18 janvier 2007

Blog without God

Félicien Rops

« Les trois monothéismes, animés par une même pulsion de mort généalogique, partagent une série de mépris identiques : haine de la raison et de l'intelligence ; haine de la liberté ; haine de tous les livres au nom d'un seul ; haine de la vie ; haine de la sexualité, des femmes et du plaisir ; haine du féminin ; haine des corps, des désirs, des pulsions. En lieu et place de tout cela, judaïsme, christianisme et islam défendent : la foi et la croyance, l'obéissance et la soumission, le goût de la mort et la passion de l'au-delà, l'ange asexué et la chasteté, la virginité et la fidélité monogamique, l'épouse et la mère, l'âme et l'esprit. Autant dire la vie crucifiée et le néant célébré... »

Aujourd'hui, je m'attaque à un sujet difficile que je n'aime guère aborder car moyennement sûr de mes convictions : la Religion ! En effet, je viens de finir un livre édifiant et fascinant, le traité d'Athéologie écrit par le philosophe Michel Onfray et publié l'année dernière. J'ai toujours beaucoup de mal à accepter le rejet total des croyances et de la foi comme le montre mes réactions par rapport aux films Mary d'Abel Ferrara ou La dernière tentation du Christ de Martin Scorsese ! J'ai reçu une éducation catholique, je suis baptisé, j'ai fait ma communion et même si je ne suis pas sûr (il m'est arrivé de douter après avoir vu les films cités précedemment...) d'avoir ou d'avoir eu la foi, je suis incapable de rejeter en bloc un pan complet de mon éducation judeo-chrétienne ! D'ailleurs, je ne suis pas réticent à l'idée de me marier à l'église ou de faire baptiser d'éventuels enfants...

Cependant, à la lecture de ce "traité", on ne peut qu'être intrigué par son contenu ! Méthodiquement, Michel Onfray va mettre les trois grandes religions monothéistes face à leurs contradictions ! Ainsi, j'ai toujours été plus ou moins convaincus que les textes originaux véhiculaient un message d'amour et de paix alors qu'en fait, les livres sacrés disent tout et leur contraire... Ainsi, chacun peut justifier ses actes grâce au Coran, la Bible ou la Torah... C'est ça le plus inquiétant dans ce livre ! Michel Onfray dresse ensuite un réquisitoire acerbe contre les trois religions en citant toutes les horreurs commises au nom de Dieu depuis 2000 ans ! Enfin, il propose des solutions pour instituer un "athéisme athée" d'état, une valeur encore plus forte que notre laïcité actuelle, laïcité empreinte de fondements catholiques... Cependant, je ne peux pas dire que ça soit la partie qui m'ait le plus convaincu car complètement abstraite et pas forcément très claire ! D'ailleurs, j'ai trouvé l'ensemble du livre un peu compliqué (il y a un paquet de mots dont je ne connaissais même pas l'existence...), un peu touffu et un peu redondant au niveau du style mais la qualité de l'analyse est là est ça on ne peut pas lui reprocher notamment avec la citation de nombreux philosophes des lumières, de Kant, de Spinoza, de Nietzsche, de Freud...

Quelques citations extraites du livre :
- "Car Dieu n'est ni mort ni mourant - contrairement à ce que pense Nietzsche et Heine. Ni mort ni mourant parce que non mortel. Une fiction ne meurt pas, une illusion ne trépasse jamais, un conte pour enfant ne se réfute pas."
- "Enseigner le fait athée supposerait une archéologie du sentiment religieux : la peur, l'incapacité à regarder la mort en face, l'impossible conscience de l'incomplétude et de la finitude chez les hommes, le rôle majeur et moteur de l'angoisse existentielle. La religion, cette création de fiction, appellerait un démontage en bonne et due forme de ces placebos ontologiques - comme en philosophie on aborde la sorcellerie et la folie pour produire une définition de la raison."
- "L'époque semble athée, mais seulement aux yeux des chrétiens ou des croyants. En fait elle est nihiliste. Les tenants d'hier et d'avant hier ont tout intérêt à faire passer le pire et la négativité contemporaine pour un produit de l'athéisme."
- "Trois millénaires témoignent des premiers textes de l'Ancien Testament à aujourd'hui : l'affirmation d'un Dieu unique, violent, jaloux, querelleur, intolérant belliqueux a généré plus de haine, de sang, de morts, de brutalité que de paix...."
- "[...] l'amplification et la promotion de cette fable [Jésus] par Paul de Tarse qui se croit mandaté par Dieu quand il se contente de gérer sa propre névrose; sa haine de soi transformée en haine du monde; son impuissance, son ressentiment, la revanche d'un avorton - selon son propre terme... - transformés en moteur d'une individualité qui se répand dans tout le bassin méditerranéen; la jouissance masochiste d'un homme étendue à la dimension d'une secte parmi des milliers à l'époque [...]"
- "On ne tue pas un rêve, on n'assassine pas un subterfuge. Ce serait plutôt lui qui nous tue, car Dieu met à mort tout ce qui lui résiste. En premier la raison, l'intelligence, l'esprit critique."
- "Je ne méprise pas les croyants, je ne les trouve ni ridicules ni pitoyables, mais je désespère qu'ils préfèrent les fictions apaisantes des enfants aux certitudes cruelles des adultes."
- "Il faut bien ces jongleries avec la substance et les espèces sensibles pour parvenir à faire croire au fidèle que ce qui est (le pain et le vin) n'existe pas, et que ce qui n'est pas (le corps et le sang du Christ) existe vraiment ! Tour de prestidigitation métaphysique sans pareil ! Quand la théologie s'en mêle, la gastronomie et l'oenologie, voire la diététique et l'hématologie renoncent à leur prétention. Or le destin du christianisme se joue dans cette pitoyable comédie de bonneteau ontologique."
- "Des millions de morts, des millions de morts sur tous les continents, pendant des siècles, au nom de Dieu, la bible dans une main, le glaive dans l'autre : l'Inquisition, la torture, la question; les croisades, les massacres, les pillages, les viols, les pendaisons, les exterminations, les bûchers; la traite des noirs, l'humiliation, l'exploitation, le servage, le commerce des hommes, des femmes et des enfants; les génocides , les ethnocides des conquistadores très chrétiens, certes, mais aussi, récemment, du clergé rwandais aux côtés des exterminateurs hutus; le compagnonnage de route avec tous les fascismes du XXème siècle, Mussolini, Pétain, Hitler, Pinochet, Salazar, les colonels de la Grèce, les dictateurs d'Amérique du Sud; etc... Des millions de morts pour l'amour du prochain."

J'aimerai vraiment avoir l'avis d'un croyant (ou de plusieurs, ça serait encore mieux...) sur ce livre car j'ai vraiment eu l'impression qu'il prêchait un converti sur moi... Je pense que la manière dont Michel Onfray déconstruit le mythe de Jésus et consorts doit être difficile à accepter d'autant plus qu'il y va de manière directe et frontale mais paradoxalement, je pense que c'est un premier pas indispensable pour la compréhension des trois religions qui nous entourent... Qui dit compréhension dit tolérance et je pense que c'est vraiment cette notion de tolérance qu'il faut remettre sur le devant de la scène... Que chacun croit en ce qu'il veut mais qu'il ne soit ni un mouton, ni un esclave d'une pensée unique irrationnelle... Or, d'une certaine manière, les différentes communautés religieuses sont des sectes qui imposent des croyances et des rites et qui cherchent à tout prix à empêcher une pensée rationnelle et réfléchie sur le contenu de leurs enseignements... C'est contre ça que je m'insurge aujourd'hui et non contre le fait de croire ou ne pas croire en une entité supérieure...

Je ne pense pas que le livre apporte une quelconque solution à la montée de l'extrémisme partout dans le monde mais il s'agit d'une idée, une idée qui mérite d'être approfondie... Si vous voulez en savoir plus sur ce livre, je vous rappelle qu'il a suscité pas mal de polémiques lors de sa sortie et qu'il y a donc pas mal de sites internet qui lui consacrent une page pour l'encenser ou le descendre suivant les convictions religieuses des auteurs...

5 commentaires:

Julie a dit…

Si le livre est à toi je veux bien que tu me le prêtes...

Personnelement, je pense qu'il est tout à fait possible de faire dire aux livres sacrés ce qu'on veut leur faire dire... un peu comme les statistiques, tu peux y lire ce que tu veux y lire... Après la foi... c'est quelque chose d'irrationnel, bien sur que les scientifiques peuvent démonter en bloc beaucoup de ce qui se trouve aux fondements des religions, ça n'empêche pas que l'on trouve des scientifique qui ont la foi... Ca s'explique pas vraiment, c'est quelque chose de personnel. Personnelement j'y trouve un équilibre. Comment? Où? Je serai incapable de le dire...

Bisoux

Julie a dit…

J'espère que tu as regardé "La colline aux mille enfants" hier, seul film francophone ayant reçu un emmy award... Film on ne peut plus poignant, pour preuve mon état à la fin, veritable madeleine... Il vient directement contredire ta citation. Une histoire vrai, l'histoire de Chambon-sur-lignon, celle d'un pasteur, le pasteur Trocmé.

extrait de http://perso.orange.fr/d-d.natanson/justes_chambon.htm

"Le Pasteur André Trocmé, désigné Juste parmi les Nations en 1971,

Il est difficile de décrire l'action du pasteur Trocmé et de sa femme Mgda (elle-même reconnue Juste parmi les Nations en 1984), tant elle fut continue et importante. Avec d'autres pasteurs et la population du Chambon-sur-Lignon, ce couple merveilleux a organisé l'hébergement et la survie de milliers de Juifs. Au-delà des actes concrets qu'il a accomplis, l'action du Pasteur Trocmé réside aussi dans l'encouragement spirituel et moral qu'il donnait à tous les habitants du Chambon afin d'aider les Juifs persécutés. Il mit en place des mécanismes d'évacuation des planques en cas de rafle. C'est d'ailleurs une arrestation qui a valu la déportation et la mort d'un des leurs, Daniel Trocmé, qui s'occupait lui aussi de sauver des enfants juifs.

Et lorsqu'il fut arrêté par la Gestapo, en 1943, André Trocmé refusa de signer un papier d'allégeance à Pétain, alors qu'il était pourtant menacé de demeurer en prison. Quelques mois plus tard, l'engagement du Pasteur et de la population étaient tels que le Pasteur Trocmé dut se cacher. Magda et André Trocmé, tous deux décédés, sont aujourd'hui, avec le village de Chambon-sur-Lignon, le symbole même de l'action des Justes.

"Nous ignorons ce qu'est un juif, nous ne connaissons que des hommes"
Réponse de Trocmé au préfet qui lui annonçait un recensement des Juifs sur le plateau du Chambon."


Je pense qu'il est alors plus que reducteur de dire que les religions monotéistes pronnent "la vie crucifiée et le néant célébré..."

L'auteur de ce livre aurait-il seulement eu le courage de dire ces paroles en face à face à ce pasteur, ou à Mere Thérésa, soeur Emanuelle... et les exemples sont nombreux quelques soient la regigion...

Antoine a dit…

Euh non... hier, j'ai regardé Les Valseuses avec Patrick Daewere et Gerard Depardieu... C'est pas vraiment le même style !
Enfin promis, j'essayerai de le voir...
Cela étant dit, je suis bien conscient que religion n'est pas égale à cruauté et athéisme égal à bien... D'ailleurs, il est vrai que le livre ne parle que du côté négatif des religions et pas le côté positif...
C'est surement un tort je te l'accorde...

Anonyme a dit…

oula oula vous me faite mal a la tete avec vo long com ki son sans doute plein de reflexion filosophik lol!!!!! moi g juste un truc a dire (sof ke je me souvien pas de larticle sur lekel chui en train de laisser un coms)ha si c sur dieu!! antoine t pa croyant???? tu me chok?? je compren pa kon puisse pa croire en dieu notre pere!! lol c pa bien de me moké de dieu mai c vré ke moi je sui septik sur le sujet!!!! mis bon chakun son avis sur la kestion moi je sui comme bi partagé entre deu parti koi

Anonyme a dit…

Dieu peut-il nous aidé à décoder la fin du dernier commentaire?!?