28 février 2008

Pour un changement radical des pratiques financières

Il paraît qu'il n'est pas politiquement correct de réclamer la mort rapide et douloureuse de la finance. Personnellement, je n'ai que faire du politiquement correct mais je vais quand même l'effort de présenter quelques outils, quelques décisions qui pourrait me rendre la vision d'un financier un peu plus supportable (même si au fond de moi, je continuerais de l'imaginer en train de brûler dans d'atroces souffrances). Au passage, je rappelle quand même aux quelques blaireaux qui pensent que le Parti Socialiste est un parti de gauche que c'est à lui que l'on doit la déréglementation des marchés financiers. C'était en 1986 et déjà, à cette époque, le parti n'avait de socialiste que le nom.Plusieurs idées permettrait de réduire un peu les inégalités de plus en plus flagrantes entre les revenus du travail et les revenus du capital. Contrairement à ce que l'on n'essaye de nous faire croire (les partis de gauche, les partis de droite, les commissions « neutres »...), il existe des solutions qui vont plus loin que la simple moralisation du marché des capitaux. Ainsi, la mise en place de la taxe Tobin, suggérée en 1972 par le prix nobel d'économie James Tobin, serait un premier pas vers une économie à visage humain. En effet, l'économiste (qui n'a rien d'un altermondialiste anarchiste, bien au contraire) propose une taxation des transactions monétaires internationales afin de désinciter à la spéculation. Le taux choisi serait faible, de 0,05 % à 1 % et identiques dans tous les pays. Les sommes ainsi récoltées seraient redistribuées prioritairement aux pays les moins avancés. La taxe Tobin permettrait donc de freiner la spéculation (sans décourager les échanges non-spéculatifs) et de favoriser le développement.Malheureusement, l'application de cette taxe ne semble guère d'actualité d'où une deuxième proposition très intéressante : le SLAM pour Shareholder Limited Authorised Margin (Marge Actionnariale Limite Autorisée) qui permettrait de lutter contre la démesure de la finance en limitant la rentabilité actionnariale autorisée et en supprimant ainsi les incitations à intensifier indéfiniment l'exploitation des salariés. Inutile de préciser que pour être un tant soit peu pertinent, le SLAM doit en priorité atteindre les grands concentrateurs de l’épargne collective, les fonds de pension et les fonds mutuels, vrais détenteurs de la force de frappe financière. Pour en savoir plus sur le SLAM, je vous encourage à aller lire cet article extrait du Monde Diplomatique.Deux autres options peuvent également s'offrir à nous avec un minimum de volonté politique. D'une part, réfléchir à un schéma d'une politique monétaire dédoublée pour financer à des taux d'intérêt différenciés économie productive et économie spéculative et, d'une autre part, étudier la possibilité d'une séparation hermétique entre banques commerciales et banques de marché. Ainsi, une cloison étanche entre les deux permettrait d'atténuer sensiblement la transmission des désastres financiers à l'économie réelle, notamment via le canal du crédit.En 1987, Alain Madelin alors ministre de l'industrie s'exclamait, avec une crédulité douteuse et presque touchante : « Vous vous rendez compte, en fait, ces gens-là jouaient sur un marché et vendaient des choses qui ne représentent rien ». En 2008, il est difficile de fermer les yeux sur les pratiques intolérables qui sont devenues monnaie courante sur les marchés financiers. Aujourd'hui, c'est un véritable choix de société auquel nous devons faire face. Il est inconcevable de voir les financiers s'en mettre plein les poches lors des phases boursières à la hausse, sans assumer leurs erreurs lorsqu'ils doivent faire face aux crises inhérentes au système qu'ils pourrissent de l'intérieur. C'est alors aux Banques Centrales et aux Etats (notamment au travers de nationalisations de banque comme la Northern Rock par Gordon Brown il y a quelques semaines) d'éponger les dettes. Cette situation ne peut plus durer et pourtant, elle ne cesse d'empirer, ce qui a des répercussions sur les salaires et les niveaux de vie. Et pour m'opposer frontalement à Kenneth Lay, ex-PDG d'Enron, j'aimerais affirmer que je ne crois ni en Dieu, ni au marché ! Et que, par conséquent, il est temps que les choses changent !

(malgré les magnifiques images de Keith Haring, cet article n'est pas drôle du tout...)

6 commentaires:

Primavera a dit…

Très bon article, très intéressant!

Anonyme a dit…

vôtre lucidité devient constructive vg, et je ne suis surtout pas gentil!

dams a dit…

heyhey j'aime bien ton article car, bien que je suis un étudiant brillant dans l'une des meilleures formation de finance...,tu montres les dérives du système, bon après je sais que tu n'as pas laché d'insultes mais tu les penses.

au fait tu as défendu un partie de droite aux élections le PS et en + tu es inscrits sur l'horreur pseudo fashion de tous les ptits cons : facebook !!!

Antoine a dit…

Dis pas ça, il y a Drob et Gillou sur Facebook ! Et je m'en mords encore les doigts d'avoir voté pour l'autre pouffiasse donc tu n'es pas obligé de me le rappeler...^^
Et puis profites de ta super formation en finance pour changer ce système tout pourri de l'intérieur... Y a quand même pas que des connards de droite avec toi ?

dams a dit…

hein si ya que des gens de droites, une moitié sympa qui sprend pas la tete sans préjugés etc mais qui ne crois qd la finance etc, et l'autre moitié de péteux.
Enfin je crois aussi à l'économie de marché et la concurrence, seulement il y a trop trop trop de dérives et le système est pourri de l'intérieur (liens entre les politiques de gauche et de droite et les riches hommes d'affaires etc...).
Enfin je crois que c le problème de tout système, les pourris sont partout.

hahaha tu as voté Royal, mon vote blanc était bien mieux, je l'avais compris d'avance: ségo sarko meme combat...(bon j'avou j'ai voté bayrou et il est tout bidon aussi le pauvre haha)!

dams a dit…

ah oui et j'ai commencé mon stage...je protège les pauvres actionnaires minoritaires contre la foudre des majoritaires qui veulent toujours plus de sous, héhé et oui la finance c'est social aussi (enfin tout est relatif)