15 avril 2008

Mauvais temps...

Ivan Konstantinovitch Aivazovsky

Il n'y a pas de combats plus consensuels que ceux contre la répression au Tibet, contre la guerre du Darfour ou pour la sauvegarde des requins et des ours polaires. Ce sont des combats apolitiques sur lequel il est facile de se mettre d'accord. L'unanimité qu'obtiennent les questions écologiques en sont un bon exemple. Ceux qui pensent être engagés parce qu'ils envisagent de boycotter les Jeux Olympiques se fourrent le doigt dans l'oeil. Moi aussi je veux bien boycotter les JO, de toute façon, je n'en ai rien à foutre des sportifs et de leurs rêves de médailles. Pourtant, je ne peux m'empêcher de penser que ce n'est pas ça qui ouvrira les portes de l'indépendance et de la liberté aux tibétains. Ceux qui se donnent bonne conscience en s'indignant devant tel ou tel tragique événement me font gerber.

On ne peut plus se contenter de s'indigner, de se montrer choqué ou scandalisé en regardant les informations. L'indignation universalisée autour de thèmes fédérateurs aussi neutres qu'insipides est le fléau de notre société post-moderne. Nous devons faire face à une situation globalisée dont la répression chinois ou la guerre du Darfour ne sont que des épiphénomènes, la partie visible d'un mal beaucoup plus profond qui va ravager la planète si l'on ne s'y oppose pas ici et maintenant. Ce mal porte un nom : le libéralisme. Le réchauffement climatique n'est qu'une conséquence du libéralisme et de la société de consommation dont nous abusons allégrement.

Combattre la répression en Chine ou la guerre au Darfour ne m'intéresse pas. Pleurer sur le réchauffement climatique est une perte de temps. Il y aura toujours des âmes charitables, de droite comme de gauche, pour s'offusquer devant de telles abominations et tenter de faire changer les choses. Je ne condamne pas leurs actions, je m'interroge sur leur portée, sur leur aboutissement. L'humanitaire est une création du libéralisme pour tenter de cautériser les plaies béantes provoquées par les politiques libérales et le travail de sape des organisations internationales.

Plus le temps passe et plus j'ai l'impression d'avancer dans un monde aseptisé, purifié, désinfecté. La consensualité, cette tiédeur assumée mondialisée, m'étouffe. L'édulcoration dont fait preuve notre société m'exaspère. La complaisance qui règne à l'heure actuelle a quelque chose d'agaçant, voire de désespérant. L'homme post-moderne est victime d'un amollissement démoralisant. Il ne vit que pour une télé plasma et des vacances sur la côte, sans voir plus loin que son trou du cul. Or, je suis convaincu que notre quotidien doit redevenir une lutte de tous les jours, une lutte pour que personne ne soit laissé pour compte, pour que chaque individu profite de la vie, de sa vie.

Il ne faut pas se tromper de guerre. Notre ennemi, c'est le libéralisme. Nos bourreaux, ce sont les institutions internationales comme le FMI ou l'OMC. Nous sommes tous des victimes des schémas économiques et sociaux que l'on tente de nous imposer. Il est temps de nous révolter. Il est temps de s'élever contre ceux qui nous laisse crever de faim, de vie, d'amour.

10 commentaires:

comité-de-salut-public a dit…

Bien. Bon. C'est maintenant qu'il faut poser les vraies questions : entre ce billet, et les précédent sur les médicaments, je te regarde droit dans les pixels, et je te demande :
BON, TU LA PRENDS TA CARTE OUI OU QUOI ???

Anonyme a dit…

Et moi ce qui me gave c'est que maintenant de plus en plus de gens parlent comme toi mais ne font rien pour autant... Toi même tu es un consommateur, tu utilises le libéralisme en t'offusquant une fois de temps en temps sur ton blog.

En fait le truc c'est que personne n'a de solution concrète pour remettre le monde à l'endroit... Peut-être sommes nous (les humains) condamnés à nous entretuer, par les guerres, par la dévastation de notre planète, etc pour enfin disparaître. C'est le lot de chaque espéce de disparaître tôt ou tard.

Ou alors faut tout faire péter, ça je le dis et je le pense depuis longtemps, mais je laisse faire l'Al-Qaida ils y arriveront bien un jour...

Et du coup en attendant, ben moi je préfère penser à mes vacances!

Je laisse ce témoignage anonyme pour qu'on ne me traite pas de terroriste mais je pense que tu sauras qui je suis ;)

Anonyme a dit…

ANTONI,bravo!!!, et surtout n'écoutez pas les vendeurs de pacotilles !!! vg

Antoine a dit…

Effectivement, je sais qui tu es ! ;)

Je n'ai pas une vision déterministe et pessimiste de l'Histoire. Personne ne peut dire si ça sera mieux ou pire demain. Je constate des faits et en tire les conclusions qui s'imposent. Tu me reproches d'utiliser le libéralisme ? Mais serais-je vraiment plus utile à la cause que je défends si j'allais vivre en autarcie sur le plateau du Larzac ou que j'allais me faire péter devant la Bourse de Paris ? Ne serait-ce pas un peu lâche que d'abandonner le combat alors que tout se joue maintenant ?

Le but de mon blog est d'amener mes lecteurs à réfléchir, à prendre conscience de la situation actuelle. Certains refusent de voir la vérité en face et se rangent derrière un renoncement un peu facile. Je pense jusque que quand suffisamment de personne penseront et écriront comme moi, alors on pourra faire quelque chose. De grandes choses !

Anonyme a dit…

De l'Audace,encore de l'Audace et toujours de l'Audace...Danton(vg)

Anonyme a dit…

Bla bla bla....ça devient lassant ton blog! Finis ta crise d'ado révolté et essaie de réfléchir vraiment..Remarque s'il y avait pas ta photo je penserais que l'article a été écrit par une gamine de 13 ans qui écoute France Inter et qui aime un peu trop le rose!

Anonyme a dit…

Vos écrits constituent un miroir qui nous réfléchissent une image de nôtre vie de citoyen...empétrée d'inexistence! ainsi l'égo se révolte
Continuez ! si le grain ne meurt?(vg)

Anonyme a dit…

ANTOINE VOUS ROUPILLEZ !!!et Rome est dans les fers!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!vg

Marc-Antoine a dit…

Voyons Antoine, les explications monocausales en histoire c'est du bidon... ça n'existe pas, tout le monde le sait. Dans ce cas, on peut dire de tout et de rien que c'est une émanation du libéralisme, y compris de ton blog qui est, selon la perspective qu'on adoptera, une expression ou une contre-expression du libéralisme. Au XVIIe s., on ramenait tout à Dieu. Si on fait pareil de nos jours avec le libéralisme, on n'a aucune chance de progresser et de dépasser ce que tu prétends combattre. Dé-CSPise-toi un peu!

Antoine a dit…

Je suis bien conscient des limites de mon raisonnement... Mais tu ne m'ôteras de la tête que j'ai quand même un peu raison... Reprenons l'exemple du Tibet... Ne trouves-tu pas que proposer le boycott des JO, c'est se donner bonne conscience à peu de frais ? Que si les gouvernements étaient profondément révoltés par le sort des tibétains ils trouveraient des sanctions économiques ? Mais c'est sûr que c'est plus simple de boycotter la cérémonie d'ouverture des JO que de refuser de vendre à la Chine des centrales nucléaires, que renoncer au marché émergent chinois, qu'arrêter de produire à moindres coûts dans les usines chinoises... Et ça c'est une conséquence du libéralisme : faire passer l'argent et les affaires avant le bien-être de l'humanité ! Et ce n'est pas en insufflant un peu d'éthique là-dedans que la face du monde va changer : il vaut complètement remettre les cartes sur la table !

Quant à l'anonyme qui me qualifie d'ado révolté, j'aimerais savoir ce qu'elle entend par être adulte. Parce que si faire preuve de maturité, c'est renoncer aux rêves et à l'utopie. Parce que si faire preuve de maturité, c'est accepter la société pourrie dans laquelle nous vivons. Parce que si faire preuve de maturité c'est s'en foutre plein les poches en se cachant derrière les failles d'un système délétère, alors je préfère ne pas grandir. Parce que pour moi, tenir ce genre de raisonnement, ce n'est pas être mature (je tenais le même à 14 ans quand j'étais un petit con), c'est juste être individualiste ! Et là encore, l'individualisme exacerbé de notre société est une conséquence du libéralisme !