma carte électorale. Impossible de savoir si je l'ai laissé dans un coin à Paris ou si elle traîne dans le bazar de ma chambre rémoise. Heureusement, j'ai appris hier que cette carte était totalement inutile. Pas rasé et mal coiffé (Julie pourra témoigner), je me suis rendu vers midi avec comme seule pièce d'identité, ma carte d'identité sur laquelle je suis particulièrement sexy. L'homme qui m'accueille fait les gros yeux quand il me voit arriver sans carte mais finit par remplir mon certificat d'inscription qui m'autorise à glisser le bulletin dans l'urne. Pas de vote électronique pour cette élection. Après son égarement présidentiel, la ville de Reims est revenue à la bonne vieille boîte en plastique, aux petites enveloppes moisies et aux listes publiés sur du papier ultra-fin. Rebelle dans l'âme, je n'ai évidemment pris que la liste pour laquelle j'avais l'intention de voter. Même pas besoin d'aller dans l'isoloir. Je montre de manière ostentatoire mes convictions politiques, symbole de mon altruisme, de ma générosité et de mon écoeurement face à la politique de classe menée par Sarkozy et toute sa clique. Il n'y a que les gens qui ont honte de leur vote qui ont besoin de se cacher. Je n'ai que faire du regard glacial que me lance la bourgeoisie (et la paysannerie) et ses thuriféraires. Je vais donc signer l'énorme inventaire des votants potentiels locaux, glisser ma petite enveloppe dans la fente béante, et le « A voté » claque dans l'air saturé de la salle des fêtes. J'ai ensuite répété exactement le même acte politique fort en prenant soin de glisser dans l'urne le petit papier vert à l'effigie de mon candidat vert.

Il ne reste plus qu'à attendre les résultats de ce premier tour, aller faire une procuration pour le second tour lundi matin avant de repartir sur Paris et espérer très fort que le pouvoir municipal change de main pour les six prochaines années (et plus si affinités).

7 commentaires:

comité-de-salut-public a dit…

"Dans un premier temps, je voulais voter pour la liste accréditée par Olivier Besancenot. Et puis finalement, je me suis ravisé, mon vote s'est porté sur la liste réunissant Les Verts, le PCF (et le PS)."

TRAIIIIIITREUUUUUHHHHH !!!!!!!!!!!!!

Julie a dit…

Je confirme...

Meuh non c'est pas un traitre... 20 ans qu'on est dans une ville de droite... Euh antoine ça fait 20 ans que t'es à Reims au fait? c'est juste qu'on veut que ça change et pour une fois qu'on a une chance de changer de couleur... et puis y'a les VERTS :D

Encore Julie a dit…

Oh et j'ai oublié... t'as entendu les cons de l'ump depuis hier... "non mais il faut faire comprendre que voter à gauche c'est réduire son pouvoir d'achat parce qu'ils ne pensent qu'à augmenter les prélèvements..."

Qu'est ce qui faut pas entendre comme conneries...

Anonyme a dit…

From agency AFP: le vote de Nicolas Lepetit fait vaciller le bastion Reimois !!!vg

Antoine a dit…

Nicolas ? Je comprends pas...

Et ça fait 21 ans, presque 22 ans que je suis rémois (du moins administrativement) vu que la première ligne de mon article précise que je suis né à Reims !^^

Et puis je suis pas un traitre CSP, la LCR n'est pas un parti d'élection locale, je me rattraperais une prochaine fois ! ;)

Anaël a dit…

En attendant ça promet d'être serré entre Vautrin et Hazan dimanche prochain ! Quoiqu'il en soit Reims élira une femme, sans doute pour la première fois il me semble ! On ne peut que saluer une certaine avancée de l'élite politique locale...

julie a dit…

ph j'avais pas vu les choses comme ça... vive les femmes... mais Hazan de préférence...

*mode féministe*