02 octobre 2009

Je n'aime pas prendre mon bain

Pierre Bonnard

Profitant de mon confort petit-bourgeois à Neuilly-sur-Seine, j'ai enfin utilisé la baignoire mise à ma disposition dans la salle de bain. Ainsi, hier soir, j'ai pénétré complètement nu dans la baignoire après être rentré fourbu d'un inventaire. Je ne sais même pas quand j'ai pris un bain pour la dernière fois. Il y a 5 ans ? Il y a 10 ans ? Une chose est sûre, je ne me souvenais pas qu'une baignoire était aussi inconfortable. Ayant déjà mal au dos après avoir scanné des boites de médicaments pendant trois heures, on ne peut pas dire que cela se soit amélioré au contact de la dure paroi rosâtre de la cuve. L'eau chaude continuait de couler quand je me suis allongé dans l'eau. Mais malheureusement, compte tenu de ma grande taille, je ne pouvais m'immerger complètement. Il me fallait choisir : avoir froid aux jambes ou avoir froid au torse ? Difficile dans ces conditions d'apprécier le bain, de me prélasser, de laisser mon esprit vagabonder au son des Pink Floyd dont la musique envoutante parvenait jusqu'à mes oreilles, seuls organes qui n'étaient pas encore anesthésiés par la chaleur de l'eau. Je regrettais de ne pas avoir de mousse, de ne pas pouvoir me faire une barbe comme quand j'étais gamin. J'admirais le spectacle de mon corps, le mouvement étrange de mes poils dans l'eau, comparables à des algues ballotées par le flux et le reflux de la mer, les bulles qui se formait à la surface de ma peau, mon sexe qui se rabougrissait au fur et à mesure que le niveau de l'eau montait. Je le tripotais, je me tripotais et puis rapidement l'ennui m'a saisi, le désœuvrement m'a touché de plein fouet. Honnêtement, existe-t-il quelque chose de plus pesant et rébarbatif que de prendre un bain ? Je me sentais frustré d'être tout ramolli, sans rien à faire dans mon bain, réduit à l'état de larve déliquescente. Il ne me restait plus qu'à regarder le bout de mes doigts commencer à se creuser, doucement mais sûrement. J'avais enfin la certitude que prendre un bain n'était qu'une perte de temps associée à une catastrophe écologique. Une chose est sûre, je peux déménager en paix, la baignoire ne me manquera pas.

7 commentaires:

toli a dit…

et même pas une photo... :(

JMV a dit…

Fais comme moi, va dans les palaces monégasques et tu pourras trouver des baignoires à ta taille. Et, pour trouver ça écologique, tu n'auras plus qu'à faire pipi dedans, comme tu le fais déjà dans ta douche...

Antoine a dit…

Ce ne sont pas les baignoires monégasques qui sont grandes, c'est toi qui est tout petit ! hihihi

Cécile Qd9 a dit…

Houla, vu le récit horrible que tu fais de la chose, j'ai bien raison de ne pas me laver du tout moi !!!

Victor a dit…

En même temps tu n'a pas choisie l'endroit rêver pour redécouvrir la joie du bain! la baignoire de cette appartement est pourrie, la lumière y est glauque a mort, la salle de bain est vraiment très moche! Bref une salle de bain de merde fait un bain de merde et une belle salle de bain change complètement la donne! Néanmoins le bain demeure une catastrophe écologique!

Amandine a dit…

Pour économiser l'eau, une seule solution : ne plus se laver.

Anonyme a dit…

Intelligent, drôle, vrai. Il reste encore une solution : le bain de mer tout nu... Géant.