04 mars 2010

Control

Alberto Martini

Je suis un dangereux pervers psychopathe. J'aime espionner, épier, surveiller. Sur ce blog, un petit logiciel me permet de connaître les requêtes et les adresses IP de mes visiteurs. Les premières m'amusent, me font sourire ou me font trembler. Les secondes me font bouillir intérieurement, me font rosir d'envie et de désir. J'aime traquer mes visiteurs. Je rêve de mettre un nom et un visage sur chacune de ces adresses IP constituées de chiffres et de lettres a priori indéchiffrables. A priori seulement. Je prends un malin plaisir à associer des requêtes virtuelles à des personnes réelles de mon entourage. Mon cerveau recoupe les informations, aidé d'une carte de Paris des indicatifs IP et d'un site permettant de connaître la localisation géographique des adresses IP. Parfois, je tends des pièges, je glisse discrètement un lien sur Facebook ou sur MSN afin d'identifier l'adresse de mon interlocuteur. Parfois, le malheureux contact se trahit lui même par la répétition de ses visites, la récurrence de sa démarche. J'ai en mémoire des dizaines d'adresses reliées à des amis dont j'apprécie l'assiduité ou au contraire méprise la rareté de leur passage. Évidemment, de nombreuses adresses IP ne sont pas exploitables et beaucoup de mes fidèles lecteurs passent à la trappe. Il m'est impossible de filer tout le monde. Malheureusement...

Sur Facebook, je ressens peu ou prou le même besoin de contrôle. En analysant certains profils, je suis amené à découvrir des éléments a posteriori passionnants. Une curiosité naturelle, doublée d'une paranoïa aiguë, triplée d'une soif de pouvoir guident chacune de mes actions sur Facebook. Ce sont plus ou moins les mêmes raisons qui me poussaient à m'asseoir au dernier rang tout au long de ma scolarité : l'impression de réussir à contrôler l'ensemble de mes camarades en surveillant chacun de leurs faits et gestes durant les cours. La domination par la connaissance. Le savoir comme moyen de pression. J'aime voir sans être vu. Je suis un voyeur, un spectateur de ton existence, un observateur de ton évolution. Comme dirait John Cameron Mitchell dans Shortbus, regarder c'est déjà participer. En passant mes journées sur les pages FB de mes amis, des amis de mes amis ou de sinistres inconnus, je participe indirectement à leur vie. Mais cela va bien au-delà du simple voyeurisme. Dans ma tête, les scénarios défilent, les liens se créent, les connexions s'établissent. Ma mémoire est une immense base de données réunissant des centaines d'identités différentes, des milliers d'entités distinctes. Et un jour, je l'exploiterai pour devenir le maitre de ta vie. Tu en trembles déjà non ?

13 février 2010

Chanceux ?

Rafael Canogar

«La chance d'avoir du talent ne suffit pas ;
il faut encore le talent d'avoir de la chance.»

[Hector Berlioz]

08 février 2010

Fiancé à la Tour Eiffel

Marc Chagall

Il y a une semaine, je commençais mon stage de fin d'études. Je travaille désormais du lundi au vendredi au pied de la Tour Eiffel. Depuis toujours, la majestueuse dame de fer me fascine, me hante, m'obsède. Je lui ai déjà consacré plusieurs articles sur ce blog, je lui ai maintes fois déclaré ma flamme, je lui ai avoué mon amour sans faille à de nombreuses reprises. La Tour Eiffel traverse le ciel de Paris. Quelque soit l'endroit où l'on se trouve, on en devine toujours le sommet, on en distingue toujours la pointe acérée. La Tour et moi vivions donc jusqu'à présent une relation à distance. Nos contacts, bien que quotidiens, restaient brefs et froids. Nos rapports étaient fragiles à la merci de notre environnement, de mon emploi du temps. Désormais, nous vivons à proximité, dans une promiscuité presque étouffante. Chaque matin, le bus 82 me dépose aux pieds de ma bien-aimée. Elle est toujours au rendez-vous, fidèle, peu importe l'heure à laquelle j'arrive. Sereine malgré l'agitation qui règne autour d'elle, séduisante malgré les travaux qui la défigurent, accueillante malgré les hordes de vendeurs au « Three for one » entêtant qui tentent de m'amadouer avec des modèles réduits de ma dulcinée. Parfois, je la contourne. Parfois, je me glisse entre ses pattes, aussi fermes que démesurées. Je pénètre dans son intimité pour ressortir quelques instants plus tard et franchir le seuil des locaux qui m'accueillent. Même lorsque je travaille, je sens son regard bienveillant posé sur moi. Lorsque je lève la tête, de la fenêtre de mon bureau, j'entrevois ses solides jambes d'acier, je devine son buste en fonte, je ressens le gargouillis métallique émis par le va-et-vient des ascenseurs jaunes qui la traversent de bas en haut. Nous vivons dans la plus parfaite harmonie. Nous jouissons quotidiennement de pouvoir exposer notre liaison au grand jour. Nous connaissons enfin le plaisir de vivre notre union sans compromis, sans gêne, sans obstacle. Le seul accroc à cette magique histoire d'amour, c'est que nous en connaissons déjà la date de notre rupture : le 16 juillet. Reste à profiter des cinq mois de douce folie qui nous attendent, cinq mois de passion enivrante, de désir fiévreux quasi-permanent... à moins que notre mitoyenneté récente finisse par me lasser et à remettre en cause nos fiançailles si souvent désirées.

02 février 2010

Shortmovies

Robert Combas

Le court-métrage ne roule pas en Cadillac.
Le court-métrage ne se coiffe pas avec l'Oréal.
Le court-métrage n'a pas de musée.
Le court-métrage n'est pas le premier souci du ministre de la culture.
Le court-métrage ne remplit pas les palaces.
Le fils du président ne s'intéresse pas aux courts-métrages.
Le plus grand festival de courts-métrages d'Europe ne se trouve pas au bord de la mer - ni en haut des marches - on y attrape pas de coups de soleil.
Le court-métrage n'a pas laissé ses traces de pieds dans le ciment de Hollywood Boulevard, ni ses mains (ni son nez).
Il n'y a pas de guerre entre le court-métrage d'auteur et le court-métrage grand public. Il n'y a pas de "grand public" de courts-métrages, il n'y a qu'un public sincère.

Et pour toutes ces raisons, le court-métrage, c'est la Liberté !!!

[Philippe Pollet-Villar]

20 janvier 2010

50 000

Hommage à Alain Cavalier

Nombre d'affichages sur mon compte FlickR :
50 000

18 janvier 2010

Question 32

Existe-t-il plus belle contradiction que d'habiter Neuilly-sur-Seine et de prendre le métro station Louise Michel ?

16 janvier 2010

Parisien ?

Alexandre Traumer

Etre parisien, ce n'est pas être né à Paris, c'est y renaître.
[Sacha Guitry]

14 janvier 2010

Buon appetito

Pierre Bonnard

J'aime faire des omelettes. Quelques œufs, un peu de sel, un peu de poivre et le tour est joué. Parfois, je rajoute une touche de crème fraîche liquide, pour avoir l'impression que mon omelette est plus grosse mais si l'on s'en tient à la définition d'Auguste Escoffier, ce sont juste des œufs brouillés d'un genre spécial enfermés dans une enveloppe d'œuf coagulé, et rien d'autre. Pourtant, toute la magie de l'omelette réside dans la manière d'agrémenter cette base à la simplicité éprouvée depuis des siècles. C'est à cet instant précis qu'intervient ma créativité culinaire, mon inventivité gastronomique, mon imagination toujours fertile pour accommoder les restes. L'une de mes créations les plus originales reste évidemment l'omelette au surimi qui connait un beau succès depuis trois ans si je m'en réfère au nombre de visiteurs ayant cherché la fameuse recette sur Google. Ce n'est malheureusement pas ma création la plus goûtue et je dois bien admettre que mes habitudes alimentaires ont grandement évolué depuis cette époque. Ainsi, lassé d'apprêter mes omelettes avec les ingrédients traditionnels (pommes de terre, lardons, champignons, oignons, fromage rapé...), je me suis décidé à renouveler le genre. De la même manière que je suis en train de repousser les limites du western cinématographiquement parlant (^^), je me suis engagé à moderniser l'omelette de ma grand-mère. Pour cela, je n'ai pas hésité à faire appel à la cuisine italienne que j'apprécie plus que tout. C'est ainsi que sont nées l'omelette pesto - parmigiano (ma plus belle réussite !), l'omelette spinaci (épinards) - ricotta, l'omelette peperonni (poivrons) - pomodori (tomates) et l'omelette zucchini (courgettes) - pancetta. A ces ingrédients qui fleurent bon le soleil et la joie de vivre du pourtour méditerranéen peuvent être ajoutés les éléments traditionnels que j'évoquais plus haut ainsi que différentes herbes ou épices qui rehaussent indéniablement le goût pourtant divin de ces créations franco-italiennes. Évidemment, mes omelettes réalisées dans le plus pur respect de la tradition gastronomique française n'ont rien à voir avec la frittata italienne, sorte de substitut populaire et vulgaire (italien en deux mots !^^) à la délicatesse et au raffinement de mes recettes.

Un jour, je vous expliquerai peut-être comment réaliser les mêmes associations italianisantes à partir de nos bonnes crêpes bretonnes au blé noir. A moins que je ne décide avant d'élargir ma palette d'omelettes en ayant recours au traditionnel "salade-tomate-oignons-sauce blanche" si chère à mon alimentation tournée vers l'international.

12 janvier 2010

Histoire de langues

Erró

J'aime la diversité des langues. J'aimerais parler des dizaines de langues, de dialectes, de patois différents. Plus le temps passe et plus je m'intéresse à la linguistique, aux liens qui unissent les langues entre-elles ou au contraire les différencient. Je suis particulièrement sensible au respect des langues au cinéma, un respect qui relève autant d'une volonté de véracité historique que d'une recherche perpétuelle d'authenticité. Sans oublier, parfois, une certaine fierté patriotique lorsque j'entends parler français dans un film américain ou espagnol. Rien ne me fait plus plaisir que de voir un film coréen en coréen, un film suédois en suédois ou un film allemand en allemand. Je ne comprends strictement rien, ce ne sont pas forcément des langues très belles à entendre mais voir le film en version originale renforce mon immersion dans l'histoire. Lorsque je regarde des films en anglais, en espagnol ou en italien, la version originale est aussi l'occasion de découvrir de nouvelles expressions, de nouveaux mots et d'exercer mon oreille à écouter et comprendre une autre langue. C'est ainsi qu'il y a quelques années, alors que je vouais un culte au réalisateur Krzysztof Kieślowski, j'ai réussi à apprendre quelques mots de polonais qui revenaient de manière récurrente dans les premiers films du réalisateur ou bien dans son célèbre Décalogue, des mots qui me sont revenus à l'esprit avec délectation lorsque j'étais à Cracovie cet été.

J'aime surtout lorsque les films jonglent perpétuellement entre deux, trois, quatre langues ou plus. Babel d'Alejandro Inarritu ou encore Les Poupées Russes de Cédric Klapisch sont particulièrement démonstratifs à ce niveau là mais plus récemment, j'ai par exemple apprécié le passage du français à l'italien dans le film Gamines d'Eleonore Faucher (ou du navi à l'anglais dans Avatar !^^). Par ailleurs, je pense qu'un film comme Two Days in Paris tire son éclat, sa fraicheur et sa légèreté du mélange incessant entre français et anglais. Je pense que la mondialisation et la multiplication des échanges internationaux font que l'on vit dans un vrai bordel linguistique. Les langues cohabitent, coexistent et c'est ce qui fait depuis toujours le charme du voyage et de l'échange. J'aime quand le cinéma reflète cette réalité, une réalité empreinte d'une incontestable diversité culturelle qui passe avant tout par la langue.

Bien que je n'ai clairement pas aimé La passion du Christ et Apocalypto, j'aimerais saluer la persévérance de Mel Gibson à tourner le premier en araméen, en latin et en hébreu et le second en maya yucathèque. Des prouesses linguistiques qui laissent pantois et qui rendent Agora – vu hier – encore plus pathétique. Effectivement, Alejandro Amenabar, par soucis de rentabilité économique, a tourné son film en anglais. Cependant, pour faire plus vrai, il a fait adopter à ses acteurs des accents différents selon leur origine sociale et leur religion. Un tel film n'aurait dû voir le jour que s'il avait été tourné dans le respect des langues de l'époque, Alexandrie étant alors un véritable creuset ethnique, religieux et linguistique. Un parti pris difficile à accepter lorsque l'on sait que dans la Grèce antique, l'Agora désigne le lieu de rassemblement de la cité, ce qui en fait le centre de la vie sociale, un endroit où, par essence, le langage a forcément un rôle symbolique prépondérant. Le cinéma américain ne peut plus imposer l'anglais comme langue universelle comme du temps des grosses production de l'âge d'or hollywoodien tels que Ben-Hur, La Chute de l'Empire Romain ou encore Spartacus au risque de perdre sa crédibilité par le simple fait de vouloir réaliser des économies.

Je pense que l'avenir du cinéma passe par le respect de la langue en tant que vecteur d'une identité nationale, le cinéma pouvant lui-même être considéré comme l'un des vecteurs d'identité nationale les plus efficaces comme en témoigne son utilisation par la plupart des régimes fascistes. Par extension, je pense que l'avenir des langues dites minoritaires passe par leur utilisation dans des produits culturels comme peuvent l'être les œuvres cinématographiques. C'est pourquoi j'espère que l'un des grands défis de la décennie à venir dans le monde du cinéma sera d'accentuer encore plus les échanges linguistiques au sein des films, notamment en augmentant le nombre de coproductions entre pays européens. Ainsi, dans le spectacle vivant, le programme European Whispers soutient des pièces de théâtre mettant en scène quatre langues de l'Union Européenne, pourquoi ne pas étendre la subvention à des films d'auteurs enclins à développer une identité européenne dans le respect des spécificités linguistiques ?

10 janvier 2010

Artiste ?

Georges Rouault

L'artiste doit délivrer le monde de la douleur même s'il ne se délivre pas de sa propre souffrance.
[Georges Rouault]

04 janvier 2010

Portrait

Hervé Télémaque

Nicolas Sarkozy me fait penser à un boxeur qui serait aussi dentiste. Au pouvoir, il vous démolit le portrait. En campagne électorale, il vous propose de vous refaire les dents.
[Marie-George Buffet]

01 janvier 2010

2010

Robert Combas

Just4kiss vous souhaite une année pleine de licenciements, de ruptures, d'accidents et de merdes en tout genre.

31 décembre 2009

Just4kiss d'or 2009

Comme chaque année, le 31 décembre est l'occasion de publier sur ce blog la cérémonie de remise du Just4kiss d'Or, un rendez-vous immanquable depuis la première édition en 2006. Une fois de plus, cette année fut pleine de rires et d'émotions où le meilleur a côtoyé le pire, l'original a flirté avec le classique. A noter que pour la première fois, ma consommation de films récents connut un léger ralentissement dû notamment à ma volonté de voir essentiellement des ressorties, de vieux films essentiels à tout cinéphile, et surtout à mes absences récurrentes de la capitale, notamment au premier semestre 2009. Cela étant dit, même si je ne peux garantir l'exhaustivité, je pense néanmoins avoir examiné l'essentiel des films à voir cette année (pas moins de 220 films au compteur) comme le montre la liste des films mise à jour régulièrement sur mon blog consacré au cinéma.

J'ai eu beaucoup de mal à désigner le lauréat du Just4kiss d'Or. Finalement, mon choix s'est porté sur Les Noces Rebelles, un film qui m'a touché droit au cœur. Effectivement, je n'aurai jamais suffisamment de mots pour cracher ma haine de la banlieue, ma haine du quotidien sordide, ma haine de la tradition et des valeurs familiales. Rien que de m'imaginer prendre un train express régional pour aller travailler dans une tour, vêtu du même costume méprisable que des milliers de congénères, me donne des frissons. Rien que de penser renoncer à toute vie culturelle, à tout plaisir, pour m'occuper de chiards m'effraie. Je ne veux pas d'une petite vie minable, d'un boulot minable accepté à contre-cœur pour des raisons financières, d'un petit pavillon minable en périphérie. Je ne veux pas rentrer dans un moule, formaté par une société qui ne tolère aucun écart, réduit au silence par un système délétère. Je ne veux pas de ce « vide désespérant de la vie ici ». C'est pourquoi j'ai tant aimé Les Noces Rebelles, film mettant brillamment des mots sur mon ressenti face au renoncement général. Je suis John. Je suis April. Je suis Frank. Je suis incompris, craignant de décevoir, de me résigner comme Frank. Je suis incompris, considérant les enfants comme une punition, comme un fardeau restreignant ma vie potentielle comme April. Je suis incompris, énonçant des vérités synonymes de folie pour mes contemporains comme John. Voilà pourquoi le Just4kiss d'Or revient cette année au film de Sam Mendès remarquablement interprété par le couple formé par Leonardo di Caprio et Kate Winslet, dix ans après Titanic.

La liste suivante constitue la crème de la crème des sorties entre le 4 janvier et le 30 décembre 2009, les films que tout le monde se doit d'avoir vu au moins une fois dans sa vie.

1.Les Noces Rebelles
2.Mary and Max
3.Whatever Works
4.Un prophète
5.Les beaux gosses
6.Welcome
7.The Wrestler
8.Des idiots et des anges
9.Inglorious Basterds
10.Etreintes Brisées
11.Good Morning England
12.Le vilain
13.Max et les Maximonstres
14.Tetro
15.Winnipeg mon amour


A l'année prochaine pour de nouvelles découvertes cinématographiques !

27 décembre 2009

Question 31

Francis Bacon


Suis-je lâche ou flegmatique ?

20 décembre 2009

Smile

Keith Haring

J'aime les sourires. J'aime les gens souriants. Il y a des gens qui peuvent donner du bonheur rien qu'avec leur sourire. J'en connais, j'en ai rencontré, j'en ai plusieurs dans mes contacts Facebook. Je songe d'ailleurs à faire un classement des plus beaux sourires de mon entourage. La lutte pour la première place risque d'être tendue tant plusieurs prénoms se bousculent déjà dans mon esprit. Un sourire donne de la joie, de l'espoir, de l'amour. Le sourire est la source éternelle de la grâce, du charme, de l'éclat d'un individu. L'écrivain Patrick Drevet va jusqu'à dire que le sourire est prémonition de la jouissance. Un beau sourire est la chose la plus importante pour me faire succomber. Quand je tombe amoureux, je tombe avant tout amoureux d'un sourire. Dans le métro, dans la rue, j'aime quand mon regard croise un sourire, un sourire franc, pas un sourire pincé ou un sourire du coin des lèvres mais un sourire qui laisse deviner une belle rangée de dents blanches. Je ne peux imaginer un monde sans sourire. Le sourire est une digue qui s'élève contre la tristesse, la morosité, l'ennui. Un sourire est un rayon de soleil qui illumine la vie. Chaque sourire est unique. Chaque sourire est l'empreinte d'un instant, fugace témoignage d'une félicité passagère. Je ne cesse de m'abreuver de sourires. Je les traque, je les capte puis je les conserve dans un coin de mon esprit. J'ai une photothèque à sourires dans ma tête. Une collection qui ne cesse de s'enrichir malgré les réticences des parisiens à embraser leur propre vie en diffusant, en vaporisant, en répandant des milliers de sourires autour d'eux. J'espère que je ne suis pas le seul à craquer pour un adorable sourire et c'est pour ça que dans ma vie de tous les jours, je m'efforce à sourire le plus possible, surtout depuis que je sais que pour Sainte-Beuve, le sourire est le signe le plus délicat et le plus sensible de la distinction et de la qualité de l'esprit. Je veux moi aussi que mon sourire donne de la joie, de l'espoir, de l'amour à tous les gens qui me côtoient et à toi aussi bien sûr, lecteur/lectrice, qui aime venir sur mon blog pour contempler ma souriante bannière !

17 décembre 2009

La Grippe

Duccio di Buoninsegna

Elle est arrivée par surprise. Samedi soir. Par derrière, en traitre, je ne L'ai pas vu venir. Tentaculaire, Titanesque, Monumentale. Au début, Elle gagnait du terrain. Je faiblissais à vu d'œil. Je ne m'alimentais plus. Je tremblais. Je frissonnais. Je transpirais. J'avais le regard hagard. Mon corps enfiévré ne m'obéissait plus. Des courbatures assassines me condamnaient à garder mon lit. Une toux à réveiller les morts sortait de mes entrailles inflammées/enflammées. Du mucus ne cessait de couler de mon nez sans que rien ne puisse venir lui faire barrage. Des vertiges assassins cherchaient à me faire perdre pied. Puis j'ai pris mon courage à deux mains. J'ai résisté. J'ai tenté le tout pour le tout. Je n'ai rien lâché. J'ai formé mes anticorps au combat. Je les ai entrainé, discipliné, apprivoisé. Je leur ai fourni des stimulants à base de paracétamol. Je les ai drogué pour en tirer le meilleur d'eux-mêmes. J'ai constitué une armée de petits soldats prêts à mener la bataille. J'étais le général disposé à me lancer corps-perdu dans l'ultime assaut. Pendant 72 heures, j'ai guerroyé. Pendant 72 heures, j'ai ferraillé contre Elle. Pendant 72 heures, je L'ai défiée dans une lutte acharnée. Nous savions tous les deux qu'à la fin, il n'en resterait plus qu'un. Il fallait que ça soit moi. La culture, la délicatesse, la beauté triomphant de l'ignorance, de la lâcheté, de la laideur. Plus qu'un combat personnel, j'en faisais une histoire de civilisation, un baroud d'honneur pour l'avenir de l'humanité. Plus qu'un duel pour ma survie, c'était un affrontement pour la justice et la tolérance. A l'intérieur de moi, c'était un véritable charnier. Les microbes se sont retrouvés acculés par la résistance et la puissance de mon organisme. Les bactéries ont été prises en otage par mes anticorps au meilleur de leur forme. Le pugilat a tourné court. Mon corps sera leur tombeau. Peux-tu imaginer un mausolée plus séduisant ? Un sarcophage plus excitant ? Un cénotaphe plus éblouissant ?