14 octobre 2007

Le garçon sur la balançoire

(avant)

Ce week-end, je suis à Reims. Chez mes parents. Quand j'ai pénétré dans la maison hier midi, rien n'avait changé. Les tableaux étaient à leur place, les sculptures aussi, les meubles n'avaient pas bougé. Et l'odeur du bon repas qui m'attendait m'a fait tourner la tête. Ici, c'était encore un peu chez moi. Pourtant, une fois dans le jardin, j'étais abattu. Une fois franchi la barrière formée par la végétation luxuriante (oui oui, le jardin de mes parents ressemble à la forêt amazonienne...), je me suis rendu compte que la balançoire avait disparu. Sans que l'on me demande mon avis. La balançoire avait été démontée. Les pièces avaient été rassemblées. Elle ne formait plus qu'un vulgaire petit tas de tubes métalliques. Avant, elle se dressait fièrement au fond du jardin, accusant les hivers glaciaux et les étés enjoués sans broncher. Depuis quinze ans, elle faisait partie de ma vie. Lieu essentiel de retraite dans mon jardin. Je la bichonnais souvent, je la maltraitais parfois mais je l'aimais. Elle était moche mais je la trouvais belle. C'était ma fierté, ma balançoire à moi. Avec les cordes, je me voyais déjà en Indiana Jones partant à la conquête des trésors cachés, avec l'échelle, je m'imaginais en James Bond sauvant le monde, avec la balançoire, je me croyais être le Prince Charmant attendant ma princesse. Après l'école, je courrais me réfugier dans mon monde imaginaire, dans le monde duquel j'étais le seul et unique héros. Et, plus tard, la présence de mon frère et de ma soeur me conforta dans cette idée. Que ça soit avec la balançoire, les Lego ou les Playmobil, j'ai passé mon enfance à m'imaginer dans un monde parallèle, un monde dans lequel je serais l'unique centre d'intérêt. Et finalement, compte tenu du ton de mon blog, on se rend rapidement compte que je n'ai guère évolué depuis l'époque où j'escaladais ma balançoire magique. Aujourd'hui, il faut croire que c'est une page qui se tourne. Mais c'est clair que j'ai envie de continuer de rêver, de m'imaginer en preux chevalier bravant tous les dangers de la jungle moderne. Il paraît que le monde appartient à ceux qui rêvent trop...

(après)

5 commentaires:

Lou a dit…

Quand je rentre chez moi, je me rends compte que j'ai brisé un lien.
je m'y sens chez mes parents, et non pas chez moi...
Mais là où je retrouve mon attachement, c'est avec la campagne, qd je cours à l'étang, que je saute au dessus des barrières, et je vais me réfugier à l'abris du petit bois
Au final, j'aurai toujours un attachement pour là bas. Mais pour la famille, il faudra que je fasse l'effort d'y revenir, de leur tendre la main un peu plus

Diane K. a dit…

Y a pas photo, quel homme maintenant !
Tu dois toutes les faire craquer...

Fernand a dit…

Entre les deux mon coeur balance passé ou futur ?
Mais c'est vrai que c'est bon de se replonger dans les souvenirs de son enfance. Les images du passé, les odeurs et les goûts aussi; en fait tout ce qui année aprés année a construit notre personnalité; tout ce qui nous lie à notre famille, aux amis(es) tout ce qui nous différencie aussi. Et de retrouver ses repères nous rassure surtout dans les moments dificiles quand le doute s'installe.
Mais pour toi Antoine aucun doute, l'année scolaire sera riche. L'histoire c'est des milliers de rèves de héros possible. Évite quand même de te prendre pour Jeane d'Arc même si les Anglais ont battus la France samedi.

Amandine a dit…

Ben pourquoi ils l'ont retiré ?
Et leurs (futurs) petits-enfants ? :)


(chez nous la balançoire est scellée, pas moyen de la démonter :p)

dams a dit…

Histoire qui passionne peu les foules, par contre la photo...hahaha