10 juillet 2009

Vacances à durée indéterminée

André Brasilier

Comment peut-on vivre avec moins de six mois de vacances dans l'année ?

03 juillet 2009

(épi)sode nocturne

Valério Adami

Depuis mon adolescence (et même avant), je souffre d'un terrible épi revenant de manière récurrente au sommet de mon crâne. Tel un Don Quichotte, je me bats contre cet ennemi implacable à coup de brosse, gel, peigne, laque et autres armes chargées de réduire à néant ce contrariant opposant. J'ai tout essayé pour vaincre cette tare que je croyais incurable. J'étais persuadé d'être génétiquement raté. Je m'étais résigné à supporter mes cheveux jusque ma mort, ou au moins jusque ma calvitie. Chaque matin il était là, indétrônable, ruinant ma potentielle vie amoureuse, nuisant à ma vie sociale. Source de complexe infinie, j'avais fini par résoudre le problème en me rasant les cheveux le plus court possible. J'avais ainsi vaincu la sournoise touffe de cheveux tout en m'économisant bien des soucis devant le miroir au réveil.

Depuis mon adolescence (et même avant), j'ai l'habitude de m'endormir au cœur d'un nuage d'oreillers et de coussins divers. Assurément confortables, chargés de combler le vide, la solitude de mon grand lit, ils étaient toujours là pour moi. Ainsi, ces dernières années, je vivais avec six énormes oreillers. Toute les nuits, je ne pouvais trouver le sommeil qu'après avoir calé ma tête entre deux oreillers et enlacer suavement les deux autres, immobilisés sous mes bras musclés. Enfin, les deux derniers me permettaient d'exercer un roulement afin d'avoir toujours un côté froid à portée de main. C'est dans cette si délicieuse harmonie que nous vivions, mes oreillers, mon épi et moi-même.

Or, ces derniers jours, j'ai dormi plusieurs nuits dans mon ancien appartement, alors complètement vide. Dans ma chambre, il ne restait qu'un vieux matelas et un vieux sommier trainant misérablement au milieu de la pièce. Tous mes oreillers avaient été rapatriés à Reims (et deux d'entre eux avaient pris la direction de la poubelle). Or, grande a été ma stupeur en me réveillant le matin sans aucune trace d'épi. Plus grande encore fut-elle quand l'événement se reproduit le lendemain et le surlendemain.

Je traverse donc une profonde remise en cause de mes habitudes de sommeil qui m'oblige à faire un choix cornélien : conserver mes oreillers (et, par conséquent, mon épi) ou bien les supprimer pour en finir à jamais de cette malformation capillaire qui me pourrit la vie depuis des lustres.

01 juillet 2009

Switch off

Keith Haring

Switch off your TV and use your brain.

C'est lui qui le dit, et il le dit bien !

30 juin 2009

Ce n'est qu'un au revoir...

François Dilasser

Souviens toi, en novembre 2007, j'emménageais dans le neuvième. Une occasion en or dans un arrondissement que je connaissais à peine. Un appartement de rêve à mi-chemin entre les Tati historiques de Barbès et les Grands Magasins, entre le Sacré-Coeur et l'Opéra Garnier. Cinquante mètres carré un peu vétustes, mal répartis mais terriblement attachants. Trois lignes de métro à proximité, cinq stations, un positionnement idéal au coeur d'un Paris historique, économique et culturel. Je pars. Notre-Dame de Lorette je te quitte. Cadet je m'en vais. Anvers je t'abandonne. C'est donc avec regret que je renonce à la boulangerie de la rue Rodier, au libraire de la rue de Maubeuge, au Carrefour Market de la rue Rochechouart, aux petits commerces de la rue des Martyrs, au bus 85 et à tout ce qui faisait mon quotidien entre le Square d'Anvers et le Carrefour de Chateaudun. Les salles de concert, les salles de théâtre, les cinémas, les salles des ventes, les inventaires en pharmacie, je me suis habitué à une proximité immédiate que j'aurais du mal à retrouver. D'autant plus que je me vois temporairement contraint de quitter Paris pour vivre en banlieue, loin de tout, loin de tous. Neuilly sur Seine, banlieue sarkozyste peuplée de blaireaux, me voici !

18 juin 2009

Photographe

Gerhard Richter

Je me demande parfois si je ne suis pas mon Nikon D40 en voyage.

Je vous annonce donc que mon appareil photo part pour Florence, Sienne et Pise dans quelques heures.

Retour mardi soir.

16 juin 2009

Let's play

Paul Cézanne

Il faut se rendre à l'évidence, alors que tous les ingrédients sont réunis pour qu'une véritable révolte éclate enfin, celle-ci se laisse désirer, celle-ci se fait attendre. Je ne t'en veux pas, je ne vaux pas mieux que toi. Mais si, par peur ou pour tout autres raisons, nous n'osons pas triompher du capitalisme à l'heure où les thèses libérales battent de l'aile et où les économies dominantes s'effondrent, il nous faut d'autres projets pour envisager un avenir un peu moins terne.

Je propose donc une solution ludique directement inspirée des nombreux jeux formatant les enfants dès leur plus jeune âge à devenir des « requins » et dont le plus connu est évidemment le Monopoly. Reconnais que toi aussi tu prenais plaisir à jouer au Monopoly. Tu jubilais quand tu possédais un terrain Rue de la Paix ou une maison Avenue Foch ! Tu exultais quand ton adversaire, ruiné, finissait par abdiquer après être tombé trois fois sur ton hôtel Avenue de Breteuil ! Car il est clair que, dans le Monopoly, comme dans notre société, l'argent appelle l'argent. Et c'est bien ça le drame de notre économie : les riches sont de plus en plus riches tandis ce que les pauvres s'appauvrissent.

Je ne te fais pas un dessin, tu le sais aussi bien que moi, le monde va mal. Mais as-tu une véritable alternative à proposer ? Pas un truc bateau du genre écolo fraichement converti par le film à 4,99 euros de Yann-Arthus Bertrand ? Moi je te propose qu'au lieu de changer le système de fond en comble, on commence une nouvelle partie. Les règles sont simples. Tous les 8 ans, toutes les entreprises et tous les habitants de la Terre rassemblent l'argent. Celui-ci est alors divisé en 6 milliards de parts égales. Chaque habitant renonce également à toutes ses possessions matérielles, de l'appartement au lecteur DVD en passant par le cabriolet rouge. Absolument tout.

Ainsi, sans remettre en cause le capitalisme, tu y mets une limite. Au lieu d'être transmis de génération en génération, de père en fils, le capital est automatiquement remis à zéro à intervalle régulier. Ainsi, pour éviter d'avoir à remettre d'énormes sommes d'argent en commun lorsque l'échéance approche, il convient de dépenser sans compter et finalement n'est-ce pas ça profiter de la vie.

Alors, tu joues ?

12 juin 2009

Couple

Michel Macréau

Décroissance

Alexander Calder

Aujourd'hui, nous célébrons l'entrée du mot décroissance dans le Larousse.

Décroissance : «politique préconisant un ralentissement du taux de croissance dans une perspective de développement durable».

Une entrée tardive vu que j'y avais consacré un article entier il y a plus de deux ans.

28 mai 2009

Parisian way of life

Ludwig Meidner

Si j'habite Paris, c'est pour y être le moins possible.

23 mai 2009

Motus et bouche cousue

Cette nuit, la tempête s'est levée. Avant même que le soleil ne se couche, le vent avait déjà commencer à forcir. La température, étouffante dans l'après-midi, avait perdu plusieurs degrés en quelques heures. Pourtant, dans un moment de folie mêlée d'inconscience, nous avons mouillé le voilier à quelques encablures seulement de la digue protégeant le port de Porquerolles. Au milieu de la nuit, un bruit assourdissant se fait entendre. La poupe du bateau – à moins que ça ne soit la quille – cogne à deux reprises contre la jetée. Réveillé à moitié, je préfère me replonger dans mon sommeil, considérant le vacarme comme un pur produit de mes rêves, déjà émoustillés par le claquement incessant des haubans contre le mât depuis le début de la nuit. Malheureusement, Nastasia, apeurée, vient me sortir de ma torpeur. A moitié nu, le teint blafard, les yeux embués, je me presse sur le pont. Il nous faut rallumer le moteur, relever l'ancre et avancer, à l'aveuglette, pour aller mouiller Motus un peu plus loin dans la crique. La nuit est noire, on devine à peine la forme des autres bateaux autour de nous. Face à moi se trouve une forêt de mâts signalés par une simple ampoule blanche à leur sommet. Cela fait un drôle d'effet, à la fois hypnotique et effrayant, un sentiment d'effroi renforcé par le vent qui ne cessent de s'abattre sur le voilier ballotté de part en part. Je peine à guider Nastasia qui se trouve à la barre. Malgré le silence de la nuit, je sens mon cœur battre à toute vitesse. Sur le moment, je ne réalise rien, gardant mon calme légendaire malgré le vent qui me glace les os et l'agitation ralentie qui règne sur les autres bateaux autour de nous...Au petit matin, il me faut risquer ma vie à nouveau. Après avoir pris un petit-déjeuner consistant, je me vois dans l'obligation d'aller affronter les vagues et l'eau glacial pour aller libérer le safran dans lequel s'est coincé une corde et deux petites boules, reliquat d'un maudit filet de pêche qui nous avait harponné la veille. La mer est agitée. La tempête de cette nuit a remué ses entrailles. Je lutte pour garder la tête hors de l'eau. Qu'elles me paraissent loin les années où je nageais comme un poisson, que dis-je un dauphin, et que je jouais au water-polo. Je plonge une première fois. En repérage. Le filin est complètement bloqué. J'ai beau mettre tous mes muscles en action, je ne parviens pas à le libérer, ne serait-ce d'un millimètre. Je replonge à plusieurs reprises avant de définitivement renoncer. Je manque de souffle. Je tiens à peine 15 secondes dans l'eau avant d'avoir l'impression d'étouffer. Dans ces conditions, impossible de couper la corde qui entrave notre marche, impossible de tirer dessus. D'autant plus que je vis dans la peur d'être assommé par la poupe du voilier qui ne cessent de se soulever et de s'affaisser au rythme ininterrompu des vagues. Dépité, déçu d'avoir échoué, je remonte dans le bateau la tête basse.
Heureusement, cet épisode n'est qu'un léger contre-temps vers ma gloire éternelle. Quelques heures plus tard, alors que nous mouillons au port de Porquerolles dans l'attente d'un plongeur libérateur, je retente ma chance. L'anse est protégée. Le vent est retombé. L'eau est calme. Je peux garder mes forces pour affronter mon objectif. Je tente d'abord de libérer le safran avec mes pieds, gardant ainsi ma tête hors de l'eau. Malheureusement, je dois me rendre à l'évidence, la méthode n'est pas efficace et je parviens seulement à m'égratigner les chevilles sur la coque du bateau. Il me faut donc enfiler mon masque et plonger. Sans aucun mal, j'achève de couper la corde, libérant ainsi l'un des flotteurs (que j'ai gardé en souvenir et que je conserve précieusement dans un coin de ma chambre). Le suivant suit presque aussi facilement. Tel un demi-Dieu antique, je me sens transporté par mon succès, fier d'avoir dépassé mon renoncement de la matinée, heureux d'avoir économisé les quatre-vingts euros demandés par le plongeur. Mon abnégation mêlée à mes qualités physiques naturelles ont eu raison de ce coup du sort. Nous pouvons dès lors quitter le port de Porquerolles pour reprendre la mer pour de nouvelles aventures dont vous pouvez retrouver les photos sur FlickR.
D'autres photos aussi magnifiques sur FlickR !

21 mai 2009

Prémices d'une Europe Culturelle ?

Edvard Munch

A lire, juste parce que c'est (déjà) mon dernier article sur Arteo.

16 mai 2009

Bordeaux Chanel

Lubin Baugin

J'aime Bordeaux pour ces Happy Hours sur les bouteilles de vin de 17h à 22h !

Mais aussi pour plein d'autres raisons à découvrir en photo sur FlickR.

14 mai 2009

Naples et l'art contemporain

Station Salvator Rosa by myself.

A lire, juste parce que j'aime Naples...


12 mai 2009

Question 29

Mario Sironi

Il y a pire que la délation en Italie et le durcissement de la loi sur l'immigration ; les milanais n'ont plus le droit de manger des kebabs dans la rue.


Imaginez-vous plus grave atteinte aux
libertés individuelles ?


11 mai 2009

De Corot à l'Art Moderne

Camille Corot/Paul Cézanne

A lire, juste parce que j'écris pour Arteo désormais...

05 mai 2009

L'énigme du jour

Giorgio de Chirico

Sur terre, il y a bien plus d'énigmes dans l'ombre d'un homme qui marche au soleil que dans toutes les religions passées, présentes et futures.
[Giorgio de Chirico]

24 avril 2009

Silence ?

David Nebreda

Cio che sempre parla in silenzio è il corpo.
[Alighiero&Boetti]

21 avril 2009

2762


Deux mille sept cent soixante-deuxième anniversaire de la naissance de Rome.

Voilà qui rappelle quelques cours de latin (et accessoirement mon cours d'Histoire Ancienne en Licence d'Histoire !^^).

Quelques photos (réussies) à voir sur FLickr !


15 avril 2009

Just4kOSS117

Roy Lichtenstein

D'aucuns ont des aventures, je suis une aventure !

08 avril 2009

Ciné-birthday

Jasper Johns

J'aime mon anniversaire, date symbolique – constitué de deux chiffres pairs – qui me ravit (même si Mélissa m'a gâché la journée en m'annonçant ce matin que c'était également l'anniversaire de Jean-Pierre Pernaut...). Cela étant dit, j'aime encore plus quand mon anniversaire tombe un mercredi ! Effectivement, depuis une semaine, un mois, voire même un an, il n'est pas rare de croiser dans le métro ou dans la rue des affiches de cinéma arborant fièrement une date : 8 AVRIL, un petit plaisir qui me laisse arborer quelques secondes un sourire sur mes lèvres réjouies.

Ces films sont là pour me donner quelques conseils sur l'année à venir qui, je l'espère, sera Fast and Furious. Avant tout, j'espère évidemment une Erreur de la banque en (ma) faveur. Et j'espère également que Le Cerveau sera au rendez-vous en cette merveilleuse année pour m'accompagner de succès en succès. Mais, napolitain dans l'âme, j'espère vivre tout au long de ma vingt-quatrième année d'Amour, Sexe et Mobylette, sans pour autant rencontrer Wendy&Lucy ainsi que Ponyo sur la falaise. Effectivement, je suis convaincu que la Villa Amalia reste bien plus agréable pour rencontrer ma Chéri(e). Ainsi, j'espère que Nous resterons sur terre et que nous verrons La Chine (le pays – parce que je préfère mourir que de voir un documentaire de 3h30 par Antonioni !^^).

Et n'oubliez pas, Ne me libérez pas, je m'en charge et bientôt, vous serez vous aussi aussi libre que moi dans Le Monde Merveilleux de Just4kiss.

07 avril 2009

Concert : La Passion selon Saint-Matthieu

Les concerts d'Antoine : Jésus-Christ était noir, je l'ai rencontré à Poissy

La Passion selon Saint-Matthieu de Bach par l'Orchestra of the Age of Enlightenment dirigé par Mark Padmore.

DJ

Keith Harings

Cela fait maintenant un mois que l'écran de mon ipod est cassé, inutilisable, strié d'une longue bande blanche qui crépite et rend impossible le choix d'un artiste ou d'un album. Évidemment contrarié par ce triste événement, je me suis rapidement rendu à l'évidence : programmé en mode shuffle, mon ipod offre de bien belles surprises. Immense réservoir musical de près huit gigaoctets, il se révèle finalement tout aussi agréable l'écran cassé que lorsque je l'ai sorti de son emballage il y a un peu plus d'un an. Une sorte de deuxième vie avec la maladie, de résurrection dans la souffrance. Effectivement, passer de Beethoven au Village People en passant par Antony&The Johnsons et Franz Ferdinand peut choquer les oreilles les plus sensibles. Mais les miennes en redemandent, reconnaissant à droite un morceau de The Tossers, à gauche un morceau de The Kills mais la plupart du temps, se laissant portées par le flow/flot musical, incapables de reconnaître ni l'artiste, ni l'album, applaudissant silencieusement les choix éclectiques de ce DJ de fortune. Pour un plaisir sonore procuré par une écoute aveugle, un seul conseil : marchez sur votre ipod et broyez l'écran en 1000 morceaux !